Drôme, Le protestantisme

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Le protestantisme en Dauphiné

Le Dauphiné est une des régions de France où le protestantisme a laissé des traces profondes.
Dès 1549, la Réforme est prêchée à Valence, à l’église des Cordeliers avec le soutien de l’évêque Jean de Montluc, à Montélimar et Romans
Précédant la Révocation de 1685, la répression s’abat sur le Dauphiné. L’Édit de Nantes n’est plus appliqué, des temples sont détruits.
La Tour de Crest s’emplit de prisonniers, 247 sont condamnés aux galères.
Entre 1686 et 1689, des assemblées se réunissent à Montmeyran, Dieulefit, La Motte-Chalancon.
A Saou avec Isabeau Vincent, des mouvements prophétiques se développent. .
Les persécutions subsistent : Louis Ranc est pendu à Die en 1745.
Aujourd’hui, au col de Menée (au nord de Chatillon-en-Diois) dans le pays de Bourdeaux au « Bois de vache » est commémorée cette triste époque, par des rassemblements annuels.
Il demeure environ 35 000 protestants dans la Drôme, lorsque la liberté de culte est restaurée.
À Poët-Laval subsiste dans l’ancien temple le Musée du protestantisme dauphinois.

Temples historiques

Temple de Beaumont-lès-Valence

Les protestants se réunissent à Beaumont-lès-Valence.
Tour à tour église catholique puis temple protestant, aujourd'hui une église-temple
Après la Révolution et le Concordat en 1806, l’édifice est attribué aux protestants et aux catholiques suivant le principe du simultaneum[1].
Un mur sépare l’église en deux, le chœur et l’abside sont attribués aux catholiques, la nef et le portail aux protestants.
Cette situation perdure toujours aujourd’hui.

Temple de Châtillon-en-Diois

Chatillon avait une communauté protestante dès 1561.
Le premier temple était construit en 1610. Ce temple sera démoli en 1683.
Sur le même emplacement, entre deux maisons, est encastré le nouveau temple.
Gravé sur la clef en relief de l'arc en plein cintre de la porte d'entrée "L'An Quatre de la liberté 1792".

Temple de Crest

Ce temple remplace celui du quartier du Bourg détruit après la révocation de l’Édit de Nantes (1685).
En 1816, le Consistoire prend la résolution de construire un nouveau temple, il est situé sur la Place du Grand Marché, un lieu concédé gratuitement par la Municipalité de Crest en 1818. En 1822 tous les aménagements intérieurs sont réalisés.
Le dimanche 1er décembre de cette même année, Louis-François ARNAUD, pasteur à Crest depuis 1812, célèbre la dédicace solennelle du temple

Temple de Dieulefit

En 1805, la commune de Dieulefit accorda un terrain dans la quartier de Châteauras afin d'y édifier un temple et, le 4 août 1806, un premier culte y fut célébré.
Le temple fut finalement consacré le 8 novembre 1810.
En 1821, l'orgue ainsi que les tribunes furent aménagés et le plafond remplacé par une voûte en 1831.

Temple de Poët-Laval (Le)

En 1560, en pleine Réforme, la chapelle Saint-André est prise en possession par les protestants qui la convertirent en temple.
Après l'édit de Nantes (1622), , elle fut à nouveau occupée par les catholiques et les protestants trouvèrent refuge dans la demeure d'un chevalier, devenue maison commune au 15ème siècle, où ils purent célébrer leurs offices de 1622 à 1684. Des tribunes furent installées afin d'accueillir les participants. Grâce à sa fonction de maison commune, et en dépit de la révocation de l'édit de Nantes en 1685, le temple fut préservé de la destruction. L'édifice retrouva sa vocation de temple de 1807 à 1935

Temples de Pontaix

Dès 1561, une communauté réformée existe à Pontaix. La chapelle romane des XIIe-XVe siècles sert au culte réformé.
Au XVe siècle, sur un vestige de la chapelle du XIIe siècle a été construit, le temple actuel qui fut église catholique avant de devenir temple au XVIe siècle.

