Histoire de la Guadeloupe

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KARUKERA, "l'île aux belles eaux"

De Notre-Dame de Guadalupe d'Estramadure (donné par Christophe Colomb pour remercier N-D de l'avoir sauvé d'une tempête); Les Indigènes l'appelaient Calouacaera ou Karukera

La période précolombienne

Les premiers habitants de l'île furent des indiens venus du Vénézuela quelques siècles avant notre ère - un peuple de pêcheurs évolués et paisibles: les Arawaks.

Vers le IXème siècle ils furent exterminés par la tribu guerrière et cannibale des Caraïbes (Karibs) qui habitent l'île de Caloucaéra (île aux belles eaux, Karukéra en créole).

Ces groupes de chasseurs ont été suivis par une population plus organisée d'agriculteurs venus des hauts plateaux de l'Orénoque et baptisés Huécoîdes.

Ce sont les premiers agriculteurs venus coloniser les Petites Antilles : ils apportent avec eux tabac, manioc, patate douce.

Il sont suivis, au début de notre ère par des groupes dits saladoïdes, également agriculteurs originaires de l'est du Venezuela. Ces "saladoïdes"s'installent de façon plus durable (prés de six siècles en Guadeloupe) et s'adaptent au milieu insulaire.

Vers 600 après J.C une nouvelle migration originaire des côtes de Guyane s'installe au sud des Petites Antilles et monte des expéditions guerrières vers les îles situées au nord. Ces expéditions marquent la fin des groupes saladoïdes.

En 800 après J.C une nouvelle culture dite « Suazey » est implantée sur presque toutes les Petites Antilles.

La dernière migration amérindienne est historiquement attestée: il s'agit des Galibis de Guyane française qui s'installent en Guadeloupe un ou deux siècles seulement avant l'arrivée de Christophe Colomb.


La colonisation européenne

Lors de l'arrivée de la flotte de Christophe Colomb, le 3 novembre 1493, son nom fut changé en Guadeloupe.

"il découvre les petites Antilles (la Guadeloupe et la Dominique) et Puerto Rico. Il explore les côtes de Cuba et de la Jamaïque. A Haïti, il retrouve la garnison qu'il avait établie lors de son premier séjour, décimée par la syphilis. Il découvre que les indigènes de ces îles sont anthropophages et les réduit en esclavage sous ce prétexte. Colomb ne trouvera pas les richesses et l'or tant attendus et rentrera en Espagne en 1496" Source

L'île fut baptisée Guadeloupe en référence à un monastère d'Estrémadure. Au XVIème siècle, les Espagnols firent quelques tentatives pour conquérir la Guadeloupe et furent repoussés par les Caraïbes.
Au XVIIème siècle, sous le patronage du cardinal de Richelieu, des marchands français fondent la Compagnie des Iles d'Amérique qui organise la colonisation : mandatés par la Compagnie, Liénard de L'Olive et Duplessis d'Ossonville débarquent à la Guadeloupe. Ils prennent possession de l'île, le 28 juin 1635, et livrent une guerre sans merci aux Indiens Caraïbes.

Les Espagnols s'intéressèrent peu à cette île inhospitalière et les premiers colons "volontaires" français - essentiellement des agriculteurs d'origine normande, bretonne et charentaise - ne furent envoyés par la Compagnie des Isles d'Amérique qu'à partir de 1635

Les Caraïbes furent exterminés à leur tour, épidémies, alcool et fusils aidant. Mais les conditions de vie difficiles eurent raison des premiers travailleurs, et bientôt s'organisa l'utilisation d'esclaves déportés d'Afrique, ce qui devra durer près de quatre siècles.

Les cultures étant peu rentables au début, la Compagnie vendit la Guadeloupe à Charles Houël qui fut à l'origine de son essor grâce à la plantation de sucre, café et cacao. Par la suite, l'île passa en possession de la Compagnie des Indes, puis du roi Louis XIV, fut attaqué par les Hollandais, occupé par les Anglais, de nouvelles cultures furent introduites: coton, épices... :

Charles Houël, gouverneur de la Guadeloupe de 1643 à 1664, fonde la ville de Basse-Terre, devient propriétaire de l'île qu'il rachète à la Compagnie des Iles d'Amérique et reçoit de Louis XIV le titre de Marquis de Guadeloupe. C'est vers 1644 que la vocation économique de l'île se dessine avec la culture de la canne à sucre. Cette culture demande une importante main d'œuvre : des Africains réduits en esclavage sont amenés dans les plantations. En 1664, Colbert décide d'établir l'autorité royale. Il rachète l'île et la cède à la Compagnie des Indes Occidentales, chargée de sa mise en valeur. En 1674, la Compagnie est supprimée, l'île rattachée directement au pouvoir royal et devient colonie du royaume. Au cours du siècle suivant, se développe une économie basée sur le sucre et l'esclavage. En 1685, est proclamé le Code Noir qui régit l'esclavage dans les colonies françaises. Le XVIIIème siècle est marqué par les guerres avec l'Angleterre pour la conquête des îles caribéennes.

En 1759, pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Guadeloupe est occupée par les Anglais qui fondent le port de Pointe-à-Pitre. En 1763, le traité de Paris met fin à la guerre et restitue la Guadeloupe et la Martinique à la France. C'est en 1775 que l'île obtient son autonomie vis-à-vis de la Martinique.


Au 18ème siècle on est dans la fameuse époque des flibustiers et corsaires et les îles des Caraïbes prospèrent en grande partie grâce au pillage des navires marchands ennemis.

