Famille Segond

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La famille Segond et (de) Segond de Séderon qui fait l'objet de cet article est une famille des départements du Var et de la Drôme.

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Généalogie

La branche aînée : Segond de Séderon

Armoiries SECOND

Jacques Segond, né le 30 octobre 1714 au Beausset, est le fils aîné de Joseph et d'Élizabeth Portalis. Il est nommé Secrétaire du Roi à la cour des comptes de Provence, par lettres patentes du 15 mars 1737 ; charge qu'il résignera le 5 août 1758. Il épouse le 22 décembre 1739, à l'âge de 25 ans, à Marseille, en l'église Saint-Ferréol, Madeleine Lesbros, fille d'Alexandre, un négociant de Marseille, originaire de Chorges dans le département des Hautes-Alpes ; elle est âgée de 17 ans, et lui donnera au moins sept enfants, dont cinq filles et deux fils. Les publications de mariage ont été faites au Beausset et à la paroisse Saint-Férréol de Marseille. Un contrat de mariage a été établi, le 5 décembre 1739, devant Me Ganteaume, notaire au Castellet (83).

Armoiries LESBROS

À la génération précédente, le mariage de Joseph Segond avec Élisabeth Portalis a confirmé la notoriété de la famille au Beausset. En épousant Madeleine Lesbros, fille d’un riche négociant de Marseille, Jacques améliore certainement son assise financière. Il va dorénavant chercher à consolider cette position. Riche et honoré, Jacques Segond, qui était également Prieur de la Confrérie des Pénitents Bleus, aspire en effet à l'anoblissement et acquiert, par acte du 21 juillet 1755, la viguerie de Séderon, alors située dans la viguerie de Sisteron, aujourd'hui dans le département de la Drôme. Il transforme son patronyme en « de Segond de Séderon », et prend des armes : « De sable à un épi de blé, la tête penchée, d'or, au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'or. ». En vertu de l'édit royal d'avril 1772, il fait enregistrer ses titres et reçoit confirmation de sa particule et de ses armoiries, le 25 novembre 1773.

Cette promotion est visible dans les actes notariés passés devant le notaire royal du Beausset, Étienne Portalis ; on y constate en effet, que le 14 juillet 1755, dans un acte lui attribuant un règlement de 200 livres, Jacques Segond y est simplement désigné comme Secrétaire royal ... et le 4 août suivant, dans un autre acte lui assurant le règlement d'une dette de 1 660 £ de Jacques Imbert envers son grand-père Jacques Segond, il est devenu « Noble Jacques Segond, secrétaire du Roi, maison couronne de France, près la chambre de la cour des comptes et finances de ce pays, seigneur de Séderon, résidant en ce lieu du Beausset... ». Entre temps était intervenu l'acte d'acquisition de la viguerie de Séderon, du 21 juillet 1755...

La seigneurie de Séderon

Quelques informations nous sont données sur cette seigneurie acquise par Jacques Segond en 1755, par un ouvrage de M. André Lacroix, archiviste départemental de la Drôme :

« …/…une descendante de la famille de Bosches entra chez les Simiane et Louis, l'un d'eux, en 1601, se déclarait vassal du roi pour Séderon. Après les Simiane y paraissent les Sade et les Astouaud de Murs, familles de Provence aussi anciennes que distinguées, et enfin Joseph-Jacques de Segond, conseiller à la cour des comptes d'Aix, né et mort à Beausset. »
« Un document du milieu du XVIIIe siècle ajoute à ces renseignements que la seigneurie appartenant au marquis de Murs s'affermait 1.400 £ à cause du vingtième de tous les grains et terres "gastes", qu'une partie du territoire dépendait de la Commanderie de Malte établie aux Omergues (Vaucluse), que bon nombre de maisons et jardins relevaient du prieur, auquel la dîme était payée à la cote 13e ; qu'il n'y avait ni murs d'enceinte ni fossé …/… » (page 446) »
« …/…Séderon dépendait du diocèse de Gap, …/…et vers 1787-88, il n'y avait plus que trois familles établies sur une colline, au midi de Séderon et un demi de feu…./… » (page 445) »
carte de Séderon
« Joseph Jacques (de) Segond, conseiller à la Cour des Comptes d'Aix, né et mort au Beausset (Var) est devenu seigneur de Séderon. Comme il avait émigré, ses biens furent vendus à la Révolution : ils comprenaient un moulin à farine à deux tournants, avec gruaire et dépendances, le domaine de Guisset ou Gueysset, un four et une maison. »
Il s’agissait donc d’une seigneurie bien modeste

