Famille Ferrière (Bordeaux, Gironde)

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La famille Ferrière, objet de cet article, est une famille de la ville de Bordeaux.

Origines

Propriétaires terriens depuis plusieurs générations à Saint-Antoine de Breuilh petit village situé en Dordogne, les Ferrière, qui sont protestants, ont vu leurs biens confisqués en 1685 lors de la révocation de l'Edit de Nantes.

Généalogie

5e génération

Jean Junior

Fils de François et Anne Freyssineau, dernier d'une famille de cinq enfants, Jean Junior naît le 14 février 1704, vient s'installer à Bordeaux en 1726 où il rejoint l'importante communauté protestante composée pour la plupart de négociants hollandais, allemands et britanniques auxquelles viennent s'ajouter quelques ressortissants des pays du Nord de l'Europe. Il est très impressionné par l'importance du commerce maritime bordelais et la quantité de navires marchands, en attente de départ ou de déchargement, qui encombrent le port. Après quelques années d'expérience, c'est vers le courtage maritime qu'il oriente ses activités professionnelles.
Le 2 Septembre 1738, il achète une part de charge de courtier royal, sa religion ne lui permettant pas d'exercer seul cette profession, il s'associe donc au catholique Jean-Baptiste Pomerle, avec lequel il partage le prix de la charge, qui coûte alors 7 250 livres. La clientèle est essentiellement hollandaise, les relations commerciales avec ce pays étant facilitées par la présence à Amsterdam du frère de Jean Junior, Gabriel (1698/1765), émigré depuis 1722 et installé lui aussi dans le négoce.

La même année Jean Junior épouse Marie Colck, la fille de l'un des plus riches négociants de Bordeaux, d'origine hollandaise. Grâce à cette alliance, Jean Junior se retrouve bientôt à la tête de la maison de négoce des frères Justus et Cornelis Colck. En 1741, Marie lui donne un fils, prénommé Jean comme son père, mais elle ne survivra pas à l'accouchement. L'enfant sera élevé dans la religion catholique par la famille de sa mère et c'est ainsi que la descendance Ferrière est devenue catholique.

6e génération

Jean Junior fit venir à Bordeaux son neveu Pierre (1722/1795), fils de son frère Jean Aîné (1694/1748), alors qu'il s'apprêtait à émigrer en Hollande. L'amitié entre l'oncle et le neveu est solide. Lorsque Jean Junior se retira des affaires pour aller se reposer dans la propriété de La Cadie à Flaujagues qu’il avait achetée en 1742 pour 64 229 livres, il laissa la direction de ses affaires à Pierre. Jean Junior écrivait le 23 février 1765 en se retirant des affaires qu’ils étaient surchargés de travail, ayant en même temps 30 à 40 navires en charge sur la Hollande et la Baltique.

Gabriel (1721-1792)

Pierre prit avec lui son frère Gabriel (1721/1792). Les affaires marchent fort bien puisqu’il achète le 13 avril 1762 la charge Laurens Fiton pour 10 500 livres. En 1765, il achète le 70 quai des Chartrons à Bordeaux (cette maison est toujours la propriété de la famille Ferrière), et son frère Gabriel achète une propriété à Margaux qui deviendra le Château Ferrière et fit également construire le Château de Rosenthal à Bassens. Il mourra célibataire.

André (1750-1816)

Le 1er mai 1775, Pierre achète une deuxième charge à Mr Soular pour 14 000 livres et la donne à son cousin André (1750/1816) qui était Bourgeois de Bordeaux, Officier des chasses du Roy et Président du Cercle de la Comédie, c'était le deuxième fils que Jean Junior avait eu en seconde noces avec Marguerite Tourtelot, et que Pierre avait pris avec lui dans ses affaires, très certainement en reconnaissance envers son oncle pour leur heureuse collaboration. Pendant la terreur, les habitants des Chartrons s'opposent à son arrestation. Il mourra célibataire, mais pourtant il eut quatre enfants avec Cécile Virey et il les a tous reconnus puisqu'ils portent tous les quatre le nom de Ferrière. Les deux premiers sont décédés très jeunes, puis il y eut Jean et Bernard Auguste. Le fils de Jean (1825/ ), qui s'appelait Bernard Auguste lui aussi, a travaillé avec ses cousins (Stanislas, Patrice ou Jean), mais ne fut jamais nommé courtier.

