Famille Daumas

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Famille de petite bourgeoisie de marins pêcheurs provençaux, au XVIIIe siècle, elle s’éleva sous le règne du roi Louis XV par le transport fluvial sur la Saône et le commerce avec la ville de Lyon, par le métier des armes et par ses alliances.

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Origines

Cette famille est originaire du port de Bandol, et s’est installée en Bourgogne sous la Régence pour échapper à l’épidémie de peste de 1720.

Généalogie

I) Michel DAUMAS, d’où :

1) Jean DAUMAS, qui suit ;


II) Jean DAUMAS, marinier à Bandol (Var). X Madeleine REVEST, d’où :

1) Jean DAUMAS, qui suit ;


III) Jean DAUMAS (1671 † 1738), marinier à Bandol. X (La Cadière d’Azur, Var, vers 1699) Catherine PASCAL (1666 † 17..), d’où :

1) Michel DAUMAS, qui suit.


IV) (Claude) Michel DAUMAS (1702, La Cadière d’Azur † av juillet 1762, Ouroux). Quittant la Provence lors de l’épidémie de peste de 1720, il émigre en Bourgogne. Il est manoeuvrier sur le port d’Ouroux (1732), puis marchand sur la Saône. Marié le 22 septembre 1732 à Ouroux-sur-Saône, à Anne Potard (17.. † après juillet 1762), fille de Joseph Potard (16.. † avant septembre 1732), menuisier à Arlat en Conté, marié à Claudine Tournier († après septembre 1732). Témoins : Jean Pontée et Claude Maire). D’où :

1) Louis DAUMAS (Ouroux, 3 juillet 1733 † 18..), (parrain : sieur André AUDRAS, marchand de Lyon ; marraine : demoiselle Marie de LAVALLE), engagé volontaire (vers 1750), sous-officier, guerre de sept ans (1756-1763), lieutenant puis capitaine trésorier dans le régiment d’Enghien (avant 1778), campagne d’Amérique (1778-1783), retraité peu après cette campagne.

2) André DAUMAS (Ouroux, 14 août 1735 † 18..), (parrain : sieur André AUDRAS, « marchand sur la rivière et ... à Lyon » ; marraine : Jeanne CABET, femme de Jean CHANNEL, boulanger à Ouroux). Engagé volontaire vers 1750, sous-officier, guerre de sept ans (1756-1763), campagne de Corse (1768), lieutenant puis capitaine dans un régiment corse ; retraité vers 1785.

3) François DAUMAS, qui suit.


V) François DAUMAS (12 août 1738, Ouroux † 27 août 1820, Varennes-le-Grand), (parrain : sieur François CA(I)LLIAT, de Lyon, « marchand sur la rivière » ; marraine : Philiberte BRETIN, femme de Louis MAUGUIN). Chirurgien dans les armées du roi durant la guerre de sept ans (de 1756 à 1760), puis chirurgien à Cuisery (1761), tuteur subrogé des enfants mineurs de sieur Laurent DUVIVIER (1765), retraité à Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire). X 1° (Cuisery, 1760) Jeanne DUVIVIER, fille ou sœur de messire Laurent DUVIVIER († 1765), huissier royal à Cuisery, marié à Marie BALAY (vers 1713 † 21 mars 1763). X 2° Barbe GACAN (17.. † 1815), sans postérité. D’où :

1) Marie Claudine DAUMAS (Cuisery, 29 mai 1761), (parrain : Claude Henry TIBOUDEL, demeurant à Ouroux ; marraine : Marie BALAY, femme de sieur Laurent DUVIVIER).

2) Laurent DAUMAS (Cuisery, 6 juillet 1762 † 20 octobre 1763), (parrain : sieur Laurent DUVIVIER ; marraine : Anne POTARD, veuve de Michel DAUMAS).

3) Marie Guillaume DAUMAS, qui suit ;

4) Claude Marie DAUMAS (vers 1765 †..), agriculteur, propriétaire, demeurant à Varennes-le-Grand. Tuteur de ses neveux (1818). Grand-père d’Auguste DAUMAS, élève à l’École Normale Supérieure (1836-1838).


