L'armée anglaise au 15ème siècle

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L'armée anglaise au XVe siècle

L'armée anglaise était alors déjà très organisée.
Le roi, ou le Régent Bedford en France, levait des troupes. Cela donnait lieu à une endenture (un contrat d'engagement) signé avec le chevalier ou l'écuyer.
Le capitaine engageait lui-même ses hommes, sous sa responsabilité, et les commandait lui-même ou déléguait à l'un de ses lieutenants.
Une solde était définie pour chaque type de combattants, du chevalier banneret à l'archer, que le capitaine touchait lui-même, ou l'un de ses subordonnés, pour distribuer ensuite aux hommes.
En 1429, par exemple, voici les soldes versées, en France :

- chevalier banneret : 44 livres 15 sols 10 deniers tournois,
- chevalier et chevalier bachelier : 24 livres 15 sols 10 deniers tournois,
- écuyer : 14 livres 15 sols, 10 deniers tournois,
- Archer : 5 livres (soit 100 sols tournois).

Le capitaine "endentait" pour un nombre d'hommes d'armes et d'archers bien défini.
Chaque mois, se déroulait la montre, revue militaire, où l'on présentait et contrôlait l'effectif et l'armement des troupes. Les commissaires de montre effectuaient ce contrôle du nombre d'hommes, et si les équipements étaient conformes à l'endenture.
Un certificat était alors établi, destiné aux trésoriers.

Lors de la paie, une quittance était établie, signée par le trésorier et le capitaine (ou son procureur suffisamment fondé) précisant la somme perçue. Parfois, pour un équipement défectueux, on retenait une partie de la somme.
Celui qui conduisait le détachement était dit : chef de montre.

Dans les garnisons, un contrôle était pratiqué au 2e mois de chaque quart d'an. Le contrôleur était payé directement par le trésorier, et non par le capitaine - durant son mandat - et était exempté du service du guet. Il établissait un certificat précisant les absents (avec le motif), les présents, les défauts d'équipement, pour que la solde soit calculée.
Il précisait aussi les gains de guerre dont une partie allait au capitaine et au roi (ou au Régent).

Garnisons anglaises - Organisation, service, discipline

Voici un exemple d'endenture, pour la capitainerie d'une garnison.
En l'occurrence, il s'agit de celle du comte de Suffork et de Dreux, William de la POLE, capitaine de Saint-Lô, pour la garde de cette ville, avec 2 hommes d'armes à cheval, sa personne non comprise, et 30 archers.
Les effectifs des garnisons étaient relativement peu nombreux. Et puis, il fallait réquisitionner beaucoup d'hommes pour le siège que l'on tenait alors à Orléans.

Durée du service

Rouen, 18 septembre 1428. Vidimus du 27 janvier 1429.
Ceste endenture faicte entre très hault et puissant prince, mons. le Régent le royaume de France, duc de Bedford, et noble et puissant seigneur monseigneur le conte de Suffolk et de Dreux, d'autre part...
Lequel, pour et au nom du Roy, nostre souverain Seigneur, l'a faict et ordonné, faict et ordonne capitaine des ville, chastel et forteresse de Sainct-Lô, et lui a baillé en garde icelles, pour ung an entier en entresuivant, commenchant le jour de Sainct-Michel prouchain venant, et finissant le dit jour de Sainct-Michel, qui sera l'an 1429 après ensuivant.

Force de la garnison

Parmi ce que esdictes places, et à la sauvegarde d'icelles ledit conte aura en tendra continnuelement deux hommes d'armes à cheval, sa personne en ce non comprinse, et trente archiers, montez, armés et arraiez bien et souffisamment, comme à leur estat appartient.

Solde

Pour lesquelx il aura en prandra gaiges, c'est assavoir : pour luy chevalier banneret quatre solz esterlin le jour, monnoie d'Angleterre, pour hommes d'armes douze deniers esterlins le jour, de ladicte monnoie, avecques regards (1) accoustuméz, et pour chascun archier, six deniers esterlins le jour, d'icelle monnoie, en prenant le noble d'Angleterre pour six solz huit deniers, monnoie dessusdict.

Epoque de paiement

Dont paiemens luy sera faict des finances du duchié de Normendie, de quartier en quartier d'an, selon ses monstres et revues. Iceux gaiges et regars commençans le dit jour de Sainct-Michel prouchain venant.