Il y a donc en 1775, trois Ferrière courtiers maritimes de la même génération et tous les trois célibataires. Ils exercent tous au 70 quai des Chartrons. Au même titre que les autres corporations, celles des courtiers connaît de sérieux déboires durant la période révolutionnaire et l’Empire. Une loi de mars 1791 supprime purement et simplement la profession. Toutefois, instruite des effets néfastes d’une telle mesure, notamment en ce qui concerne l’accomplissement des formalités douanières pour les navires neutres, la Constituante autorise les courtiers à exercer jusqu’au 30 avril suivant. Enfin, le 7 mai, une nouvelle loi les rétablit dans leurs fonctions. Gabriel et Pierre ne survivront pas à cette période de troubles, ils disparaissent respectivement en 1792 et 1795.

Jean dit le Catholique
La belle FERRIERE

La famille COLCK possédait une charge et Jean dit le catholique (1741/1813) le premier fils de Jean Junior en hérite, mais n’exerçant pas, il la vend, à son demi-frère Gabriel (1747/1828), frère ainé d’André, le 8 juillet 1780 pour 13 000 livres. Gabriel la revend deux mois plus tard à Mr Landouze. A vingt cinq ans, Jean dit le catholique, se borna à gérer la maison de négoce COLCK. Il avait épousé Marie O’QUIN en 1767, fille d’une famille d’origine irlandaise confortablement installée dans la bourgeoisie bordelaise, elle était réputée pour sa beauté, on l’appelait la belle FERRIERE et il lui fit douze enfants. Il était, en outre, Ecuyer Seigneur de Monaday, Conseiller du Roy, Contrôleur ordinaire des guerres, Premier Consul, Jurat de Bordeaux, Colonel du régiment de la milice, Membre de l'Académie des Beaux-Arts, Directeur de la chambre de commerce de Bordeaux. Emprisonné pendant la Terreur, Jean le catholique est acquitté en 1794 et ses qualités de bienfaisant, reconnues par la commission militaire révolutionnaire, lui permettent d’être élu Maire, responsabilité qu’il assumera jusqu’en 1797.

7e génération

Stanislas (1780-1835)
Caroline O'QUIN

Fils de Jean dit le catholique Stanislas (1780/1835), est nommé courtier en 1810. Ses oncles Pierre et Gabriel sont décédés depuis quinze et dix-huit ans, donc il n’a pas pu prendre leur suite et son oncle André est encore vivant, il exercera jusqu’à sa mort en 1816. Stanislas mourut subitement le 25 mars 1835, après avoir offert un grand dîner à ses amis, au 70 quai des Chartrons. Le jour de ses funérailles, les navires sur rade dont il avait la charge sont autorisés à tirer un coup de canon toutes les minutes du lever au coucher du soleil. Il avait été Conseiller Municipal, Adjoint au Maire, Chevalier de la Légion d'Honneur, Administrateur du dépôt de mendicité. Il avait épousé Caroline O'QUIN le 5 février 1815 qui lui avait donné trois enfants (Stanislas, André et Cora).

Patrice (1782-1829)

Le frère de Stanislas, Patrice (1782/1829) est nommé courtier en 1805. Il épousa Marthe de MESLON le 6 septembre 1806 qui lui donna quatre enfants (Patrice, Pierre, Mary et Jeanne).

Jean dit Jantje (1774-1841)
Marie COMET

Le fils de Gabriel, baptisé lui aussi Jean dit Jantje (1774/1841) pourra reprendre en 1818 la charge de son oncle André disparu deux années auparavant. Il est Consul de Hollande, devenu propriétaire du Château Ferrière à Margaux, du Château Rosenthal à Bassens et du 70 quai des Chartrons à Bordeaux. Il épousa Marie COMET qui lui donna trois enfants (Gabriel, Michel et Rosa)

Il y a donc encore trois courtiers du nom de FERRIERE dans cette génération, établis dans les bureaux communs du 70 quai des Chartrons.

8e génération

Pour la génération suivante, nous savons que chacun succéda à son père.

André (1817-1879)
Marie Louise POHL

André (1817/1879) nommé en 1835 avec dispense d’âge, succéde à son père Stanislas. Il épousa Marie Louise Pohl qui lui donna douze enfants dont Henri et Paul. Il fut conseiller municipal, Membre de la Chambre de Commerce de Bordeaux de 1848 à 1855, administrateur de la Caisse d'épargne, administrateur du dépôt de mendicité, fabricien de Saint-Louis, président du conseil de fabrique (C'est sous sa présidence que la réfection de l'église Saint-Louis fut décidée et achevée l'année de sa mort). Il donne à l'église Saint-Louis la chapelle Saint-Jean. Il héritera du Château Rosenthal et du 70 quai des Chartrons.

