Histoire de la région de Bourgogne-Franche-Comté

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Bourgogne-Franche-Comté
Région - Blason - Bourgogne-Franche-Comté.png
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Informations
Capitale Dijon
Pays

Prologue

En 534, les burgondes créèrent le Royaume de Bourgogne qui s'étendra de Nevers au lac de Constance et de Langres à Cavaillon. En 843, lors du traité de Verdun, le Royaume est divisé en trois: A l'Ouest de la Saône la Bourgogne Franque (Ancienne région de Bourgogne), à l'Est la Bourgogne impériale. Cette dernière est divisée en deux régions. L'actuelle Suisse et l'ancienne région de Franche-Comté formant la Haute Bourgogne, le reste du Royaume étant nommé la basse Bourgogne ou Royaume de Provence. A l'approche de l'an 1000, le superstitieux Rodolphe II dit l'imbécile donne son Royaume au Saint Empire Romain Germanique par petites entités. L'Empereur Conrad II crée le Royaume de Bourgogne et d'Arles correspondant à la Bourgogne Impériale. Mais les bourguignons ne veulent pas faire partie du Saint Empire et les seigneurs locaux se mettront sporadiquement en guerre entre 1032 et 1042. C'est à dire jusqu'à ce que l'empereur Henri III épouse la fille d'Agnès de Bourgogne.

Au Moyen Âge, on distingue donc le "Duché de Bourgogne", ancienne Bourgogne Franque qui était vassale du Royaume de France et le "Comté de Bourgogne" ou "Franche-Comté", vassale du Saint Empire Romain Germanique.

Aussi, les ducs de Bourgogne étaient vassaux du roi de France pour le duché de Bourgogne, l'Artois et la Flandre, et vassaux de l'Empereur pour le comté de Bourgogne, le Geldre, le Hainaut, le Brabant et d'autres terres.

Repère géographique.png Repères géographiques

Territoires du Duché de Bourgogne :

  • Autunois
  • Auxerrois
  • Auxois
  • Bassigny
  • Châlonnais
  • Charollois
  • Dijonnais
  • Mâconnais

Territoires de Franche-Comté :

  • Besançon, ville libre impériale.
  • Baillage d'Amont
  • Prévôté de Jussey
  • Prévôté de Port-sur-Saône
  • Prévôté de Faucogney
  • Prévôté de Montjustin-et-Velotte
  • Prévôté de Montbozon
  • Prévôté de Cromary
  • Bailliage de Baume-les-Dames
  • Bailliage de Vesoul
  • Bailliage de Gray
  • Abbaye de Luxeuil
  • Abbaye de Lure
  • Baillage de Dôle ou du Milieu
  • Bailliage de Dôle
  • Bailliage de Quingey
  • Bailliage d'Ornans
  • Baillage d'Aval
  • Bailliage d'Arbois
  • Bailliage de Salins (pays de Scodingue, comme Poligny, Arbois, Montmorot, Orgelet)
  • Bailliage de Pontarlier (de l'ancien comté de Varais, Warasch)
  • Bailliage de Poligny
  • Bailliage d'Orgelet
  • Bailliage de Montmorot
  • Abbaye de Saint-Claude (pays de Moirans)

La Bourgogne-Franche-Comté dans l'Antiquité et au haut Moyen Âge

Important foyer celtique, durant l'antiquité, on y trouve à l'Est de la Saône nommée Arar en celte les Éduens, avec, pour capitale, Bibracte sur le mont Beuvray. A l'Ouest de la Saône et au Sud de Mandeure, se situe le Pays Séquanais dont la capitale était Vesontio (actuelle Besançon). Après la conquête romaine, le pays éduen est intégrée à la province de la Lyonnaise et le pays séquanais à la Belgique. Saint Bénigne au IIe siècle, Saint Romain et Saint Lupicin au Ve siècle, Saint Colomban au VIIe siècle évangélisent la région. Ce dernier fonde la Via Francigena qui va de Cambridge à Rome.

Au Ve siècle, lors des Grandes Invasions, les Burgondes, originaires de la Baltique, s'implantent dans la région et lui donnent leur nom. En 534, les Francs s'emparent de la Burgondie : Mérovingiens et Carolingiens laissent à la Bourgogne une certaine autonomie, mais elle subit différents partages.

Naissance de la Bourgogne ducale et comtale

En 843, le traité de Verdun donne la Bourgogne Franque à Charles le Chauve. Son frère Lothaire se voit attribuer la Bourgogne impériale.

En 877, Charles le Chauve érige la Bourgogne en duché au profit de son beau-frère Boson, y englobant Langres, Troyes, Sens, Nevers et Mâcon. Au Xe siècle, durant le règne du roi Raoul de Bourgogne, le duché est rattaché au domaine royal; mais dès sa mort, son frère, Hugues le Noir, reprend à son profit le territoire bourguignon. Le duché de Bourgogne passe aux Capétiens en 956, par le biais des frères de Hugues Capet. En 1032, Henri Ier, fils de Robert II le Pieux et petit-neveu des deux frères, qui a annexé pour un temps au royaume de France la Bourgogne, l'inféode à son frère Robert Ier le Vieux. Cette branche bourguignonne de la maison capétienne s'éteint en 1361 avec la mort de Philippe de Rouvres. Jean le Bon, tuteur du jeune Philippe, récupère alors le duché.

En 1032, à la mort de Rodolphe II de Bourgogne, la Bourgogne Impériale devenue "Royaume de Bourgogne et d'Arles" dont la capitale était Arles revient à Conrad II du Saint Empire Romain Germanique. Le Saint Empire, est divisé en comtés, d'où la dénomination de "Comté de Bourgogne". Les comtois ont réussi à négocier des franchises d'impôt et de parler leur propre langue. D'où le nom de Franche-Comté utilisé dès le XIIIème siècle.