Le 9 mars 1756, la communauté du Beausset, dont le maire - premier consul est « Joseph Segond - ancien officier de cavalerie », est autorisée, par le subdélégué de l'Intendant de Provence (qui est Portalis) à emprunter 600 livres à noble Jacques Segond seigneur de Séderon, secrétaire du roi pour financer les "étapes" auxquelles est assujettie la communauté, c'est à dire l'hébergement des unités militaires qui transitent par Le Beausset.

Quelques jours plus tard, le 8 août 1755, il restitue à son frère cadet Joseph 7 000 livres en argent, provenant de la dot de leur grand-mère Thérèse Icard, et ce en conformité avec le testament de celle-ci, en date du 8 décembre 1750.

Les actes notariés concernant « le sieur de Séderon » sont nombreux, témoignant de son aisance et de sa fortune

On a relevé ente autres, chez Me Portalis, notaire royal au Beausset :

  • le 2 janvier 1756, deux actes d'arrentement de ses terres du quartier de la Graye et du quartier de la Tête de Cade
  • le 1er février 1757, Jean Geyrard lui promet 200 livres, et dans l'acte suivant, Jacques Segond donne quittance de 675 livres à Elzéar Bourelly
  • le 26 février 1757, Angélique Portalis, veuve de Jean François, avocat à la cour, accepte de lui payer 6 100 livres, que lui devait son beau-frère Jean Portalis, médecin, dont elle vient d'hériter
  • quelques jours plus tard, il signe le bail des fours banaux du Beausset, que la communauté a aliénés à la famille Segond en 1723
  • le 11 novembre 1757, il vend un bois de chênes à Jean Canorgues, charbonnier
  • le 13 février 1758, il effectue un certain nombre de cessions
  • le 18 mars suivant, il signe le bail d'un bois de taillis, puis des cessions...


Joseph Jacques, le fils aîné de Jacques Segond (de Séderon) ayant émigré en janvier 1791, ce dernier vit ses biens de Séderon saisis et vendus… Au Beausset, il est inscrit sur la liste des ascendants d’émigrés et particulièrement surveillé. Simultanément, son frère Joseph, ancien maire du Beausset, connaissait les mêmes ennuis que nous avons vus, en raison de l’exil de son fils Jacques Blaise, « le général en Autriche ».


Pendant le siège de Toulon, en 1793, le général Carteaux installe initialement son quartier général au château des Segond ; « chez les ci-devant de Séderon », car c’était la maison la plus importante du bourg, « et que si d’aucuns devaient en supporter les incommodités, c’étaient bien les parents d’émigrés ! ». Le capitaine, puis commandant Bonaparte, attaché au quartier général du général Carteaux, loge à quelques pas de là, chez le docteur Dalmas, au 24 de l'actuelle rue Pasteur. Relégués dans des pièces secondaires, les Segond vécurent dans cette cohabitation jusqu’au 20 septembre 1793, date à laquelle la reconquête d’Ollioules permit au général Carteaux d’y transporter son quartier général, non sans avoir exigé que « …/…la municipalité du Beausset donne les ordres au maître de la maison où je loge, pour que le lit où je couche actuellement me suive à Ollioules ! »

Les Segond ne respirèrent pas pour autant. Le 15 avril 1794, on faisait l’inventaire de leur mobilier, un mobilier cossu, où tout fut détaillé et évalué, y compris les meubles garnissant les quatre chambres de domestiques.

