Belgique - Nukerke

De Geneawiki
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Retour

Nukerke
Blason de nukerke.jpg
Informations
Pays Drapeau de la Belgique    Belgique
Région Flandre
Province Flandre orientale
Code postal
Population 2208 hab. (1895)
Densité hab./km²
Nom des habitants
Superficie 1215 ha
Point culminant
Altitude
Coordonnées (long/lat)
Localisation


Histoire.png Histoire de la commune

Eglise de Nukerke.jpg

Quelques indications historiques sur le village

Le village de Nukerke est situé le long de la route Gand-Valenciennes, à mi-distance d'Audenarde (Oudenaarde) et de Renaix (Ronse). L'église de ce pittoresque village, située au sommet d'une colline, domine la région. Cette église fut érigée pour les habitants du lieu qui, ainsi, ne devaient plus se rendre à Melden pour entendre la Messe. Nukerke était déjà mentionnée en 1116 comme la "nouvelle église" : Nova Ecclesia (Nieuwe Kerke, Nui-Kerke, Nieukerke, Noeuféglise et donc parfois en français Neuve-Eglise).

Nukerke, ainsi que le village de Melden, dépendait de la baronnie de Pamele. Un banc échevinal "Nukerke-Melden" leur était commun. Le village (ou la "paroisse" suivant l'expression usitée à l'époque) était essentiellement agricole, mais des tisserands travaillaient en leur domicile pour des "patrons", surtout renaisiens. La tapisserie, dont le grand centre était Audenarde (Oudenaarde en néerlandais) était aussi importante pour le village. Ainsi, la fille (légitimée) de Charles-Quint, Marguerite de Parme, née à Audenarde en 1522, qui sera gouvernante générale des Pays-Bas, et mère d'Alexandre Farnèse, était la fille de Johanna (ou Jeanne) van der Gheynst, elle-même fille d'un tapissier de Nukerke... A titre anecdotique aussi, notons que le grand compositeur flamand Cyprien de Rore, surtout connus pour ses madrigaux, était originaire de Renaix (et non de Malines ou d'ailleurs...), ville jouxtant Nukerke, et fut attaché à la cour de Marguerite de Parme à Bruxelles, puis à celle de son mari Octave Farnèse à Parme.

Aux environs de 1570, le village comptait à peu près 1320 habitants, mais les intenses troubles religieux dans la région ramenèrent ce chiffre à 400 au début du XVIIème siècle. L'émigration forcée de Calvinistes explique essentiellement ce dépeuplement. Nukerke faisait partie de "l'Olivier flamand" (ou du "Mont des Oliviers flamand"), nom donné à la communauté protestante implantée dans le village et dans les villages environnants. Cette communauté se maintiendra d'ailleurs jusqu'à nos jours dans un village adjacent (voyez ci-dessous).

La population croîtra ensuite pour compter 2465 habitants sous l'Occupation française et jusqu'à 2562 habitants en 1816, au début de l'amalgame de la Belgique avec la Hollande.

Durant la Grande Guerre de 1914-1918, 74 militaires ont été appelés sous les drapeaux et huit se sont engagés volontairement. Douze sont tombés pour la Patrie et un a été très grièvement blessé.

Peu avant la Libération de novembre 1918, le bombardement anglais, qui dura onze jours, endommagea plus ou moins gravement de nombreux bâtiments ainsi que l'église et sept victimes civiles furent à déplorer. Lors de de leur fuite, les Allemands firent sauter les carrefours, ce qui causa de grands dommages aux maisons environnantes.

Suite à la loi de fusion de communes de 1976, l'ancienne commune de Nukerke a été fusionnée le 1er janvier 1977, avec Etikhove, Schorisse et Maarke-Kerkem, dans la nouvelle commune de Maarkedal, alors que Melden avait été rattachée, quelques années plus tôt, à la ville d'Audenarde.

Notons aussi qu'en 1963, l'immense écrivain flamand Hugo Claus (né à Bruges en 1929 et mort à Anvers en 2008) vint s'établir à Nukerke, dans une ancienne ferme de plus de deux siècles et demi, qu'il fit restaurer, au lieu-dit Ten Hole. Il quitta Nukerke pour Amsterdam en mars 1970.

