Auguste BARTHOLDI

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Portrait du sculpteur devant son atelier.
Huile sur toile de José Frappa, 1900.
Musée Bartholdi, Colmar. Photo B.ohland

Sa biographie

  • (Frédéric) Auguste BARTHOLDI naît à Colmar le 2 août 1834. Deux ans plus tard, son père décède d'un cancer laissant sa veuve Charlotte élever seule ses deux garçons. Elle reste au début dans la cité colmarienne, suit leur scolarité de près, et les initie à la musique et au dessin.
En 1840, Charlotte fait le choix de s'installer à Paris où vit une branche familiale des Bartholdi. Auguste étudie « au lycée Louis-le-Grand »[1]. Parallèlement, il fréquente les milieux artistiques et se forme auprès de peintres et sculpteurs, principalement Ary Scheffer.
Auguste partage d'abord un atelier à Levallois-Perret avec Eugène Dock, puis il achète un terrain rue Vavin où le n° 40 va devenir son atelier pendant une quarantaine d'années.
Ses toutes premières œuvres n'ont pas de succès. Le sculpteur part en voyage, en Égypte en 1855 avec le peintre Jean-Léon Gérôme, puis au Yemen, en Grèce et en Orient en 1856. Il en revient avec des idées d'architecture monumentale, et nombre de croquis et calotypes car il s'adonne aussi à la photographie.
En 1865, il se lie avec Édouard Lefebvre de Laboulaye, professeur au Collège de France, sénateur, « un ardent défenseur de l'amitié franco-américaine »[2], qui sera à l'origine de l'idée d'un "cadeau" français pour les États-Unis.
Durant la guerre de 1870, Auguste Bartholdi est chef d'escadron dans la Garde Nationale, aide de camp auprès du général Garibaldi et « agent de liaison du gouvernement »[3].
En 1871 a lieu le premier voyage à New York, avec pour but le choix du lieu idéal pour mettre en valeur la future "Miss Liberty" déjà en projet.
Quatre ans plus tard, le sculpteur fait partie des francs-maçons, plus précisément la loge Alsace-Lorraine, à Paris.
  • Le 20 décembre 1876, Auguste épouse à Newport Jeanne Émilie Baheux de Puysieux, descendante d'une famille alsacienne, qui exerce la profession de modiste. Le couple n'aura pas de descendance.
  • Laissant de nombreux chefs d'œuvre et son nom à la postérité, Auguste Bartholdi décède dans la capitale le 3 octobre 1904. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.

Ascendance

La famille BARTHOLDI s'installe à Colmar en 1760.

Maison natale devenue Musée Bartholdi
Photo B.ohland
  • L'arrière-grand-père, Gilles-François Bartholdi , pharmacien wissembourgeois, reprend l'officine de son beau-père et siège « au sein du consistoire de la cité »[4]. Avec sa seconde épouse Marie-Ursule Sonntag, ils ont sept enfants, dont trois seulement arriveront à l'âge adulte.
  • L'aîné, Jean-Charles Bartholdi, est docteur en médecine. Il fait partie du Conseil municipal de la ville de 1804 à 1823 et devient « membre du consistoire de l'Église de la confession d'Augsbourg »[4]. Il épouse Catherine Dorothée, fille du stattmeister Étienne Meyer et le couple s'installe au centre de Colmar, rue des Marchands, dans un hôtel particulier du XVe siècle, situé presque en face de la Maison Pfister. C'est là que naîtra le futur sculpteur.
  • Le fils unique de ce couple, futur père de l'artiste sculpteur, et prénommé également Jean-Charles, naît dans cette maison en 1791. Il s'intéresse aux affaires, embrasse une carrière militaire puis finit par être conseiller à la préfecture. En 1829, il épouse Charlotte Beysser, fille du maire de Ribeauvillé. Le couple a quatre enfants : (Jean) Charles, né en 1830, deux enfants qui décèdent en bas-âge, puis Auguste.


Distinctions

Auguste Bartholdi est nommé :
Chevalier de la légion d'honneur le 19 août 1864, Officier le 26 août 1882, Commandeur le 30 décembre 1886. Son dossier Léonore
Il reçoit en 1885 le trophée Tiffany, souvenir offert en remerciement par Pulitzer, directeur du journal The World.

Ses œuvres

Œuvres colmariennes

Agnès de Hergenheim, plâtre teinté, 1852
Photo B.ohland
  • Après s'être entraîné sur des médaillons représentant des portraits de notables, le jeune Auguste s'essaye à la statuaire.