VI) Marie Guillaume DAUMAS (Cuisery, 24 septembre 1763 † Givry, 1838). Baron de l’Empire (1808, de droit - titre non sollicité). Né le 24 septembre 1763, il est baptisé trois jours plus tard (27 septembre ; parrain : messire Guillaume DUVIVIER, prêtre, curé de Saint-Romain ; marraine : demoiselle Jeanne Marie BERGIER).

Engagé volontaire à l’âge de quinze ans comme soldat au régiment de Picardie (1er ou 18 septembre 1778), il passe au régiment d’Enghien (1er septembre 1781), régiment où son oncle Louis DAUMAS servait comme capitaine, pour aller à Saint-Domingue. Il participe, avec ce régiment, à la campagne d’Amérique (1781-1783). Caporal (19 juin 1784), sergent (7 juillet 1785) puis sergent-major (28 février 1789), il est mis en congé le 25 juin 1790. Marie Guillaume pouvait espérer, en s’engageant dans l’armée, progresser jusqu’au grade de capitaine, comme son oncle. Mais, n’étant pas noble, il s’est trouvé bloqué au grade de sergent major par l’ordonnance de SÉGUR . La Révolution lui donnera cependant, ultérieurement, l’occasion de progresser.

Il revient chez son père à Varennes-le-Grand, où il organise aussitôt la garde nationale de cette commune et en prend le commandement. Il part pour Mâcon l’année suivante, avec cette troupe composée de volontaires, où il reçut un brevet de capitaine de grenadiers au 2ème bataillon de Saône-et-Loire. (28 septembre 1791). Chef de bataillon le 17 novembre 1791, à l’âge de 28 ans, il est employé aux armées du Centre, du Nord, des Ardennes et de Sambre-et-Meuse (campagnes de 1792-1793). Commandant, il est cité pour sa conduite dans un combat livré le 31 août 1792 par son seul bataillon contre un corps de 10 000 cavaliers prussiens au bois de La Châlade, près de Sainte Ménehoulde, puis pour sa conduite la nuit du 30 novembre au 1er décembre 1792 devant la citadelle de Namur. Passé à l’armée du Rhin (campagnes de 1794-1796), il est nommé colonel commandant la 200ème demi-brigade d’infanterie, faisant partie de la 38ème brigade (20 thermidor an III, 7 août 1795). Il est alors employé aux armées d’Allemagne, d’Helvétie et du Rhin (campagnes de 1797-1801). C’est là, en Suisse (occupée), qu’il se marie. Il épouse Thérèse Catherine BABÉ. Le 2 mars 1798 (12 ventôse an VI), Marie Guillaume, colonel, repousse dans le lac de Brienne, avec sa 38ème demi-brigade et un escadron de cavalerie, 4 000 hommes des troupes helvétiques, disciplinés et pleins d’ardeur. Par cette action il sauva toute sa division et permit la prise des villes de Soleure et de Berne. Le 25 mars 1799 (9 germinal an VII), il est blessé au pied gauche à la prise de Port (ou Mont)-Martin, en pays Grison. Le 30 avril 1799 (11 floréal an VII), il est blessé au bras droit, à Rennes, toujours en pays Grison. Marie Guillaume DAUMAS est ainsi cité par le général LECOURBE (12 septembre 1799/26 fructidor an VII): « Officier qui a donné dans bien des occasions des preuves d’intelligence, de prudence, de bravoure, soit qu’il eût à commander des colonnes d’attaque ou de défense, soit qu’il eût à administrer sa brigade. Au combat de Rennes, quoique blessé, il ne voulut quitter son poste que lorsque les forces physiques lui manquèrent. » A un autre combat, dans les gorges des Grisons, seul avec sa demi-brigade il réussit à contenir l’armée russe du général SOVAROW. Il permit ainsi de « rejeter (l’ennemi ?), blessé d’un biscaïen qui lui traverse les deux cuisses » près de Maastricht (5 mai 1800). Général de brigade nommé par le commandant en chef de l’armée du Rhin (20 juillet 1800), confirmé dans ce grade le 21 octobre 1800, il est grièvement blessé et mis en non-activité (23 novembre 1801-6 janvier 1806). Il est alors employé dans la 7ème division militaire (6 janvier 1806), qu’il va commander par interim à Grenoble (1807-1808). Il est ensuite employé en Toscane (8 juin 1808) comme gouverneur de Sienne. Il passe à l’armée d’Italie (28 mars 1809) et effectue les campagnes de 1809 et 1810. Il commande la région frontalière du lac de Garde. Le 11 avril 1810, il reprend le commandement par intérim de la 7ème division militaire, à Grenoble. Confirmé maréchal de camp (1814), il est admis à la solde de retraite par décret du 26 avril 1815. Il est placé dans le cadre de réserve en 1816. Commandeur de la légion d’honneur (14 juin 1804, confirmé en 1814), chevalier de Saint Louis (1815) et du Lys (1814). Son traitement de général de brigade, hors campagnes, était d’environ 10 000 francs par an (830 francs par mois), et demi-solde à partir de 1815-1816. Viticulteur propriétaire à Givry. Il épouse, le 26 thermidor an V (1797) à Délémont, Thérèse Catherine BABé (1776 ; + 1818). D’où :