Patrice (1807-1868)

Patrice (1807/1868) nommé en 1839 succéde son père Patrice et à sa mort sa charge sera vendue à Mr Sabourin. Il épousera Laure BRUNET qui lui donnera deux enfants (Prosper et Laure)

Gabriel (1818-1895)

Gabriel (1818/1895) succède à son père Jean dit Jantje, mais sa charge sera rachetée en 1875 et supprimée pour réduction du nombre de courtiers et recevra une indemnité de 150 000 frs. Il restera célibataire jusqu'à sa mort.

Toujours trois courtiers maritimes pour cette génération et toujours au 70 quai des Chartrons.

9e génération

Il ne reste plus qu’une charge dans la famille, celle d’André.

Henri (1852-1934)
Marie TARDIEU

A sa mort, elle aurait dû revenir à l’aîné de ses fils, Henri (1852/1934). Mais celui-ci venait de recevoir la charge de son oncle et parrain Henri Pohl, le frère de sa mère qui était célibataire. Henri est nommé en 1881. Henri exerce au 21 rue Foy, est agent d’armements scandinaves. Il parle anglais, danois, suédois et norvégien. Chaque armement écrit dans sa langue. Il avait épousé quatre ans plutôt, Marie Tardieu (1856/1921) qui lui donna six enfants (André, Marie-Louise, Pie, Suzanne, Jeanne et Stanislas). Il était Syndic des courtiers maritimes, Membre du conseil de fabrique de Saint-Louis, Propriétaire du Château Ferrière qu'il vendit en 1914.

Paul (1854-1931)
Camille MOELLER

La charge familiale passe donc à son frère Paul (1854/1931) qui est nommé en 1880. Il épousa Camille Moeller en 1882 qui lui donna cinq enfants (André-Paul, Xavier, René, Yvonne et Marthe).

Robert (1860-1931)
Madeleine LARREILLET

Le dernier fils d’André, Robert (1860/1931), achète la charge Masson en 1888. Il épousa Madeleine Larreillet en 1890 qui lui donna deux enfants (Gérard mort à la guerre de 1914-1918 et Jean).

Cette génération voit ainsi trois courtiers maritimes, seuls les deux frères. Paul et Robert ont exercé au 70 quai des Chartrons. Ils sont agents des armements hollandais pour le monde entier et assurent un départ par semaine de Bordeaux sur Rotterdam et Amsterdam.

Les trois frères Ferrière auront une belle carrière puisqu’ils vont exercer durant un demi-siècle. Ils transmettront leurs charges au cours des années 1930, après avoir été témoins d’une transformation radicale du transport maritime du fait de la motorisation et de l’augmentation des tonnages.

10e génération

René (1888-1959)
Jean (1897-1973)
André (1877-1939)

A la mort de Paul et Robert disparus tous deux en 1931, leurs charges reviennent à leurs fils respectifs René (1888/1959) et Jean (1897/1973), puis à la mort du troisième frère Henri lui succède son fils André (1877/1939). Ainsi aux trois frères courtiers, succèdent leurs enfants, trois cousins germains.

11e génération

Stanislas (1885-1954)
Yves (1919-2001)
Yves TEISSEIRE

Lorsque André succéda à son père Henri, il était âgé de cinquante-huit ans. Bientôt atteint d’une angine de poitrine, ce dernier meurt à son tour en 1939, cinq ans après avoir été nommé courtier. Etant célibataire, il avait décidé que sa succession serait assurée par ses deux neveux : Yves (1919/2001), le fils de son frère cadet Stanislas (1885/1954), et Yves Teisseire, le fils de sa sœur Jeanne (1883/1953). Ces derniers étant trop jeunes pour être nommés courtiers en titre, c’est son frère cadet Stanislas qui reprend la charge en attendant que son fils ait acquis les qualités nécessaires à l’exercice de la profession. Nommé à la veille de la seconde guerre mondiale, Stanislas ne pourra guère profiter des prérogatives de sa charge. Le port de Bordeaux restera paralysé durant tout le conflit et les destructions perpétrées par l’occupant, sans compter les barrages d’épaves mis en place avant la Libération, entraveront pour plusieurs années l’activité maritime de Bordeaux. Stanislas consigne cinq navires en 1945, trente-trois l’année suivante et soixante-dix-huit en 1947. Ce n’est qu’à partir de 1948 que le trafic reprend un rythme normal. Son fils Yves, nommé en 1951, s’occupe désormais de la charge familiale en compagnie d'Yves Teisseire. Les deux cousins resteront associés jusqu’en 1977, année où Yves Teisseire décida de se retirer. Yves fut le dernier courtier maritime de la dynastie.

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