Le duché de Bourgogne à son apogée

Le fils de Jean le Bon, Charles V, le donne en apanage à son frère Philippe II le Hardi, premier des Valois de Bourgogne. C'est sous cette dynastie (1364-1477) que la Bourgogne connaît son apogée et devient un bastion du christianisme, avec notamment le développement d'importantes abbayes au rayonnement intense. C'est l'époque de la domination de Cluny (secondée par Vézelay), puis de Cîteaux et de Clairvaux (secondée par Fontenay), marquées par la personnalité de saint Bernard : en 1146, c'est à Vézelay que saint Bernard lance un appel à la croisade, en présence du roi de France Louis VII, et que Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion se donnent rendez-vous pour la troisième croisade. Par son mariage avec la veuve de Philippe de Rouvres, Marguerite de Male, fille du comte de Flandre, en 1369, Philippe le Hardi récupère la Franche-Comté, ainsi que les comtés de Flandre, d'Artois, de Nevers et tout le reste de l'héritage flamand, devenant ainsi l'un des plus puissants princes de la chrétienté. Il attire en Bourgogne des artistes flamands et commence l'édification de somptueux monuments, œuvre poursuivie par ses successeurs. Soucieux de fonder pour sa dynastie une nécropole digne d'elle, il fonde à Dijon la chartreuse de Champmol où il fait édifier son tombeau (conservé, ainsi que ceux de Jean sans Peur et Marguerite de Bavière, au musée des Beaux-Arts de Dijon dans le Palais des ducs de Bourgogne).

En 1404, son fils Jean sans Peur lui succède et entame la lutte contre Louis d'Orléans, frère du roi dément Charles VI. Il fait assassiner son rival en 1407, se rend maître de Paris, mais déclenche ainsi la lutte contre le beau-père de Louis d'Orléans, Bernard d'Armagnac. Le conflit entre Armagnacs et Bourguignons constitue une véritable guerre civile au cœur même de la guerre de Cent Ans. En 1419, Jean sans Peur accepte une rencontre au pont de Montereau avec le dauphin Charles, mais il y est assassiné.

Par vengeance, son fils et successeur Philippe le Bon s'allie alors aux Anglais. En 1430, il leur livre Jeanne d'Arc en échange de 10 000 écus d'or. Il signe cependant le traité d'Arras (1435) avec Charles VII pour mettre fin au conflit, et accroît encore son domaine.

À sa mort en 1467, son fils Charles le Téméraire lui succède. Il mène des guerres continuelles afin de rattacher les parties nord et sud de ses possessions. En 1475, il réussit ainsi à annexer le duché de Lorraine, mais il meurt deux ans plus tard lors du siège de Nancy; son corps est retrouvé, méconnaissable, fendu dans le sens de la hauteur à moitié dévoré par les loups.

Morcellement du territoire

Charles le Téméraire n'avait qu'une fille, Marie, et sa seule héritière selon les lois de l'époque (S'il n'y a pas d'héritier mâle, ce sont les filles qui héritent par ordre de naissance). Louis XI établit alors dans le Royaume de France la loi salique qui stipule que seuls les mâles peuvent hériter. Étant cousin de Charles le Téméraire, le duché de Bourgogne et les villes bourguignonnes de Picardie lui reviennent donc. Il déshérite ainsi sa filleule Marie de Bourgogne et installe un Parlement à Dijon en 1480. Marie de Bourgogne, épouse Maximilien de Habsbourg, qui conserve les possessions bourguignonnes non françaises dont la Franche-Comté. Son petit-fils, Charles Quint reprend la lutte contre le roi de France. En 1513, Dijon est assiégée par les Impériaux. En 1526, les États de Bourgogne refusent de céder la province à Charles Quint qui doit y renoncer par la paix de Cambrai (1529), puis par le traité de Crépy (1544). En 1601, la Bourgogne s'agrandit de la Bresse, du Bugey et du Valmorey et en 1651 du comté de Charolais. Entre 1631 et 1789, les princes de Condé se succèdent comme gouverneurs du duché.

La guerre de dix ans (1635-1644)

Louis XIII, conseillé par Richelieu, tente de conquérir les Flandres (Guerre de trente ans entre 1618 et 1648) et la Franche-Comté (Guerre de dix ans). Dans cette dernière, il ordonne aux troupes du duc de Weimar qui sévissaient en Alsace avec ses mercenaires allemands et suédois de descendre sur les montagnes tandis que le Grand Condé attaquait les plaines comtoises. Le massacre fut tel que seulement 40% de la population y survécut. A Frasne, par exemple, apprenant l'arrivée imminente des "Suédois" et de leur barbarie, le curé et ses paroissiens firent le pèlerinage à Rome par la Via Francigena. Ainsi des enfants naquirent tout le long du trajet aller en 1635, puis retour vers 1646. Lorsqu'ils revinrent, tout avait été brûlé et pillé. Ceux qui étaient resté en avaient été réduits à manger des rats, des chats, voire leurs propres enfants. Il fallut donc tout reconstruire.

Les conquêtes de Louis XIV

C'est ce pays exsangue que Louis XIV conquit en 1668 en bafouant les traités de paix de Westphalie (1648) qui interdisait d'attaquer la Franche-Comté pendant les cinquante prochaines années. Il dut se retirer. Pourtant il refait une seconde conquête en 1674 où il annexe définitivement la Franche-Comté à la France avec les Traités de Nimègue en 1678.

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Référence.png Notes et références