FALLIÈRES Armand

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Armand FALLIÈRES
Président de la République
(1906 - 1913)

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Généaloige

Armand FALLIÈRES est né le 6 novembre 1841 à Mézin, dans le Lot-et-Garonne. C’est sur cette même terre, à laquelle il reste profondément attaché toute sa vie, qu’il meurt le 22 juin 1931, à près de 90 ans.

Son père était géomètre-arpenteur, son grand-père forgeron. Il naît d’ailleurs dans la forge familiale, accolée à la cathédrale de Mézin, et y passe sa petite enfance. Cette maison sera plus tard démolie et reconstruite pierre par pierre à l’autre bout de la petite ville.

Etudes

Après des études de droit, à Toulouse et Paris, il s’inscrit au barreau de Nérac dans son département du Lot-et-Garonne. Il y plaide quelques procès politiques : il défend notamment un groupe de jeunes gens qui avaient chanté la Marseillaise sur le passage d’une procession.

Carrière

Dès son installation comme avocat, il commence à s’intéresser aux affaires publiques et entame une longue carrière politique. Il est maire de Nérac, il fut révoqué le 24 mai 1872 et conseiller général.

A la Chambre et au Gouvernement

Il se présente aux élection du 20 février 1876 pour la chambre des députés, il est élu avec 8346 voix.

A la Chambre des députés, Armand FALLIÈRES siège à gauche, parmi les membres du groupe de la gauche républicaine. Il fait partie des " 363 ", ceux qui, le 22 juin 1877, après la " crise du 16 mai " votent un ordre du jour de défiance au Duc de Broglie, nouveau président du Conseil nommé par MAC-MAHON. La Chambre est alors dissoute.

Réélu aux élections d’octobre 1877, il s’affirme rapidement comme l’une des figures de la gauche. En Septembre 1880, il est appelé au Gouvernement comme sous-secrétaire d'Etat à l'intérieur le Cabinet Ferry. En 1881, il est réélu député, et nommé Ministre de l'Intérieur dans le Cabinet Duclerc (7 Août 1882-29 Janvier 1883). Il s’illustrera dans " l’affaire des prétendants ", en déposant en janvier 1883, au nom du gouvernement, un projet de loi autorisant le ministère à expulser par décret tout membre d’une famille royale " dont la présence serait de nature à compromettre la sûreté de l’Etat ". De nouveau ministre de l'Intérieur, président du Conseil du 29 Janvier au 21 Février 1883.

Il devint Ministre de l'Instruction dans le Cabinet Ferry du 20 Novembre 1883 et Avril 1885. De nouveau ministre de l'Intérieur dans le Cabinet Rouvier du 30 Mai au 12 Décembre 1887. Ensuite il devint ministre de la Justice dans le Cabinet Tirard du 12 décembre 1887 au 3 Avril 1888. Ministre de l'Instruction dans le même cabinet du 23 Juillet 1889 au 17 Mars 1890. Il est réélu Député en 1889 et devint ministre de la Justice pour le Cabinet Freycinet du 17 Mars 1790 au 27 Février 1792.

Au cours des années 1890, Armand FALLIÈRES s’efforça toujours de calmer les esprits, notamment lors des difficiles débuts de la " politique du ralliement ", émaillée d’incidents entre le gouvernement et la hiérarchie catholique.

Comme ministre de l’Intérieur, il fit annuler en août 1887 la délibération illégale du Conseil de Paris " invitant les 36.000 communes de France à envoyer des délégués à Paris pour dresser le bilan du siècle dont le terme approche, donner une forme aux aspirations comprimées par les réactions successives, etc. ".

Treize ans plus tard, le 22 septembre 1900, Armand FALLIÈRES, récemment élu Président du Sénat présidera au Banquet des Maires de France, aux côtés du nouveau Président de la République, Emile LOUBET, son prédécesseur à la présidence de la Haute Assemblée… et auquel il succédera à la Présidence de la République

Au Sénat

Elu sénateur le 8 Janvier 1890 par 417 voix, réélu en 1897

A son arrivée au Sénat, Armand FALLIÈRES s’inscrit dans trois groupes : la gauche républicaine, l’union républicaine et la gauche démocratique. Lorsque cette pluralité de groupes n’est plus admise, il choisit le groupe de la gauche démocratique " le plus avancé des trois ".

De 1892 à 1899, Armand FALLIÈRES, fait preuve d’une grande discrétion : il ne prend pas une seule fois la parole en séance publique.

Le 1er mars 1899, il vote contre la " loi de dessaisissement " dans l’affaire DREYFUS. Deux jours plus tard, il est élu Président du Sénat au 2ème tour le 3 mars de la même année. Il succède à ce poste à Émile LOUBET, élu Président de la République, auquel il succédera aussi à l’Elysée sept ans plus tard.

