Barthélémy THIMONNIER

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Sa vie

Portrait Barthelemy Thimonnier.jpg
Barthélémy Thimonnier est né à l'Arbresle en 1793. Né pendant la Révolution, celle-ci aurait contribué à faire de lui un esprit non conformiste. En 1795, il s'installe à Amplepuis. C'est l'aîné d'une famille de 7 enfants. Son père est teinturier de métier. Pendant la Révolution son père deviendra Garde-Champêtre geôlier . Il fait quelques études au séminaire Saint-Jean à Lyon après être passé par la manécanterie. Le 4 juillet 1813 il épouse en première noce Jeanne-Marie BONNASSIEUX avec laquelle il aura trois fils (Jean-François ; Pierre et Louis). Il est veuf en 1820. En 1813 il se coupe volontairement l'index et majeur de la main droite pour ne pas faire partie de l'année 1813. Le 4 février 1814 il fait partie des hommes de 20 à 40 ans qui doivent concourir à fournir 420 hommes pour la région Lyonnaise. Suite à sa mutilation il sera réformé. Il quitte Amplepuis en 1820 et va travailler comme tailleur journalier à Pannissières où il épouse en seconde noce Magdeleine VARINIER le 19 janvier 1822. Ils auront quatre enfants (3 filles et un garçon). En 1823, il va s'installer dans un faubourg de Saint-Étienne au lieu-dit "Les Forges". En tirant l'aiguille pour habiller ses clients, il est hanté par l'idée de coudre mécaniquement et d'utiliser un crochet analogue à celui utilisé par les ouvrières qui font des broderies au crochet dans les Monts du Lyonnais.

En 1829, il met au point le premier métier à coudre. Il faut maintenant mettre en valeur son invention. Pour cela il signe le 8 juin 1830 un contrat avec Auguste Ferrand, ingénieur des mines qui va se charger de faire les dessins et la demande de brevet de la machine à coudre. Avec ce contrat, Ferrand s'attribue la copaternité de l'invention dont le brevet est délivré le 17 Juillet 1830. La même année et grâce à 8 commanditaires s'ouvre le premier atelier mécanique de confection du monde, situé au 155 rue de Sèvre à Paris. Celui-ci va fabriquer les uniformes de l'armée pour la campagne d'Algérie. Suite à la destruction de l'atelier et de ses 80 machines les 20 et 21 janvier 1831 par des ouvriers tailleurs en colère, Thimonnier se retire de la société le 11 juillet 1831 et retourne à Amplepuis à pied, reprend son travail de tailleur et continue à chercher des améliorations à sa machine qu'il vend en petit nombre. Il dépose successivement des brevets en 1841, 1845 et 1847 pour des nouveaux modèles de machines à coudre mais la situation est difficile et le succès n'est pas au rendez-vous. Bien qu'ayant remporté des prix à des expositions universelles et ayant eu des éloges dans la presse, l'utilisation de la machine ne se répand pas. Sa situation financière est difficile, il doit cependant faire vivre sa famille. De nombreux voyages dans la capitale ne lui apportent pas la fortune et il termine sa vie comme tailleur d'habits. A son décès sa seconde épouse, dans la misère, en est réduite à vendre ses outils pour subvenir aux dettes contractées.

Il meurt le 5 Juillet 1857 à Amplepuis à l'âge de 64 ans, et, comme de nombreux inventeurs, sans avoir profité du fruit de sa découverte. Il est inhumé au cimetière communal, tout d'abord dans une fosse commune. Puis la municipalité décide dans la séance du conseil municipal du 16 août 1872 après le décès de sa seconde épouse (9 août 1872,) en reconnaissance à ce découvreur, de lui établir une sépulture digne de son talent. À ce jour l'entretien de la sépulture est toujours à la charge de la commune.

La machine à Coudre

Il est tout d'abord nécessaire de s'interroger sur ce qui a pu donner l'idée à Barthélemy Thimonnier d'inventer sa machine à coudre. C'est en tirant l'aiguille pour habiller ses clients puisqu'il est tailleur de formation que l'idée de coudre mécaniquement est venue à Thimonnier.

