BONNEMAINS Pierre (vicomte de)

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Né à Tréauville (50), arrondissement de Cherbourg, le 13.09.1773. Elevé au collège de Valognes, il entra au service en qualité d'adjudant-major d'un bataillon de gardes nationaux de la Manche. Le 20 mai 1793, il passa sous-lieutenant dans les dragons de la Manche, depuis 12e dragons ; en 1797, il était capitaine aide-de-camp du général Tilly et fit plusieurs campagnes aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse.

Nommé chef d'escadron sur le champ de bataille, puis major du 16e de chasseurs à cheval, colonel du 5e chasseurs, en 1806 ; il fit les campagnes de 1806. et 1807, se distingua à Schleitz, à Lubeck, à Iéna, à Crewitz, à Friedland. Officier de la Légion d'honneur en 1808, il passa en Espagne, se distingua à Burgos où il fut créé baron, à Truxillo, à Médelin, en 1809 à Talavera et en 1812 à Algesiras. Général de brigade, le 6 août 1811, il resta en Espagne jusqu'au commencement de 1813, passa en Italie, fit sous le prince Eugène les campagnes de 1813 et 1814, commanda quelquefois l'avant-garde et se fit remarquer à Caldiéro et à Villa-Franca, contribua au succès de la bataille du Mincio et fut proposé pour le grade de lieutenant-général. Il était déjà commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de la Couronne de fer.

Le 19 juillet 1814, il fut créé chevalier de Saint-Louis, commanda une brigade de cavalerie pendant les Cent-Jours. A Waterloo, il eut le commandement d'une brigade de cavalerie sous les ordres du maréchal Grouchy, et, jusqu'au dernier moment, témoigna de son dévouement à la cause de Napoléon. Après Waterloo, il fut de nouveau désigné pour le grade de lieutenant-général ; mais cette nomination ne fut pas confirmée par le roi.

Pendant quelques années, le général Bonnemains resta dans l'ombre ; mais il finit par s'entendre avec les Bourbons, fut créé vicomte, fit la campagne d'Espagne et fut nommé enfin lieutenant-général le 22 juin 1823, puis gentilhomme de la chambre, commandant de la Corse et grand officier de la Légion d'honneur.

Le général Bonnemains se présente à la députation, dans la circonscription de Valognes, contre Armand de Bricqueville. Il est battu le 23 juin 1830 par 211 voix contre 160. Il sera finalement élu député dans le collège du département (1830-1831). Il est plusieurs fois élu (1837-1845) à la Chambre des Députés (scrutins de 1837, 1839 et 1842). Il démissionne le 14 août 1845 car il est nommé à la chambre des Pairs (1845-1848).

Envoyé en Algérie, en 1839, pour réorganiser la cavalerie, il fut placé, à son retour de cette mission, en 1840, dans le cadre de réserve.

En 1830, il est nommé conseiller général du département de la Manche. Il le restera jusqu'en 1833. De 1840 à 1848, il représente au Conseil Général de la Manche les cantons de Villedieu-les-Poêles et La Haye-Pesnel.

Il est en outre titulaire de la Grand-Croix de Saint-Ferdinand d'Espagne et de l'épée de Suède.

Il a épousé la fille de Jacques-Louis-Francois Delaistre de Tilly, général dont il fut l’aide de camp. Sa petite fille, Marguerite de Bonnemains, fut la maitresse du général Boulanger. En exil avec ce dernier à Bruxelles, elle décède de maladie le 15 juillet 1891. Boulanger se suicide sur la tombe de cette dernière au cimetière d'Ixelles le 30 septembre 1891.

En 1828, il achète le chateau du Mesnil-Garnier (Manche). Il est décédé maire du Le Mesnil-Garnier (50) le 9 novembre 1850.

Son nom figure sur le pilier sud de l’Arc de triomphe (Avenue des Champs-Élysées / Avenue Kléber).


Source : origine "Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850' de C. MULLIE (Paris, 1851) tome 1, page 210 avec des corrections et compléments.