Gains de guerre, prisonniers

... et si ne pourra quelconque soudoyer vendre à aultre, aucun prisonnier, sinon par le congié dudit cappitaine.
Lequel cappitaine sera tenu de paier et faire paier la tierce des tierces de toutes les rencions (rançons) d'iceulx prisonniers prins par luy ou sesdictes soudoyers.
(c'est-à-dire de la verser et faire verser entre les mains des agents des finances, en s'en faisant retenir le montant sur sa solde.)

Discipline de la troupe et conduite à l'égard des sujets du roi

Et tendra et fera tenir ses dictes gens en bonne règle et gouvernement, tellement qu'ilz n'empescheront la paix et la tranquillité du païs du Roy, ne de ses subgés, ne les appatisseront (2), tailleront, exactionneront en or, argent, vivres, ne aultres choses ou biens quelzconques, ne les roberont, ne les souffrira ledit cappitaine estre par luy, ne ses dites gens taillez, appatichiez, exactionnez, robez ou pilliez.
Et ne fera, ou souffira estre faict sur lesdiz subgiez, obéissans au Roy nostre dit seigneurs quelzconques ariestz, ne prinses de blez, vins, aveines, foings, bestaulx, chevaulx, jumens, ne d'aultres choses ou biens quelzconques, ne aussi sur les marchans, laboureurs, ne sur aultres personnes quelzconques, obéissans comme dit est, par quelque voie ou couleur (sic) que ce soit. (3)
Mais ce que leur sera besoing, pour leurs necessitez ou vivrez, l'achetteront du bon gré des vendeurs, à tel prix que entre eulx sera accordé, et dudit prix les paieront. (4)

Aide et obéissance à prêter à la justice

(sans s'immiscer, ni dans son action, ni dans la police des villes ou pays, sauf pour défaut de guet ou de garde).
Et aussy obéira, entendra et aidera, et fera obéir, entendre et aidier à la justice et justiciers du Roy, soient bailliz ou aultres officiers quelzconques; sans ce que icelui cappitaine s'entremette de cognoissance de cause de ses dictes gens, ne d'aultres, ne du faict de justice ou gouvernement de police des villes, païs, peuples ou subjiez; sinon seulement des causes et gaingues de guerre que feront ceulx de sadicte retenue, et de la deffaulte de guet et garde non faict, en sa dite place.

Responsabilité du chef, répression

Et aussi respondra de tout ce que ses dictes gens mefferont, sur et à l'encontre de ce que dit est; et autrement baillera à la justice, pour en faire telle punicion qu'il appartiendra par raison.

Recherche des brigands, prime d'arrestation

Et aussi fera toute diligence de nectoier le païs de brigans. Et ceulx qui par luy ou ses dictes gens seront prins, livrera à la justice, pour en faire ainsi qu'il appartendra par raison. Et de ceulx qui seront exécutez, lui sera baillé le prix et taux en tel cas accoustumé.

Contrôleur de garnison

Et sera esleu ung homme d'armes à pié, saige et de bon gouvernement, du nombre de la retenue d'icellui cappitaine, lequel prendra gaiges comme ung homme d'armes à cheval, et n'aura que deux archiers avec luy. Lequel ainsi esleu, pour les gaiges de luy et de sesdis deux archiers, sera paié par ledit receveur général, et non par ledit cappitaine.
Et si demourra soubz mondits, le Régent, pour luy servir quant et là où il luy plaira, frant et quicte de tout guet et garde desdictes places.
Parme ce que ledit, ainsi esleu, sera contrerolleur des tierces et gaignes de guerre, et de la deffaulte des nombre et absences des hommes d'armes et archiers dicelles places; et aussi des abillemens (équipements) , arraiements (harnachement des chevaux) , et souffisance de tous iceulx hommes d'armes et archiers, quand icellui cappitaine fera ses monstrez, pointz qui pourront toucher et appartenir à mondits. le Régent.
Et de tout ce, certiffier (à) icellui Mons. le Régent ou ses commis, dedens le second moys d'un chascun quartier d'an.

Service extérieur, pénalité en cas de refus

Et sera tenu ledit cappitaine d'aller et mener sesdictes gens de cheval partout où mondé luy sera par le Roy, pour tenir les champs, estre à journées, chevauchées ou sièges; sur paine de perdre leurs gaiges pour ung moys, et en estre pugniz à l'ordonnance de cellui ou ceulx qui mandé l'aura ou l'auront.