En ce qui concerne le blason de Nukerke, celui-ci fut concédé le 4 août 1818 par le Gouvernement hollandais et confirmé le 11 septembre 1843 par le Gouvernement belge. Comme Nukerke n'avait jamais fait usage d'un sceau qui lui soit propre, le conseil communal demanda, au début du XIXème siècle, ce blason représentant la déesse Cérès, déesse de l'agriculture, car en effet, le village était essentiellement agricole. Les émaux n'étaient pas mentionnées dans la demande et ainsi, l'Administration hollandaise lui octroya ces couleurs, qui furent confirmées après l'Indépendace belge.

La famille Van der Gheynst

Comme dit ci-avant, Marguerite de Parme ou Marguerite d'Autriche, en italien Margherita d'Austria, née à Audenarde en 1522, et morte à Ortona le 18 janvier 1586, duchesse de Parme et de Plaisance, est une fille naturelle de Charles Quint (° Gand en 1500). Le roi d'Espagne Philippe II, demi-frère de Marguerite, la nomma en 1559 Gouvernante générale des Pays-Bas et lui confèra les pleins pouvoirs. En raison des divergences qu'elle avait avec le roi d'Espagne, elle demanda son congé et fut remplacée en 1567 par le duc d'Albe, de funeste mémoire. Après le départ du duc d'Albe, elle revint ensuite dans les Flandres, avec son fils Alexandre Farnèse. Mais le roi d'Espagne finit par la révoquer en décembre 1581. Elle mourut à Ortona, dans les Abruzzes, en 1586, à l'âge de 64 ans, et la même année que son époux Octave Farnèse. Elle est inhumée dans l'église de San Sisto à Plaisance. On l'appelait souvent "Madama", et c'est pour cette raison que le palais romain hérité des Médicis et qu'elle habita pendant plusieurs années s'appelle le "Palais Madama", siège de l'actuel Sénat italien.

Mais quelle était sa famille maternelle ? Ses origines maternelles ont souvent été entourées de légendes. D'après un document daté du 29 octobre 1561 notammment, il est établi que la mère de Marguerite de Parme était Jehanne (ou Jehenne, Jeanne) Van der Gheynst (ou van der Gheenst), fille de Gillis Van der Gheynst et de Jehanne Van der Coye (ou parfois, pour certains auteurs, Van der Caye). Certains auteurs nomment aussi cette dernière, non Jehanne Van der Coye, mais Jehanne de Cocambre, on ne sait trop pourquoi. Peut-être vivait-elle à la Cocambre (qui est une seigneurie, aujourd'hui encore un lieu-dit, aux confins de Schorisse ou Escornaix, Ellezelles et Renaix, se traduisant en néerlandais par "Koekamer" : voyez la page consacrée à Maarke-Kerkem) mais il ne semble pas exister de famille nommée "de Cocambre".

Gillis Van der Gheynst et Jehanne Van der Coye, grands-parents maternels de Marguerite d'Autriche, avaient eu plusieurs enfants. On leur connait :

  • Baudouin (ou Bauduin, Boudewijn, ...) Van der Gheynst, tapissier à Nukerke, et qui eut plusieurs enfants, mais qui était de fortune très médiocre,
  • Damoiselle Jehanne, mère de Marguerite de Parme. Elle était servante au service de Charles de Lalaing, chevalier de la Toison d'Or, seigneur d'Escornaix (c.à d. Schorisse) et gouverneur d'Audenarde. C'est vraisemblablement chez celui-ci qu'elle rencontra Charles Quint, alors âgé de 21 ans. Jehanne épousa le 13 octobre 1525 Jehan Van den Dijcke, maître de la Chambre des Comptes à Bruxelles, en 1559 seigneur de Berendrecht, Veersdijk et Zandvliet, et qui fut conseiller de l'empereur Charles-Quint puis de Philippe II. Elle fit donc un mariage dans un milieu social bien supérieur à celui de ses origines. Elle eut neuf (ou dix ?) enfants et mourut le 15 décembre 1541. Guillaume (ou Willem) van den Dycke, le septième enfant, hérita des charges et titres de son père. Il épousa Marie van Meghem, dont l'ancêtre avait été membre du Lignage Coudenbergh de Bruxelles. Catherine van den Dycke (ou de la Dicque), fille de Guillaume, épousa à Bruxelles en 1595 Philippe van Valckenisse, écuyer, marchand à Anvers, commandant du fort de Stekene au pays de Waes, et qui était un ami des peintres Pierre-Paul Rubens et François Pourbus. Veuve, Catherine mourut à Louvain en 1620. Elle avait eu de son mari six enfants, et son petit-fils, André-Eugène van Valckenisse, fils de Philippe van Valckenisse, fut admis au lignage Coudenbergh en 1662.
  • Marie Van der Gheynst, qui avait épousé Me Jehan Schot, clerc du seing de la ville de Bruxelles,
  • Agnes Van der Gheynst, à Nukerke, également peu fortunée, et qui eut une descendance.

