Guerre 1914-1918 ~ L'argot de la Grande Guerre

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Grande guerre - soldats.jpg

Les soldats ont amené avec eux dans les tranchées l'argot existant avant la guerre. Ils ont aussi inventé de nombreux termes spécifiques aux combats. Petit lexique ...


Le cabot-trompion est un pépère qui a du cran...
Les macavoués radinaient et ça bardait.
Il se tapait le chou sous les marmites...
L'argot de la Grande Guerre

A  |  B  |  C  |  D  |  E  |  F  |  G  |  H  |  I  |  J  |  K  |  L  |  M  |  N  |  O  |  P  |  Q  |  R  |  S  |  T  |  U  |  V  |  W  |  X  |  Y  |  Z



A

  • Abatage : Vive réprimande
  • Abatis : Les membres du corps humain.
  • Abeille : Balle de fusil. Terme faisant référence au bruit des projectiles dans leur course.
  • Adjupète : Surnom donné à l'adjudant.
  • Aiguille à tricoter : Baïonnette
  • Antidérapant : Synonyme argotique de vin rouge.
  • Aminche : Ami
  • Arbeit : Travail. Terme allemand repris tel quel par des soldats français.
  • Arbi : Arabe - Soldat arabe (algérien, tunisien ou marocain) abréviation de arbicot ou arabicot.
  • Arrosage : Tir d'artillerie, bombardement
  • Artiflot : Surnom donné, principalement par les fantassins, aux artilleurs.
  • Attiger : Blesser (il est bien attigé) décimer (ce régiment est attigé) , amocher
  • Auge : Gamelle
  • Autochir: Ambilance automobile chirurgicale (argot des majors et des infirmières)
  • Auxi : Auxiliaire
  • Avaro : Accident
  • Azor : Sac d'infanterie.

B

  • Babakoute : Nom donné aux tirailleurs noirs ou jaunes (Argot des troupes coloniales)
  • Babillarde , bafouille : Lettre
  • Bagotage : Marches à pied
  • Bagoter ou bagotter : Marcher, faire des marches
  • Baguettes ; Galons qui indiquent les fonctions du fourrier
  • Ballot, Balochard : Imbécile, idiot, bêta terme d'injure
  • Banane : Médailles coloniales ou médaille militaire
  • Bancal : Sabre de cavalerie
  • Baptiser : Baptiser le pinard, y rajouter de l'eau
  • Barbelé : Fil de fer ou réseau de fils de fer hérissés de pointes coupantes. Dans un sens imagé, peut désigner un alcool fort de mauvaise qualité, type eau-de-vie.
  • Barda : Equipement du soldat. Terme venant d'Algérie, où "barda" renvoie à la charge d'un homme ou d'un mulet.
  • Barder : manoeuvrer avec exès, jusqu'à la fatigue, soutenir de durs combats.
  • Bas-du-cul : Homme très petit
  • Bébé : L'aréoplane de chasse Nieuport à une place
  • Berlingot ; Camion automobile. Vient du nom de la marque Berliet déformé.
  • Berlue : Couverture
  • Bibi : Soldat (diminutif de biffin : fantassin ) ou moi
  • Bibine : Mauvaise bière
  • Bicyclette : Seau hygiénique en usage dans les hôpitaux
  • Bide , Bidon : Ventre
  • Bigor :Abréviation du nom "bigorneau", qui désigne les hommes de l’artillerie de marine.
  • Bleu : soldat inexpérimenté, n'ayant pas ou peu vu le feu.
  • Bleusaille : soldat de la plus jeune classe
  • Boche : adjectif. Désignation péjorative des Allemands par les Français. Ce terme serait une réduction du terme argotique "Alboche", désignant aussi les Allemands.
  • Boîte à dominos : Cercueil (Les dominos ce sont les os)
  • Boîte aux lettres : Projectile d'artillerie.
  • Bouteille : Projectile d'artillerie.
  • Bouillon Kub : Projectile d'artillerie.
  • Brot : Terme allemand repris tel quel par des soldats français.