À l’époque, Jacques Segond avait alors 80 ans. C’était un robuste vieillard, qui mesurait 5 pieds 1 pouce (1,76 m) ; il était grisonnant, portait perruque, avait les yeux bleus, le nez gros, le menton rond et le visage rond bien rempli.

« Il payait 45 794 F d’impôts, ce qui n’était pas rien. Aussi figura-t-il, le seul d’ailleurs, sur la liste des citoyens pouvant être taxés jusqu’au cinquantième de leur fortune, pour l’emprunt forcé de l’an IV. Il le fut effectivement, pour la somme de 20 000 £ ce qui laisse supposer, en capital, des biens d’une valeur de 1 million de £, ce qui était considérable. »

Le décès du citoyen Jacques Segond, propriétaire, veuf de Magdelaine Lesbros, est enregistré à la mairie du Beausset, le 11 messidor de l'an XII (30 juin 1804). Il est âgé de 91 ans

Le patrimoine des Segond au Beausset, selon le cadastre de 1780

Les folios 331 à 335 du registre du cadastre de 1780 indiquent que Jacques Segond, seigneur de Séderon, est propriétaire d'au moins 25 parcelles au Beausset, pour une superficie totale de l'ordre de 600 000 cannes et une estimation d'ensemble de plus de 11 500 £. Il est apparemment le plus gros propriétaire foncier de la communauté ; mais on ne trouve pas mention dans ce relevé cadastral, du « château »...
À titre de comparaison, son frère Joseph Segond, « ancien officier de cavalerie », ne possède que trois parcelles (f° 328), d'une superficie dépassant à peine 20 000 cannes et d'une valeur de 2 773 £... Quant à leur oncle François Segond, tonnelier (f°336), il n'a également que trois parcelles, dont la superficie n'atteint pas 2 500 cannes, et la valeur ne dépasse pas 155 £.
On peut aussi remarquer, grâce à ces états de parcelles du cadastre, que la valeur de ces parcelles est très inégale, selon qu'elles sont situées en ville, plantées en vignes ou oliviers, ou « bosques » , c'est à dire vraisemblablement en jachère et limitées au pâturage... Ainsi, on pourrait, avec une livre, acquérir 1 à 2 cannes de terrain dans la bourgade, mais jusqu’à 500 cannes, voire 1 000 en "terres bosques"... les meilleures terres à vignes sont celles de Jacques (3 à 4 cannes pour une livre) suivies de celles de Joseph (5 à 8 cannes pour une livre) et celles de François (14 cannes pour 1 livre)... Si les terres sont "dignes de vignes" elles ont 10 à 50 à fois plus de valeur que les "terres bosques".

Les enfants de Joseph Segond de Séderon et de Madeleine Lesbros

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On constate, avec le schéma ci-dessus, que le couple n’a eu qu’un seul fils atteignant l’âge adulte : il s’agit de Joseph, né en 1746, lequel n’est pas l’aîné, mais le second des fils. L’aîné, Alexandre Gaspard est né en 1743 ; il sera brièvement Lieutenant au régiment de Bourgogne. Son décès, à 17 ans, le 15 novembre 1760 rétablit la tradition en faisant du cadet Joseph l’aîné des fils de Jacques. Avant de voir la vie et la descendance de Joseph Jacques, que nous retrouverons plus loin, voyons rapidement celles de ses sœurs :

