Cimetière de Romans-sur-Isère

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Histoire du cimetière

De tous temps, à Romans-sur-Isère, l'on enterrait les morts dans les cimetières paroissiaux (églises Saint-Barnard, Saint-Nicolas et Saint-Romain), dans les couvents (couvent des Cordeliers, sur l'actuelle place Jules Nadi, couvent de la Visitation, actuel Musée de la Chaussure, couvent Sainte-Claire, et couvent Sainte Ursule, sur l'actuelle côte Sainte Ursule) et dans les hôpitaux (hôpital Sainte-Foy, sur l'actuelle place Ernest Gailly et hôpital Hôtel-Dieu, anciennement de la Charité, sur l'actuel parc François Mitterrand).

Le 10 mars 1776, une déclaration du roi Louis XVI vise à faire cesser cela, dans le royaume, devant la multiplication "des plaintes touchant les inconvénients des inhumations fréquentes dans les églises et même par rapport à la situation actuelle de la plupart des cimetières, qui trop voisins des églises, seraient placés plus avantageusement s'ils étaient éloignés des enceintes des villes, bourgs et villages."

Dès lors, sauf pour certaines familles qui possédaient des caveaux dans les églises et pour certains religieux, les inhumations ont principalement lieu dans le cimetière de l'hôpital Sainte-Foy (actuelle place Ernest Gailly).

Mais, le 10 février 1793, le procureur-syndic de la commune fait observer que "le grand nombre de corps que l'on enterrait journellement dans l'hôpital de Sainte-Foy, depuis la supression des cimetières des paroisses, pourrait produire des exhalaisons pestilentielles à la sortie de l'hiver" et requiert, en conséquence, la nomination de deux commissaires pour examiner l'endroit le plus convenable pour la translation du cimetière.

C'est alors que le calvaire des Récollets reçut cette destination.

Le décret impérial du 23 prairial an XII (12 juin 1804) vient confirmer la volonté de transférer les cimetières hors les murs des villes et le 1er mai 1806, le Conseil municipal de Romans-sur-Isère délibère "que le terrain consacré actuellement à l'inhumation (le cimetière des Récollets) n'a point l'étendure nécessaire eut égard à la population de la commune et au nombre de décès, qu'il est très urgent, pour la salubrité de l'air, de choisir un autre local en conformité avec le décret du 23 prairial an XII, et d'en faire l'acquisition."

Le 18 mai 1806, trois commissaires – Jean Nicolas Arnaud, Charles Chabert et Jean Etienne Bossan – sont nommés et chargés de trouver le meilleur emplacement pour le nouveau cimetière et, le 7 septembre suivant, leur rapport indique que "l'emplacement le plus commode où doit être transféré le cimetière est le local qui est le long des remparts, entre et hors les portes de Clérieux et de Chapelier."

Le Conseil municipal procède alors à une enquête de commodes et incommodes dont le rapport du 3 janvier 1807 rend plusieurs témoignages : le sieur Begot, marchand épicier, âgé de 62 ans, déclare "que le cimetière actuel est trop petit eût égard à la population, qu'il est trop éloigné pour le transport des cadavres et qu'il y a un torrent à traverser, lequel est impraticable après une grande pluie" ; le sieur Mayet, maître sellier, âgé d'environ 50 ans, déclare "que le fond où l'on se propose de transférer le cimetière est bien plus vaste, beaucoup plus près de l'église paroissiale et d'une facile avenue, en passant par la porte de Chapelier" ; le sieur Thivolle, agent de police, déclare "qu'il a souvent eu l'occasion d'accompagner les convois dans le cimetière atuel, qu'il est trop étroit, que les fosses ne sont pas assez éloignées les unes des autres et que le terrain n'est pas propice pour la prompte consummation des cadavres" ; le sieur Perrochet, docteur en médecine, déclare "que le nouvel emplacement est très bien situé, sur une éminence qui l'expose au vent du nord, sans aucun obstacle et qui portera les miasmes au midi, dans la rivière d'Isère."

Par la délibération du 8 mai 1808, le Conseil municipal approuve le choix de ce local pour y transférer le nouveau cimetière, demande aux experts de fixer la juste indemnité qui sera dûe aux propriétaires du fond et les endroits où il sera fait des portes d'entrées, et décide la construction d'un mur de clôture.

Le 11 mai suivant, Henry-François Bochard, notaire public, et Jean Bernier, propriétaire, experts nommés par la ville, rendent un rapport spécifiant que le terrain devra être livré le 1er octobre de la même année et qu'il devra être libre de toute culture : "Le sol est planté la moitié en vignes et l'autre moitié ensemencée de blé froment, il y a quelques arbres mûriers et quelques noyers sur les bords, et il est entouré de trois côtés par une haie vive. Les propriétaires pourront enlever les récoltes et arbres mûriers d'ici au premier octobre prochain. Ils laisseront les arbres noyers qui sont plantés en prenant la récolte de cette année seulement."

C'est seulement le 11 avril 1810 qu'un extrait des minutes du Secrétariat d'Etat de l'empereur Napoléon décrète que "le maire de Romans-sur-Isère est autorisé à acquérir pour et au nom de la commune, et moyennant 1 500 francs, un terrain appartenant aux sieurs Perretton et Cohet, et destiné à agrandir le cimetière."

L'adjudication des travaux de clôture est passée le 31 mars 1811 et précise que "l'adjudicateur pourra se servir des matériaux de la partie supérieure des remparts qui existe le long du dit cimetière ; la démolition en sera faite à ses frais et il ne pourra en démolir que jusqu'à concurrence de ce qui est nécessaire pour la dite clôture." Les travaux sont réceptionnés par la ville le 20 décembre suivant.

Les concessions viendront plus tard, comme partout en France, et la première est attribuée à Maurice Rochas, le 10 décembre 1844. Suivent les concessions de Jean François Régis Peronnier, avocat, Joseph Pierre Valencien, juge de paix, Pierre Henri Savarin, receveur à l'hospice, Marie Perron, veuve du général baron Motte, Jeanne Zoé Pascal, propriétaire, Clarisse Lombard Morel, aussi propriétaire, etc.

Pour conclure, signalons que durant la Première Guerre Mondiale, dans l'urgence et devant l'augmentation du nombre de morts, l'on inhumait aussi dans le cimetière de l'hôpital Hôtel-Dieu et aux Récollets. Ces corps furent ensuite exhumés et re-inhumés dans le cimetière municipal, ou rendus à leurs familles pour reposer dans leur ville ou village d'origine.

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