EUDES Emile

De Geneawiki
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Émile EUDES

Émile François Désiré Eudes [1], dit le général Eudes, est né à Roncey (Manche) le 12 septembre 1843 [2], fils de Jean-Baptiste, maréchal-ferrant originaire d'Ouville et Céleste Potier, blanchisseuse originaire de Granville. Il est le dernier enfant d’une fratrie de six. Il décède le 5 août 1888 à Paris (XIXe arrondissement).

Il commence ses études au collège de Saint-Lô et devient bachelier à dix-sept ans. Il poursuit des études de pharmacie à Paris.

Il fréquente les milieux révolutionnaires, se définissant comme blanquiste, libre-penseur et anticlérical engagé. Pendant quelque temps, il tient une librairie et il devient gérant de la Libre Pensée fin 1866.

Début août 1870, il participe à la vaine attaque blanquiste contre la caserne des pompiers de La Villette. Afin de trouver des armes, ce qui lui valut d’être condamné à mort une première fois malgré la défense de Gambetta. Il fut sauvé in extremis par la défaite de Sedan.

Durant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il devient membre du Comité central républicain des vingt arrondissements, et capitaine du 138e bataillon de la Garde nationale mais il est destitué pour avoir participé à l’insurrection populaire du 31 octobre.

Le 18 mars 1871, à la tête du bataillon de Belleville, il s’empare de l’Hôtel de Ville. Le 24 mars, le Comité Central de la Garde Nationale le nomme délégué à la guerre. Le 26 mars, il est élu membre du comité central de la Commune dans le XIe arrondissement par 19 276 voix sur 25 183 votants. C’est sur sa proposition que l’Assemblée prend le nom de la Commune (18 mars –27 mai 1871). À partir du 3 avril, il se cantonne dans un rôle essentiellement militaire.

Il est promu général et durant la fameuse « semaine sanglante » (21 – 28 mai) Emile Eudes se battit vaillamment sur les barricades de la rue de Rennes, au carrefour de la Croix Rouge, avant de se replier à la mairie du XIe arrondissement. Le 28 mai, la résistance a cessé, la répression continue. Les historiens situent entre 20 000 et 35 000 le chiffre des communards exécutés.

Il échappe de justesse à la répression versaillaise et parvint à s’enfuir en Suisse avec femme et enfants. Condamné à mort par contumace, il se réfugia ensuite à Londres où il se lia d’amitié avec Karl Marx. Pour vivre, il gagne Edimbourg et devient, sous le nom de Robert, professeur de français à l’école royale navale de Yarmouth, institution réservée à l’élite de la jeunesse aristocratique britannique.

Après l’amnistie du 3 mars 1879, il rentre à Paris où il s’empressa de reprendre ses activités révolutionnaires en fondant l’association « Ni Dieu, ni maître » et en devenant vice-président de la « Ligue pour l’abolition de l’armée permanente ». Grâce à la générosité d’Henri Rochefort, il devint rédacteur en chef de « l’homme libre » et poursuivit son combat révolutionnaire jusqu’à son dernier souffle. Il mourut en effet d’une crise cardiaque en prononçant un discours enflammé devant des terrassiers en grève. Ses obsèques au Père-Lachaise furent suivies par une foule immense [3] et, sur sa tombe Louise Michel et bien d’autres lui rendirent le dernier hommage.

En 1892, le conseil municipal de Paris octroya à sa dépouille une concession à perpétuité [4].


Sources et notes

  1. Jean-Louis MENARD, Emile Eudes (1843-1888) : général de la Commune et blanquiste, Dittmar, 2005, 293 p. ; André BOIZARD & Guy POIRIER « RONCEY, 900 ans d’histoire », Saint-Lô, Imprimerie Le Rachinel, 1983.
  2. État civil de Roncey.
  3. Les journaux de l’époque, L’intransigeant ou le Cri du Peuple ont estimé à 50 000 personnes le nombre de personnes présentes aux obsèques.
  4. Cimetière du Père-Lachaise, 91e division (1re ligne, K, 21)