  • 2/ Madeleine Elisabeth, née en 1745, épouse en 1764 Joseph Bourguignon, négociant à Marseille, frère d’un secrétaire du roi, procureur à Aix. Le couple aura au moins un fils, Joseph Bourguignon, commissaire de police à Marseille, et marié à Marie Caillol le 7 juillet 1820 ; d’où un fils Jacques, décédé le 13 novembre 1846…
  • 4/ Agathe Rossoline, née le 5 février 1750 au Beausset, épouse, le 27 août 1771, à Aix en Provence, un avocat de cette ville, Joseph Gordes ; ils auront un fils, Antoine Alexandre.
  • 6/ Élisabeth Charlotte, née le 30 juillet 1756 au Beausset, épouse, le 24 février 1772 Joseph François Esprit de Chieusse de Villepey, bourgeois à Lorgues ; on suit leur descendance sur trois générations.
  • 7/ Françoise Marie Louise, née en 1757, sera religieuse visitandine
  • 8/ Julie Marie Louise née le 11 décembre 1757 au Beausset ; son parrain est Joseph Jacques François Martelli, enseigne de vaisseau du roi, sous-lieutenant d'artillerie de Marine, qui signe Martelli-Chautard... Nous ignorons la destinée de Julie.

Voyons maintenant la descendance de Joseph Jacques Segond de Séderon.

Joseph Jacques Segond de Séderon (1746-1817)

Né le 30 août 1746 au château du Beausset, Joseph Jacques Segond de Séderon y est baptisé le 1er septembre , sa marraine est Thérèse Icard, sa bisaïeule. Le 21 mai 1768, il est nommé avocat général près la Cour des Comptes de Provence, et le 1er octobre 1771, conseiller à la Cour royale d’Aix. Le 9 novembre 1779, il épouse, à Aix, Elisabeth Marguerite Dorcel ou d’Orcel, fille d’'André et de Charlotte de Ponteves, née à Toulon, le 17 décembre 1753.

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Le ménage aura trois enfants :

  • Jacques Joseph Félicien Louis Elzéar, né le 23 août 1774 à Aix et qui mourut probablement en bas-âge
  • Joseph Charles Victor, né le 23 octobre 1776 à Aix, qui émigra, en passant au service de l’armée espagnole, au Régiment Hibernia, dans Toulon aux mains des contre-révolutionnaires, et alla mourir, le 30 novembre 1793, à Carthagène en Espagne, des suites des blessures reçues pendant le siège.
  • Marie Caroline Héliodora, dont nous reparlerons plus longuement, car c’est elle qui, du fait de la disparition de son frère aîné, hérita du château du Beausset et l’habita.

En janvier 1791, les époux Segond de Séderon et leur fille Marie Caroline quittent le Beausset et sont inscrits sur la liste des émigrés. Pour éviter le séquestre de leurs biens, ils produiront des certificats des municipalités de Revest du Bion et de Manosque, dans le département des Basses-Alpes, attestant qu’ils étaient bien en France… du moins à compter du 1er février 1792, car le doute demeure sur leur position entre leur départ du Beausset et cette date. Rayés provisoirement de la liste des émigrés, ils durent néanmoins s’exiler après le coup d’état du 18 fructidor, et partirent à Constance, en Allemagne.

Le 22 novembre 1801, les époux Segond furent enfin autorisés à rentrer chez eux par le Premier Consul, avec, entre autres, la recommandation de Joseph Marie Portalis, conseiller d’État et de celle de Désirée Clary.

Joseph Marie Portalis écrit, en marge de la requête de Joseph Jacques Segond de Séderon : « Je ne puis que rendre le meilleur témoignage aux sentiments honnêtes du pétitionnaire, mon compatriote, mon ancien condisciple. Sa conduite a toujours été sage et irréprochable ». Ainsi, les Segond de Séderon pouvaient, après dix ans de tribulations, réintégrer leur domicile et y attendre paisiblement, l’argent ne leur manquant pas, un retour aux honneurs.