Service du guet, amendes pour les manquements

Et, en oultre, ne prendra ou exigera, ne fera prendre ou exiger, pour déffault du guet et garde en sa dicte place, sur chascun feu défaillant : ou tems d'yver que cinq blans, et, en tems d'ésté, que trois blans pour chascun deffault.
Et ne contraindra, ou ferra contraindre, lesdiz subjez à aller faire ledit guet, sinon de temps en temps, selon le nombre de subjez qui seront tenuz de faire ledit guet en da dicte place, et la nécessité qu'il sera d'avoir gens pour sa dicte place.
Sur lequel nombre sera advisé, avec ledit cappitaine, par le bailli et conseil du Roy dudit lieu, et en gardant les ordonnances royaulx derrainement publiés à Rouen sur le faict desdiz guetz. (5)

Choix des hommes pour la troupe et pour la garde de la place

Et ne pourra ledit cappitaine recevoir à souldées, ne bailler charge de garde en ladicte place, à aucuns qui auront tenu le parti des ennemis et adversaires, et de nouvel auront esté et seront receus en l'obéissance.

Obligation de prêter main-forte au bailli sur sa réquisition

Et avecques ce, incontinent que le bailli royal dudit lieu aura besoing des gens de sa retenue, pour faire aucune exécution de justice, exécuter les ordonnances royaulx autrefois publiées à Caen et celles derrainement (dernièrement) publiées à Rouen, ou aprehender gens de guerre ou aultres, de quelque nacion qu'ilz soient, séjournans et vivans sur le païs; sera tenu de y aller, ou envoïer son lieutenant accompaignié de tous les hommes d'armes et archiers de sa retenue, sitost que par ledit bailli en sera requis; sur paine de perdre gaiges pour ung moys, pour chascune faulte ou refus qu'il fera en ce.
Et si iceulx de se retenue ne y vueillent obéir, ilz perdront leurs gaiges pour ung moys semblablement.

Exécution des ordonnances, punition des contrevenants

Et, en oultre, gardera et observera, et sera tenu de faire garder et observer, par sesdictes gens, les ordonnances royaulx publiées à Caen, au moys de décembre l'an 1423, et aussi les ordonnances royaulx publiées à Rouen le 11e jour de ce présent moys de septembre; et tous et chascun des pointz et articles dedens contenus, selon leur fourme (forme) et teneur, sur paine de rien prendre, et de fournir tout ce que, par sesdictes gens, seroit faict contre la teneur d'icelles ordonnances; ou de bailler et délivrer sans fraude à justice les délinquans estans de sa charge et retenue, faisans contre le teneur d'icelles ordonnances, pour en faire telle punicion qu'il appartiendra, par raison; et de aidier et conforter justice, se la cas le requiert.

Lieutenant - Défense et remise de la ville

Moyennant lesquelles choses, ledit cappitaine a promis et promet garder bien et loialement, à son povoir, par luy, ou son commis souffisans pour qui il voudra respondre, lesdictes ville, chastel et forteresse de Sainct-Lô, à l'onneur et prouffit du Roy, nostre sire, et dudit Mons. le Régent; de non les livrer fors à icellui Monseigneur ou à son certain commandement, et icelles délaissier et restituer, leddit an passé, à celui à qui il luy plaira ordonner.
En tesmoins desquelles choses, à la partie de ceste présente endenture demourant devers ledit cappitaine, mondit seigneur le Régent a faict mectre son scel.
Donné à Rouen, le 18e jour de septembre l'an de grâce 1428.
Ainsi signées. Par Monseigneur le Régent le Royaume de France, duc de Bedford, Bradshawe.
En tesmoing de ce... Signé : Charité.

(Bibl. Nat., MSS., vol. 26.051, n° 952)

(1) On ne sait pas ce que sont ces "regards". Le terme est toujours employé lorsqu'il s'agit d'hommes d'armes, et jamais lorsqu'il ne s'agit que d'archers.
(2) Les "appatis" étaient des impôts levés sur les populations conquises, en temps de guerre.
(3) Bien entendu, ces stipulations ne concernaient pas les pays de conquête.
(4) Les archers stationnés sur place, à Orléans, reçurent à partir de février 1429, 6 livres tournois par mois, au lieu de 5, pour cause de vie chère sur place.
(5) Le guet était aussi assuré par les habitants des cités.

Paiement de la solde aux hommes

Paiement de la solde aux hommes par les capitaines et leurs lieutenants - Diminution pour vacations - Extrait d'un paiement - Garnison de Honfleur.

Paiemens fais aux souldoiers de Honnefleur par Jehan CHERWIN, escuier, lieutenant dud. lieu, pour leurs gaiges desservis pour la sauvegarde d'icelle ville, pour ung quartier d'an commençans le 28e jour de juing l'an 1431, et finissant le jour Sainct-Michel ensuivant.
Et premièrement :

A Jehan HARTELL, lance à cheval, pour ses gaiges dud. quartier : 45 livres tournois.
A Guillaume MANEFELD, lance à pié, pour ses gaiges : 20 livres tournois.
A Robert COURTOIS, lance à pié, 20 l.t. dont luy est rabatu pour cinq jours vaqués 22 sols 2d.ob., demeuré à luy paié : 18 livres 17 sols 9 deniers obole.
....