Il a eu l'idée de fabriquer une machine utilisant un crochet analogue à celui des ouvrières dans les monts du lyonnais. D'esprit curieux, non conformiste, Thimonnier avait remarqué un des points les plus utilisés, ainsi que la simplicité et la rapidité avec laquelle les ouvrières étaient parvenues à le produire, presque machinalement et sans attention apparente. Avec un crochet dans la main droite, l'ouvrière transperçait le tissu, enroulait autour du crochet un fil tendu dans la main gauche qui se déroulait d'un peloton, ramenait ce fil au-dessus du tissu, plongeait encore un peu plus loin formant ainsi chaque fois une maille faisant suite à la précédente et qui restait adhérente au tissu. C'est le point de chaînette.

Thimonnier n'est pas mécanicien, il n'a pas de formation mécanique, il est uniquement tailleur d'habits. Plus tard, Thimonnier perdra un peu de son origine bien que continuant son métier de tailleur. En effet à partir de 1836, les nouveaux brevets ne seront plus demandés par le sieur Thimonnier « tailleur » mais par le sieur Thimonnier « mécanicien ». C'est pour se donner plus de crédibilité vis à vis de ses clients potentiels. Thimonnier est un autodidacte qui a travaillé par empirisme c'est à dire par essais successifs.

D'après le brevet d'invention de 1830, la première machine de Thimonnier est une table sur laquelle une roue à volant entraîne une bielle dont le va-et-vient fait descendre et remonter l'aiguille à deux pointes. La machine est presque entièrement en bois, rudimentaire, mais fonctionne. C'est un assemblage de petites pièces, quelques unes sont en cuivre, toutes sont de forme inconnue jusque là. Elle ne comporte pas de mouvement d'entraînement du tissu. L'entraînement se fait avec les deux mains, donc le seul moyen pour faire fonctionner la machine était le pied au moyen d'une pédale. Elle exige de la dextérité pour l'obtention d'un point régulier. Elle dispose d'une vis pour régler la hauteur du crochet. La couture ainsi réalisée est un point de chaînette (points qui présentent une série de boucles piquées les unes dans les autres comme les maillons d'une chaîne). Pour la rendre plus solide, le brevet mentionne qu'il faut mettre de la cire sur la couture. Elle fait environ deux cents points à la minute. Il faut noter que le brevet est différent de la première machine utilisée. En effet, on pense que Thimonnier avait fait ses dessins vers 1829 et qu'il a modifié entre-temps sa machine. On pense cependant que quelques machines du premier brevet ont été utilisées mais que très vite on leur a préféré une machine plus perfectionnée. La machine fabriquée à partir des améliorations du brevet est moins volumineuse, le volant a disparu.

Thimonnier a donc associé sous le même commandement 4 mouvements successifs et précis :

  • la plongée du crochet transperçant le tissu
  • l'enroulement du fil autour du crochet
  • la remontée du crochet entraînant le fil au-dessus du tissu
  • l'avancement de ce tissu et sa fixité pour la durée du point suivant.

La machine n'est pas sans défauts. Ils sont à la fois d'ordre technique et esthétique. Elle est peu élégante et coûteuse. Et un seul point suffit pour que tout se défile comme un tricot : c'est là un défaut majeur. Or Thimonnier restera toujours attaché au point de chaînette. Thimonnier lui-même écrivant en 1845 de sa machine de 1830 dira que son métier à coudre est « compliqué dans son mécanisme volumineux, trop coûteux, se mouvant lentement, susceptible de fréquents dérangements, imparfait dans ses résultats » Barthélemy Thimonnier n'a jamais employé le mot de machine à coudre qui sera inventé plus tard par les américains. Celui-ci utilisait le mot" mécanique à coudre", peut-être le mot machine faisait il peur ?

En images

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Histoire de la machine à coudre des précurseurs aux expositions universelles. par le GRAHA

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Nota: Le timbre comporte une année de décès erronée.

Documents divers

Nota: Deux erreurs sur l'acte de décès :

"âgé de 67 ans" il en avait 64
"né à Amplepuis" , il est né a l'Arbresle.

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