Sa première œuvre, de 2,20 m de haut, représente Agnès de Hergenheim, fondatrice du couvent d'Unterlinden, au XIVe siècle, et première prieure de l'assemblée des Dominicaines. Lequel couvent est devenu le Musée Unterlinden.
La statue est effectuée sous l'œil attentif du maître Ary Scheffer et terminée en mars 1852. Auguste Bartholdi en fait don à l'association Schongauer qui gère le musée.

Monument Rapp, 1854
  • Situé Place Rapp, le Monument Rapp présente un socle en pierre avec dédicace et une statue en bronze réalisée en 1854. Mise en évidence à l'exposition universelle de 1855, avant d'être érigée sur son socle colmarien pour l'inauguration de 1856, la statue, presque en mouvement, attire l'attention sur le nouveau sculpteur en pleine jeunesse. Rendant hommage au colmarien Jean Rapp (1771-1821), lieutenant-général d'Empire et pair de France, la statue a été abattue par les Allemands en 1940, restaurée, classée Monument historique[5] et réinstallée en 1848.
  • Après s'être essayé à la sculpture monumentale à Marseille et Lyon, Auguste Bartholdi honore en 1860 un autre Colmarien, le célèbre Martin Schongauer, auteur de La Vierge au buisson de roses. La statue en grès rose surmontait au préalable une fontaine « dans le préau du cloître d'Unterlinden »[6]. Les deux entités furent séparées et exposées devant l'entrée du musée, puis la statue installée en 1991 à l'entrée de la chapelle abritant le Retable d'Issenheim.
  • Situé au cœur du Champ de Mars, la Fontaine Bruat rend hommage à Armand Joseph Bruat, amiral de France, né à Colmar en 1796 et ami des Bartholdi, péri en mer en 1855. Réalisée en 1864, elle comprenait un bassin en grès, orné de quatre allégories allongées, le tout couronné par une imposante statue du navigateur. Sa valeur était hautement symbolique car le bronze des statues provenait en partie des butins en canons amassés par l'amiral, et les allégories représentaient les quatre continents, destinations du marin au cours de sa carrière. Détériorée par les Nazis en 1940, la fontaine a été classée Monument historique[7]. La statue a été restaurée et de nouvelles allégories réalisées par le sculpteur Gérard Choain, dans un style plus contemporain.
  • En 1869, la ville passe commande au statuaire pour décorer le marché couvert. Le Petit Vigneron est installé dans la niche d'une fontaine, à l'angle du bâtiment. Il est « salué par la critique »[8] et devient un des emblèmes de Colmar.
  • La Petite Alsacienne au bouquet tricolore, de 1883, est un thème cher à l'auteur et à l'origine d'une série où les personnages féminins figurent même parfois sur de grands monuments. Ces "Petites Alsaciennes" symbolisent en effet l'Alsace annexée, ses souffrances, sa mémoire et son espoir.


  • En 1888, Auguste Bartholdi réalise la Fontaine Roesselmann. Elle met à l'honneur un ancien Colmarien, le prévôt Jean Roesselmann, destitué en 1260 par les partisans des évêques de Strasbourg, mais revenu à Colmar caché dans un tonneau pour redonner à la cité son indépendance. Son visage présente les traits du maire Jean-Baptiste Peyerimhoff, autre figure colmarienne de "résistance" lors de l'annexion de 1871.
  • Le Monument Hirn, de 1894, met en valeur Gustave Adolphe Hirn, mathématicien, physicien et astronome. Ayant travaillé sur les gaz, la ventilation et les moteurs thermiques, permettant de nombreuses applications dans les machines à vapeur, il est considéré comme un des pionniers de l'industrie moderne.
  • Place de l'ancienne douane est érigée en 1898 la Fontaine Schwendi. Elle rend hommage à Lazare de Schwendi (1522-1583), seigneur de Hohlandsberg et commandant de l'armée impériale de Hongrie. Il aurait ramené de ce pays des ceps de Tokay, permettant d'introduire ce cépage en Alsace. La statue en bronze a été remise en place en 1954, après réfection de la fontaine démolie par les Allemands en 1943.
  • Le Tonnelier alsacien, en étain, est perché au fait du pignon de la maison des Têtes depuis 1902. La statue correspond à une commande de la Bourse aux Vins qui, à la fin du XIXe siècle, se tenait dans cet immeuble
  • La dernière œuvre colmarienne, Les Grands Soutiens du Monde, représente la Terre supportée par trois allégories : la Justice, le Patriotisme et le Travail. Exposée au salon de Paris en 1902, elle a été installée dans la cour de la demeure bartholdienne en 1909.


