Famille Le Grand de Boislandry

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Famille d’ancienne bourgeoisie de L’Aigle (Orne), vivant noblement dès le règne de Louis XIII, éteinte dans les mâles depuis 1857.

Elle s’illustra dans le négoce et dans la banque au XVIIIe siècle. Certains de ses membres vont jouer un rôle politique pendant la Révolution et sous l’Empire, tant au niveau municipal que national. Elle eut des emplois à la cour dès le règne de Louis XIV, au sein de la maison de la Reine Mère, Anne d’Autriche, comme garde, mousquetaires, gendarmes et garde du corps du Roi jusqu’en 1792. Une branche (LEGRAND de LA BOULLAYE, de LA PILTIERE, de LA SOUCTIERE et de L’ECALIER) fut anoblie par lettres patentes de décembre 1673, enregistrées en la cour des aides de Normandie le 12 janvier 1675 et confirmées en septembre 1675. Ses membres appartenaient à l’armée et ne semblent pas s’être adonnés au commerce pendant le XVIIIe siècle. En émigration et sous la Restauration, le général de BOISLANDRY portait le titre de vicomte de BOISLANDRY-MONTCHAUVEL. Le nom de BOISLANDRY a été relevé par la branche aînée des DUBERN (décret impérial de 1864). Il est porté en prénom par la branche cadette depuis 1850.

Généalogie

I) Orpheus LEGRAND (ou LE GRAND), fils de Gudoin et d’Antoinette, bourgeois de L’Aigle X (v 1570) Natalla D’après l’acte de partage des biens laissés par son fils Pierre (acte passé devant Mathieu SANçON, vicomte de Verneuil, le 5 mars 1624), Orpheus possédait une maison « sise sur la paroisse et bourgeoisie de Saint-Martin de L’Aigle (qui) jouxte d’un costé les hoirs de Robert des Mignères, d’autre costé Jacques Loyer et Simon Le Maistre ... » et des maisons et terres sises au village de Fay, paroisses de Saint-Martin-d’Aspres et de la Chapelle-Viel. Il possédait en outre d’autres biens, tout au moins une terre située en la paroisse de Saint-Symphorien-des-Bruyères, sieurie du Fontenil (peut-être terre de la Bruyère, proche du Fontenil). D’où : 1) Pierre LEGRAND de BOISLANDRY Né à L’Aigle le 17 janvier 1573, avocat , conseiller assesseur de la vicomté de Verneuil ; décédé avant le 5 mars 1624 (acte de partage de sa succession précité). Il possédait, entre autres biens, un logis au village d’Auguaise ainsi que des terres à Saint-Symphorien-des-Bruyères, notamment au village de L’Aunay. De sa femme, Madeleine, il eut plusieurs enfants, dont quelques-uns morts jeunes: - Orphée, né en décembre 1600. - Nicolas, né le 26 octobre 1601 (p. Nicolas de GAILLY, m. l’épouse du baron de L’Aigle). - Louis, né en 1606 ou 1607. - Alexandre, né en 1614 (p. Jehan du BOYS). - Siméon. 2) Gudoin, qui suit; 3) Michel LEGRAND de L’ECALIER. Peut-être aïeul de Michel LEGRAND de L’ECALIER, gendarme du roi, retiré du service, demeurant à L’Aigle et anobli en 1675. 4) Louis LEGRAND des LIGNERIES.

II) Gudoin LEGRAND de BOISLANDRY (L’Aigle novembre 1576; + 16.. ), sieur de Boislandry, notaire royal à L’Aigle. X (v 1604) Renée BOHIN (ou BELIN) D’où: 1) Charles, qui suit ; 2) Louise. 3) Marie. 4) Guillemine. 5) Jean. 6) Favita. 7) Basile. 8) Renée, qui le 22 janvier 1665 passa à L’Aigle un acte avec sa belle-sœur Gratienne des VAUX.

III) Noble homme Charles LEGRAND de BOISLANDRY (L’Aigle 23 novembre 1605; + v 1652). Sieur de BOISLANDRY, vraisemblablement avocat, conseiller assesseur de la vicomté de Verneuil, à la suite de son oncle Pierre LEGRAND. X (v1620) Gratienne des VAUX (voir le bois des Vaux, à L’Aigle, et le quartier des Vaux). D’où: 1) Basile LEGRAND des GASTINES (cf. les Gastines, au nord-ouest de Rugles - deux terres du même nom), négociant à Paris, vraisemblablement fondateur au milieu du XVIIe siècle de la maison de commerce familiale qui prospéra jusqu’à la Révolution et disparut sous le Consulat. Célibataire. 2) Charles LEGRAND, qui suit ; 3) Pierre LEGRAND de L’ECALIER, écuyer, mousquetaire du roi ; d’après un acte passé à L’Aigle le 8 janvier 1675, par-devant Pierre HAREL, tabellion, il avait, quelques années auparavant, reçu de son frère Charles une somme d’argent pour s’équiper. Célibataire. 4) Sanche, mariée à François GIRARD, sieur de la R(illisible), notaire royal en la paroisse d’Ambenay. 5) Emeric LEGRAND de BOISLANDRY, capitaine de mousquetaires du roi (compagnie des mousquetaires gris) ; il s’illustra au siège de Candie en 1669 et aurait été présenté à Louis XIV à son retour. Il aurait eu un fils, Louis, officier aux mousquetaires gris, qui aurait épousé une cousine LE GRAND.

IV) Charles LEGRAND de BOISLANDRY, (L’Aigle v 1620; + 10 mars 1684, inhumé à Saint-Barthélemy de L’Aigle), propriétaire à L’Aigle ; Son cousin, Charles LEGRAND de LA BOULLAYE (né à Gauville, près L’Aigle, sur la route de la Ferté Fresnel), homme d’armes de la Compagnie d’Ordonnances du roi, demeurant à Pierrelaye près Paris, fut anobli en décembre 1673. Ce parent reçut en septembre 1675 une confirmation de ses lettres d’anoblissement, les rendant communes à ses frères Jacques LEGRAND de LA SOUQUETIERE, gendarme du Roi (av 1675), demeurant à Gauville, et Michel LEGRAND de L’ECALIER, gendarme du roi (av 1675), demeurant à L’Aigle. X 1° (v 1647) Louise LARGEN X 2° (v 1660) Marguerite BARBAN De son premier mariage, avec Louise LARGEN (ou LARGENTIER, parfois écrit ARGENTRIE) : 1) Marie: Baptisée le 18 mai 1648. 2) Louise : Baptisée le 12 novembre 1653. 3) Catherine : Baptisée le 7 novembre 1655. De son second mariage, avec Marguerite BARBAN, au moins sept autres enfants: 1) Marguerite : Baptisée le 25 ou le 29 juillet 1661 (p. Pierre LEGRAND). 2) Louis: Baptisé le 4 avril 1664 (p. Basile LEGRAND), chevalier de Saint-Louis, entré au service vers 1682, premier maréchal des logis à la Compagnie des Gendarmes bourguignons du Roi (grade équivalent à celui de lieutenant-colonel de cavalerie), décédé à L’Aigle le 16 juin 1746. Louis obtint une allocation pécuniaire à l’occasion d’une maladie contractée au service, mais l’écroulement du système de Law lui en fit perdre la valeur (Archives du Ministère de la Guerre, dossier personnel). Copropriétaire de la ferme de l’Aunay vers 1720. 3) Jean-Baptiste. 4) Marguerite : Baptisée le 3 mai 1668 (m. Jacqueline BARBAN). 5) Damien : Baptisé le 24 janvier 1670 (p. Damien BARBAN), inhumé le 29 juillet 1684 (t. Louis et Jean-Baptiste, ses frères). 6) Jacques : Né vers 1671, décédé le 20 mars 1741 « à l’âge de 70 ans », inhumé le lendemain à Saint-Symphorien-des-Bruyères. Copropriétaire de la ferme de l’Aunay vers 1720. 7) Pierre, qui suit;

