Georges Jacques DANTON

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Georges Jacques DANTON
Membre de la Convention et ministre de la Justice

Georges Jacques DANTON (1759-1794)

Membre de la Convention et ministre de la Justice

Biographie

  • 1759 (26 octobre) : né à Arcis-sur-Aube.
  • Georges Jacques DANTON est le fils de Jacques DANTON, procureur au baillage d'Arcis et de Marie-Madeleine CAMUT.

Période pré-révolutionnaire

En 1762, son père meurt.
En 1770, DANTON entreprends des études au séminaire de Troyes, mais abandonne très vite la carrière ecclésiastique.
En 1780, il monte à Paris pour faire des études de droit.

En 1787, il épouse une riche héritière d'un cafetier parisien, avec la dot il ouvre son cabinet d'avocat et achète la charge d'avocat au conseil du roi.

Période révolutionnaire

En 1789, DANTON appelle les Parisiens à l'insurrection. En 1790, il fonde, avec Camille DESMOULINS, le club des Cordeliers.
En 1791, il s'oppose au depart de la famille royale pour Saint-Cloud. Il est favorable à une régence de Philippe d'Orléans, celui-ci refuse, DANTON demande le remplacement de Louis XVI. DANTON craignant son arrestation, après la fusillade du champ de mars, fuie en Angleterre, il rentrera en France quelques mois plus tard.

L'année 1792

En 1792, l'Assemblée après avoir fait droit à la réclamation de la Commune, et décrété la suspension du roi et la formation d'une Convention nationale, procéda à l'élection d'un nouveau ministère, et DANTON fut nommé ministre de la Justice, par 222 voix sur 284.
Le 30 août, Le comité de défense de l'Assemblée législative se réunit et appela dans son sein tous les ministres et un grand nombre de députés. Le ministre de la guerre, SERVAN, soutint qu'il était impossible d'empêcher les Prussiens d'arriver sous les murs de Paris et imposa de transférer le gouvernement à Saumur.
Le 2 septembre, il se rendit à l'Assemblée et redoubla d'énergie : « La patrie va être sauvée ; tout s'émeut, tout brûle de combattre... Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme ; c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, pour les atterrer, que faut-il ? De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !... ». Cependant les assemblées primaires se réunirent pour nommer les députés à la Convention nationale, qui devait remplacer, sous peu de jours, l'Assemblée législative. DANTON et les membres de la Commune du 10 août dirigèrent le choix des électeurs parisiens.
Le 6 septembre, DANTON fut élu membre de la Convention par le département de Paris, le 2e sur 14, avec 638 voix (700 votants).
Le 4 septembre, le jour des massacres de septembre, commencèrent dans les prisons. On a dit qu'après ces terribles journées, DANTON aurait adressé ses remerciements aux « exécuteurs de la justice populaire. » Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne fit rien pour arrêter les égorgements. « Périsse notre mémoire, répondit-il aux députés qui lui reprochaient son rôle en cette circonstance, pourvu que la patrie soit sauvée ! ».
Le 8 octobre, il ne tarda pas d'ailleurs à abandonner le ministère de la Justice pour remplir son mandat législatif, impatient qu'il était de faire retentir sa voix à la tribune nationale. Trois jours après, il intervint dans la discussion qu'amena la sortie violente de REBECQUI contre ROBESPIERRE, repoussa les accusations vagues de dictature, de triumvirat, désavoua MARAT, « dont l'âme, dit-il, se sera ulcérée dans les souterrains, dans les cachots », et reporta l'accusation sur la tête de ceux qui avaient osé menacer indirectement la sienne ? « N'y aurait-il pas un parti qui voudrait morceler la France, sous le ridicule prétexte de former une république fédérative. ».

