BRIOT François (potier d'étain)

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François Briot, potier d'étain, graveur, médailleur

François Briot, vers 1575

François Briot est né à Damblain vers 1645. Il est le fils d'Urbain Briot et de Jeanne Collin, et le frère de Didier Briot. Il est le neveu d’Étienne Briot, orfèvre et potier d'étain qui tient une école de son art.

Le médaillon ci-contre est un auto-portrait de l'artiste, il est situé sous le bassin accompagnant son aiguière, dits de la tempérance (documentation André Gautrot).

Il suit les pas de Pierre Woeiriot, dont la mère, Urbaine de Bouzey, est Damblinoise. Comme lui et comme son oncle Etienne, il a une formation d'orfèvre et de potier d'étain. On sait peu de chose sur sa formation, mais comme tous les orfèvres, il a dû passer par Lyon, dont l'orfèvrerie y est florissante.

A Lyon où est Pierre Woeiriot, il retrouve un Lorrain, Jean Jacquemard, de Clinchamps, potier d'étain comme lui, avec qui il a pu faire une partie de son apprentissage. Jean Jacquemart quitte Lyon en 1572, date du massacre de septembre des réformés qui n'ont pu prendre la fuite Ceci donne une idée de la date de naissance de notre artiste, avant 1550, ce que confirme le fait qu'il ait trois enfants en 1576. Plus tard, ils seront reçus le même jour, Jean Jacquemart et lui, à la corporation de Saint Eloi à Montbéliard, le 12 avril 1580, Jean Jacquemart, le maître, signant seul le procès verbal d'admission.

Un différent sépare André Gautrot et les historiens locaux sur le lieu de sa formation et sur la date et le lieu de production de sa fameuse aiguière..

François Briot est considéré, avec sa fameuse aiguière et son bassin, comme le chef de file de l'école lyonnaise de la poterie d'étain. Il a vraisemblablement quitté Lyon lui aussi avant 1572 et se retrouve à Damblain, où il est signalé en 1576 et 1578.

Réformé, il est obligé de quitter la Lorraine conformément à l'édit du duc de 1572, après avoir eu le temps de liquider ses biens, ainsi que sa maison du XVIe siècle après y avoir gravé cette plaque de 1579. Il s'installe alors à Montbéliard. Sa vie y est mieux connue, grâce aux découvertes d'Alexandre Tuetey (Le graveur lorrain, François Briot, Paris 1887) et à l'étude de Jean-Marc Debart (Les monnaies de la principauté de Monbéliard du XVIe siècle au XVIIIe siècle, Paris 1980).

Il délaisse la poterie d'étain, tout en continuant à couler ou faire couler ses œuvres, et devient graveur officiel du comte de Montbéliard. Tailleur de la monnaie, il grave un certain nombre de monnaies et médailles des comtes. Le comte Frédéric ayant hérité du duché de Wurtemberg, François Briot le suit à Stuttgart en 1593.

Il fait de mauvaises affaires, se laissant entraîner par les fameuses recherches sur la transformation de métaux en or, la recherche de la pierre philosophale et engage une somme importante, 6 000 florins, auprès du soi-disant découvreur. Il entraîne avec lui le comte Frédéric par une convention de 1597. La suite est prévisible, l'échec de ces entreprises entraîne sa disgrâce. Il revient à Montbéliard.

Il rentre en grâce en 1608, à l'avènement de Jean Frédéric, fils de Frédéric et revient à Stuttgart de 1608 à 1610. Il est alors remplacé par son compatriote François Guichard. Il rentre à Montbéliard et à Besançon, où il met en place des machines à frapper les monnaies. On perd sa trace à partir de 1616.

Outre les monnaies du comté de Montbéliard, il a gravé quelques médailles, tant à Montbéliard qu'à Stuttgart, une pierre précieuse pour la couronne d'Angleterre. Comme potier d'étain, outre le bassin et l'aiguière de la "tempérance", dont le musée du Louvre et le musée de la ville de Paris en possèdent un exemplaire, nous lui devons l'aiguière dite de "mars", dont un exemplaire est conservé au musée de Nuremberg, et son bassin, dont le musée de Montbéliard possède un exemplaire. Nous connaissons l'existence d'un moule pour vase et d'un autre pour salière.


Beaucoup d'erreurs sur son œuvre sont relevées par André Gautrot, erreurs qui se répercutent encore de nos jours.

Il est né à Damblain et non à Montbéliard.
Il est potier d'étain et reçu comme tel à la corporation de St Eloi à Montbéliard, donc il est "maître fondeur de métail", comme il est dit à l'époque, et sait couler ses étains. Damblain est un des villages du Bassigny lorrain berceau des fondeurs de cloches. Ces fondeurs fabriquent aussi des objets en bronze, dont son père Urbain et son frère Didier Briot font commerce. Ces maîtres fondeurs ont des secrets de composition des alliages et sont équipés pour couler le métal. Pierre Woeiriot, dans la dédicace au duc de Lorraine de son "Pinax Iconicus", écrit qu'il a coulé lui-même ses cuivres. Nicolas Briot a coulé lui-même des médailles en Angleterre. Tout porte à penser que les ébauches de ses moules en bronze ont été fabriqués à Damblain avant gravure à Lyon ou ailleurs.
Il est graveur et signe comme tel son auto-portrait situé sous son fameux bassin : il a gravé ses moules. Son oncle Etienne, orfèvre et potier d'étain lui-même, a créé une école de gravure à Damblain.
Ses dessins ne sont pas inspiré d'Etienne Delaune, mais de Pierre Woeiriot, son compatriote et aîné.
Il n'a pas fait son aiguière à Montbéliard mais à Damblain, où il a pu en couler quelques exemplaires (selon la rumeur, certaines familles de la région auraient posséder de ses étains), plus vraisemblablement à Lyon, avant 1575, comme le pensaient d'ailleurs les chercheurs du XIXe siècle avant d'être embrouillés par les supputations d'Alexandre Tuetey. La collerette de son vêtement se portait vers 1570.


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