Jean-Baptiste Marie François Auguste de BRESSON

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Jean-Baptiste Marie François Auguste de BRESSON, né le 15 août 1760 à Darney (Vosges) et mort le 11 janvier ou février 1832 à Meudon (Seine-et-Oise actuellement Hauts-de-Seine) est un homme politique français.
Troisième des cinq enfants de Louis de BRESSON (1721-1771), écuyer, avocat au Parlement de Paris puis lieutenant général au bailliage de Darney (1754-1771), maintenu noble en Lorraine (1765), et d’Anne Diez (vers 1730 - vers 1800).
Jean-Baptiste est confirmé noble avec ses frères par lettre patente du Roi Louis XV en date du 30 mars 1773. Après des études effectuées à Paris au collège Mazarin, il est avocat à Darney au début de la Révolution.

Activités parlementaires

Il est successivement élu administrateur du district de Darney le 16 juin 1790, député suppléant des Vosges à l'Assemblée législative le 3 septembre 1791, puis député des Vosges à la Convention nationale, le 4 septembre 1792, à 32 ans. Il siège alors, dans cette période troublée, parmi les modérés, se faisant, selon ses mots, l’apôtre « de l’évangile de la douce et sage liberté ».

Jean-Baptiste, qui se fait appeler Edmond, fréquente alors le salon littéraire de Sophie COTTIN (1770-1807), auteur de romans à succès (Claire d’Albe, 1792, etc.). Il y noue une liaison passionnée avec la belle Marie de CATUFFE, née Farges, qui est sur le point de divorcer d’un vieillard auquel elle a été mariée à quinze ans. Il l'épousera début 1795.

Le 19 janvier 1793, lors des derniers débats sur le procès de Louis XVI à la Convention, le jeune député BRESSON s'oppose avec éloquence et courage à l'exécution du Roi. Il prononce à la tribune de l’Assemblée un discours d'une remarquable hauteur de vues :

« Lorsque, sur la première question, j’ai dis : Louis est coupable, j’ai prononcé d’après la conviction du législateur et non du juge, car je ne le suis pas et une autorité supérieure à la vôtre, ma conscience, me défend d’en remplir les fonctions. Puisque je ne suis pas juge je n’ai pas à ouvrir le code criminel pour y lire ma détermination ; j’ai interrogé le bonheur de mon pays : il est pour moi la loi, la justice suprême. Non, citoyens, nous ne sommes pas juges, car les juges sont prosternés devant une loi égale pour tous, et nous, nous avons violé l'égalité pour faire une exception contre un seul. Nous ne sommes pas juges, car les juges ont un bandeau glacé sur le front et la haine de Louis nous brûle et nous dévore. Nous ne sommes pas juges, car les juges se défendent des opinions sévères : ils les ensevelissent au fond de leurs cœurs, et, ce n'est qu'avec une tardive et sainte honte, qu'ils les laissent échapper, et nous, puisque réduits à nous excuser de la modération, nous publions avec orgueil, la rigueur de nos jugements, et nous nous efforçons de la faire adopter. Nous ne sommes pas juges, enfin, car on voit les juges s'attendrir sur le scélérat qu'ils viennent de condamner et adoucir l'horreur qui l'environne par l'expression de la pitié. Notre aversion poursuit Louis jusque sous la hache des bourreaux et même quelquefois, j'ai entendu prononcer son arrêt de mort avec l'accent de la colère et des signes approbateurs, répondant à ce cri funèbre. Homme d'État, j'oublie les maux que Louis nous a fait sur le trône ; je ne m'occupe que de ceux qu'il pourrait nous faire sur l'échafaud. De longues et silencieuses méditations m'ont convaincu que son existence sera moins funeste à ma pitié que son supplice, et je n'ai pas hésité ; de longues et silencieuses méditations m'ont convaincu que son existence sera moins funeste à ma Patrie que son supplice, et je n'ai pas hésité. Je demande que Louis soit détenu jusqu'à l'époque où la tranquillité permettra de le bannir. »

Sa modération allait bientôt lui être reprochée. Il fut l'un des 72 députés « girondins » mis en accusation par la Convention et décrétés « hors la loi ». Arrêté il parvint miraculeusement à s'échapper de prison. La tradition familiale rapporte qu’il avait le sommeil profond. S’étant endormi dans sa cellule, derrière une botte de paille, il y aurait été oublié, porte ouverte, lors d’un transfert de prisonniers. Déguisé en maçon, il alla provisoirement se cacher…à la Convention, sous l’estrade de l’Assemblée, dont il avait arraché quelques lames de parquet. Il y demeura deux jours, se sachant recherché. Lorsque les discours de ses accusateurs montagnards lui donnèrent le sentiment qu’il pouvait risquer une sortie, il quitta Paris et parvint à gagner les Vosges, à pieds. Il y vécut caché dans une maison de forestier, aux environs de Contrexéville, protégé par de bonnes et discrètes personnes, jusqu'à la chute de Robespierre. Jean-Baptiste Bresson occupait son temps à des travaux d'ébénisterie, en particulier de marqueterie.

Jean-Baptiste ne reparaît à Paris que le 8 décembre 1794, ayant été réhabilité, pour réintégrer la Convention thermidorienne. Il y disserte sur les assignats et sur le projet de Constitution, puis, en 1795, fait imprimer ses Réflexions sur les bases d'une constitution, dont le véritable auteur n'est autre que Vincent-Marie Viénot de Vaublanc encore proscrit à l'époque. Ce texte attaque la constitution de 1793.

En octobre 1795, le ménage Bresson cache chez leur amie Sophie Cottin ce même Vaublanc, proscrit politique, meneur royaliste, condamné à mort par le Directoire. « Bresson, écrit Vaublanc dans ses Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie , aussi adroit que généreux, vint avec des outils, changea les cloisons, fit une petite chambre à l’abri des recherches. » Le courageux Bresson n’en poursuit pas moins sa carrière politique républicaine. Le 15 octobre 1795 (23 vendémiaire an IV) il est élu député au « Conseil des Cinq-Cents » par plusieurs départements et opte pour représenter à nouveau celui des Vosges.

Bresson quitte cette assemblée et la vie politique en 1798 (An VI) pour entrer dans la magistrature, au tribunal du département des Vosges, à Épinal. L'année suivante, son adhésion au coup d’état de Bonaparte, le 18 Brumaire, lui donne l’occasion de poursuivre une carrière parisienne.

Ministre de l'Empire

Dès 1800 (An VIII), il est placé en disponibilité de la magistrature,Talleyrand l’ayant nommé « chef de la division des Fonds et de la comptabilité » du ministère des Relations extérieures. Le traitement de BRESSON, qui a rang de ministre plénipotentiaire, est de 10 000 Francs par an. Il est porté à 12 000 Francs en [[1802], puis l'année suivante à 18 000 Francs, niveau élevé auquel il se stabilise. Il dispose également d'un appartement de fonction dans le bâtiment du ministère.

Bresson est fait chevalier de la Légion d'honneur en juin 1804.

En 1815, BRESSON occupe toujours la position de « chef de la division des fonds et de la comptabilité » du ministère des Affaires étrangères, toujours en disponibilité de la magistrature.

En décembre 1815, le ménage BRESSON cache le comte de La Valette, ancien ministre bonapartiste condamné à mort et évadé. Ce proscrit demeure plusieurs semaines dans leur appartement de fonction... au cœur même du ministère des Affaires étrangères.

Les Bresson ne seront jamais soupçonnés et Jean-Baptiste Bresson prendra paisiblement sa retraite en 1825.

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