L’Edit de Nantes

En 1685, Louis XIV interdit l’exercice du protestantisme en révoquant l’Edit de Nantes.
Nombreux sont ceux qui se sont convertis au catholicisme ou qui sont partis en exil vivre leur foi dans les pays du "Refuge".
Beaucoup restent cependant en essayant de célébrer leur religion bravant les interdictions royales.
S’ils sont surpris, ils sont condamnés pour "crime de religion". Les pasteurs sont exécutés, les femmes emprisonnées à vie, les hommes rejoignent, tels des esclaves, les "forçats du roi" sur les galères, armées pour garder les côtes du royaume.[2]

Abjurations collectives à Séderon

Découvrir l'histoire des abjurations du 05 octobre 1685 en deux pages ...
Pictos recherche.png Lire le début de l'article en page 1 et la fin de l'article en page 2

Pasteurs et prédicants martyrs de la Drôme

  • ARNAUD Daniel ; prédicant[3] inspiré, pendu à La Motte-Chalancon en 1687 ou 89.
  • BORELY ; prédicant du Dauphiné, pendu à Suze (26) ou Beaufort-sur-Gervanne le 9 octobre 1689.
  • CLAIRANT ; lecteur dans les assemblées en Dauphiné, pendu à Valence en 1689.
  • RANC Louis ; né en 1719, frère d’Alexandre, berger ? De Ajoux (07). Proposant en Languedoc, consacré pasteur le 18 octobre 1744 en Dauphiné, arrêté à Livron le 16 février 1745, et pendu à Die le 12 mars.

Les Galériens

Le Musée du Désert expose, dans une salle du Mémorial qui leur est consacrée, la liste de plus de 2700 "Galériens pour la Foi".
Cette liste a servi à constituer les notices que vous pouvez consulter sur ce site