1) Xavier DAUMAS (1798 † 1872). Docteur en médecine, maire de Givry, président du conseil d’arrondissement de Châlon-sur-Saône ; descendance prouvée.

2) Auguste DAUMAS (1802 † ..). Officier des eaux et forêts, employé à la préfecture d’Alger (1853). Sans alliance.

3) (Melchior, Joseph) Eugène DAUMAS (Delémont, 14 octobre ou juillet 1803 † Camblanes, 29 avril 1871). Cet officier de cavalerie a rempli des fonctions de commandement des troupes indigènes et d’administration, notamment à la tête des affaires d’Afrique ou affaires arabes. Etudiant en médecine à Paris, avec son frère aîné. Peu porté sur l’étude et dissolu. Son père s’en inquiète et le pousse à être engagé volontaire en 1822, à l’âge de 19 ans, comme cavalier au 2e régiment de Chasseurs à cheval (devenu 2e de Lanciers). Il devient sous-lieutenant au 2e régiment de chasseurs à cheval, à Amiens, le 3 janvier 1827. Il entre en 1829 à « l’Ecole royale de Cavalerie » de Saumur. Il en sort deux ans plus tard avec la mention : « sorti 3ème (...) ce numéro a été considéré égal au numéro 1, les deux premiers ayant été donnés à l’ancienneté ». Il accède au grade de lieutenant le 6 juillet 1831. Il est considéré par ses supérieurs comme « particulièrement apte à l’instruction » ; et comme un « bon serviteur, exact, zélé » (d’ARLANGER, 1835). Il va faire ensuite sa carrière militaire dans les unités d’Afrique, et participer activement à la conquête de l’Algérie. Il est affecté en 1835 au 2e régiment de Chasseurs d’Afrique, qu’il rejoint comme capitaine instructeur. Il obtient sa première citation dès le 4 décembre 1835, suivie de la croix de chevalier de légion d’honneur (6 janvier 1836). Il va bénéficier du patronage de La Moricière et graviter dans l’orbite des premiers « Bureaux arabes ». Aussi, lorsque le traité de la Tafna est signé avec ABD-EL-KADER, en 1837, il est nommé au poste délicat de consul à Mascara auprès de l’émir Abd-el-Kader. Il y passe deux ans (1837-1839), pendant lesquels il parfait son étude de la société algérienne, et notamment du système tribal de l’Ouest. En poste jusqu’en 1839, il rédige de nombreux mémoires où l’étude de l’Algérie est orientée dans trois directions : politique, topographique et statistique. Ces rapports sont directement adressés au gouverneur général, le Maréchal Valée, qui apprécie son intelligence et l’exactitude des renseignements politiques. Cette expérience inspirera à Daumas la théorie de l’administration indirecte qu’il mettra en pratique avec Bugeaud . La rupture du traité de la Tafna va rendre Eugène Daumas à la carrière militaire, et administrative. Après quelques mois au Service des affaires arabes en Oranie, il est détaché auprès du gouverneur-général (1841). Sa connaissance de la langue, des mœurs, de la politique, du caractère des populations, de l’histoire et de la géographie du pays amènent le Maréchal Bugeaud à le nommer, dès le 16 avril 1841 à la tête des affaire arabes ou Bureaux arabes. Il va réorganiser cette administration et la diriger de 1842 à 1847, puis continuera de s’en occuper dans le cadre