Durant l'année, il fit prononcer la peine de mort contre « quiconque proposerait ou tenterait de détruire l'unité et l'indivisibilité de la République. ». Le 29 octobre, il répondit de nouveau aux inculpations adressées à la Commune de Paris, dans le rapport du ministre ROLAND, et soutint ROBESPIERRE contre les murmures et les clameurs de leurs ennemis communs : LOUVET, ROLAND et autres. « Il existe, fit-il, un système de calomnie dirigé contre les plus ardents patriotes. ». Fin d'octobre, il fut appelé à faire partie du comité de constitution et présida la société des Jacobins lors de la réception solennelle que ce club fit à DUMOURIEZ. Il refusa, quelque temps après, de rendre compte des dépenses secrètes de son ministère, appuya la proposition de BUZOT, pour le bannissement à perpétuité des émigrés et la condamnation à mort de ceux qui rentreraient en France, se prononça, d'autre part, contre la motion de priver les prêtres de leur salaire, et demanda que l'on hâtât le jugement de Louis XVI.
Le 30 novembre, nommé avec CAMUS, LACROIX, GOSSUIN et DUBOIS-CRANCÉ, commissaire de la Convention auprès de l'armée de DUMOURIEZ, il partit le soir même pour la Belgique.
Il vota la mort sans sursis en disant (3e appel nominal) : « Je ne suis point de cette foule d'hommes d'État qui ignorent qu'on ne conspire point avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe, que par la force de nos armes. Je vote pour la mort du tyran. ».

L'année 1793

En 1793, DANTON contribua ensuite à faire déclarer la guerre à l'Espagne, et retourna en Belgique d'où il revint avec LACROIX au commencement de mars, après les revers de nos armées, pour recevoir la nouvelle de la mort prématurée de sa femme.
Le 9 mars, il interrompit les délibérations relatives à l'établissement du tribunal révolutionnaire, pour proposer l'abolition de la contrainte par corps, qui fut votée séance tenante. Puis il revint avec l'Assemblée à l'organisation du tribunal révolutionnaire, dont la pensée première lui appartenait : « Profitons des fautes de nos prédécesseurs ; soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être ; organisons un tribunal, non pas bien, cela est impossible, mais le moins mal qu'il se pourra, afin que le glaive de la loi pèse sur la tête de ses ennemis. ».
Le 27 mars, il essaya de fermer la bouche à ceux qui avalent élevé des soupçons sur son républicanisme, et, affectant de déployer avec plus de violence que jamais son génie révolutionnaire, demanda instamment que la Convention nationale fût « peuple », et qu'elle déclarât « la guerre la plus implacable aux ennemis de l'intérieur ».
Ce jour-là, de vives acclamations, dans la salle et dans les tribunes, répondirent au discours de DANTON, et la Convention décréta la mise hors la loi des aristocrates. Mais la nouvelle de la défaite de NERWINDE et la défection de DUMOURIEZ fournit au girondin ALBA-LASOURCE l'occasion de demander compte à DANTON de sa liaison avec le général transfuge ; celui-ci ne répondit que par des récriminations et des menaces et conclut en s'écriant : « Je me suis retranché dans la citadelle de la raison, j'en sortirai avec le canon de la vérité, et je pulvériserai les scélérats qui ont voulu m'accuser ! ». Dans cette même séance, il fit voter que la Convention pouvait mettre en accusation ceux de ses membres qui seraient soupçonnés de complicité avec les ennemis de la République. Puis il fut un des premiers membres du Comité de salut public, dont il avait préparé l'organisation avec lSNARD, BARRÈRE, THURIOT et MATHIEU.