V) Pierre LEGRAND de BOISLANDRY (L’Aigle 7 mai 1672; + 173 ), inhumé à Saint-Barthélémy de L’Aigle, av 1740), bourgeois de L’Aigle, négociant à L’Aigle, Paris et Orléans, vraisemblablement à la suite de son oncle Basile LEGRAND des GASTINES, qui était lui-même négociant à Paris. Le 27 septembre 1708, il déclare le décès à l’âge de 89 ans de son oncle Charles LE GRAND de LA GROUDIERE (1619 ; + 1708), ancien garde de la Reine Mère (Anne d’Autriche). Propriétaire de la ferme de la Chalousière et copropriétaire de la ferme de l’Aunay à Saint Symphorien des Bruyères. Le 25 septembre 1731, il afferme sa terre de la Chalousière, à Saint Symphorien des Bruyères, pour un fermage de 250 livres, auxquelles s’ajoutent une douzaine de poules, un coq, etc. X 1° (14 février 1697) Françoise LE CONTE X 2° (170. ) Marie LOUIS D’où : 1) Charles LEGRAND de BOISLANDRY (L’Aigle, v 1698; + 1771), vicomte de Glos-la-Ferrière, avocat au Parlement de Paris, conseiller du roi, contrôleur du grenier à sel de L’Aigle, célibataire. Le 22 mars 1745 il est parrain de la fille de René LE GRAND, sieur d’AVANEVIVE, dont la marraine est demoiselle Jeanne Charlotte LE GRAND de L’ECALIER. En 1746, un BOISLANDRY, probablement Charles, est élu maître (ou juge) de la corporation des férons de Normandie (qui avait son siège à Glos-la-Ferrière), mais il perdra ce titre en 1761 car il résidait surtout à Paris. L’exportation de produits métallurgiques avait déjà pris un grand essor, et le commerce local bénéficia de cette prospérité. Ce négoce est à la base des plus grosses fortunes de L’Aigle (dont principalement celles des BOISLANDRY et des COLLOMBEL) sous l’Ancien Régime. Le réseau commercial de ces négociants était très étendu et couvrait l’Europe entière. Certaines entreprises fabriquaient et expédiaient elles-mêmes, en particulier les COLLOMBEL. D’autres étaient essentiellement négociants, dont les BOISLANDRY qui exportaient tissus et épingles. Ces deux familles, ainsi que les MORIN, étaient les principaux négociants aiglons aux XVIIème et XVIIIème siècles. 2) Basile François LEGRAND de LA CHALOUSIERE, (1704; + 1767 inhumé à Saint-Martin de L’Aigle) , bailli de Tubeuf et de L’Aigle, avocat au Parlement de Paris. « Bailly de haute et moyenne justice du marquisat de L’Aigle et de la baronnie de Tubeuf ». X (1738) Marie-Madeleine GUISIER Basile François LEGRAND de LA CHALOUSIERE ( terre située à Saint-Symphorien-des-Bruyères, près de la route de La Ferté-Fresnel ), baptisé le 9 novembre 1704 à Saint-Barthélemy de L’Aigle, décédé le 11 juillet 1767 et inhumé à Saint-Martin de L’Aigle, était avocat au Parlement de Paris, bailli de Tubeuf et de L’Aigle. Il s’est marié le 18 février 1738 à Saint-Martin de L’Aigle avec Marie-Madeleine GUISIER, fille de feu Cyprien GUISIER, procureur fiscal à Tubeuf, et de Madeleine BELIN. Basile François, juriste apprécié en son temps, fut chargé par le Tribunal des maréchaux de France d’un arbitrage entre les familles des DIGUERES et de ROBILLARD, procès inauguré au 16è siècle pour une affaire de pigeonnier et de mur mitoyen, aggravée par des paroles désobligeantes d’une partie envers l’autre. Il mourut avant d’avoir rendu sa sentence. Le procès ne prit fin qu’en 1811. Les documents originaux du procès ont été conservés au logis du Londel (Orne), où ils étaient encore en 1945. Du mariage de Basile François et de Marie-Madeleine sont issus deux enfants, Pierre Basile, décédé en bas âge (baptisé le 27 septembre 1738), et Marie-Madeleine. Cette dernière, née le 10 octobre 1740, demeurant à L’Aigle (paroisse Saint Barthélemy) à son mariage, épousa, le 7 novembre 1757, Jacques Charles Guillaume de LA ROQUE, seigneur de Monteille, patron du Mont de la Vigne et du Mesnil-Mauger, fils de Guillaume de LA ROQUE et de Catherine LENORMAND. Elle est décédée le 10 janvier 1776 et fut inhumée à Saint-Martin de L’Aigle. 3) Jean Mathieu LEGRAND de BOISLANDRY, qui suit, auteur du rameau aîné ; 4) Damien LEGRAND de BOISLANDRY, qui suivra, auteur du rameau d'Orléans ; 5) Jacques Sébastien LEGRAND de BOISLANDRY, négociant à Orléans, mort sans postérité. D’après un portrait du milieu du XVIIIè siècle on peut se demander s’il n’aurait pas, dans sa jeunesse, été officier; mais aucun document écrit ne confirme cette idée, et le portrait peut représenter un de ses proches. Associé à son frère Damien. 6) Pierre LEGRAND de BOISLANDRY, qui signe comme témoin au mariage de son frère Jean Mathieu et aux obsèques de Louis LEGRAND des ORGERIES (Saint-Symphorien, le 22 septembre 1749). X Marie Adélaïde de GUEROULT, mentionnée comme veuve le 14 novembre 1758; sans postérité. 7) Louis LEGRAND de BOISLANDRY, qui suivra, après les descendances de ses frères Jean Mathieu et Damien, auteur du rameau cadet. 8) Victoire LEGRAND de BOISLANDRY (Marie Anne Elisabeth), décédée célibataire à L’Aigle en plûviose an X (janvier ou février 1802). Le domaine de Saint-Contin à Saint-Martin d’Ecubley, qui lui appartenait, avait été vendu comme bien national pendant la Révolution (acte de partage de sa succession passé devant Me LEFEUVRE, notaire à L’Aigle, le 20 messidor an XII/juillet 1804). C’est vraisemblablement elle qui est citée sur la liste des émigrés dressée à l’administration des domaines nationaux en l’an II (1793) en ces termes: « BOISLANDRY, fille, domiciliée à L’Aigle, émigration constatée du 27 mai 1793 ». Elle passe pour avoir - elle, ou l’une de ses parentes - caché des prêtres insermentés à La Herpinière, près de L’Aigle (tr. fam.). Peut-être est-ce son portrait qui se trouve au château de Bretteville, avec ce texte : « Mademoiselle de Boislandry, sauvée par les pauvres gens. »