Archiers :

A Morisse PHOT, archier, pour ses gaiges desservis aud. quartier : 15 livres.
A Johan ASTOLF, archier, 13s. 4d. rabatus pour vacacion : 15 livres. (1)
A Thomas ROBERT, archier, pour ses gaiges entiers : 15 livres.
A Johan MAIN, 3s. 4d. rabatus pour 1 jour vacqué : 15 livres. (1)
A Guil. FOSTER, 3s. 4d. rabatus pour 1 jour vacqué : 15 livres.(1)
....

Le tiers jour de décembre l'an 1431 devant moy, Martin HALLEY, tabellion à Honnefleur pour le roy nostres., furent présens lesdis souldoiers, tant lances que archiers, ainsi qu'ilz sont dénommez cy-dessus, qui confessent avoir receu dud. lieutenant les sommes dessus déclairées, pour leurs gaiges desservis audit lieu de Honnefleur, pour le quart d'an finant à la feste Sainct-Michiel derrenier passé, dont ilz de tindrent acoutens, et en quictèrent le roy nostre dits., et tous aultres à qui quictance en peuct et doit appartenir. Tesmoing... Signé : Halley.

Ledit jour et an, devant led. tabellion, ledit Jehan CHERWIN, tant pour luy que pour les aultres souldoiers de ladicte garnison, qu'il disoit estre de son hostel (2), à sa despense et retenue, confessa avoir receu et retenu en sa main les deniers d'iceulx souldoiers, pour ledit quartier d'an, dont... et en quicte et promit acquitter le Roy nostredits. et tous aultres qu'il appartient. Signé Halley.

(1) Les sommes rabattues (retenues) pour vacations (absences), sur la solde des archers, ne sont pas déduites de la somme intégrale, sur le document; c'est évidemment parce que le payeur portait, dans ses écritures, la solde intégrale en dépense, et les déductions en recette.
(2) Devrait être plutôt : de l'hôtel du commandant de la garnison.

Au dos est écrit :
Quictance de dix lances et quatorze archiers, de la garnison de Honnefleur, pour le quart d'an finissant à la Saint-Michiel derrenièrement passé.
Et a affirmé Jehan CHERWIN, escuier, lieutenant aud. lieu, que le surplus de ladicte garnison sont de son hostel. (2)
Vuet, (vu) le 11e jour d'avril 1431 avant Pasques. (1432 n.st.)
Signé : Le Fournier.

(Document qui faisait partie de la collection particulière de M. Boucher de Molandon. Bull. S.A.H.O. Médiathèque Orléans.)

Artillerie

Ce n'est pas encore une arme spéciale, mais un terme générique s'appliquant à toutes sortes d'armes et d'engins.
Au siège d'Orléans (1429) comme à celui du Mans (1424), avec les barils de poudre, arbalètes, traits, bombardes, pièces de canons, il fallut amener des boeufs pour charrier les grosses bombardes.
Outre les quatre maîtres canonniers, amenés par Salisbury et payés comme hommes d'armes 20 deniers d'esterlins le jour, il y avait des maçons et des charpentiers pour élever les bastilles.
Les maîtres de l'artillerie s'appelaient alors maîtres des ordonnances et artillerie du Roy; il y en avait deux : Philebert de MOLLENS, en France (pour les Anglais), et Guillaume APPILBY pour la Normandie, alors sous le joug anglais. Ils étaient tous deux au siège d'Orléans durant une période. Nicolas de MANTEVILLE était "général maître et visiteur de l'artillerie du Roy."
Salisbury apportait d'Angleterre, en vue du siège, un parc d'artillerie considérable pour le temps.
Il y avait trois sortes de canons : des canons à main qui lançaient des plommées, des petits canons appelés fowlers pour des boulets en pierre de deux livres, et trois grosses pièces dont il est dit : una potest jactare petras altitudinis 18 pollicum (l'une d'elle pouvait lancer des boulets jusqu'à 18 pieds en hauteur).
Les "pierres de canon" étaient dégrossies à la carrière et envoyées sur les lieux d'utilisation, où des ouvriers les arrondissaient.
Les Français avaient des engins analogues. En 1419 à Blois, on tenait en réserve 800 pierres à canon, faites en 1417 à Beaugency, pesant chacune environ deux livres.

