Guerre 1914-1918 ~ Le Clergé et les Congrégations dans la Grande Guerre

De Geneawiki
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Les rumeurs

Les curés embusqués

Article de Charles BOURG dans le "Bonnet Rouge" ( 23 décembre 1915)

On connaît le nombre exact des curés embusqués qui, au lieu de servir sur le front, sont retenus soit à l'arrière dans des formations sanitaires, soit dans les ambulances et les hôpitaux de la métropole au titre de brancardiers ou d'infirmiers. Ils sont 12 580, soit, à quelques unités près, l'effectif d'une division. Voici donc 12 580 hommes jeunes, intelligents, et tous célibataires, qui feraient d’excellents combattants et qui sont éloignés de la ligne de feu, où ils sont remplacés par des territoriaux beaucoup plus âgés, et, pour la plupart, pères de familles.

Livre d'Or du Clergé et des Congrégations

Ce projet n'aurait peut-être pas été réalisé, si la rumeur infâme, qui s'étaient répandu jusque dans les plus petits villages de France, n'avait démontré, à l'évidence de défendre le clergé si injustement attaqué.

Figurent dans cette nomenclature, à l'exclusion des simples mobilisés, tous les ecclésiastiques et les religieux catholiques, morts, cités et décorés, des pays alliés, c'est à dire : de France, de Belgique, d'Italie, d'Angleterre, du Canada, d'Amérique et de Pologne (y ont été ajoutés les noms des évêques et prêtres catholiques des rites orientaux qui ont été mis à mort par les Turcs durant la guerre ou de ceux qui ont été décorés par les Alliés).

L'ensemble des notices atteint le chiffre total d'environ 23 000.

La première notice :

  • ABADIE (Albert-Lucien-Pierre) de Paris
Né à Boulogne sur Gesse (H.-G.), le 18 mai 1897 :; séminariste _ Mobilisé (S.A.) 25e R.I. (11janvier1916) ; au front (19 juillet 1916) ; 113 e R.I. (23 décembre 1916) ; prisonnier à Biermont ( 9 juin 1918) ; interné Dülmen et Minden (Westphalie) ; rapatrié ( 25 décembre 1918) ; 102e R.I. (28 janvier 1919) Démobilisé le 25 septembre 1919.
A participé aux actions suivantes : - 1917 : JUVINCOURT 516 AVRIL° 6 1918 / tergnier, Channy, Manicamp (22-24 mars), - Roye-sur-Matz, Lassigny (9 juin).
Ordre I. D;/125 n° 60, 6 avril 1918 : "Soldat brave et courageux. S'est fait remarquer par sa belle atttitude au feu lors de récents combats."
Pour consulter les 22 999 suivantes : Livre d'Or du Clergé et des Congrégations

A travers cette forêt de notices quelques noms de :

Extraits de la préface de Henry BORDEAUX, de l'Académie francaise.

Revenants

Les revenants, ce furent tous ces religieux expulsés de France qui, dès la mobilisation, repassèrent la frontière en hâte pour défendre le pays dont ils étaient exclus.

  • Le P. ALIX, Capucin, a près de soixante ans, et vraiment il aurait droit au repos. C'est lui qui a fondé la Léproserie d'Harrar. L'empereur Ménélik l'a délégué auprès de Pie X. Il lâche ses ambassades et vient s'offrir comme aumônier. De ses quatre citations, dont une pour la Légion d'honneur, je donnerai celle-ci : "Engagé comme aumônier volontaire à l'âge de soixante ans. Deux fois blessé par éclat d'obus, sur le champ de bataille, dans l'exercice de son ministère ; a pris part aux grandes offensives de la Somme, du Chemin-des-Dames, de Lorraine et à toutes les opérations du 2e C.C. de mars à novembre 1918, prodiguant partout ses soins et ses consolations aux malades et aux blessés, s'imposant à tous en exemple par son grand cœur, ses rares mérites et son admirable dévouement, notamment dans les Flandres, dans la tâche singulièrement pénible de l'assainissement de champs de bataille longtemps délaissés et de l'identification des corps abandonnés."