C

  • Cabot : caporal.
  • Cabot-trompion : caporal-clairon - caporal-trompette
  • Cagna : abri (d'origine indochinoise).
  • Charrette : projectile d'artillerie.
  • Chasse-bite : déformation du terme argotique "chassebi", qui se réfère aux chasseurs à pied (fantassins).
  • Chocotes (avoir les) : avoir peur
  • Chou (se taper le) : manger, bien manger, faire bombance
  • Ciblots : variante de "civelots", qui désigne les civils.
  • Coup de coude : coup de vin
  • Courber une aile (se faire) : être blessé
  • Crapouillot : surnom donné aux mortiers de tranchée et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. Terme qui signifie à la base "petit crapaud".
  • Croix de bois : gagner la croix de bois, c’était mourir au champ d’honneur, en opposition à la croix de fer qui décorait les soldats allemands méritants.

D

  • Decauville  : désigne les voies de chemin de fer légères de faible écartement ( 60 cm, voire de 40) pratiques pour faciliter le transport du matériel dans la zone de front (l'usine Decauville de Corbeil-Essonnes étant fabriquant d'armes de guerre et des voies de chemin de fer).
  • Doublard : sergent-major, (ainsi surnommé à cause du double liseré).
  • Dzin-dzin : Projectile d'artillerie.

E

  • Enclume :Projectile d'artillerie.
  • Escarpins : Brodequins (chaussures de soldats). Terme ironique, évidemment.

F

  • Feldgrau : Littéralement "gris de campagne" : couleur de l’uniforme allemand. Par extension, désigne le fantassin allemand. Terme allemand repris tel quel par des soldats français.
  • Feuillées : Latrines de campagne, généralement creusées dans la terre un peu à l’écart des tranchées principales.
  • Fourchette (Aller à la) : charger à la baïonnette.
  • Fritz : adjectif. Désignation péjorative des Allemands par les Français. Moins usité que le synonyme "Boche".

H

  • Hibou : aviateur qui fait des vols de nuit.
  • Hosteau : hôpital
  • Huiles : les officiers, les hauts gradés.
  • Hurleur : homme de liaison (à défaut de téléphone, pour corriger un tir d'artillerie on emploie une chaîne d'hommes de liaison espacés de 100 en 100 mètres entre l'observateur et la batterie. Les renseignements de l'observateur sont ainsi hurlés de bouche à bouche, d'où le nom de hurleurs.).

G

  • Galonnard : désigne un supérieur hiérarchique considéré comme plus attentif à ses galons et à ses décorations qu'à la vie de ses hommes.
  • Gaspard : rat, ce terme proviendrait du patois lyonnais.
  • Gosasse : chaussure de cuir.
  • Gourbi : abri (d'origine nord-africaine)
  • Guitoune : abri, désigne une tente (d'origine nord-africaine)
  • Gros cul : tabac à pipe.
  • Gros noir : obus de gros calibre.

K

  • Kapout : mot latin caput, tête, prononcé ainsi par les Allemands, exprime la menace de mort, exactement de décapitation. Les Allemenands en se rendant demandent la vie sauve en disant : Kamarade, pas kapout ; d'où son emploi par les poilus.
  • Kasbah : abri (mot arabe)
  • Kébour (Kébroc - Képroc - Képlard) : Képi
  • Kiki : gorge
  • Kilo : litre de vin (on dit aussi kil ou kile)
  • Klebs : chien

J

  • Jaffe : soupe.
  • Jaffrer : manger la soupe.
  • Jus : café.
  • Juteux : adjudant.

L

  • Lampe : bouche (l'endroit par où on lampe quelque chose) - s'envoyer plein la lampe, s'empiffrer.
  • Lascar  : soldat, soldat débrouillard et courageux ou individu en général (vient de l'arabe el-askir : fantassin)
  • Lebel : fusil qui équipe l'armée française. Le fusil Lebel a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Sa longueur (1,80 m) rend son usage peu pratique dans les tranchées.
  • Légumes : hauts gradés.
  • Lest : nom par lequel les aviateurs désignent l'observateur qu'ils transportent.
  • Limace : chemise, blouse. Nommée ainsi lorsqu'une chemise est si résistante et dure qu'elle râpe comme une lime.
  • Limoger : mettre en disgrâce, en disponibilité (deux douzaines d'officiers supérieurs et de généraux ont été envoyer en disponibilités à Limoges, en septembre 1914).
  • Liquette : chemise
  • Louf - Loufoque  : fou, bizarre (mot du jargon des bouchers).