Rameau aîné :

VI) Jean Mathieu LEGRAND de BOISLANDRY (170. ; + av 1778), négociant et banquier à Paris (Banque de BOISLANDRY, rue Comtesse d’Artois), associé à son frère Louis (« M.M. de BOISLANDRY et Cie, négociants à Paris », en 1782-1783). Marié (L’Aigle, 30 juin 1746) à Louise Gabrielle Charlotte COLLOMBEL (L’Aigle 15 janvier 1726; + ap 1788), fille de Jacques Nicolas COLLOMBEL (169.; + 17.. ), négociant à L’Aigle, marié (30 juin 1723) à Louise DENIS, demeurant rue des Emangeards. D’où : 1) Paul Théophile LEGRAND de BOISLANDRY (1751 ; + 1819), Avocat au Parlement, procureur du Roi au bureau et chambre des domaines et finances de Caen (1783), négociant à L’Aigle, juge au tribunal de commerce, maire de L’Aigle (1795, 1800, 1814), député de l’Orne (1815). Il était propriétaire du domaine du Paradis, situé à la limite de L’Aigle, et du bois des Chabotières. X (1787) Marie Louise COLLOMBEL, sa cousine germaine. Marie Louise est la fille de Paul Etienne, écuyer, gentilhomme servant de Mgr le duc d’Orléans, et de Marie Marthe BIGOT. Sans postérité. Paul-Théophile, baptisé le 8 septembre 1751 à Paris, paroisse Saint Eustache, est décédé le 18 octobre 1819 à Vire. Avocat au Parlement, il avait été, le 16 janvier 1783, pourvu de la charge de Procureur du Roi au Bureau et chambre des Domaines et Finances de la Généralité de Caen. Il fut ensuite négociant à L’Aigle et juge au Tribunal de Commerce. Pendant la Révolution, la tâche de la municipalité (composée essentiellement de notables) n’était pas facile : il fallait faire respecter l’ordre et la propriété, tout en prêchant la révolution, ravitailler la ville malgré la disette, enrôler pour l’armée, etc. Les hommes influents s’y employèrent, dont BOISLANDRY, qui fut nommé en 1793 commissaire pour le ravitaillement de la ville ; mais le système de délation et de suspicion établi pendant la Terreur poussa en avant les médiocres, et amena les principaux notables à se retirer de la scène publique. La municipalité de L’Aigle était cependant considérée comme très modérée. Il y eut de multiples changements, puisque quinze maires se succédèrent en dix ans, de 1790 à 1800, depuis le marquis de L’Aigle, incarnant l’ancien régime, jusqu’à Paul Théophile de BOISLANDRY. Ce dernier était bonapartiste. Ainsi, le 10 messidor an VIII, Paul Théophile, nouvellement élu maire de L’Aigle, prononçait devant ses auditeurs réunis dans le temple décadaire (autrement dit l’église Saint Martin) un discours plein d’espoir : « Nous voyons enfin, après les orages révolutionnaires, luire l’aurore d’un heureux avenir. La providence, qui veille à la destinée des empires, a ramené Bonaparte des déserts de l’Egypte...(etc) ». Maire de L’Aigle en 1795, puis pendant la période de redressement qui suivit les incohérences du Directoire, ses connaissances en matière économique et financière et son autorité furent bienfaisantes. Parce qu’il était d’idées avancées, et en même temps attaché à des principes d’ordre, il représentait le type du fonctionnaire actif tel que les voulait Bonaparte. Il fut cependant bien mal récompensé de sa fidélité à Bonaparte, devenu Empereur. Le 22 mai 1811 en effet, la ville de L’Aigle devait recevoir l’empereur Napoléon 1er et son épouse, et avait bien fait les choses : le clocher de l’église Saint Martin était pavoisé, les rues étaient sablées, deux arcs de triomphe avaient été dressés, sur lesquels on pouvait lire : « Aquilae solem conspicere datur » (« L’Aigle a le privilège de contempler le soleil »). Douze jeunes filles devaient présenter à l’Impératrice une corbeille contenant les produits de la fabrique d’épingles, etc. Mais rien ne se passa comme prévu : Le cortège municipal, composé du maire, Paul Théophile de BOISLANDRY, et des principaux notables, spécialement des manufacturiers en épingles, se rendit à Tubeuf le 22 mai pour y rencontrer l’Empereur. A midi et demi, l’Empereur étant arrivé, fit appeler le maire de L’Aigle, Paul Théophile, et le reçut sur le perron du château de Tubeuf. Napoléon coupa court au discours que Paul Théophile s’apprêtait à prononcer, en lui posant à brûle-pourpoint, selon sa coutume, une série de questions inattendues. Napoléon évita ainsi lui-même de répondre à la demande pressante du maire qui réclamait au nom de ses administrés le rétablissement de l’ancien district de L’Aigle comme arrondissement d’une sous-préfecture. Napoléon appela ensuite le curé de Saint Martin de L’Aigle, l’abbé VERDIERE, auquel il demanda, goguenard, comment allaient les confessions ; à quoi le spirituel curé répondit : « Pas mal, mais elles iraient mieux encore si les grands donnaient l’exemple ! ». Averti par Paul Théophile qu’une exposition des divers objets manufacturés à L’Aigle avaient été préparée dans la galerie du château, la voiture impériale traversa cependant la ville sans s’arrêter et c’est seulement au relais, rue du Gru, qu’une des jeunes filles eut la possibilité d’offrir une corbeille à Marie-Louise, et que Paul Théophile de BOISLANDRY plaça son petit discours d’adieu et renouvela sa demande que L’Aigle redevînt chef-lieu d’arrondissement (Louis DUVAL, cité par R. DRONNE). On prétend qu’après cette décevante visite les aiglons seraient devenus anti-bonapartistes ... Paul Théophile fut élu maire de L’Aigle à plusieurs reprises, notamment les 21 nivôse an III/1795, 16 prairial an VIII/1800, et 18 septembre 1814. Le 15 mai 1815, le département de l’Orne le nomma représentant à l’Assemblée Nationale (des Cent Jours). La ville de L’Aigle, en souvenir de la bienfaisance de Paul Théophile de BOISLANDRY, donna, après sa mort, vers 1845, le nom de BOISLANDRY à la place du marché (nom qu’elle porte encore aujourd’hui, tout au moins en partie car elle a été depuis agrandie et son extension porte le nom de « place de l’Europe »). C’est d’ailleurs à ce dernier que la ville doit d’avoir retrouvé les noms de rues et de places d’avant la Révolution. Celle-ci avait en effet introduit des rues de Brutus (rue du Bec-Ham), des Sans-Culottes (rue du Porte-Son), dela Montagne (grande rue Saint-Jean, devenue ensuite rue de Bonaparte), de la Liberté, de la Probité, de la Raison, de l’Humanité, de Jean-Jacques Rousseau, etc. Constatant l’extrême confusion engendrée par ces changements, Paul Théophile fit reprendre les noms d’avant la Révolution. Il avait épousé, le 29 août 1787 à L’Aigle, sa cousine germaine, Marie-Louise-Marthe COLLOMBEL de GUEROUX (L’Aigle, Saint Martin, 16 février 1770), fille de Paul-Etienne COLLOMBEL, (né en 1724 à L'Aigle) écuyer, gentilhomme servant de Mgr le duc d’ORLEANS, et de Marie Marthe Bigot. De cette union naquit, le 17 nivôse an V, Nicolas-Théophile Louis, qui mourut en bas âge. 2) Julie LEGRAND de BOISLANDRY (Paris, 1750; + Champgueffier, le (1)4 septembre 1818) , X (Paris, 1774) François Louis LEGRAND de BOISLANDRY, son cousin germain ; François Louis ( Paris, 1750 ; + 1834) est négociant, banquier, échevin (1788) puis député du Tiers-Etat de Versailles aux Etats-Généraux, devenus Assemblée Constituante (1789, 1791). Ils émigrent (1793, 1794), puis, après un séjour à Bordeaux sous le Directoire, s’installent à Paris, 12 rue de Vendôme (dans le Marais), puis 14 rue Poultier (dans l’île Saint-Louis) à partir de 1818. Ils achètent le château de Champgueffier en 1800 ; ils sont l’un et l’autre inhumés à La Chapelle-Iger (paroisse de Champgueffier). 3) (Catherine) Agathe LEGRAND de BOISLANDRY X (1769) Jacques François Louis HECQUET de VILLERS (voir famille HECQUET de VILLERS) .