Armand FALLIÈRES fut constamment réélu Président du Sénat jusqu’en 1906. A ce titre, il eut à présider la Haute Cour de Justice qui jugea, en 1899, Déroulède, Buffet, Ramel et Godefroy pour l’affaire de la caserne de Reuilly.

A l'Elysée

Le 18 janvier 1906, à Versailles, Armand FALLIÈRES est élu Président de la République au premier tour de scrutin, par 449 voix contre 371 à Paul DOUMER, président de la Chambre. Clémenceau et la plus grande partie des radicaux ont préféré cet homme modéré au radical DOUMER (qui sera à son tour élu Président de la République le 13 juin 1931). Ils reprochent en effet à Doumer d’avoir abandonné Combes et le " Bloc des gauches " en 1904 et d’avoir renoncé au projet d’impôt sur le revenu qu’il avait proposé en 1895.

En octobre 1906, Armand FALLIÈRES fait appel à Clémenceau pour diriger le ministère : c’est donc grâce à Fallières que pour la première fois " le Tigre " devient Président du Conseil ; il a 65 ans.

En 1909, le Cabinet Clémenceau est usé, les discussions militaires s’enveniment à la Chambre, la situation internationale évolue vite (révolution turque, annexion par l’Autriche de la Bosnie-Herzégovine, indépendance de la Bulgarie). FALLIÈRES fait appel à un homme " plus souple ", Aristide Briand. Mais celui-ci doit démissionner au début de 1911.

Armand FALLIÈRES appelle alors le sénateur de la Gironde, Monis, puis Caillaux. Le coup d’Agadir le 1er juillet 1911 et les négociations franco-allemandes qui suivent aboutissent à la signature d’un traité que la Chambre ratifie mais que le Sénat refuse de ratifier, sous l’influence de Clémenceau qui accuse Caillaux de conventions secrètes avec l’Allemagne.

Armand FALLIÈRES a alors recours à Poincaré. Celui-ci fait ratifier le traité franco-allemand par le Sénat et voter la réforme électorale par la Chambre. Tandis que la situation s’aggrave dans les Balkans, le septennat de FALLIÈRES s’achève. Poincaré, dont la politique étrangère est populaire, lui succède en étant élu Président de la République le 17 janvier 1913.

Retour à Mézin

Comme il l’avait dit en entrant à l’Elysée, à la fin de son septennat, FALLIÈRES " descend sans bruit, modestement du pouvoir ".

Il revient à Mézin où il passe l’essentiel de son temps dans sa maison et ses vignes de Loupillon.

Le caractère d'Armand FALLIÈRES : une personnalité rassurante

" La simplicité de FALLIÈRES l’avait rendu populaire et si l’on plaisantait volontiers sur son compte, on lui vouait une sympathie familière. C’était un homme intelligent et cultivé, grand lecteur de Montaigne notamment, plein de sagesse. C’était un modéré de nature. Comme son tempérament ne le poussait pas plus à l’action spectaculaire que l’idée qu’il se faisait de ses fonctions, Fallières pouvait donc paraître un président assez effacé. En fait, tous ceux qui l’ont approché ont été frappés par sa connaissance étendue des affaires, par la sûreté de son jugement et par son autorité. "

Extrait du Dictionnaire des parlementaires français de M. Jean JOLLY (1889-1940)

Promenade dans Paris...

Les exercices d’hygiène de M. Fallières

" Il sort tous les matins du Petit Luxembourg à 8 heures et marche à travers Paris jusqu’à 10 heures, sans s’arrêter. L’autre jour, un actif photographe de l’Illustration l’a suivi dans sa course matinale et, sans qu’il s’en doutât, a pu, à diverses reprises, prendre des instantanés de sa promenade. Il l’a accompagné par l’Odéon, la rue Racine, la rue des Ecoles, le pont Sully, le boulevard Henri IV, la place de la Bastille, les grands boulevards, la place de la Concorde, la rue de Bourgogne et le boulevard Saint Germain, jusqu’au Petit Luxembourg. Le collaborateur de l’Illustration était exténué : il avait fait ses 12 kilomètres et les sept clichés qu’on voit dans notre supplément : on y distingue parfaitement la forte silhouette du nouveau Président de la République, la main gauche derrière le dos, avec un fort jonc dans la main droite, suivi à une distance raisonnable d’un inspecteur de la Sûreté qu’il n’a pas demandé mais qu’il subit, puis arrêté sur le boulevard Montmartre et causant avec un homme qui ressemble à s’y méprendre au grand savant Berthelot, collègue de M. FALLIÈRES au Sénat. M. FALLIÈRES s’est promis de ne rien changer à sa vie pendant la durée de son septennat. Les inspecteurs de la Sûreté vont faire de l’hygiène ! "

Jules HURET dans l’Illustration du 27 janvier 1906


Sources

Le site du Sénat

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Echo du Finistère - 20 Janvier 1906