Le 12 avril, suivant sa tactique ordinaire, DANTON, accusé par GUADET d'avoir pactisé avec DUMOURIEZ et d'ORLÉANS, détourna cette nouvelle attaque en s'efforçant de paraître le plus acharné parmi les adversaires du prince dont il avait secondé les projets. Le 13 avril, il n'en fit pas moins à propos de la discussion de la déclaration des droits, une nouvelle tentative pour se rapprocher des Girondins. Le 28 avril, n'ayant pas réussi, il joignit ses efforts, à La Montagne, pour faire casser la commission des Douze.
Le 31 mai, son attitude dans la journée ne fut pas entièrement nette, et il attaqua le lendemain le commandement de la garde nationale, HENRIOT, qui était venu envahir la Convention.
Le 13 juin, ce qui ne l'empêcha pas de faire un pompeux éloge du fait accompli : « Sans les canons du 3l mai, sans l'insurrection, les conspirateurs triomphaient. ». Il participe à l'élimination des enragés, députés extrémistes de la convention.
Le 25 juillet, élu président de la Convention, il proposa peu de temps après, d'ériger le comité de salut public en gouvernement provisoire, et déclara qu'il refusait de faire partie de ce nouveau pouvoir. C'est alors qu'il constitua avec les débris de la Gironde et quelques membres du parti de la Montagne « qui, comme DANTON, écrit un biographe, avaient intérêt à ce qu'on ne fit pas de leur conduite un examen sévère », le groupe des indulgents (dantonistes). DANTON, Fabre d'ÉGLANTINE et Camille DESMOULINS qui dirigèrent ce groupe, se prononcèrent d'abord contre les hébertistes, contre les fêtes de Ia Raison et le « règne de l'athéisme », mais ce fut le dernier pas qu'ils firent avec ROBESPIERRE.
Le 3 septembre, ce fut lui qui provoqua les Lois du maximum et de la taxe des grains, et qui appuya la formation d'une « armée révolutionnaire ». DANTON fait un séjour de quelque mois à Arcis-sur-Aube, avec la jeune femme, Louise GÉLY, qu'il avait épousée en secondes noces.

L'année 1794

En mars 1794, DANTON, de retour dans les premiers jours du mois de mars, trouva son crédit auprès de l'Assemblée comme auprès du peuple singulièrement diminué. Il s'oppose à la terreur et condamne les exécutions, il pousse Camille DESMOULINS à prôner de la modération dans un article du vieux cordelier. Il est accusé de conspiration par le Comité de Salut Public, il se défend avec éloquence devant la convention, le comité, craignant un retournement, le met hors débat, c'est-à-dire qu'il l'empêche de se défendre.
Le 31 mars, devenu bientôt tout à fait suspect à ROBESPIERRE et aux siens, il fut, dans la nuit, arrêté avec son ami LACROIX, et conduit dans les prisons du Luxembourg. LEGENDRE ne put obtenir qu'il fût entendu par la Convention avant le rapporteur du Comité de salut public. Ce rapporteur était SAINT-JUST. Sur ses conclusions, DANTON fut décrété d'accusation à l'unanimité, ainsi que Camille DESMOULINS, HÉRAULT-SÉCHELLES, PHILLIPPEAUX et LACROIX, comme « prévenus de complicité avec d'ORLÉANS et DUMOURIEZ, avec les ennemis de la République », etc. DANTON et LACROIX furent transférés à la Conciergerie, mis au secret, et placés dans deux chambres séparées, dont le voisinage leur permit néanmoins de converser ensemble. Après quatre jours de détention, ils furent traduits au tribunal révolutionnaire. DANTON y parut avec son audace ordinaire, et répondit au président qui l'interrogeait sur ses noms et qualités : « Je suis DANTON, assez connu dans la révolution ; ma demeure sera bientôt le néant, mais mon nom vivra dans le Panthéon de l'histoire. »
À la lecture de l'acte d'accusation, il entra en fureur, éclata en invectives violentes contre la Convention, apostropha le président du tribunal et l'accusateur public, et chercha même à les tourner en dérision en leur jetant « des boulettes de papier » (sic). L'accusateur public rendit compte de ces faits au Comité de salut public ; la Convention décida alors que « tout prévenu de conspiration qui insulterait la justice nationale serait mis hors des débats sur le champ ».
À la troisième audience les jurés se déclarèrent suffisamment éclairés ; la lecture du jugement qui le condamnait à mort excita encore chez DANTON de nouveaux accès de colère ; il ne se calma que lorsqu'il fut rentré à la Conciergerie.
Le 5 avril 1794, Georges Jacques DANTON sera guillotiné, à Paris. DANTON mourut avec courage et, de l'échafaud, promena son regard sur le peuple.
Son dernier mot aurait été celui-ci : « Tu montreras ma tête au peuple, dit-il à l'exécuteur, elle en vaut bien la peine ! ».

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Sources