Rameau d'Orléans :

VI bis) Damien LEGRAND de BOISLANDRY (v1710-1715 + avant 1782) ; Damien, installé à l’Annonciade à Orléans, était juge-consul et faisait commerce de tissus en société avec De la Croix (« Sieurs BOISLANDRY frères, à Orléans », 1782-1783). Tuteur de ses petits-neveux La ROQUE de MONTEILLE en juin 1761. Il s’est marié à Orléans, paroisse St Paul, le 26 mars 1748 avec Marie Magdeleine TASSIN (Orléans, St Paul 25 août 1723 + idem 29 novembre 1780), fille de Joseph TASSIN (1692 + 1751), et de Catherine CAHOUET (+ 1730). Cette famille TASSIN, d’Orléans, faisait, d’aprés le Calendrier Historique d’Orléans de 1792, le commerce des laines d’Espagne et comptait parmi ses membres un secrétaire des Eaux et Forêts ; un TASSIN était en même temps banquier à Paris. Madeleine TASSIN était sœur de Joseph Jacques (1721 + 1806), écuyer, seigneur de Bois Saint Martin (marié en 1753 à Thérèse Félix COLAS des FRANCS, 1729 + 1764), de Raymond (1724 + 1775) et d'Augustin Prosper TASSIN (1728 + 1814), seigneur de Charsonville, de la Renardière et d'Authon, négociant (marié à Madeleine Monique SEURRAT, 1744 + 1820). D’où: 1) Damien Orphée LEGRAND de BOISLANDRY, vicomte de BOISLANDRY MONTCHAUVEL pendant la Restauration. Né à Orléans le 29 avril 1750, il est décédé à Paris, 68 rue Neuve-des-Mathurins, le 18 novembre 1829, et a été inhumé le 20 novembre à Versailles au cimetière Saint-Louis. Entré aux Gardes du Corps ( Compagnie de Luxembourg ) le 1er mai 1766. Grièvement blessé au combat de Jersey, en décembre 1780, il fut emmené comme prisonnier en Angleterre. Sous-lieutenant au régiment Commissaire Général (1788), chevalier de Saint-Louis (23 novembre 1788). Dès 1789, il est capitaine de remplacement au même régiment, en garnison à Abbeville. Emigré en août 1791, il fit la campagne de 1792 à l’armée des princes, puis fut nommé, en 1793, colonel du régiment de Waldstein destiné à l’expédition de Quiberon. Après l’échec de l’expédition de Quiberon, auquel il assista d’un navire, Damien de BOISLANDRY passa en 1796 à la Martinique, où il resta jusqu’en décembre 1801 (certificat du Prince de CONDE en date du 29 juin 1819 joint au dossier personnel conservé aux archives de la Guerre). Comme beaucoup d’émigrés, il rentra en France dès l’annonce (décembre 1801) des futures lois d’amnistie, qui ne devaient être passées que le 26 avril 1802. Il refusa ensuite tout service à l’Empire. Nommé maréchal de camp par ordonnance du 4 février 1815, il prit son service le 1er juillet 1815, au lendemain des « cent jours » ; il fut nommé lieutenant du roi à Strasbourg le 4 août 1816, et commandant de la place de Strasbourg le (1?)4 août 1816. Il eut à s’occuper en cette qualité d’une échauffourée assez grave survenue sous la Restauration. Il commandait encore à Strasbourg lorsqu’il se retira du service deux ans plus tard, le 5 août 1818. Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis (20 août 1823), il l’était aussi de l’Ordre de Hesse. X (Bailleul /Orne, 1802) (Marie Françoise) Nicole POLLIN du MONCEL, qui décéda avant 1816. Celle-ci était probablement fille de Jacques Jean Baptiste, officier des mousquetaires du roi, chevalier de Saint Louis. D’où: - Françoise Mathilde (1809 + 1855), qui épousa en 1827 Pierre Marie François Auguste Alfred (1801), comte puis marquis du LAU d’ALLEMANS, officier de cavalerie, demeurant au château de Montardy (à Montardy, Dordogne). Descendance prouvée. - Clotilde Thérèse, qui épousa le 21 novembre 1833 Alexis Hippolyte Xavier de BROSSIN, comte de MERE, demeurant au château d’Ecuiry, près Soisson. Descendance prouvée. - Félicité Pauline (Bailleul, Orne, 1805 ; + Orléans, 31 déc. 1834), domiciliée: 1, cul de sac Sainte Colombe, à Orléans. Restée célibataire. b. Charles Robert, chevalier de BOISLANDRY, baptisé à Orléans le 2 août 1755. Officier, chevalier de Saint-Louis, après 1814. Décédé à Orléans le 31 décembre 1831. Vraisemblablement Garde du Corps, à la Compagnie de Luxembourg, dans sa jeunesse. Franc maçon, secrétaire de la loge d'Orléans en 1779. En 1783-1784, il servait sous les ordres d’Anne Charles de MONTMORENCY, duc de Luxembourg (Paris 1737 ; + Lisbonne 1803), grand personnage de la cour, lieutenant général du roi en Alsace, futur député et président de la noblesse aux Etats Généraux (1789), puis émigré (1791), commandant en second de l’armée des princes. « C’est un homme bien né, qui a toujours joui d’une excellente réputation et auquel je prends le plus grand intérest » (décembre 1783 - lettre à l’ambassadeur de France à Constantinople). « L’amitié que j’ai pour M. de BOISLANDRY me donne le devoir, mademoiselle, de vous offrir (...) pour lui une tendre amitié, et je vous prie, mademoiselle, d’en avoir un peu. J’ay l’honneur d’être, mademoiselle, votre très humble et très obéissant serviteur, le duc de Luxembourg. Ce 1er juillet. » (lettre d’Anne Charles de MONTMORENCY à Antoinette PICAULD à l’occasion du mariage de Charles Robert en 1783). Pendant ces années 1783-1784, « après avoir longtemps voyagé dans le levant », le chevalier de BOISLANDRY servait en qualité d’agent secret, sous les ordres du duc de Luxembourg. Au mois de décembre 1783, il fut choisi par ce seigneur pour se rendre à Constantinople, accomplir une mission de négociation dont l’objet était « aussi secret qu’important » : « Il s’agirait d’engager les Turcs à prendre à leur solde une Légion Européenne et à l’établir dans une grande isle de l’archipel. Elle se chargerait non seulement de contenir les possessions intéressantes dans leur devoir et de les préserver de toute invasion, mais il serait possible que, en présentant aux Ottomans le tableau d’un corps à leur solde, armé, instruit d’après notre tactique, cet Empire se décida à prescrire à leurs militaires une formation et un régime que leur position critique rend indispensable ». Ce plan devait permettre, au final, de contenir les ingérences russes, autrichiennes et britanniques, et de renforcer l’influence française dans l’Empire Ottoman, modifiant ainsi le « système de l’Europe »(sic). « Ce projet, conduit aux frais du duc de Luxembourg, et dont le traité devait être conclu en son nom » avait reçu l’approbation du ministre des affaires étrangères, mais ne devait en aucun cas impliquer officiellement la France : le chevalier de BOISLANDRY était « chargé de conduire cette affaire, sans que l’ambassadeur paraisse ». BOISLANDRY fut reçu par le ministre (VERGENNES) ; il devait être accompagné dans sa mission et secondé par un officier polonais (?) réfugié en France, Monsieur GIKA. Les deux agents secrets voyageraient sous le prétexte d’affaires commerciales privées, le premier sous le nom de LA CHALOUSIERE, le second sous le nom de FARAUNLEN, attaché au duc d’HOLSTEIN. BOISLANDRY et GIKA quittèrent Paris aux premiers jours de janvier 1784, par fort mauvais temps, et arrivèrent à Lyon le 8 janvier, puis à Marseille dans l’après-midi du 14 janvier. Ils y logèrent chez Monsieur BRETOUP, lié au duc de Luxembourg. Malheureusement, aucun bâtiment n’appareillait de Marseille avant trois semaines ... (nous ignorons la suite du déroulement de leur mission, vraisemblablement annulée - cf note). BOISLANDRY était porteur de papiers nécessaires à sa mission, remis par le duc de Luxembourg, notamment