Histoire de l'Alsace

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Situation

L'Alsace couvre une surface de 8 280 km² (190 km de long sur 50 km de large soit 1,5 % de la superficie de la France), ce qui en fait la plus petite des régions administratives de France métropolitaine. Elle s'étend du sud au nord le long du Rhin qui la borde à l'est. Elle est limitée au nord et à l'est par l'Allemagne, au sud par la Suisse, au sud-ouest par la région Franche-Comté et à l'ouest par la région Lorraine. L'Alsace (Elsass) est une région administrative française composée de deux départements : le Bas-Rhin (Unterelsass) au nord et le Haut-Rhin (Oberelsass) au sud.

Son chef-lieu est Strasbourg (Straßburg), qui est aussi sa plus grande ville, suivie par Mulhouse (Mülhausen), métropole du Sud-Alsace (Südelsass ou Sundgau, pourtant au rang de sous-préfecture).

À la différence de ses provinces et régions voisines, l'Alsace n'a jamais connu de période d'unité et d'autonomie politique combinées. Longtemps caractérisée par un morcellement politique important, la région fut principalement sous l'autorité plus ou moins théorique du Saint-Empire Romain Germanique, puis de la France, après son annexion progressive au XVIIe siècle. Historiquement, l'Alsace comprenait avant la Guerre de 1870 le département actuel du Territoire de Belfort.

Histoire

Cité pour la première fois au VIIème siècle, on ne connait pas vraiment l'origine du nom de cette région. Il pourrait avoir une origine germanique (Alis-lauti-sat : établissement en pays étranger), celtique (Alis-atia : région au pied de la montagne) ou provenir d'une déformation des mots Ell (Ill) Sass (habitant en allemand ancien).

Les Romains qui ont occupé la plaine d'Alsace ont été remplacés par les Alamans après les Grandes Invasions dès le IVème siècle. Les Alamans imposent leur langue et transforment la ville romaine d'Argentoratum (qui était à l'origine uniquement un camp romain) en Stratebourg ou ville des routes.

Après les invasions des Huns et des Barbares destructeurs qui ont suivi les Alamans, les Mérovingiens réorganisent la région avec l'aide de l'Eglise. En 842, les Serments de Strasbourg rédigés en tudesque (vieil allemand) et en roman (ancêtre du français) sont la base de la division de l'Europe de Charlemagne. L'Alsace fera partie du Saint Empire Romain Germanique à partir du IXème siècle et jusqu'à son rattachement à la France en 1648.

A partir du XIIème siècle, l'artisanat et le commerce se développent, des paysans quittent leurs campagnes, les villes sont en expansion et Strasbourg se libére de la tutelle de son évêque et acquiert en 1262 le titre de "ville libre". Colmar, Sélestat et Obernai s'entourent de murs.

En 1354, les villes de Munster, Turckheim, Kaysersberg, Sélestat, Obernai, Rosheim, Wissembourg, Haguenau, Colmar et Mulhouse s'unissent pour former une ligue, la Décapole, qui se place sous la protection impériale, mais qui est malgré tout indépendante. La région subit diverses calamités comme les invasions des troupes pendant la guerre de Cent Ans, une épidémie de peste noire en 1349 et des guerres féodales perpétuelles.

A Strasbourg, à partir de 1519, et grâce à Gutenberg, les presses de l'imprimerie permettent d'éditer les ouvrages de Luther. Dès la fin du XVème siècle, on ose s'attaquer aux vices de la société et du clergé en particulier. La Réforme se propage. Dans les campagnes, la révolte gronde chez les les paysans qui espèrent une amélioration de leur condition. Des bandes armées se forment et une guerre sanglante se termine en 1525 par le massacre de 18.000 paysans.

En 1555, la paix d'Augsbourg permet de fixer la répartition géographique des religions catholique et réformée: on choisit la religion du seigneur de la terre que l'on habite.

De 1618 à 1648, l'Alsace devient un champ de bataille pour les armées de la guerre de Trente Ans qui pillent et massacrent la population. La région perd plus de la moitié de ses habitants. En 1648, l'Alsace, morcelée en de nombreux territoires seigneuriaux, devient française par le traité de Westphalie, tout en gardant de nombreuses originalités dans ses institutions et ses traditions.

La révocation de l'Edit de Nantes n'a pas été appliquée et l'usage du français n'a pas été imposé, alors que la langue écrite de la majorité des Alsaciens était l'Allemand. Le français est cependant devenu la langue officielle, et la religion catholique la seule reconnue, mais les catholiques majoritaires cohabitent avec les protestants luthériens ou réformés, qui ont tous leurs paroisses. La capitulation de Strasbourg a lieu en 1681 et marque son rattachement à la France, tout en préservant ses privilèges en matière de gouvernement municipal et de religion. Le traité de Ryswick en 1697 entérine l'annexion de l'Alsace à la France. A la Révolution, lorsque le peuple apprend la prise de la Bastille, il saccage entiérement l'Hôtel de Ville de Strasbourg le 21 juillet 1789.

Les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont créés en 1790. La Révolution place l'Alsace sous les mêmes lois que toute la France, bouleversant les habitudes et les mentalités. Mulhouse qui faisait partie de la confédération helvétique s'est associée à la France en 1798.

Lors de l'épopée Napoléonienne, l'Alsace est un grand pourvoyeur d'hommes, de généraux (Kellermann, Kléber, Rapp, Lefèvre...) et de subsistances aux armées. Après 1815 et une occupation par les alliés, la région subit une grave crise économique. La bourgeoisie d'affaires modernise et adapte l'économie, l'essor industriel sort l'Alsace de la récession en 1850.

Après la défaite de 1870 et jusqu'à 1918, l'Alsace, à l'exception de la région qui deviendra plus tard le Territoire de Belfort, est annexée par les Allemands. Elle redevient "Terre d'Empire" et acquiert un régime particulier dans beaucoup de domaines. Elle est restituée à la France à la fin de la première guerre mondiale, et reste française jusqu'à son rattachement au IIIème Reich en 1940.

Son retour à la France interviendra avec sa libération, le 20 mars 1945.

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