L’abolition de l’esclavage à l’assimilation

Sous l'influence des idées de la Révolution française, la Convention vota l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794 et Victor Hugues fût envoyé pour assurer l'application. Bon nombre de grand propriétaires royalistes et esclavagistes furent guillotinés.

En 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage, mais des mouvements de résistance commencent à voir le jour: sous le commandement de Louis Delgrès en 1802, chez les Anglais qui interdisent la traite des Noirs en 1807, au congrès de Vienne qui l'interdit en 1815. Mais il faudra attendre 1848 quand le 27 avril, sous l'impulsion du député Victor Schoelcher, à la tête de la Société Abolitionniste, le décret d'abolition est voté.

Les premiers travailleurs volontaires venus des Indes arrivent à Saint-François en 1853, ils sont recrutés afin de remplacer une main d'œuvre devenue défaillante dans les plantations.

Comme les relations entre anciens maîtres et anciens esclaves furent difficiles, les autorités décidèrent d'employer une nouvelle main d'œuvre : les coolies. Ces travailleurs libres et rémunérés sont d'origine annamite, chinois et surtout indienne.

En 1880, le sucre de canne perd de sa rentabilité avec l’apparition du sucre de betterave.

De ce fait, et du fait de la concurrence de plus en plus grande de la betterave sucrière, bon nombre de planteurs firent faillite et leurs domaines passèrent aux mains des sociétés capitalistes étrangères dans la deuxième moitié du 19ème siècle.

Dès le début du 19e siècle, la Guadeloupe diversifie ses axes de production, commercialise le rhum et se tourne vers l’exploitation d’autres ressources telles que la culture de la banane, la pêche et plus tardivement le tourisme.

De 1946 à nos jours

Comme la plupart des colonies, la Guadeloupe subira les contrecoups des crises économiques et celui des deux conflits mondiaux : elle fit d’ailleurs à cette occasion preuve de patriotisme en envoyant ses enfants au combat, comme le témoignent les nombreux monuments aux morts édifiés par les municipalités de l'île.

Les lois coloniales sont abolies en 1946, faisant de la Guadeloupe un Département français à part entière.

Mais la crise économique continua et eut de graves répercussions sociales avec des mouvements de grève. La Guadeloupe se donne alors ses premiers députés socialistes: Légitimus et Achille-René Boisneuf. Pour limiter la dépendance du cours du sucre, après la Seconde Guerre mondiale on cherche à diversifier la production et développe la culture de la banane, de l'ananas et du riz - canne et rhum restant néanmoins les principales denrées à l'exportation.

Département français

La Guadeloupe est un département français d'Outre-mer, depuis la loi du 19 mars 1946. Le département est découpé en trois arrondissements (Basse-Terre, Pointe-à-Pitre, Saint-Martin/Saint-Barthélémy), subdivisés en 43 cantons et 34 communes. Comme dans tous les départements d'Outre-mer, tous les textes législatifs nationaux y sont applicables mais peuvent faire l'objet de mesures d'adaptation " nécessitées par leur situation particulière " (Art. 73 de la Constitution). La Guadeloupe est dotée d'un Conseil régional et d'un Conseil général. Elle est représentée au niveau national par 4 députés, 2 sénateurs et un conseiller économique et social. Etat est représenté par le Préfet établi à Basse-Terre et 2 sous-préfets à Pointe-à-Pitre et à Saint-Martin.

Les lois sont celles de l'Hexagone avec toutefois quelques arrangement spécifiques concernant les salaires des fonctionnaires, les équipements scolaires et l'assistance médicale et sociale. Un mouvement indépendentiste, très actif dans les années 80, est en perte de vitesse au profit d'une reflexion tournée vers l'avenir économique et social avec les institutions présentes. Ainsi le 1er décembre 1999 la "Déclaration de Basse-Terre" des présidents de région Guadeloupe, Martinique et Guyane a pour but de trouver ensemble un mode de développement adapté aux Antilles-Guyane, et en juin 2000 le projet de loi d'orientation pour le développement des DOM fut défini.

En tant que département français d’outre-mer, la Guadeloupe fait partie de l'Union européenne au sein de laquelle elle constitue une région ultra-périphérique ; à ce titre, elle bénéficie de "mesures spécifiques" qui adaptent le droit communautaire en tenant compte des caractéristiques et contraintes particulières de ces régions.

Le 7 Décembre 2003, à l'issu d'un referendum, les communes de Saint Martin et Saint Barthélémy décidèrent de s'affranchir de l'administration de la Guadeloupe pour devenir des collectivités territoriales françaises à part entières.

Aujourd'hui la population de la Guadeloupe, largement métissée, est le produit de la rencontre des amérindiens, européens, africains et indiens, qui ont ensemble élaboré au fil du temps une culture dite « créole » et entrepris de vivre en harmonie.

Nouvelle dénomination depuis 2003

Réforme constitutionnelle du 28 mars 2003 supprimant les appelations DOM et TOM.

  • ROM (Région d'outre-mer) :
  • Guadeloupe (971)
  • Guyane française (973)
  • Martinique (972)
  • Réunion (974)
  • COM (Collectivité d'outre-mer) :
  • Mayotte
  • Polynésie française
  • Saint-Barthélemy
  • Saint-Martin (partie française)
  • Saint-Pierre-et-Miquelon
  • Wallis-et-Futuna
  • Collectivités spécifiques
    • Nouvelle-Calédonie : statut sui generis
    • Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) : TOM
    • Île Clipperton

Repères géographiques

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Archipel de 8 îles habitées dont 2 principales Grande-Terre & Basse-Terre séparées par la Rivière salée dans le groupe des îles du Vent


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