Le 23 mai 1809, Joseph Jacques Segond de Séderon, propriétaire du lieu du Beausset et y demeurant, expose dans une requête « ... qu'il possède dans les territoires de Signes et du Castellet, communes limitrophes, des bois de pins gras d'une vaste étendue sur lesquels les habitants ont de simples droits d'usage... » Mais « … les abus et excès auxquels les habitants de ces communes et notamment celle de Signes, se sont livrés étant portés à leur comble, par la licence de ces derniers temps, l'exposant fut obligé de prendre des mesures pour les faire cesser... »
« L'exposant ne contestait pas aux habitants de Signes l'exercice de leur droit d'usage conformément à la transaction du 1er mai 1369; mais la commune prétendait que les habitants devaient en outre être autorisés à couper des arbres au pied pour employer à leurs bâtisses; que leurs usages devaient être étendus non seulement aux besoins personnels des habitants, mais encore à l'alimentation des fabriques en tout genre établies ou à établir dans le lieu et son terroir...; que les habitants avaient le droit d'emporter pour leurs usages des bois incendiés, ensemble ceux abattus par les vents dits chablis... »
« ... l'exposant s'est vu dès lors forcé de s'adresser aux tribunaux pour voir une fin à tous ces troubles, qui le gênent dans l'exercice de sa propriété... » « … la commune de Signes et celle du Castellet prétendent avoir le droit de l'empêcher de couper et emporter les bois de pins après en avoir fait extraire la résine... »
"…l'exposant ainsi arrêté dans l'exploitation et la vente de ses bois a l'intérêt le plus pressant de faire cesser ces obstacles... à cet effet, nous avons intimé et signifié l'acte ci-dessus à la commune de Signes et celle du Castellet, en la personne de leur Maire respectif, et les avons assignés à comparaître dans la huitaine devant le tribunal civil.. »

Par décret de l’Empereur du 1er juin 1811, Joseph Jacques Segond de Séderon est nommé conseiller à la Cour Impériale d’Aix, ce qui équivalait pour lui à un rétablissement de la situation qu’il avait abandonnée en émigrant vingt ans plus tôt ! Dans son acte de décès, le 21 octobre 1817, il est qualifié de conseiller à la Cour Royale d’Aix, le titre exact antérieur, reconquis à la suite de la Restauration de Bourbons. Il avait 71 ans. Sa femme continua à demeurer à Aix, où elle mourut le 12 août 1823.

Nous n’avons pas de précisions sur les relations que pouvaient entretenir Joseph Jacques Segond de Séderon, rentré de son exil allemand forcé, et son cousin germain le général Jacques Blaise Segond, revenu, lui aussi au Beausset en 1811. Il est probable que le représentant de la branche aînée devait entretenir une certaine rancœur à l’encontre de ce cousin dont la « désertion » avec Dumouriez avait été à l’origine de bien des ennuis pour les autres membres de la famille.

D’autant plus que le général n’avait jamais hésité à se faire appeler Segond de Séderon, patronyme auquel il n’avait aucun droit, et à arborer les armoiries de ses aînés. La rumeur familiale fait état de procès engagés par Joseph contre son cousin pour l’utilisation abusive de son patronyme, mais je n’en ai pas encore trouvé trace…

Marie Caroline Héliodora Segond de Séderon (1777-1854)

Marie Caroline Héliodora est née en 1755 au Beausset ; elle est le troisième enfant de Joseph Jacques et de Marguerite d’Orcel, mais du fait du décès de ses deux frères aînés, elle se retrouve la fille unique du couple. Elle épouse, en 1830, à Falaise, en Normandie, Jules, comte de Seran, colonel de cavalerie, et demeure dorénavant dans le château de son époux, à Saint-Pierre de Canivet.

Charles Jules Jean Baptiste, comte de Seran avait débuté sa carrière militaire en 1785, comme cadet gentilhomme aux dragons de Seguier, où il fut promu sous-lieutenant le 15 janvier 1788. Émigré en 1791, il retrouva, à la Restauration, ce grade de sous-lieutenant dans les gardes du corps de Monsieur, le frère du roi, le 24 août 1814 ; et rattrapant en un mois, le retard dû à son émigration, il fut promu lieutenant-colonel Breveté, dès le 23 septembre 1814. Colonel au régiment Royal LOUIS, le 1er septembre 1815, puis colonel au Régiment de Chasseurs du Gard le 27 septembre 1815; il est mis en solde de congé le 1er octobre 1830 et retraité le 1er février 1841. Les Seran reçurent, en 1826, une indemnité pour leurs bien vendus à Séderon.