M

  • Macavoué : Obus de gros calibre (diminutif du nom patois matou (macaou)).
  • Maous : gros lourd (du picard mahousse ; grosse femme ou truie).
  • Marmite : Obus de gros calibre allemand.
  • Mec : individu.
  • Ménesse : femme (mot de jargon)
  • Métro : Projectile d'artillerie. S'applique plus précisément aux obus de 310 mm allemands, qui produisent en vol un bruit semblable à celui d’une rame de métro.
  • Mirabelle : Projectile d'artillerie.
  • Morlingue : porte-monnaie (croisement des synonymes mornifle, monnaie, et zingue, argent).
  • Moulin à café : Mitrailleuse. Terme faisant référence au bruit du moulin à café manuel.
  • Museau de cochon : Masque à gaz.
  • Musiciens : Haricots secs. Ce terme évoque de façon poétique les bruits émanant de notre ventre après ingestion de cette nourriture.

N

  • Nia-quoué : paysan indo-chinois et, par extention, l'indigène
  • No man's land : zone dévastée à l'avant des tranchées. Ce terme anglais fait sa première apparition en décembre 1914, dans un texte du correspondant de guerre britannique Ernest Swinton.
  • Nouba : fête arabe, noce carabinée

O

  • Obusite : Qualifie les affections psychologiques faisant suite à l’expérience du bombardement. Equivalent anglais : "shell shock".

P

  • Pain kaka : pain de rationnement allemand, dont le surnom à la consonnance scatologique a été souvent raillé du côté français. Provient des termes allemands "Kleie und Kartoffeln" (soit K.K.), qui signifie "son et pommes de terre".
  • P.C.D.F. : abréviation de "pauvres couillons (ou cons) du front", se référant aux fantassins.
  • Pépère : confortable, tranquille, bien à l'aise, bon
  • Perlot : tabac mot de caserne).
  • Perme : permission, congé
  • Pétasse : prostituée.
  • Pétroleur : surnom donné aux équipes de sapeurs spécialisés dans l’emploi des liquides enflammés et lance-flammes.
  • Petzouille (pedzouille) : homme peu degourdi.
  • Pèze : argent (métal qui pèse).
  • Piaule : maison .
  • Pigeon : projectile d'artillerie.
  • Pinard : vin rouge.
  • Pinceau : jambe.
  • Pincer (en) : en avoir le désir, en souhaiter ardemment.
  • Pipe (prendre la) : être rossé, rouer de coups.
  • Pioupiou : soldat de la période 1871-1914. Cette expression familière est abandonnée rapidement au profit du terme "poilu", plus conforme à la réalité de la guerre.
  • Piston : capitaine (abrégé de capiston).
  • Planquer (se) : se mettre dans un trou ou contre le parapet de la tranchée pour s'abriter des éclats d'obus, (se cacher).
  • Poilu : soldat de la Grande Guerre. Les combattants ne sont pas surnommés ainsi en raison de l'impossibilité de se raser dans les tranchées. On croise le surnom "poilu" déjà au XIXe siècle, chez Balzac notamment. "Poilu", devenu synonyme de "soldat de 1914-1918", renvoie à la notion de courage viril.
  • Pucier : lit
  • Punaise : prostituée
  • Purge : volée de coups, être rossé ; (prendre une purge).