de ses fonctions administratives au gouvernorat général de l’Algérie jusqu’en 1850, puis à Paris, au Ministère de la Guerre (dont dépendent les « Affaires de l’Algérie » et le Service des Bureaux arabes), enfin au Ministère de l’Algérie et des Colonies. À l’activité de renseignement et d’observation, remarquée par les gouverneurs généraux successifs, s’ajoute une activité littéraire importante complétée par un certain nombre de publications dans le journal officiel de la colonie, le Moniteur Algérien. Cet aspect, rare pour un officier appartenant à la cavalerie, mérite d’être souligné. Il publie alors divers ouvrages, s’appuyant sur la masse d’informations dont disposaient les Bureaux arabes. La particularité de la "carrière africaine" de Daumas réside principalement dans les positions occupées, proches de certains gouverneurs généraux notamment Valée et Bugeaud. De façon originale, il mène pour leur compte des missions de renseignement, parallèlement à ses affectations militaires successives. En 1842, il est affecté, avec le grade de chef d’escadron, au 4e régiment de Chasseurs d’Afrique (en remplacement et par permutation avec M. Houdaille). En 1843, il est placé à la tête du Corps de cavalerie indigène, puis, le 5 août 1845, colonel commandant le 1er régiment de Spahis. Il occupe ce grade de colonel lorsque la Révolution de 1848 éclate. Ses états de service mentionnent en particulier l’engagement de Sidi ben Yakoub et Ouled Khalfa (1840), Sidi Lakhdar (1841), la Chiffa et la lutte contre les tribus ben Ismaïl et Ouled el-Aziz (1842), le combat des Taourga (1844), la campagne du duc d’Aumale à Bougie (1847), l’expédition chez les Ouled Naïl (1849). En 1847 il épouse Catherine Caroline MAC CARTHY-REAGH, nièce de Bugeaud. La même année il est promu commandeur de la légion d’honneur et chevalier de l’ordre de Saint Joseph (de Toscane). Ses connaissances ethnographiques et politiques accélèrent sa nomination au garde de général de brigade, « à la disposition du gouverneur général de l’Algérie », officialisée le 13 janvier 1850. Elles lui valent, dans l’armée comme dans la société civile, le statut de spécialiste de l’Algérie et indirectement de la colonisation. Cette reconnaissance se traduit par des nominations successives, tout d’abord dès le 20 avril 1850, au poste de chef du service de l’Algérie au Ministère de la Guerre, par décret signé à l’Elysée par Louis-Napoléon Bonaparte. Marque de confiance supplémentaire, il est nommé commissaire auprès de l’Assemblée Nationale pour la discussion du budget de 1850. En octobre 1851, il participera à la répression des troubles dans Paris. Sous le Second Empire, parallèlement à l’exercice de ses fonctions militaires, il devient un haut fonctionnaire bénéficiant de la faveur marquée de Napoléon III. En l’espace d’une année, l’Empereur va le nommer successivement conseiller d’Etat (26 janvier 1852, en service ordinaire hors section), directeur des Affaires de l’Algérie (1852) et général de division (1er janvier 1853). Daumas est également nommé sénateur (1852 ou 1857 ??) .