de lettres de recommandations : un pouvoir en parchemin signé du duc de Luxembourg, deux grands états contenant l’un la solde, l’autre la formation du corps d’armée, un passeport au nom du « sieur de LA CHALOUSIERE », un chiffre double, un petit chiffre pour écrire, un pouvoir double contenant 34 articles, une copie de l’instruction de son second (Monsieur GIKA), une petite instruction particulière, quelques articles secrets, une instruction double pour lui et Monsieur GIKA, le modèle de l’instruction montrée au ministre, deux lettres de recommandation du duc de Luxembourg à l’ambassadeur de France à Constantinople, François Emmanuel GUIGNARD comte de SAINT PRIEST (Grenoble 1735 ; + Lyon 1821), futur pair de France, une lettre du ministre au même ambassadeur, et un crédit. Charles Robert quitta ensuite la France sous la Terreur, et parti pour l’Amérique. Il habita quelques années aux Etats-Unis, à Baltimore dès juin 1794. Il y était négociant, et possédait des terres à Saint Domingue. Il fit des affaires plus variées qu’heureuses, parmi lesquelles une tentative de monopole pour le commerce du blé. (Banqueroute vers 1800-1802) Lors du conflit des Etats-Unis avec la France, en 1807, semble-t-il, un bateau appartenant à Charles Robert fut saisi par les américains. Un accord intervint en 1881 entre la France et les Etats-Unis pour la restitution des prises ou de leur valeur en argent ; mais c’est seulement dans les premières années du XXème siècle que le Gouvernement des Etats-Unis prit des dispositions pour rembourser le prix dû à Charles Robert LEGRAND de BOISLANDRY. Le dossier de l’affaire se trouvait alors chez Me.BONSOL, notaire à Baltimore. La dernière descendante de Charles Robert portant le nom de BOISLANDRY, Mlle Adrienne LEGRAND de BOISLANDRY, fort âgée après 1900, se refusa à faire les démarches que la restitution aurait comportées, et l’affaire ne fut jamais réglée. Charles Robert se faisait souvent désigner par le pseudonyme de « Nargeld », anagramme de LEGRAND, comme s’il avait cherché à dissimuler son identité (souvenir de sa vie d’agent secret ?). Il avait fait un testament dès le 12 mars 1782 et avait légué à cette date tous ses biens à son frère Orphée. De retour en France (1802), il entra, avec l’appui de sa famille, dans l’Administration des Finances (il devint receveur des douanes). Il demeurait à Orléans, 2 rue de la Lumaire, puis rue Jeanne d’Arc (1854). Il fit une demande pour la croix de Saint Louis au directeur des colonies, le 8 octobre 1814, et l'obtint dès le 18 octobre 1814, alors même que son ami et protecteur, le duc de Luxembourg, était décédé. X 1° (après le 12 mars 1782, mais avant décembre 1783) Antoinette PICAULD X 2° (Baltimore, Maryland, 16 septembre 1796) Louise (Françoise) BUSCAILLE de KERMASSE (Port de Paix, Saint Domingue, 20 mars 1775 ; + Orléans, 3 janvier 1854), réfugiée de Saint Domingue. De son premier mariage (vers 1783: après le 12 mars 1782, mais avant décembre 1783), avec Antoinette PICAULD, deux filles décédées sans avoir été mariées: - Antoinette Robertine Mélanie de BOISLANDRY ( + Orléans), restée célibataire. - Charlotte Odille de BOISLANDRY (av 1795 ; + Orléans 1869), restée célibataire. De son second mariage, avec Louise BUSCAILLE de KERMASSE ), cinq enfants: - Laure de BOISLANDRY. Célibataire. - Théobald Joseph Orphée de BOISLANDRY : Né à Baltimore le 29 novembre 1800, décédé à Saverne (Bas-Rhin) le 30 mars 1841. Elève à l’école polytechnique (1er septembre 1819), lieutenant au 4ème régiment d’artillerie (30 octobre 1823), capitaine d’artillerie (27 mars 1831), passé au 1er régiment d’artillerie, comme capitaine commandant la 6ème batterie, à Saverne en 1838, chevalier de la légion d’honneur (20 avril 1839). Marié le 30 juin 1834 à Mélanie-Louise Marie AUBERT de TREGOMAIN ( + Rennes, 28 janvier 1898), fille de Pierre Marie AUBERS de TRéGOMAIN (v1770 ; + ap mai 1841), baron d’ORGèRES, enrôlé de force au 1er régiment de cavalerie (1793), campagnes de 1793-1795 aux armées du Nord et de Hollande, déserta à Laval début 1796, capitaine de cavalerie (1796) à l’armée royale de Bretagne (« chouans », division du chevalier de TREGOMAIN, son frère), campagnes de 1796 et de 1815, incarcéré 6 mois à Rennes en 1797, blessé à deux reprises, colonel honoraire de l’armée royale de Bretagne, chevalier de la légion d’honneur, et de Louise Marie Jacqueline Pauline de NEUVILLE, demeurant à Rennes, rue de Paris (mai 1841) puis rue de Volvire. D’où une fille, Adrienne Louise Marie de BOISLANDRY, née en mars 1835, non mariée, décédée à Rennes le 24 mars 1916. Elle hérite de son père 26.794 francs de valeurs mobilières en juin 1841, puis reçoit 13.956 francs de valeurs mobilières à la mort de sa mère. - Alfred Ernest de BOISLANDRY : Né à Orléans en 1802, décédé à Grenoble en 1857. Inspecteur des douanes au Havre (1841), puis directeur des domaines (douanes et contributions indirectes) à Grenoble (1854). Tuteur de sa nièce Adrienne (mai 1841). Marié à Eugénie Louise DIZIE de NEUFMANOVRE (+ Nantes, 12 mai 1870), fille de Pierre Louis DIZIE de NEUFMANOVRE, directeur des douanes, chevalier de la légion d’honneur, et d’Alexandrine Félicité GALLET de SANTERRE. Ils eurent deux filles: Berthe de BOISLANDRY (+ Tours, 25 mai 1893), qui épousa Cyr Guy Jérôme BILLARD de LORIERE, né le 30 mars 1792, mousquetaire, capitaine-lieutenant au 4ème de la Garde (dem. 1830), chevalier de la légion d’honneur et de Charles III d’Espagne, veuf, un enfant ; et Marie Caroline Félicité Ernestine de BOISLANDRY (+ Marseille, mai 1909), qui épousa Antoine MILLOT, d’où quatre enfants. - Camille de BOISLANDRY. Célibataire. - Marie Denise Noémie de BOISLANDRY (Orléans 1807 ; + 15 octobre 1895), célibataire. Demeurant à Orléans, rue Jeanne d’Arc (1854), puis 45 boulevard Alexandre Martin. (?) - Marie de BOISLANDRY (vers 1810 ; + Orléans 1899), célibataire. c. Joseph Charles de BOISLANDRY (Orléans, 1751 ou 1752 + Orléans, 5 août 1836) : Négociant à Orléans (acte de partage du 20 mai an XII/1804, chez Me LEFEUVRE, de L’Aigle, pour la succession de Victorine de Boislandry). Le 29 mai 1781, il tua involontairement d’un coup d’épée, à la suite d’une dispute née sur le terrain du jeu de paume d’Orléans, son cousin et ami TASSIN de COIGNON, qui l’avait le premier menacé de son arme après l’avoir insulté et frappé de sa canne. Il fut gracié par le roi au mois d’août 1781 (« lettre de rémission »). Négociant à Orléans, 35 rue du Tabour. Il épousa dans un premier mariage Marie Rose Joséphine d’ATHIS, fille de Louis Augustin (1734 + 1797) et de Marie Rose Joseph BERNARD (1738 + 1803), veuve d'Henri Paul Joseph de RENTY (1752 + 1..., qu'elle avait épousé en 1778), puis dans un second mariage Marie Victoire Hélène COUZé. Sans postérité. Il eut pour légataire universelle sa nièce Monique Olympe MIRON (1773 ou 1774 ; + Orléans 5 mars 1848), fille d’Olympe de BOISLANDRY. d. Olympe de BOISLANDRY : Mariée vers 1770 à Jean-Baptiste MIRON (vers 1750) négociant à Orléans, fils de Jean-Baptiste MIRON, seigneur de LA FOSSE, marié le 22 avril 1748 à Claude LHUILLIER des COUDREAUX. D’où deux filles, restées toutes deux célibataires, Monique Olympe MIRON (1773 ou 1774 ; + Orléans, 5 mars 1848), et Eugénie MIRON (vers 1773 ; + Orléans, 9 janvier 1852).