Q

  • Quart : Gobelet contenant un quart de litre
  • Quenaupe : Pipe
  • Quenaupier : Le marchand de tabac
  • Queue de rat : Grenade boche terminée par une tige de 40 centimètres environ

R

  • Rabioteur : prisonnier
  • Radasse, radeuse prostituée (celle qui fait le rade ou le trottoir).
  • Radiner : arriver, rappliquer
  • Raide : malade.
  • Ramdam : tapage.
  • Rase-terre : homme de petite taille.
  • Rata : Plat servi aux soldats, équivalent au ragoût. Ce terme provient du mot "ratatouille", mais ne désigne pas tout à fait le même plat.
  • Rosalie : Surnom de la baïonnette du fusil Lebel. Ce terme, qui compare la baïonnette à une femme, est surtout utilisé par les personnes à l'arrière, et en particulier par certains chansonniers. "Rosalie m’fait les doux yeux", dit La petite Tonkinoise, une chanson de l’époque.

S

  • Sac à viande : draps cousus en ensemble en forme de sac.
  • Sachi. Sachipa : deux mots qui reflètent les deux aspects de l'âme du poilu, qui résument son impression dans toute les circonstances de la vie à la guerre.
Sachi : ça va mal
Sachipa : ça va bien
  • Saindoux : caporal d'ordinaire.
  • Sammy : surnom donné aux soldats des Etats-Unis (Pluriel : Sammies)
  • Saucisse (Zeppelin)  : c'est un ballon d’observation (son nom lui vient de sa forme allongée).
  • Seau à charbon : Projectile d'artillerie.
  • Séchoirs : Barbelés. Ce terme fait référence aux séchoirs à viande, utilisés pour déshydrater des morceaux de viande. La comparaison, terrible, témoigne de la dureté de ce conflit, dans lesquels les soldats s'assimilent, non sans un certain humour noir, à de la chair à canon.
  • Singe : Viande en boîte de conserve, équivalent du "corned beef" américain. La qualité médiocre de la viande lui confère ce nom imagé.

T

  • Terreux : paysan.
  • Terrier : tranchée.
  • Tiffes : cheveux.
  • Tire-au-flan (tire-au-cul) : soldat qui cherche à éluder le service, les corvées.
  • Toquante : montre.
  • Tord-boyaux : eau-de-vie.
  • Tortue : projectile d'artillerie.
  • Totos : poux. (Les poux font partie du quotidien des soldats pendant la Grande Guerre. Ils se logent dans les cheveux et les vêtements, rendant d'autant plus difficile la vie dans les tranchées).
  • Toubib : médecin-major (mot algérien : tebib).
  • Traîne-patte : surnom donné aux services de l'arrière (secrétaires d'Etat major, employés au ravitaillement, aux stations sur routes, aux magasins, aux gares régulatrices, etc.).
  • Tréteau : vieux cheval
  • Triques (mettre les) : se sauver
  • Troufion : fantassin ( le derrière - appellation donnée par les cavaliers aux troupes à pied).
  • Tue-boche (tourne-boche) : baïonnette.
  • Type : individu.

U

  • Usine à gaz : surnom de l'aéroplane Bréguet.

V

  • Vache : terme appliqué aux supérieurs trop sévères (c'est une vache), terme d'injure (c'est vaches de boches) ou en argot parisien : agent de police.
  • Valise diplomatique : Projectile d'artillerie.
  • Verni (être) : celui qui a la chance de ne rien attraper.
  • Vété ou Véteau : vétérinaire
  • Vide-boche : baïonnette.
  • Vieille : mère
  • Vieux : officier commandant une unité
  • Virée : tourner d'amusement.
  • Viscope : visière du képi, du casque
  • Vitrier : chasseaur à pied (ce surnom vient de ce que les chasseurs à pied portaient autrefois des sacs en cuir verni reluisant au soleil comme les vitres que les vitiers portent sur leur dos.).
  • Voiles (mettre les) : s'en aller.
  • Vue (en fiche plein la ) : exagérer, amplifier.

W

  • Wattman : mécanicien chargé de la conduite d'une automobile militaire.

X

  • X : l'inconnu, l'École polytechnique. Officier sorti de l'École polytechnique.
Potasser les "X" ; faire les mathématiques.
Culotter l' "X" ; préparer l'École polytechnique.