Après la retraite du colonel, les époux de Seran se retirent dans leur gentilhommière du Beausset, que la comtesse ne quitte pratiquement plus, jusqu’à son décès, le 29 octobre 1854. Par son testament-partage de 1848, on apprend que sa fortune s’élève à 504 732 francs.

Si la comtesse se fit remarquer par ses démêlés avec la municipalité du Beausset, à la suite des procès engagés par son grand-père et continués par son père pour le rachat de la banalité des fours, elle se distingua aussi par sa simplicité et sa générosité envers les pauvres et les démunis du Beausset. Elle refusa tout apparat pour ses obsèques et demanda à être enterrée "sous une simple croix".

Après sa mort, le comte de Seran se retira en Normandie, où il est décédé le 5 février 1861. La tradition familiale rapporte qu’il avait engagé des procès contre le général Segond, pour l’usage abusif du patronyme de Séderon et des armes de la branche aînée. Les Séderon avaient la rancune tenace.

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Le couple a eu deux enfants qui ont continué la postérité jusqu’à nos jours

1°/ La fille aînée Jacqueline Julie Marie Héliodora de Seran, née au Beausset le 3 juin 1801, épousera, le 23 janvier 1823 le vicomte Jean Baptiste de Villeneuve-Bargemon, rejeton de la célèbre famille provençale, et officier de Marine sous l’Empire ; il avait participé à la bataille de Trafalgar. Resté dans la Marine, il participe à l’expédition d’Alger et quitte le service peu après, en 1832. Conseiller municipal et général, député du Var, il meurt le 6 août 1861 au Beausset, la même année que son beau-père, le comte de Seran ; c’est Héliodora de Seran qui vendra le "château des Segond" en 1868.

Le couple avait eu quatre enfants, tous nés à Toulon, dont deux ont descendance :

1.1 : Marie Joseph Raymond, marquis de Villeneuve-Bargemon, né le 21 octobre 1826, devint maire du 6e arrondissement de Paris en 1868. C'est à ce titre, qu'il a enregistré et signé l'acte de décès de Jean André Hippolyte Champanhet, ancien conseiller à la Cour Royale, ancien député de l'Ardèche.

Le 5 juillet 1871, Raymond de Villeneuve-Bargemon est nommé préfet des Alpes-Maritimes, en remplacement de M. Salvetat ; il restera en fonctions jusqu’en 1874, date à laquelle il quitte la vie publique et se retire à Bargemon où il mourra le 9 août 1910.

M. de Villeneuve-Bargemon est maire de Bargemon et conseiller général du Var. Il est propriétaire d'une charmante villa sur la Promenade des Anglais, du château de Villeneuve-Loubet et d'une gentilhommière à Bargemon.

Marié deux fois, il a une descendance de ces deux mariages (branches de Maistre et Cornudet des Chomettes).

1.2 : Marie Philomène Roseline de Villeneuve-Bargemon (1841-1892), mariée en 1861 au Beausset, avec Jean Ernest Benoît - Le Borgne de Boigne, en eut également une descendance (branches de la Rive et de Maillardoz de Rue).

La fin d’une famille ?

Le patronyme Segond, porté pendant au moins deux siècles au Beausset, a disparu en quelques années durant la Restauration et la Monarchie de Juillet.

Illustré dans la branche cadette par le général Segond qui s’est éteint en 1832, il a survécu quelques années avec son frère Paulin, commissaire de la Marine décédé en 1835, puis leur petit neveu Adolphe de Segond, baron de Vaublanc, tous disparus sans postérité.

Mais il s’était encore plus rapidement éteint dans la branche aînée, puisque le dernier à porter le nom, Joseph Jacques Segond de Séderon, conseiller royal à Aix, est mort le 21 octobre 1817, précédé par son seul fils ayant atteint l’âge adulte, Joseph Charles Victor, décédé en émigration en Espagne en 1793.

La survivance du nom dans une branche hollandaise protestante reste aléatoire.

Référence.png Notes et références

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