Rameau cadet :

VI ter) Louis LEGRAND de BOISLANDRY (171. ; + 20 janvier 1789, L’Aigle), négociant et banquier à Paris (rue Quincampoix) associé à son frère Jean Mathieu (« M.M. de BOISLANDRY, négociants à Paris », encore en 1782-1783), X (Paris 1747) Catherine GUYOT des FUGERES (ou FEUGERETS ; cf Le Feugeret, au nord-ouest de L’Aigle) ( ; + 2 germinal an X/23 mars 1802, L’Aigle). D’après divers actes notariés, Louis aurait fait le commerce des tissus à Paris, rue Quincampoix. Il traitait probablement aussi des affaires de banque, car les Almanachs Royaux font mention d’une Banque de BOISLANDRY située rue Comtesse d’Artois, au domicile de son frère Jean Mathieu, dont il était l’associé. Il épousa le 10 décembre 1747, en l’église Sainte-Opportune de Paris, Catherine GUYOT des FUGERES ainsi qu’en témoignent l’acte de décès de leur fils François Louis (archives de La Chapelle-Iger, Seine-et-Marne) et divers actes notariés. D’où: 1) Marie Henriette: Née en 1748 (parrain : Jean Mathieu LEGRAND de BOISLANDRY), décédée en 1821 à Paris (actes de l’état-civil reconstitué) ; mariée en premières noces à Pierre DARTIS, procureur au Parlement de Paris, et en secondes noces à J-Pierre du MUYS. De son premier mariage, un fils marié à Mlle de TOURNADRE. 2) François Louis, qui suit; 3) Pierre : Décédé en 1821 à Paris, paroisse Saint-Eustache, laissant deux filles: Marie Félicité (+ 1850) et Alphonsine Victoire, dite « Minette » (+ 1823). Célibataires. 4) (Catherine) Victoire LE GRAND DE BOISLANDRY, née vers 1750, mariée vers 1785 à un américain, (Pierre Côme Edouard) Nicholas ou Edmé GEORGE, avec lequel elle alla résider à Philadelphie (paroisse : église catholique Holy Trinity), puis à Mobile (Alabama), port du vieux sud, situé dans le golfe du Mexique, entre Louisiane et Floride. Edmé GEORGE passait, chez ses petits-neveux, pour avoir été le fondateur de Georgeville (tradition familiale). Mme GEORGE, née Boislandry, était en relations personnelles avec la famille des banquiers PERREGAUX. Ils eurent deux fils et une fille : a) (Pierre Come) Edouard GEORGE (né à Philadelphie le 22 septembre 179 ?, « vers l’heure des vêpres »), Cette branche américaine de la famille s’occupait de négoce (en particulier vers la Chine), spécialement d’exportation de coton et d’opérations de change. Pour ces dernières, Edouard GEORGE était, sous la Restauration, en relations personnelles avec les banquiers PERREGAUX et LAFFITTE de Paris, où ses affaires l’amenaient de temps en temps, ainsi qu’en Angleterre et aux Pays-Bas. Les GEORGE, comme les Boislandry, étaient liés aux Dupont de Nemours. b) (Félix) Achille GEORGE, (né vers 179 ? + après 1830 mais avant 1860, à Mobile, Alabama), marié à Demopolis à Caroline CHAUDRON (+ après 1860, à Mobile, Alabama), professeur, enterrés au cimetière de Church street à Mobile. En 1860, Mme GEORGE était veuve et vivait à Mobile avec deux de ses filles, Caroline et Mary. D’où six filles : - Belle Ellen GEORGE, mariée à Edgar STEEL (ou Steele), de la Nouvelle Orléans, - Mary G. GEORGE, mariée à Thomas STEEL, de la Nouvelle Orléans, - 2 filles mariées à des BRIGHT, de Mobile, Alabama - 1 fille célibataire, morte à 50 ans (= vers 1880/90) - 1 fille morte jeune. c) Caroline Victoire GEORGE, (née en Pennsylvanie vers 1800). D’où postérité aux Etats-Unis. 5) Basile : dit « LEGRAND de LA BRUYERE » (terre de La Bruyère, à Saint-Symphorien-des-Bruyères), (mais Le Grand de Boislandry lors de son mariage à Philadelphie) Né à Paris, Marié à Philadelphie (église catholique Holy Trinity), entre 1791 et 1798, à Geneviève Elisabeth VIDAL, veuve de Barthélémy MASSON. Elle était née à Paris, fille de Gérald VIDAL et de Catherine Elisabeth DESCOEDES (suivi d’un second nom illisible). Basile habita quelques temps aux Etats-Unis, puis à la Guadeloupe et enfin à Saint-Domingue, où il mourut à Port-au-Prince en août 1798. Il laissait une fille : a) Eugénie, née vers 1791/ 98 (acte de partage de la succession de Victoire déjà citée et de Louis, chez Charpentier, notaire à Paris, 12 floréal an XI/2 mai 1803), qui fut prise en garde par sa tante GEORGE. Eugénie épousa par la suite un français établi en Amérique.

