Généalogie

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Selon l’Encyclopaedia Britannica (2004), la généalogie est « l’étude de l’origine et de l’histoire des familles, pour laquelle les généalogistes compilent des listes d’ancêtres ». C’est un « phénomène universel et ses formes peuvent aller de la généalogie rudimentaire à des formes complexes. Il concerne tous les pays et toutes les périodes ».

Les généalogistes commencent généralement leurs recherches par eux-mêmes, cherchant à identifier leurs parents, leurs grands-parents, arrière-grands-parents et ainsi de suite, tout cela dans une configuration d’arbre. Ils relèvent les dates et lieux de naissance, mariage, décès, résidence, et beaucoup d’autres informations concernant leur vie professionnelle, leurs obligations militaires, leur culte religieux, leur patrimoine mobilier et immobilier, ou toutes les anecdotes les concernant. Mais le généalogiste consciencieux ira aussi recueillir des informations historiques, relatives à l’histoire nationale pour resituer les personnes dans leur époque, mais surtout à l’histoire locale pour comprendre les événements qu’ils ont traversés (guerres, épidémies…) et la teneur de leur vie quotidienne (activités agricoles, vie communautaire…).

Histoire d'un engouement populaire

Longtemps, la généalogie fut l’apanage des familles nobles ou notables, désireuses de démontrer leur ancienneté et la valeur de leur lignée. Les Etats-Unis et le Canada sont les premiers à avoir connu une démocratisation et une vulgarisation de la pratique généalogique. Pays de déracinés par excellence, il est facile de comprendre l’engouement général pour la généalogie depuis les années 1930. D’autant que des structures étaient déjà en place depuis le milieu du XIXe siècle où la généalogie avait connue un premier engouement populaire, dû avant tout à des revendications d’ordre ethnique et culturel !
À cette époque, en France, « on pouvait fort bien être le seul et unique être vivant dans une salle de lectures d’archives départementales une journée entière, presque gêné de monopoliser autour de soi un si nombreux personnel qui s’était rodé depuis des décennies à conserver mais assurément pas à communiquer » (Jean-Marie Thiebaud, ancien président de la Fédération Française de Généalogie).

À l’exception des pays construits par l’émigration, la généalogie est bel et bien un phénomène spécifiquement français. Et aujourd’hui encore aucun pays ne connaît l’engouement qui peut être observé en France. Comme l’explique Jean-Louis Beaucarnot, la France a un effet rayonnant : « les pays connaissant actuellement un développement de la généalogie sont presque tous limitrophes de la France (Belgique, Luxembourg et Suisse, Hollande, Angleterre, Allemagne), tout en offrant une situation sans commune mesure à celle observée en France ». Les Italiens commencent aussi à s’y intéresser, probablement, en rapport avec l’influence des visites reçues par les petits-enfants de l’oncle ou de la tante qui avait migré en France dans la première moitié du XXe siècle. Jean-Louis Beaucarnot estime ainsi qu’à moyen terme, les Polonais devront être touchés, ainsi que les Espagnols et les Portugais, puis par effet de « tâche d’huile », bien d’autres encore. Des pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande connaissent eux aussi aujourd’hui un boom généalogique impressionnant, qu’il faut assimiler ici à un effet « tache d’huile » en provenance des États-Unis.

Au début des années 1970, la croissance du nombre de généalogistes apparaît donc en France comme un véritable phénomène sociologique. Une mode n’aurait pas duré dans le temps, or c’est un boom persistant auquel nous assistons. L’allongement de la scolarité (du niveau intellectuel), les débuts de la civilisation des loisirs, l’allongement de la durée de la retraite, sont des raisons invoquées pour comprendre cet engouement pour la généalogie, à côté de raisons plus psychologiques liées à un besoin vital de racines, en rapport avec l’urbanisation de la population et l’éclatement géographique des familles. Aujourd’hui, la médiatisation, mais aussi la facilité de faire des recherches grâce aux manuels de généalogie, aux travaux déjà effectués, et surtout à l’outil magique qu’est Internet, sont à l’origine de nombreuses vocations modernes !

La frénésie généalogique qui ébranle la France depuis les années 1970 s’est manifestée à travers tout un réseau d’associations, à travers des clubs créés dans les petites communes ou même au sein des comités d’entreprise, et à travers des revues maintenant diffusées dans tous les kiosques. À l’école, les professeurs se sont mis à enseigner la généalogie dès les classes de maternelles sur la base de collages sur un arbre, de photos des parents et grands-parents. Aujourd’hui, la courbe promet de rester longtemps exponentielle, et l’engouement actuel se manifeste principalement à travers l’usage qu’est fait d’Internet par les généalogistes.

Combien de généalogistes en France ?

On manque de chiffres pour illustrer le boom généalogique français. Plus de 350 associations regroupent environ 70 000 généalogistes et les responsables des centres d’archives affirment que les généalogistes représentent de 50 à 75 % de leur « clientèle ». Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, car il reste impossible de dénombrer le nombre de généalogistes qui se contentent de faire des recherches par correspondance, dans les mairies… et aujourd’hui sur Internet. Le seul élément statistique dont nous disposons est une enquête réalisée par la SOFRES en octobre 2001 sur les rapports qu’entretiennent les Français avec leurs archives. Cette enquête démontre que dans un foyer sur onze, il existe un généalogiste ou une personne fortement sensibilisée à ce sujet. On peut donc affirmer, sans risque d’erreur, qu’il existe en France, entre 500 000 et 800 000 généalogistes actifs. Le nombre de personnes s’étant un jour ou l’autre intéressé à ses ancêtres monterait même jusqu’à 5 millions.

Cet intérêt reflète celui des Américains : selon un sondage de Maritz (2000), 65 % des Américains pensent que les recherches généalogiques sont importantes (ces chiffres ont été corroborés par Philips en 2003, qui annonçait 60 % d’américains sensibilisés à la question généalogique) ; 45 % déclarent avoir au moins une personne de leur famille intéressée en la matière et 7,1 % des Américains de plus de 18 ans pratiquent la généalogie à un niveau avancé, ce qui correspond à 15 millions d’Américains !

On constate de part et d’autre de l’Atlantique, qu’aujourd’hui une personne « sensibilisée à la question généalogique » franchira beaucoup plus facilement le pas vers la recherche généalogique qu’autrefois, et ceci grâce à Internet principalement. Il est vrai que la nature de l’information généalogique a pu paraître, sans les moyens d’accès que l’on connaît aujourd’hui, comme une forte barrière. C’est qu’elle est en effet fort spécifique et qu’elle requiert des qualités particulières ainsi qu’une masse de temps de disponibilité : c’est ainsi que beaucoup de « sensibilisés à la généalogie » repoussent à la retraite le moment de s’y lancer.