Haut-Koenigsbourg

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Le château en 1905

Situation

Vue globale depuis le vignoble en 2018

Cet ancien château-fort a été érigé au XIIe siècle sur un éperon rocheux des Vosges, département du Bas-Rhin.
Il est situé sur le ban communal d'Orschwiller.
De sa longue silhouette et son clocher vert, à l'altitude de 757 mètres, il domine les environs de la ville de Sélestat et est visible de loin depuis la plaine d'Alsace. Réciproquement, tel un balcon perché sur la montagne, il offre un panorama impressionnant sur la plaine, la Forêt-Noire, et même les Alpes en l'absence de brume.
De par sa position stratégique, telle une sentinelle autrefois, « il permettait de surveiller la route du vin et du blé »[1].

Historique

  • Il y eut à l'origine deux châteaux, mais on ne sait rien de leurs premiers occupants. En 1147, le château était connu sous le nom de "centrum Estufin" (Staufen). L'empereur Frédéric 1er de Hohenstaufen possédait l'un des donjons, alors que l'autre était à son frère Conrad. Au milieu du XIIIe, ils passèrent aux ducs de Lorraine et en 1359 aux évêques de Strasbourg.
  • À la fin du siècle il est appelé Koenigsbourg (soit château du roi), les Staufen ayant accédé à l'empire.
  • Il est ensuite occupé par des chevaliers brigands et démantelé en 1462.
  • Le château du Haut-Koenigsbourg fut reconstruit vers 1480 (à part le donjon qui date du XIIe ou XIIIe), par le comte Oswald de Thierstein, qui l'avait reçu en fief de l'empereur Frédéric III des Habsbourg. Habité jusqu'à la guerre de Trente Ans, il fut assiégé en 1633 par les Suédois qui le ruinèrent partiellement. Par le traité de Westphalie en 1648 le château revient à la France mais est abandonné. En 1865 la ville de Sélestat l'acquiert.
Guillaume II visite le chantier en 1901
  • Puis en 1889 il est offert par la ville à l'empereur Guillaume II qui le fait restaurer avec les fonds alloués par le Reichstag et la Délégation d'Alsace-Lorraine. En 1900 les travaux commencent sous la direction de l'architecte allemand Bruno Ebhardt (en s'inspirant de l'état du château en 1479) et sont terminés en 1908. Les Allemands accomplissent là un travail colossal, sans lésiner sur les moyens : « dès 1901, il y avait là une station de pompage »[2]. Ils installent aussi deux grues mécaniques qui sont électrifiées. Et mettent en œuvre une locomotive montée sur rails, dénommée Hilda, « ce qui permettait de transporter matériels et pierres des carrières de l'Oedenbourg »[2].
En 1908 une grande fête inaugurale se prépare. Léo Schug, auteur des peintures murales de l'intérieur « fut également réquisitionné pour la confection de 500 costumes des figurants »[2].
Et l'inauguration eut lieu lieu le 13 mai 1908, sans le succès escompté, car la pluie tombait dru. L'empereur ne revint plus au château avant 1918.


  • En 1939 les œuvres d'art des musées d'Alsace furent mises à l'abri au château de Hautefort en Dordogne. Lors de l'occupation par les Allemands de la zone libre, ces œuvres furent rapportées en Alsace et entreposées dans les caves du château du Haut-Koenigsbourg.
  • Les troupes américaines, venant par la montagne, occupèrent le Haut-Koenigsbourg le 28 novembre 1944.


Composition du site

C.Angsthelm

À l'intérieur des murailles, « dont le développement atteint 270 mètres »[3], c'est presque une petite ville qui est reconstituée :
On y trouve en effet cours, fontaine, logis à deux étages, diverses portes et ponts-levis, forge, moulin à vent, puits de 62 m, cellier creusé dans le roc, salles d'apparat et salles d'armes, canons, donjon. Et bien sûr une chapelle.

Les Portes

  • L'entrée du Haut-Château, au-dessus de laquelle sont sculptées les armes des Thierstein, s'ouvre sur une cour intérieure au fond de laquelle une seconde porte percée dans une tour rectangulaire montre les armoiries superposées de Charles Quint, retrouvées lors du déblaiement des ruines, et de l'empereur Guillaume II ("ce château a été restauré par Guillaume II, roi de Prusse et empereur des Allemands"). Après une autre porte, on arrive à la Porte des Lions qui donne accès au château proprement dit.


La cour intérieure

Le logis apparaît avec ses deux galeries en bois. Un escalier en colimaçon permet d'y accéder.
La fontaine est une réplique de la fontaine hexagonale d'Eguisheim. Le moulin est un peu anachronique : il en existait bien au Moyen-Âge, mais en Alsace, il ne s'agissait que de moulins à bras.