VII) François Louis LEGRAND de BOISLANDRY (Paris 1750 ; + Champgueffier 28 octobre 1834). Négociant, banquier, échevin (1788) puis député du Tiers Etat de Versailles aux Etats Généraux, devenus Assemblée Constituante (1789-1791), ami de LA FAYETTE, émigré à Philadelphie (1793-1794). Propriétaire du château de Champgueffier (1800), demeurant à Paris 12 rue Vendôme, dans le marais, puis, à partir de 1818, 14 rue Poultier, à l’angle du quai de Béthune, dans l’île Saint-Louis. X (Paris 1774) Julie LEGRAND de BOISLANDRY, sa cousine germaine, fille de Jean Mathieu et de Charlotte COLLOMBEL du BOIS-AULARD ; François-Louis est né à Paris le 5 mai 1750 (ainsi qu’en témoignent son acte de décès et l’inscription d’une gravure le représentant, qui est conservée au cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale ). L’Etat de la Maison du Roi (Louis XVI) daté du 1er juillet 1776 cite Louis Legrand de Boislandry parmi les 12 « Porteurs », avec une rémunération de 300 Livres. Par ailleurs, le 12 janvier 1783, Louis Guillaume Le Veillard, de Passy, écrit une lettre à Benjamin Franklin de la part de « Louis de Boislandry, marchand de l’Aigle » qui désire s’entretenir avec l’ambassadeur des Etats-Unis. Le 18 avril 1784, Louis de Boislandry écrit de Paris à Benjamin Franklin : « Monsieur Je me présentai l’année dernière chez vous appuyé d’une lettre de Monsieur Vieillard de Passy, relativement à diverses opérations de commerce qu’une compagnie se proposait de faire avec l’Amérique septentrionale. Elle a commencé depuis ce tems quelques opérations dont plusieurs ont été assez heureuses, d’autres n’ont point eu de succès. Elle attribue ce défaut de réussite, premièrement a la concurrence générale éprouvée au moment de la paix, secondement a la médiocrité des entreprises qui n’étant pas assez considérables, ne permettaient pas d’entretenir dans le pays un agent immédiat. Comme elle est déterminée à augmenter et à étendre autant qu’il sera possible les relations d’un commerce qui doit a la fin devenir réciproquement utile, il à été résolu qu’un des principaux intéressés se fixerait dans celui des ports de l’Amérique qui serait le plus convenable à leurs spéculations; mais avant tout on désireroit avoir sur un objet les éclaircissements que votre Excellence voudra bien procurer. Je la prie donc d’avoir la bonté de m’indiquer pour l’un des jours de cette semaine un moment d’audience à l’heure qui lui conviendra, et s’il se peut vendredi prochain, comptant partir ce jour la pour l’Angleterre. J’ai l’honneur d’être avec les sentiments du plus profond respect Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur, Louis de Boislandry Négociant rue du chevalier du Guet. » D’après l’Almanach de Versailles pour 1789 il était négociant en gros et membre du Conseil Municipal de cette ville. Divers actes et comptes indiquent qu’il était en même temps banquier, intéressé à l’armement de navires, et à diverses autres entreprises, telles que la fameuse Caisse d’Escompte de Paris. Il fut élu député aux Etats-Généraux pour la vicomté et prévôté de Paris hors les murs (face à un candidat LE COUTEULX). Ayant constaté l’insuffisance de la police versaillaise et de la garde du château, il proposa de créer un corps franc qui aurait mission de veiller à la sécurité de la personne du Roi. Ce projet fut adopté et son exécution conduisit à la réorganisation des Gardes Nationales de Versailles. Mais l’opération fut tardive et défectueuse. Nommé membre du Comité ecclésiastique et du Comité des Finances, il déploya une grande activité, surtout dans le second. Diverses affinités le rapprochèrent de LA FAYETTE dont il suivit la politique et avec lequel il fit partie du Club des Feuillants. Il se signala par un discours contre l’accroissement des assignats (10 septembre 1790) et par diverses interventions en matière administrative et économique, notamment contre les octrois et droits de douane. Le 14 pluviose an II, le Comité de l’Emigration et des Etrangers de la commune de Rouen informe le Président de la section des Lombards de la requête de BOISLANDRY de s’établir à Rouen, et demande des renseignements sur son compte. Il demeure normalement à Paris, n°230 (ou n°43) rue Saint-Martin. La Constituante s’étant dissoute, il se retira de la vie publique, puis émigra avec sa femme (et ses enfants ?) à Philadelphie. Il passe pour avoir continué à faire du commerce à l’étranger et pour avoir acquis ainsi des ressources qui lui permirent, non seulement de ne pas souffrir matériellement des événements, mais encore de venir en aide à d’autres émigrés. Une de ses fermes, située aux environs de Laon, ayant été vendue comme bien national, fut achetée par le fermier, mais celui-ci le restitua après la Révolution à François-Louis LEGRAND de BOISLANDRY, contre le remboursement du prix. On lui en laissa l’exploitation moyennant un fermage minime, et, sous le Second Empire, ses descendants rachetèrent définitivement, et à prix très modeste, la ferme en question aux descendants de François Louis de BOISLANDRY (tr. fam.). François Louis de BOISLANDRY quitte New-York le 17 octobre 1796, sur le navire neutre le « Fox », capitaine CORNELL, à destination de Nantes. Le navire arrive à Lorient le 7 frimaire an V, où il fait relâche à cause de vents contraires. BOISLANDRY débarque, en règle avec la loi, muni d’un passeport du Comité de Salut Public daté du 27 nivose an III l’autorisant à se rendre aux Etats-Unis d’Amérique ; ce passeport a été visé à Philadelphie par le ministre plénipotentiaire de la République française. Il obtient alors de l’administration de Lorient un passeport pour aller à Nantes. C’est à cette époque qu’il fit faire son portrait, et celui de sa femme, par LECARPENTIER. On le trouve, sous le Directoire, habitant à Bordeaux, rue Arnaud Miqueu, où il avait repris des opérations de négoce (1797 - 1798). Passeport délivré à « François Louis Boislandry » à Bordeaux en 1799 : « Signalement : Taille : 1,83 Yeux : Brun Cheveux : Gris Visage : Ovale grave Nez : Un peu gros Menton : Rond Age : 48 Profession : Négociant Domicile : Bordeaux Pays d’origine : France (Seine) Commune d’origine : Paris Date de départ : 13 mars 1799 Destination : Suisse Signature présente : Oui » Sous le Consulat, François Louis LEGRAND de BOISLANDRY décida de retourner à Paris et s’établit 8 rue Française, division du bon conseil. Il acheta le 15 messidor an VIII (4 juillet 1800) - CHARPENTIER, notaire à Paris - le domaine de Champgueffier, à La Chapelle-Iger (Seine-et-Marne), à Louis SILVY, pour la somme de 115.000 francs « en espèces d’or et d’argent ». Cette propriété comprenait le château de Champgueffier, un potager (3 hectares et demi ), un pressoir à vin et à cidre, un moulin à vent, 55 hectares de bois et prairies, la ferme de Champgueffier (190 hectares), et la ferme de Vaux (16 hectares). « L’exploitation était presque abandonnée ; le château et les fermes tombaient en ruines, comme beaucoup d’autres bâtiments à cette époque troublée. » Il se consacra à la reconstitution de ce domaine qu’il agrandit en achetant les fermes voisines de la Chapelle-Iger (154 hectares) et des Haut-Grés (171 hectares), ainsi que des bois. Il constitua ainsi une propriété qui, avec des parcelles détachées, formait un ensemble d’environ un millier d’hectares sur les communes de la Chapelle-Iger, Gastins, Voinsles, Puy et Pecy. Il y ajouta une maison à Brie-Comte Robert, pour servir de relais à chevaux entre son hôtel parisien et Champgueffier. François-Louis de BOISLANDRY avait choisi cette propriété de Champgueffier parce que située prés du château de la Grange-Blaineau, où résidait son ami LA FAYETTE. François-Louis, qui avait célébré en vers les charmes de l’agriculture, rendit, en prose, un hommage plus durable à la vie des champs dans son ouvrage intitulé: « Examen des principes les plus favorables aux progrès de l’agriculture, des manufactures et du commerce en France » (Paris 1815, chez Auguste RENOUARD). Ce livre constitue, non seulement un tableau complet de la situation économique dans laquelle se trouvait la France au début de la Restauration, mais encore une profession de foi politique. L’auteur y proclame son admiration pour l’oeuvre libérale de la Constituante et sa foi dans le régime représentatif, mais il y maudit les responsables des violences révolutionnaires et vilipende le Gouvernement Impérial. Il met ses espérances dans la monarchie constitutionnelle. Les mêmes sentiments se retrouvent, à côté d’une étude sur la situation internationale de la France, dans la préface de son dernier livre: « Des impôts et des charges des peuples en France » (Paris 1824, chez BOSANGE). François-Louis de BOISLANDRY avait, pendant la période révolutionnaire ou à la veille de celle-ci, publié quelques opuscules, outre l’impression de ses rapports et discours: « Vues impartiales sur l’établissement des assemblées provinciales » (1787) - « Sur les assignats » (1790) - « Observations sur les dangers du papier-monnaie et sur l’insuffisance de cette ressource » (s.d.) - ainsi qu’une lettre ouverte, rédigée en collaboration avec Laurent LE COINTRE, sur les préparatifs des élections de 1789, et un des nombreux projets de Déclaration des Droits de l’Homme. Il a particulièrement combattu l’inflation monétaire à cause des misères et des injustices qui finissent par en résulter, et qui pèsent le plus lourdement sur la partie la plus pauvre de la nation. « Société Parisienne pour les Bateaux en Fer sur la Seine », Paris 1825 : Fold with splits, edge-damage (repaired), small holes, and the endorsement shows on the face. Endorsed to Vicomte Legrand de Boislandry. He was a very prominent banker, economist and businessman during the time of Louis XVI. He emigrated to the USA after the death of Louis, but returned in 1796. He spent his later years writing books, in agriculture and business