Sur tout ceci, on lira avec intérêt "Madame, Margaretha van Parma", étude (en néerlandais) écrite par Marc Vuylsteke, parue dans les Annales de Renaix en 2008 (voyez la page sur Renaix pour plus de précisions sur ces Annales) ou, en français, l'ouvrage de Désiré-Joseph Vander Meersch "Mémoire justificatif du magistrat d'Audenarde, sur les troubles, arrivés en cette ville en 1566" (téléchargeable sur Google Books).

La famille De Bisschop

L'importante famille De Bisschop, de Nukerke, Etikhove et environs, descend en majeure partie de Lievin De Bisschop, un curieux personnage, qui vivait à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, deux fois meurtrier dans la région de Nukerke. Un crime eut lieu à l'encontre d'un voleur de bûches qui appartenaient à Lievin. L'autre crime eut lieu, alors qu'il était déjà fort âgé, sur la route de Nukerke à Audenarde à l'encontre d'un jeune homme présomptueux qui lui faisait un procès. Il semble même qu'un troisième crime - de jeunesse - dans un cabaret doive lui être imputé à Ruiselede, village dont il serait originaire. Quoi qu'il en soit, il obtint à chaque fois des lettres de rémission des autorités civiles. On ne sait pas quelles furent les conséquences de ces meurtres au plan religieux, mais avec le nom qu'il portait (De Bisschop, ou "L'Evêque" en néerlandais), gageons qu'il reçu absolution pleine et entière, de sorte que tous ses nombreux descendants peuvent être rassurés. Sur ce personnage et sa descendance, on lira avec intérêt la généalogie De Bisschop, écrite par Marie-Rose Boutry-Debisschop, de Tourcoing, qui reproduit un fac-similé des lettres de rémission.

La famille royale de Belgique

Sa Majesté la reine Mathilde, reine des Belges, ainsi que bien sûr ses enfants, ont plusieurs ascendants directs à Nukerke, issus de familles bien connues et bien implantées dans le village depuis de nombreuses générations.

Le généalogiste Jef Van der Straeten l’a démontré dans une étude parue dans la revue Vlaamse Stam de 2019 (n° 2, d’avril à juin 2019, pages 205 à 207). En effet, les quartiers d’ascendance 154 et 155 de la reine Mathilde (née le 20 janvier 1973), qui avaient été précédemment publiés dans diverses revues et malheureusement repris à de trop nombreuses occasions sans vérification dans Généanet et ailleurs, sont erronés. La preuve en a été établie dans cet article. En réalité, ces quartiers n° 154 et 155 sont Jonas van der Straeten (n° 154) né à Nukerke en 1730 et Maria Anna Biebuyck (n° 155) née à Eename en 1733.

Dès lors, deux générations plus haut, par ses quartiers n° 616 et 617, constitués par Petrus van der Straeten, né à Nukerke en 1673, et Susanna Devos, née à Etikhove en 1670, et les ascendants de ces derniers, constitués des couples Jonas van der Straeten et Susanne van den Putte, Abraham Devos et Susanna van Malleghem, ou encore au-delà par les couples Joannes van der Straeten et Joanna van der Gheynst, Joannes van den Putte et Jacoba Heuvick, Joannes Devos et Petronella de Merlier, Joannes van Malleghem et Barbara Roels, … de très nombreux habitants contemporains du village de Nukerke et des villages environnants comme Etichove, ont l'honneur de cousiner avec Sa Majesté la reine Mathilde.

Les généalogistes ayant étudié les familles de Nukerke pourront identifier très aisément les couples cités ci-avant.

Et donc, par tant d’ascendants qui ont vécu dans nos villages, en particulier à Nukerke, la princesse héritière Elisabeth de Belgique (née le 25 octobre 2001), duchesse de Brabant, avec ses frères les princes Gabriel (né le 20 août 2003) et Emmanuel (né le 4 octobre 2005) et sa sœur la princesse Éléonore (née le 16 avril 2008), est ainsi bien chez elle lorsqu’elle visite notre belle région des Ardennes flamandes !

Recherches généalogiques.png À savoir pour vos recherches généalogiques

Les sources généalogiques

Les archives de l'ancienne commune de Nukerke étaient conservées aux Archives de l’Etat à Renaix. Ce dépôt d'archives a été supprimé le 1er septembre 2009. Pour la situation actuelle, voyez la page consacrée à Renaix ("Les archives").