Extrait des notices pour la Drôme pour la lettre A
  • ALLARD, Mattieu. Né vers 1700. De Die (La Petite-Vachère) (26150). Condamné à Grenoble comme ministre, le 16 février 1735.
  • ALLEMAND ou ALLAMAND, Claude. Né vers 1652, fils de Daniel et Catherine Coste ; cardeur. De Nyons (Damber). Condamné en Dauphiné comme Vaudois, le 10 décembre 1689. Mort à l’hôpital le 25 décembre 1699. (N° écrou : 11836)
  • ALLIX, Pierre. Né vers 1670. De Bourdeaux (26460). Condamné à Valence pour assemblée, le 5 novembre 1687. Mort à l’hôpital le 17 février 1707. (N° écrou : 9896)
  • AMIC, Pierre. Né vers 1689, fils de feu Daniel et feue Olimpe Gondoye, frère de Jacques ?, époux de Françoise Gondoye ; cardeur. De Saint-Dizier. Condamné à Grenoble à 10 ans pour fait de religion, le 15 octobre 1745. Libéré le 9 janvier 1756. (N° écrou : 21363-2709)
  • AMIC, Jacques. Frère de Pierre ? De Saint-Dizier. Condamné à Grenoble pour assemblée, le 15 octobre 1745. (N° écrou : 2707).
  • ANDUZE, Jean. Né vers 1630, fils de feu Claude et Izabeau Blage, époux de Claire Barthélémy, père d’Henri. De Chamaret.Condamné à Valence pour assemblée, le 3 avril 1694. Mort à l’hôpital le 16 septembre 1694. (N° écrou : 17332).
  • ANDUZE, Henri. Né vers 1669, fils de Jean et Claire Barthélémy. De Chamaret. Condamné à Valence pour assemblée, le 3 avril 1694. Mort à l’hôpital le 11 avril 1696. (N° écrou : 17333).
  • ANTON, François. Né vers 1687 à Die, fils de feu Pierre et feue Hélène Giraud, époux de Françoise Barre (prisonnière à la Tour de Constance) ; laboureur. D’Uzès (Saint-Médiers) (30). Condamné à Montpellier pour assemblée, le 24 décembre 1750. Mort à l’hôpital le 16 avril 1752. (N° écrou : 5441).
  • ARCHIMBAUD ou ARCHENARD dit La Charmente, Jean. Né vers 1654. De Die ou Nyons. Condamné à Grenoble pour assemblée, le 23 novembre 1689. Mort en campagne à Port-Vendres le 6 août 1691. (N° écrou : 11804).
  • ARNAUD, Etienne. Né vers 1721, fils de Jean et Antoinette Magnan ; drapier. De La Charce (26470). Condamné à Grenoble pour avoir enseigné le chant des psaumes, le 17 février 1745. Mort à l’hôpital le 10 août 1745. (N° écrou : 20702).
  • AUBANEL, Antoine. Né vers 1666, fils d’Isaac et Elisabeth Plumet ; boucher. De Lesches (26310). Condamné à Grenoble à 9 ans pour vol nocturne, le 28 mai 1701. Libéré le 10 juin 1707 pour servir dans les troupes du roi. (N° écrou : 25729).
  • AUDRA, David dit GASPARD ROCHETTE. Né vers 1666, cardeur. De Pontaix. Condamné à Grenoble le 12 octobre ou le 29 novembre 1686. Libéré le 26 novembre 1687. (N° écrou : 8726).
  • AUGIER, François. Né vers 1668, fils de François et Sara Julien ; meunier. De Montélimar (Savasse). Condamné en Dauphiné comme Vaudois, le 10 décembre 1689. Libéré le 7 mars 1714, retiré à Morges (CH) en 1719. (N° écrou : 11826).
  • AVON, Paul. Né vers 1651, muletier. D’Aurel (26340). Condamné à Grenoble comme guide, le 19 septembre 1687. (N° écrou : 9902).