François-Louis LEGRAND de BOISLANDRY mourut à Champgueffier le 29 octobre 1834 ; testament du 31 octobre 1833. Il fut inhumé à La Chapelle-Iger. Il avait été précédé dans la tombe par sa femme et cousine germaine, Julie. D’où : 1) Louis LEGRAND de BOISLANDRY (1775 ; + Paris 24 novembre 1847), « socialiste » , inspirateur des idées de son neveu Théophile DUBERN ; devenu aveugle à la fin de sa vie, célibataire. 2) Catherine Françoise LEGRAND de BOISLANDRY, qui suit ;

VIII) Catherine Françoise LEGRAND de BOISLANDRY (Paris 1777; + La Chapelle-Iger 29 novembre 1859), surnommée Fanny, pensionnaire de la fondation de la Reine, à Versailles (11 février 1788 - 2 mai 1792), émigrée avec ses parents, X (Bordeaux 1798) Claude Charles DUBERN (Nantes 1767; + La Chapelle-Iger 1834). Commissaire de la marine (1792-1795), en charge de l’administration du port de Rochefort, puis négociant à Bordeaux (1796). Fils de noble homme Pierre DUBERN, ancien échevin de Nantes, dont le père, Jean du BERN, était originaire de la Chalosse (environs de Pau). Pierre DUBERN avait eu un privilège du roi pour la fabrication des « toiles peintes ». Il pouvait avoir eu des relations d’affaires avec les BOISLANDRY avant la Révolution. D’où trois fils (voir Famille DUBERN).

Armes

  • Le Grand de Boislandry : De gueules au lion d’or, au chef cousu d’azur, chargé de trois étoiles d’argent

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Nuvola apps bookcase.png Bibliographie