De 1848 à 1852, il va jouer un rôle particulier auprès de l’émir ABD-EL-KADER, qui s’est constitué prisonnier auprès des Français (demandant l’aman, dans la terminologie arabe) après avoir reçu la promesse, non-respectée dans un premier temps, d’être autorisé à s’exiler au Moyen-Orient. ABD-EL-KADER est conduit au fort de Toulon le 8 janvier 1848. Dès le 12 janvier, le général Trézel, ministre de la guerre, ordonne à Eugène Daumas, colonel du 1er régiment de Spahis et alors en congé à Paris, de se rendre sans tarder à Toulon auprès de l’émir. Sa mission est très claire : il doit amener l’émir à « renoncer par lui-même à l’exécution de la promesse qui lui a été faite d’être transféré à Saint-Jean d’Acre ou Alexandrie. Il devra rappeler à ABD-EL-KADER la manière généreuse dont l’aman lui a été accordé, et surtout lui faire comprendre que le gouvernement sera tout disposé à répondre honorablement à toute marque de confiance et de soumission sincère qu’il donnerait au roi des Français en remettant à sa haute sagesse, à sa générosité, le soin d’assurer son avenir ». Eugène Daumas arrive à Toulon le 18 janvier dans la soirée ; il rencontre l’émir dès le lendemain à huit heures. « ABD-EL-KADER a paru véritablement heureux de retrouver une vieille connaissance », écrira-t-il à Trézel ; il n’osera cependant pas dans un premier temps révéler à l’émir le refus des autorités françaises de l’autoriser à s’exiler, et le véritable but de sa présence. Pour exercer sa fonction, Eugène s’installe au fort avec son épouse, Catherine MAC CARTHY-REAGH. Sa mission prendra fin en avril avec le transfert au château de Pau de l’émir et de sa suite. Il apprend alors avec soulagement qu’il doit rejoindre son régiment en Algérie car, écrira-t-il à son ami Rivet : « ce que je sais, c’est que jamais le colonel Daumas ne sera le geôlier d’un homme comme ABD-EL-KADER ». Trois mois et demi de vie commune ont permis aux deux hommes de se connaître davantage. Une amitié profonde est même née, que l’émir exprime dans une lettre du 23 avril : « (...) je vous dirai que dans l’union, la fraternité et l’intimité ont pris racine entre nous ; car notre amitié est tellement visible qu’elle ressemble à une haute montagne, sur le sommet de laquelle un immense phare serait placé. J’ai appris que vous alliez me quitter et m’abandonner (...). Pendant tout le temps que j’ai passé avec vous, il me semblait n’avoir point quitté mon pays, ni m’être éloigné de mes amis. Mais dès que vous m’aurez quitté, je vais me trouver chez l’étranger ». Daumas sera par la suite de toutes les entrevues entre l’émir et Louis-Napoléon (il sera de même à la gauche d’ABD-EL-KADER lors de la grande parade militaire faite en l’honneur de ce dernier à Satory). Le 25 janvier, avant de quitter définitivement la France, ABD-EL-KADER écrit une lettre d’adieu au général Daumas : « Je fais des voeux pour que plus tard Dieu vous bénisse. Je ne puis oublier votre amitié (...). Soyez assuré que je ne m’écarterai point de vos conseils, non plus que des volontés que vous connaissez du sultan (sic) Napoléon ». Eugène Daumas aura par la suite une correspondance suivie avec lui, ne cessant de la questionner sur les moeurs de l’Algérie ou sur les chevaux. Daumas, à la différence de La Moricière, Changarnier ou Cavaignac, est favorable au Prince-Président. C’est un tremplin pour sa carrière. Daumas a, au fond de lui-même, la profonde conviction de la résistance de la société algérienne à la colonisation française. Il ne s’opposera cependant pas à la volonté de l’empereur et au renforcement du régime colonial. En 1857. Il habite 10 rue de Bellechasse. A la disposition de Son Altesse Impériale le prince chargé du Ministère de l’Algérie et des Colonies (31 juillet 1858), nommé commandant de la cavalerie à Lunéville (1858), Inspecteur général du 8ème arrondissement de cavalerie (1859), commandant la 14e division militaire, à Bordeaux (1860), inspecteur général en 1861, 1863 et 1867. En 1867 il est inspecteur du 13ème arrondissement de cavalerie, qui comprend les diverses unités de Chasseurs d’Afrique. Il est relevé de son commandement pour raison de santé et placé dans le cadre de réserve en 1868. Mobilisé dès la déclaration de guerre, le 19 juillet 1870, il prend le commandement de la 14ème division militaire (Bordeaux), mais trois semaines plus tard il est relevé et placé, pour « motif de santé », définitivement dans la réserve. Il meurt le 29 avril 1871 à Camblanes ; il y est enterré, avec son frère Jules. Il avait épousé, à Bordeaux en 1847, Catherine Caroline MAC CARTHY-REAGH, nièce du maréchal BUGEAUD  ; descendance prouvée .