Sont notamment consultables :

  • les actes d’état civil de 1795 jusqu’à la fin du 19e siècle avec des tables décennales, sous la forme de microfilms. Ces actes sont rédigés en français ou en néerlandais suivant les époques considérées.
  • les registres paroissiaux antérieurs à 1796 avec un index alphabétique moderne, sous la forme de microfilms. Ces registres sont rédigés en latin. Ces registres débutent en 1603 pour les baptêmes, en 1603 également pour les mariages, et en 1618 pour les inhumations.

Les registres paroissiaux ont été analysés et transcrits par Marc Vuylsteke et publiés par le cercle historique local "Businarias".

A l’appui et en complément des registres paroissiaux, l’on consultera prioritairement les actes de dévolution successorale et de tutelle (les « états de biens », « staten van goed » en néerlandais) passés devant les échevins jusqu’à la fin de l'Ancien Régime. Les renseignements généalogiques contenus dans ces actes ont été analysés par Paul van Butsele et publiés en 1983 par les "Archives de la ville d'Audenarde".

On notera aussi que des états de biens concernant des habitants de Nukerke ont été passés à Audenarde. Le volumineux ouvrage de Carlos Aelvoet et d’André Lafort sur les états de biens de la ville et de la châtellenie d’Audenarde de 1595 à 1796 indexe plusieurs milliers d’actes passés pardevant les échevins d’Audenarde : 119 actes concernent des habitants de Nukerke. Cet ouvrage « Stad en Kasselrij Oudenaarde, staten van goed (1595-1796), indices »,a été publié en 2008 par les Archives de la ville d’Audenarde (où il peut être consulté ou acquis, voyez la page consacrée à Oudenaarde).

Une source intéressante est le registre terrier du village ("landboeck der Prochie van Nukerke") vers 1770. Il a été transcrit, analysé et publié avec les cartes y afférentes, par Marc Vuylsteke, de l'association de généalogie flamande VVF-Vlaamse Ardennen.

A savoir aussi : il n'est pas impossible que le généalogiste se découvre des ancêtres protestant à Nukerke. En effet, depuis l'époque de la Réforme, au XVIe siècle, il y avait dans la région de Renaix et Audenarde, sept petites communautés protestantes. Ces communautés étaient appelées "l'Olivier flamand" ou parfois, plus rarement "le Mont-des-Oliviers flamand", c'est-à-dire les églises sous la Croix en pays flamand. Ce nom leur aurait été donné par Louis de Nassau. Ces communautés protestantes étaient situées dans les villages d'Etikhove, Mater, Melden, Nukerke, Wijlegem, ainsi qu'à Audenarde et à Hoorebeke-Sainte-Marie même. Dans la seconde partie du XVIIIe siècle, subsistaient seules les communautés protestantes de Matere, Etikhove et Hoorebeke-Sainte-Marie. Cette dernière communauté à Hoorebeke existe toujours aujourd'hui. Mais les recherches sur des ancêtres protestants sont extrêmement difficiles. On trouvera ainsi dans la revue du SCGD, "L'Intermédiaire des Généalogistes", 1960, pages 129 à 131, par Paul De Zuttere, un article sur la généalogie du pasteur Christian H. Vent, qui fut le président du Consistoire de l'Eglise évangélique française et allemande de Bruxelles et premier chapelain du roi Léopold Ier. Ce dernier, on le sait, n'était pas catholique mais luthérien. Dans l'article de l'Intermédiaire, l'auteur expose que semblent perdus les sept volumes de procès-verbaux manuscrits intitulés Registrum en de memoriael angaende de bedienige der kerckendienst in de heymelicke Kercken van Vlaederen qui furent confiés au pasteur Vent, et dont le reçu figure dans les archives de l'église protestante d'Hoorebeke-Sainte-Marie. Ces registres auraient été d'un immense intérêt pour l'Histoire du Protestantisme dans la région des Ardennes flamandes.

Adresse de l'administration communale

Gemeentebestuur Maarkedal, Dienst burgerzaken, Nederholbeekstraat 1, B-9680 Maarkedal (Etikhove)

Téléphone : (055) 33 46 40 , ou, à partir de l'étranger 00 32 55 33 46 40

Télécopieur : (055) 33 46 58 , ou, à partir de l'étranger 00 32 55 33 46 58

Courriel : gemeentebestuur(at)maarkedal.be

Logo internet.png Liens utiles (externes)