Contrôleurs de garnison

Désignation, solde et service (gains de guerre, manque au complet, équipement des hommes de guerre).
Extrait textuel de l'endenture de Suffolk pour la garnison de Saint-Lô, datée de Rouen le 18 septembre 1428 :

... et sera esleu ung homme d'armes à pié, saige et de bon gouvernement, du nombre de la retenue d'icellui cappitaine, lequel prandra gaiges comme ung homme d'armes à cheval, et n'aura que deux archiers avec luy.
Lequel ainsi esleu, pour les gaiges de luy et de sesdits deux archiers, sera paié par ledit receveur général, et non par ledit cappitaine.
Et si demourra soubz mondits. le Régent, pour luy servir quant et là il luy plaira, frant et quicte de tout guet et garde desdictes places.
Parmi ce que ledit, ainsi esleu, sera contrerolleur des tierces et gaignes de guerre, et de la deffaulte des nombre et absences des hommes d'armes et archiers dicelles places; et aussi des abillemens, arraiemens et souffisances de tous iceulx hommes d'armes et archiers, quant icellui cappitaine fera ses monstres, pointz qui pourront toucher et appartenir à mondits. le Régent.
Et de tout ce, certiffier icellui Mons. le Régent ou ses commis, dedens le second moys d'un chascun quartier d'an.
(Bibl. Nat., MSS., vol. 26.051, n°952.)

Au dos des "montres", le contrôleur confirmait le bon déroulement de celles-ci. Exemple :
C'est la monstre de messire Guillaume OLDALLE, chevalier, cappitaine des chastel et ville de Essay... prinse par Guillaume GLASDALL, escuier, bailli d'Alençon... le 26e jour de juing 1428. Signé : T. Chapelle.
Suivent les noms, parmi lesquels se trouve celui de : Thomas CHAPELLE, homme d'armes, "contrerolleur".

Garde et escorte du receveur général de Normandie

Le receveur général de Normandie devait, on le comprend, être protégé et escorté lors de ses déplacements. Il transportait beaucoup d'argent, en liquide naturellement, pour le paiement des troupes.
Le nombre d'hommes de son escorte est assez important :
Ce sont les monstres de 15 lances à cheval et 45 archiers, de la retenue de Pierre BAILLE, receveur général de Normendie, pour la conduicte des finances du Roy, nostre sire, prinses le 1er jour de juillet 1439... pour un quartier d'an, commençant le dit jour.
.....

(Bibl. Nat., MSS., vol.25.768, n°405.

Gains de guerre, mutations, absences. Enregistrement dans le contrôle de garnison

Extrait du contrôle de la garnison de Meulan, pour un quartier d'an commençant le 17 août 1429 :
Et ensuit l'estat et controulle baillé par Jehan WENLOK, escuier, contreroulleur des gens d'armes et archiers estant en la garnison de Meullent, ès gaiges ordinaires; icellui contreroulle faict pour ung quart d'an, commençant le 17e jour d'aoust l'an 1429, et finissant en la fin dudit quartier.
Ensuivent les noms de ceulx qui ont esté vaquans (absents) et n'ont point servy pour led. gaiges ordinaires...
Archiers chacun 90 jours : Richart STODLEY, Thomas CHATERTON, archiers, riens, pour ce qu'ilz n'ont point servy ès gaiges ordinaire, pour tout led. quartier.
Archiers 29 jours : Richart MICHIEL, archier, vint en ladicte garnison le 16e jour de septembre.
Lance à cheval 30 jours : Jehan WRENLOK, contreroulleur, dessus nommé et homme d'armes à cheval.
Archiers 30 jours : Guillaume REDUENE, Jehan HOLGATE, archiers, ont esté vaquans hors de ladicte garnison pour ung moys, dont ilz ont esté au juge d'Estrepagny 18 jours, et les aultres à Rouen... en la compaignie de mons. de Mortaing.
Item, il est venu à la cognoissance dudit contreroulleur que Jehan BLAC, homme d'armes, et certains compaignons en sa compaignie, ont gaigné, par la guerre, sur les ennemis, certains chevaulx et aultre bagage, qui ont esté vendus... pour la somme de 26 francs, dont le lieutenant a receu pour les tierces la somme de 8 francs tournois 13 sols 4 deniers tournois.
Item, Guillaume HIRON, homme d'armes, a gaignié ung cheval à la journée de mons. le Régent, devant Senlis, dont le cappitaine a receu 11 francs 4 solz parisis pour les tierces.

(Bibl. Nat., MSS., vol. 25.768, n°409.)



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