4) Catherine Thérèse DAUMAS (1804). Elle épouse Antoine Lazare SAVIN, docteur en médecine, juge de paix de Saint-Germain-aux-Bois.

5) Jules DAUMAS, qui suit ;


VII) (Xavier) Jules Adolphe DAUMAS (Grenoble, 2 avril 1812 † Camblanes, 16 novembre 1891). Propriétaire, par sa femme, du château de La Tour-Camblanes (Camblanes, Gironde). Il entra à Saint-Cyr le 21 novembre 1829. Elève caporal le 1er mai 1831, puis sous-lieutenant au 43ème régiment d’infanterie (1er octobre 1831). Il passe ensuite dans la cavalerie, au 2ème régiment de Chasseurs d’Afrique (21 décembre 1835), corps dans lequel son frère Eugène était capitaine-instructeur. Il embarque pour l’Algérie le 19 juillet 1836 ; en garnison à Oran. Il passe lieutenant (24 avril 1838). Cité à l’ordre de l’armée (30 octobre 1840) pour sa conduite au combat du lac de Sebkha, où il eut un cheval tué sous lui. Chevalier de la légion d’honneur (28 mai 1841) à l’âge de 29 ans. Encore cité pour s’être distingué au combat de Maoussa (1841). Capitaine le 20 février 1842, à l’âge de 29 ans. Il commandait un escadron du 2ème chasseurs au cours de la campagne contre les Flittas. Le 16 mai 1843, s’étant éloigné de la colonne principale pour une reconnaissance, il se trouva isolé avec cinquante cavaliers en territoire ennemi. Repéré, son escadron fut pris en charge par une force de 1500 arabes, dont 400 cavaliers réguliers d’ ABD-EL-KADER. Un de ses camarades de l’armée d’Afrique, le capitaine BLANC, retrace ce fait d’armes dans ses souvenirs (in « Généraux et Soldats d’Afrique » par le capitaine Blanc, Plon 1885, p.183-186) : En retraçant les faits culminants de la campagne de 1843, j’ai voulu surtout mettre en relief quelques noms d’officiers, sous-officiers et soldats, héros d’un jour, oubliés le lendemain par les écrivains fantaisistes ou officiels, particulièrement enclins, les uns à poétiser leurs récits, les autres à glorifier les hauts personnages. La justice que je m’efforce de rendre à mes camarades serait donc incomplète si je ne relatais une action de guerre où s’illustrèrent deux capitaines du 2ème Chasseurs d’Afrique, messieurs DAUMAS et FAVART. C’était chez les Flittas, où le général GENTIL guerroyait depuis plusieurs mois. Le 16 mai, jour de la prise de la Smalah, cinquante chasseurs, sous les ordres du capitaine DAUMAS, s’étant trop éloignés de la colonne principale, se virent tout à coup entourés par plus de quinze cents cavaliers ennemis. Essayer de les rompre par une charge hardie, c’était une témérité qui hâterait la perte du détachement; prévenir le général, il y fallait encore moins songer, un homme seul ne ferait pas ce que cinquante ne pouvaient pas tenter. Le capitaine DAUMAS se regarde comme perdu, mais il prend la décision de vendre chèrement sa vie. Gagnant à grand’peine le marabout de Sidi Rached, situé sur un petit tertre, il met pied à terre, fait tenir les chevaux en arrière par quelques hommes, et, plaçant le reste de ses cavaliers derrière le marabout, les pierres et autres petites défenses, il engage avec les assaillants un véritable combat d’infanterie. Le bruit de cette fusillade attire l’attention d’un autre capitaine, FAVART, qui, avec soixante chevaux, éclairait également la marche du général. Se portant aussitôt en avant, cet escadron aperçoit dans un cercle de feu cette poignée de Français qui soutiennent héroïquement une lutte impossible. Le capitaine FAVART était libre de ses mouvements; il pouvait rejoindre la colonne sans être inquiété dans sa marche, sans crainte d’être soupçonné de faiblesse, à cause de l’énorme supériorité de l’ennemi ; mais une pareille pensée ne pouvait venir à ce brave officier : « Mes amis, dit-il à ses hommes, vous voyez ce qui se passe : cinquante de nos camarades sont engagés dans une lutte où ils doivent succomber. Nous pouvons, ou partager leur mort et mourir glorieusement avec eux, ou regagner tranquillement la colonne, en emportant au fond du coeur la honte d’une lâcheté... Choisissez ! ». Un même cri sortit de toutes ces généreuses poitrines : « A eux ! à eux, capitaine ! ». Et mettant aussitôt le sabre à la main, FAVART commande la charge, se bornant à faire prévenir le général. Le cercle ennemi fût brisé par cette furieuse attaque extérieure ; mais il se reforma presque aussitôt sur ces braves, que les Arabes saluèrent de cris féroces, comme autant de nouvelles victimes. Imitant les dispositions de son camarade, le capitaine FAVART fait mettre pied à terre et place ses hommes à côté de leurs amis. La lutte prend dès lors un caractère plus énergique, mais son issue, pour en être retardée, n’en doit pas moins être mortelle pour les chasseurs qui luttent un contre vingt, lorsque tout à coup le clairon retentit au loin sur les derrières des Arabes. Ses sons raniment les héros de Sidi-Rached et portent le trouble dans les rangs ennemis. C’est un bataillon de 32ème qui accourt sans sac, au pas gymnastique, guidé par le général lui-même. Les Arabes n’attendent pas cette infanterie et se dispersent au loin sans être poursuivis, car ce n’est pas là la mission de 32ème, et les chasseurs, ainsi délivrés, sont épuisés par la longue lutte qu’ils ont soutenue. On se compte, et l’on reconnait alors vingt-deux tués et trente blessés. Au nombre de ces derniers, il y a six officiers, et les deux escadrons n’en comptaient que sept; un seul est sain et sauf. Le combat de Sidi-Rached eut un immense retentissement en Algérie et en France, et c’est en effet l’une des plus belles pages de l’histoire du 2ème chasseurs d’Afrique. Les deux capitaines qui jouèrent le plus beau rôle dans ce drame héroïque furent l’objet de l’admiration de l’armée. Qui donc connait aujourd’hui le combat de Sidi-Rached ? Qui se souvient des capitaines DAUMAS et FAVART? ... Les vieux et rares survivants de cette époque. Puisse ce livre de souvenirs tomber sous les yeux de nos jeunes camarades et leur apprendre ce que c’était que les soldats d’antan !