Protestants, nés en Drôme, qui se sont fait

L'un des plus illustres chefs du parti protestant, qui périt sur l'échafaud, à la suite d'une défaite en 1595, et dont le nom doit à cette fin tragique d'être entouré d'une auréole dans l'histoire. [4]
  • Isabeau VINCENT (bergère de Crest); une jeune fille de Saou (vers 1688). [5]
Ses extravagances et ses jongleries lui valurent une célébrité constatée dans les écrits contemporains. Élevée au métier de prophétesse, elle parlait de tout, hormis de la vérité ; la curiosité lui assurait un nombreux auditoire qu'elle fascinait par des extases simulées et par la citation de textes de l'Écriture, mêlés à de grossières railleries contre l'Église catholique.
Les assistants ébahis criaient au miracle et, de retour en leurs foyers, communiquaient la ferveur et l'enthousiasme, que leur avaient inspirés la bergère de Crest. Tantôt elle soufflait la haine dans les cœurs ; tantôt, nouvelle sibylle agitée sur son trépied, elle annonçait la délivrance prochaine des vrais enfants de Dieu
M. Bouchu, intendant de la province, étant venu à Crest pour calmer l'agitation fiévreuse qui travaillait les huguenots du Diois , se fit amener la jeune bergère et la questionna. Aux demandes qu'il lui adressa, elle répondit qu'à la vérité elle avait entendu dire qu'elle prophétisait en dormant, mais qu'elle ne pouvait l'affirmer, personne n'ayant la conscience de ce qu'il fait durant son sommeil.
L'intendant, éclairé par les aveux d'Isabeau Vincent, la fit conduire à Grenoble et renfermer dans un hôpital.
  • Maurice Louis FAURE, dit Maurice-Faure (1850-1919), [6]
Protestant, sénateur de la Drôme et ancien ministre de l'Instruction Publique (remplaça le protestant Doumergue) et des Beaux-Arts.
  • Marguerite SOUBEYRAN (1894-1980)
Elle est née en avril 1894 à Dieulefit (elle y est décédée en 1980), dans une famille protestante, de Ovide SOUBEYRAN et de Marie POULIN.
En 1969, en témoignages de juifs sauvés, a été décerné le titre de « Juste parmi les Nations » à Tante Marguerite (Marguerite SOUBEYRAN), en même temps qu’aux deux autres, Atie (Catherine KRAFFT) et Simone MONNIER (toutes 3 directrices de l’école (privée et laïque) de Beauvallon ouverte avant la guerre (1929)).
  • Famille ARNAUD, Pasteurs de Crest
Après la Révolution, trois générations de pasteurs ARNAUD se succèdent à Crest.
Un grand temple est édifié en 1822, puis l’orphelinat, l’école, des œuvres dédiées à la population de cette petite ville industrieuse qui tira sa richesse de la draperie, du coton, de la soie, du papier et du commerce.
C’est le pasteur Eugène ARNAUD qui écrivit au XIXe siècle l’histoire de Crest, intimement liée à celle de sa famille et à la mémoire protestante.
  • François ARNAUD, né le 10 novembre 1759 et décédé le 30 avril 1828 à La Motte Chalancon (26) , à l’âge de 68 ans - Fabriquant de draps
    marié le 3 février 1789 avec Louise ROCHE, née le 3 septembre 1763 - Saillans (26) dont :
  • Louis-François ARNAUD né le 9 février 1790 à La Motte-Chalancon et mort le 4 août 1864 à Crest
    Pasteur à Crest de 1812 à 1864 - Président du consistoire - Chevalier de la Légion d’honneur [7]
    marié le 28 août 1822 avec Clarisse POULIN (1803-1891) dont :
  • Joseph "Clément" ARNAUD, né le 27 mars 1825 - Crest (26) et décédé le 15 mars 1906 - Nice (06) , à l’âge de 80 ans - Inspecteur chez P.L.M.
    marié le 29 juillet 1862 à Pontaix (26), avec Jémina BOUVAT 1841- dont
  • Édouard Eugène ARNAUD 1864-
  • Alfred ARNAUD 1869-
  • François-Eugène ARNAUD né à Crest, le 18 octobre 1826 et mort à Crest le 12 novembre 1905. .
Pasteur à Crupies (Drôme), puis aux Vans (Ardèche) en 1853, il succéda à son père à Crest en 1865. Il fut nommé président du consistoire en 1876 [8]
Chevalier de la Légion d’honneur [9]
Il épouse Suzanne KLEFFLER. Ils ont trois filles.
  • Jean François ARNAUD, né en 1794
  • Charles "Scipion" ARNAUD ,né le 25 juillet 1803 à La Motte Chalancon (26)
    Pasteur à La Charce (-1879), La Motte Chalancon, Jaillieu, Grenoble [10]

Référence.png Notes et références

  1. «Simultaneum» Une église simultanée est une église qui accueille les cultes de deux confessions chrétiennes différentes
  2. Le Musée du Désert L’Histoire des Huguenots et des Camisards en Cévennes.
  3. Celui qui prêche, qui annonce la parole de Dieu dans les assemblées chrétiennes.
  4. Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme v.42 1908, Edité en 1866
  5. Notice historique sur la ville de Crest (Drôme) / par l'abbé Vincent, Auteur : Vincent, Abel (1813-1891) Edité en 1859
  6. La Croix de la Drôme 1910/12/11 - Edité en 1910
  7. Base de données Léonore (Légion d'honneur) Cote LH/52/55
  8. Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme v.42 1908 - Auteur : Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, Valence -Edité en 1866
  9. Base de données Léonore (Légion d'honneur) Cote LH/53/49
  10. Geneanet: arbre de Christian GENNERAT (pasteurs)


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