Combattants

  • L'abbé BOULAN, vicaire à Notre-Dame du Sacré-Cœur à Valenciennes. Il est à son poste lors de l'invasion allemande (24 août 1914) et sauve quarante soldats français dont il favorise l'évasion. Puis il qui la ville et va se mettre à la disposition du recrutement de Béthune. Caporal, sergent, sous-lieutenant, non seulement il est un excellent chef, mais il a la folie du sauvetage : blessé à Verdun (24 octobre 1916), il ne s'occupe pas de lui-même, soutient et soigne un autre blessé. Al'attaque d'une ferme (mai 1918), il se porte seul au secours de ses blessés et en sauve deux. Médaillé militaire, Légion d'honneur, sept citations. Blessé de nouveau, cette fois mortellement, le 9 août 1918, devant Frétoy (Oise), en entraînant sa section à l'assaut, il meurt le lendemain à l'ambulance du château de Plessis-Villette.

Aviateurs

  • Le sous-lieutenant CORDONNIER, des Rédemptoristes, a 413 heures de vol de lignes, trente-trois combats, cinq avions à son compte Au bois des Grands-Usages (16 avril 1917), il attaque un drachen à 200 mètres d'altitude, et, malgré les mitrailleuses et les canons qui croisent leurs feux sur lui, il l'abat en flammes. Il descend presque à ras du sol pour bombarder un train en arrière des lignes ennemies et les cantonnements. Le 5 septembre 1917, il part de nuit sur un appareil de chasse, descend à 1400 mètres au-dessus de son objectif et fait exploser le dépôt de munitions de Thourout. Ces périlleuses descentes, ces attaques au sol des rassemblements ennemis, il s'en fait une spécialité. Le 30 mars 1918, il abat un avion allemend dans ses lignes. Le 20 avril, troisième victoire. Le 4 mai, au Nord-Est de Montdidier, il attaque six monoplans et abat son 4e avion qui tombe en flammes. Après dix-huit mois de combat ininterrompus et une cinquième victoire, il est tué en l'air le 28 juillet 1918, dans un combat contre quatre adversaires.
  • Le séminariste DELIN, des Eudiste, est mobilisé à la sous-intendance de Rouen. Il demande à s'en aller au front. Comme brancardier, il est cité trois fois, pour aller être allé chercher des camarades en avant des tranchées françaises, pour avoir pansé des blessés sur place dans la bataille de Verdun, "sous des bombardements d'une violence inouïe", pour réclamer les missions dangereuses. Ce n'est pas assez : il sollicite l'aviation, fait un stage à Pau, entre dans une escadrille de chasse, y devient sergent-pilote. "Modèle de courage et d'abnégation", il est tué en combat aérien le 15 août 1918 et tombe en terrain ennemi à l'Ouest de Moronvilliers.

Aumôniers et brancardiers

Là, nos prêtres sont tout de même plus à l'aise. Aumôniers, brancardiers, soulager les faibles et les désespérés, assister les blessés, secourir les mourants, ensevelir les morts : mission de paix qui est naturellement la leur. Petits vicaires ou curés déjà mûrs, religieux de tous ordres, professeurs, maîtres des novices, tous se donnent à cette tâche avec un dévouement sans bornes.

  • L'abbé Léon BADRÉ, sorti de l'Institut catholique de Paris, est mobilisé au 148 e régiment d'infanterie, puis il passe au 9 e tirailleurs algériens. Blessé à Berry-au-Bac en octobre 1914, il a les deux jambes brisées par un obus à la dernière offensive de Champagne le 3 octobre 1918 et meurt le même jour à l'ambulance de Bussy-le-Château. Cinq citations et la médaille militaire. Il n'y est question que de son "admirable courage", prodiguant ses soins en première ligne aux blessés de son régiment. "Sous sa demande, est allé sous le feu de l'ennemi rechercher le corps de son chef de bataillon. D'autre part, comme aumônier auxiliaire, a, pendant deux jours et deux nuits parcouru la première ligne sous un violent bombardement pour donner aux blessés les secours de ministères."