Chef d’escadron de cavalerie (1846). Grièvement blessé en Algérie, il fut mis en non-activité pour infirmité (1er septembre 1848). Il passe alors au 1er régiment de carabiniers (22 octobre 1851), et commande le dépôt de recrutement de la Gironde, à Bordeaux (4 décembre 1852). Officier de la Légion d’honneur (10 mai 1852). Il demeure au 63, rue de la taupe, à Bordeaux. Il démissionne après 1857. Viticulteur propriétaire au château de La Tour-Camblanes, il aidait son frère Eugène dans la rédaction des ouvrages de ce dernier sur l’Algérie (tradition familiale). Il épouse à Bordeaux, le 25/27 avril 1853 (Gautier not.), Marie Catherine Amélie MAC CARTHY-REAGH (Bordeaux, 14 décembre 1830 (ou 1832 ?) † 1868). Marie est sœur de Caroline et nièce du maréchal BUGEAUD. D’où Alice DAUMAS, qui suit.


VIII/ (Marie) Alice DAUMAS (Bordeaux, 4 mai 1857 † Bailleul/Orne, décembre 1939). Elle épouse, à Camblanes le 7 janvier 1879, Lucien Eugène Charles Boislandry DUBERN (Auch, 25 février 1850 † Versailles 1930). Celui-ci est capitaine de cavalerie, à Senlis puis au 4ème cuirassiers à Angers (1878). Il deviendra par le suite viticulteur, sur le domaine familial de La Tour-Camblanes. Son père, le général Eugène DUBERN, a passé lui aussi, comme Jules et Eugène DAUMAS, de longues années en Algérie.

Personnalités

Deux membres de cette famille, engagés volontaires (vers 1750) dans les armées du roi Louis XV, achevèrent leur carrière comme capitaines d’infanterie à l’époque de la guerre d’indépendance américaine (1778-1783).

Leur neveu, Guillaume DAUMAS (1763 † 1838), qui suivit la même voie dès l’âge de quinze ans, avec l’espoir d’achever lui aussi sa carrière comme officier des armées du roi, devint général à l’âge de trente-six ans, commandeur de la Légion d’honneur et ... chevalier de Saint Louis. Guillaume épousa, étant alors colonel, la fille d’un grand bourgeois, seigneur en haute Alsace et conseiller du prince évêque de Bâle. Deux de ses fils seront officiers de cavalerie, dont Eugène DAUMAS, général de division, conseiller d’État, sénateur du second Empire et grand-croix de la Légion d’honneur ; tous deux devaient épouser deux sœurs Mac Carthy-Reagh, nièces du maréchal Bugeaud, duc d’Isly.

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