Le logis

Il dispose de plusieurs salles (salle de chasse, salle des chevaliers, salle des fêtes où eut lieu l'inauguration).
Certaines comportent des boiseries néo-gothiques et/ou des meubles du XVIe et XVIIe, des poêles en faïence de Sarreguemines.

  • La reconstruction a été très discutée, certaines parties n'ont jamais existé, certains détails sont trop richement traités. Conséquence du mouvement romantique, une nouvelle orientation des intérêts archéologiques vers le Moyen-Âge a suscité dans toute l'Europe une génération d'architectes spécialisés dans l'art roman ou gothique. Si leurs travaux n'ont pas toujours recueilli les suffrages de ceux qui après eux ont étudié l'histoire de ces édifices, il n'en reste pas moins qu'on leur doit la conservation de monuments infiniment précieux.
  • La disposition intérieure a été transformée, notamment la salle des chevaliers. Dans la salle des fêtes on notera en bas du garde-feu l'inscription : "Ich habe es nicht gewollt" (Je ne l'ai pas voulu) demandée soit-disant par Guillaume II lors de sa dernière visite en 1918, mais plutôt de la propre initiative d'un ferronnier.

Les peintures murales

Haut Koenigsbourg plafond salle des fêtes.jpg
  • Les peintures murales du Haut-Koenigsbourg sont dues à Léo Schnug (1878-1933). Présenté à l'empereur en 1910, le projet de peintures murales pour la salle des fêtes du château sera achevé deux ans plus tard. Répondant à la demande de Guillaume II, Léo Schnug réalise un décor à la fois festif et symbolique : ses peintures évoquent l'histoire réelle ou romancée du château au XVe et rappellent l'appartenance de l'Alsace au Saint Empire Romain Germanique. Ces peintures ont été critiquées à l'époque de leur réalisation pour leur caractère politique.
  • Dans cette même salle, quelques mois plus tard, le Président Poincaré, les maréchaux et les généraux représentant l'armée victorieuse vinrent célébrer le retour de l'Alsace à la France.
  • On peut également voir une salle d'armes. La salle des trophées de chasse est également décorée plus modestement de peintures murales de Léo Schnug avec un caractère plus "historique".


La Chapelle

Près de la tribune de la Chapelle, deux tableaux des XVIe représentent le Jugement dernier et la Crucifixion. Dans la chapelle une fresque de la Crucifixion.


Le donjon

Voilà un élément très controversé. Longtemps les historiens ont reproché à l'architecte d'avoir construit une tour-donjon carrée, alors que celle d'origine était ronde. « En fait, les plans très anciens ont révélé que la tour était bien carrée »[4].


Illustrations anciennes


Bibliographie

  • Bérangère Guilbaud-Rabiller, Le Grand Almanach de l'Alsace, La Crèche, Geste éditions, 2016, ISBN 978-2-36746-480-0
  • Gilles Pudlowski, Dictionnaire amoureux illustré de l'Alsace, Paris, Éditions Plon, Gründ, 2016, 279 pages, ISBN 978-2-324-01779-7
  • Article de Jean-Éric Zabrodsky et Mireille Frobert : "Haut-Koenigsbourg, oh, oh, oh, quelle histoire" !, in Rhin Couleur Sud, bimestriel de la culture et du patrimoine en Alsace, n°2 Automne/Hiver 2016, Tours
  • Noël Graveline, L'Alsace, châteaux et demeures, Espagne, éditeur : minerva, 1995, 98 pages, ISBN 2-83-070258-1

Voir aussi

Liens utiles

Notes et références

  1. Semaine 20, in Bérangère Guilbaud-Rabiller, Le Grand Almanach de l'Alsace, La Crèche, Geste éditions, 2016, ISBN 978-2-36746-480-0
  2. 2,0 2,1 et 2,2 Page 89, in Article de Jean-Éric Zabrodsky et Mireille Frobert : "Haut-Koenigsbourg, oh, oh, oh, quelle histoire" !, in Rhin Couleur Sud, bimestriel de la culture et du patrimoine en Alsace, n°2 Automne/Hiver 2016, Tours
  3. Page 44, in Noël Graveline, L'Alsace, châteaux et demeures, Espagne, éditeur : minerva, 1995, 98 pages, ISBN 2-83-070258-1
  4. Page 88, in Article de Jean-Éric Zabrodsky et Mireille Frobert : "Haut-Koenigsbourg, oh, oh, oh, quelle histoire" !, in Rhin Couleur Sud, bimestriel de la culture et du patrimoine en Alsace, n°2 Automne/Hiver 2016, Tours


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