Religieuses

  • Sœur FIRMIN Marie Aclocque, des Servantes du Sacré-Coeur de Versailles, supérieure de l'hôpital d'Hazabrouck où elle reçoit avec"une imperturbable bonne humeur et un dévouement sans bornes" des milliers de réfugiés à qui elle donne asile à toute heure du jour ou de nuit, nourriture et vêtement. Pendant les bombardements, elle aide à opérer les blessés. C'est un chef : son calme et son autorité agissent efficassement sur tout le personnel, sur les réfugiés, sur les malades, sur les blessés.
  • La Sœur BOUILLON, supérieure de l'Hôtel-Dieu de Crécy-sur-Serre, a reçu la médaille de la Reconnaissance française avec ce libellé : "Aux début des hostilités, a, comme supérieure des religieuses infirmières à l'Hôtel-Dieu de Crésy-sur-Serre, soigné les blessés français avec zèle et dévouement. Lors de l'occupation allemande, elle recueillit les enfants et les vieillards et les protégea contre les mauvais traitement de l'envahisseur. Sa conduite et son courage sont l'objet des plus vifs éloges de ses concitoyens. En septembre 1917, évacuée dans l'Aisne avec ses malades, la Sœur BOUILLON parvint, au prix des plus grandes difficultés, à emporter le linge qui leur était nécessaire, ainsi que des objets de ravitaillement qu'elle avait dissimuler aux Allemands. Envoyée en Belgique avec son personnel, elle est revenue à Crécy en avril 1919, où elle continu à diriger l'Hôtel-Dieu qu'elle subventionne de ses deniers. Cette religieuse a été un modèle de vertus civiques."

Statistiques générales des morts, cités et décorés (1922)

Statistiques

Nations alliées Mobilisés
Aunomiers
Infirmières
Morts Cités
et décorés
Nombre de
citations
Nombre de
décorations
Belgique
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

750
912
511

110
113
28

804
662
284

515
641
60

1 640
1 391
508
Canada
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

83
39
15

1
-
-

9
7
15

7
9
5

14
14
35
États-Unis
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

751
264
4

25
9
1

59
11
3

67
7
-

80
16
7
France
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

25 400
9 323
16 145

3 249
1 571
378

8 875
3 430
4 276

14 127
5 595
1 892

13 308
5 329
10 008
Grande-Bretagne
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

700
11

6
13
-

34
52
11

42
7
3

71
90
20
Irlande
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

4
20
23

-
12
3

4
17
21

6
10
7

7
27
52
Italie
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

16 098
9 301
-

506
317
4

959
430
58

409
230
48

1 518
752
158
Pologne
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

82
5
2

9
2
-

75
4
15

75
4
2

68
14
6
Divers
Clergé séculier
Clergé régulier
Religieuses

-
-
-

14
11
2

7
18
146

1
24
51

10
33
316
Totaux généraux 80 443 6 394 20 273 2027 35 486

Sources

  • Pour la France : les éléments des statistiques ont été fournis directement par les Diocèses et les Congrégations et par les Livres d'Or particulier.
  • Pour les Pays alliés, en dehors des renseignements recueillis par le Livre d'Or lui-même, trois publications ont été d'un grand secours. En voici les titres:
  • Canada : Aumoniers militaires catholiques de l'armée canadienne, 1914 à 1918 (M J-M EMARD, évêque de Walleyfield).
  • Etats-Unis : United-States Catholic Chaplains in the World War ( Ordinaire Army and Navy Chaplains, New-York City - 1924)
  • Italie : L'Operade del Clero et del laicato cattolico in Italia durante la guerra. (Tipografia poliglotta vaticana, Roma. 1920)

Clergé séculier

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Logo internet.png Liens utiles (externes)

Référence.png Notes et références

  • La preuve du sang : Le livre d’or du Clergé et des congrégations (1914-1922) Tome premier - Paris Bonne Presse 1925 - Imprimerie "Maison de la Bonne Presse (5, rue Bayard Paris 8e) -
Ouvrage en ligne : La preuve du sang : Le livre d’or du Clergé et des congrégations 1914 - 1922


^ Sommaire