Y

  • Y : à lui ( j'y ai cassé la gueule avec ma crosse de flingot ) ou il ( il se prononce y ; Y vient ).
  • Ypérite : Surnom du gaz de combat asphyxiant mis au point en 1917 par l’Allemagne, et utilisé pour la première fois dans la région d’Ypres (Belgique) en juillet 1917. Aussi appelé gaz moutarde.

Z

  • Zigomar : sabre des cavaliers.
  • Zigotot : faire le brave, faire l'important, charcher à amuser la galerie ...
  • Zigouiller : escoffier, bousiller, descendre, dégringoler - tuer
  • Zigue : individu, camarade.
  • Zin-zin : projectile d'artillerie.
  • Zinc : aéroplane (coucou)
  • Zouave : faire le brave (faire la mariole, le zigotot).
  • Zouzou : zouave
  • Zyeuter : regarder (avec les yeux, zyeux)


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Poèmes de Poilu

Azor, le sac

On sent son amitié qui lourdement vous pèse ;
On le croit importun, génant, embarrassant,
On le laisserait là pour un rien Et pourtant,
A la pause, c'est lui qui vous offre une chaise :

Dans la plaine, au moment où la rafale passe,
Quand les canons vibrants sèment partout la mort,
Quand on n'a plus d'espoir, seul il vous aide encor,
Car ils est le rempart, l'abri, la carapace.

Il est tantôt buffet, garde-manger, armoire .
Il compose, a lui seul, un complet mobilier :
Veut-on dormir ? de suite, il se fait oreiler.
Et s'il voulait parler... il en serait des histoires

O sac ! vieux compagnon des longs jours de misère,
Ecoute ! si, parfois, j'ai mal parlé de toi,
C'est que je t'ignorais ; j'eus tort, pardonne-moi,
O sac, ô mon vieux sac, mon triste ami, mon frère !

J. NOËL

Salut, Pinard

Plus ça va, et plus j'réflèchis
Qu'si tu n'existais pas en somme,
Il aurait fallu t'inventer :
«Y a pus d'pinard, y apus d'bonhommes!»
-- C'est l'nouveau cri de l'Humaité ...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Salut, Pinard de l'Intendance,
Qu'as l'«goût d'trop peu» ou l'«goût de rin»,
Sauf les jours où t'aurais tendance
A puer le phénol ou ben l'purin...
Y a meim' des foés qu'tu sens l'pétrole!...
T'es troubl', t'es louche, et tes vaseux ;
Tu vaux pas mieux qu'ta soeur la gnole ;
C'est sûr comme ein et ein font deux,
Qu'les Riz-Pain-Sel, is vous mélangent
Avec de l'eau d'eun mare à canards...
Mais qué faire ? la soéf nous démange ;

Salut, Pinard !

Le Poilu

Un poilu ? C'est un tas de glaise et de grésil,
Agrémenté d'un sac, aggravé d'un fusil.
Ça vous a constamment la bouffarde à la gueule ;
C'est vêtu comme un ours et ... ça n'est pas bégueule,
Mais c'est délicat, ce pithécanthropus,
Que ça se fait conduire au bal en autobus.
Est-ce un grognard ? Non pas. Un Marie-Louise ?
Mieux. C'est l'un et l'autre dans la même chemise.
C'est aussi bien Barras que Lannes ou Masséna,
C'est l'archer de Bouvines et le dragon d'Iéna.
C'est un monde, une époque, un symbole, une aurore,
Un rayon prodigieux, un astre, un météore,
Un beau rêve enchâssé dans du cuir et du fer.
C'est parfois un sourire et parfois un enfer,
C'est toujours un héros, trop souvent anonyme,
D'Artagnan dans Brutus, Kléber dans Cyrano.
Un poilu, c'est une âme avec un numéro,
Ça mange on ne sait quand, ça vit comme une termite.
C'est fier comme un vidame et pur conne un ermite.
C'est informe, innommable et c'est couvert de poux !
C'est votre fiancé, madame... ou votre époux.

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Référence.png Notes et références

  • "L'Argot des Tranchées", Lazare. SAINEAN (1915)
  • "L'argot des poilus", François Déchelette (1918)
  • "Le poilu tel qu'il se parle ", Gaston. Esnault (1919)


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