Deux chefs-d'œuvre emblématiques

Le Lion de Belfort

Lion de Belfort
Photo C. PIEMINOT

Cette sculpture monumentale répond à une demande de la ville de Belfort qui souhaitait honorer la résistance héroïque de ses militaires et habitants lors du siège par les Prussiens en 1870.
Le sculpteur opte pour un animal majestueux et choisit de l'installer au pied de la citadelle pour le mettre en valeur.
Plus qu'une simple sculpture, le monument va devenir un symbole de résistance pacifique et l'emblème de la cité belfortaine.

Pictos recherche.png Article détaillé : Pour en savoir plus...


La Statue de la Liberté, de son vrai nom : La Liberté éclairant le Monde

  • Contexte historique :

Auguste Bartholdi se familiarise avec le monde américain et les idées de liberté lors de son apprentissage auprès de son maître Ary Scheffer, sympathisant de La Fayette. Par la suite le statuaire rencontre Édouard de Laboulaye (1811-1884), libéraliste opposé à l'Empire, également fervent admirateur du marquis et de Washington, tout deux franc-maçons comme lui-même et Bartholdi.
Lors d'un dîner peu après l'assassinat de Lincoln, les deux hommes devisent sur l'amitié entre les peuples et rappellent le lien unissant l'Amérique et la France. Germe alors l'idée d'un monument pour célébrer le centième anniversaire de L'Indépendance, un monument qui serait un "cadeau" de la France aux États-Unis, mais une co-entreprise scellant ainsi leur fraternité.
Aux valeurs de commémoration et d'amitié se rajoute une visée nettement plus symbolique : représenter la Liberté, avec un grand "L", celle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la Liberté allégorique « sœur de la justice et la pitié, mère de l'égalité, de l'abondance et de la paix »[9].

  • La souscription, ancêtre du marketing :
Affiche réalisée lors de la souscription.
Musée Bartholdi, Colmar

Comme prévu au départ, ce sont les deux peuples qui doivent financer le projet et non les gouvernements.
- La souscription française :
À Paris, un comité créé en 1874 et présidé par Laboulaye, entame une "course à l'argent" sans précédent : médiatisation par la presse, conférences, loteries, concerts ou opéras, banquet ou fête franco-américaine, vente de reproductions de la statue alors qu'elle n'est pas encore finalisée. En 1878, au Palais de l'Industrie est organisé un diorama « que des peintres ont confectionné sur une toile semi circulaire de 11 mètres »[10]. En 1880, la souscription est close et la liste des généreux contributeurs envoyée de l'autre côté de l'océan.
- La souscription américaine :
Les Américains, eux, sont chargés de financer le socle, mais l'enthousiasme n'y est pas, les fonds non plus. Lors de son second voyage, Bartholdi essaye de se monter convaincant. Après avoir installé la statue de La Fayette, il met en scène, à l'Exposition universelle de Philadelphie, le bras de Miss Liberty tenant son flambeau.
Les fondations du piédestal commencent en 1883, mais les fonds manquent encore. La presse n'est pas flatteuse, les caricaturistes en rajoutent, et on frise l'incident diplomatique. C'est finalement Joseph Pulitzer, directeur du journal The World qui sauve la situation en faisant honte à « l'Amérique "d'en haut" »[11] et en invitant « l'Amérique "d'en bas" »[11] à contribuer. Enfin, en 1885, les 120 000 dollars nécessaires ont été récoltés.

  • Une œuvre monumentale :
Miss Liberty à New York
Photo J. GALICHON

- Son emplacement :
Sans aucun doute le choix du site de Bedloe's Island (qui ne deviendra Ellis Island que plus tard) a magnifié la statue elle-même et a contribué à en faire une icône. Lequel choix fut quasiment instinctif quand Bartholdi arriva dans la baie de New York pour la première fois.
- Sa conception :
Lady Liberty n'est pas une statue issue de la sculpture traditionnelle, mais une innovation et un véritable défi technique.
Il fallait forcément une structure solide pour affronter vents et marées. Mais point de maçonnerie ici. Ce sont trois professionnels du fer et de l'acier qui ont planché sur une charpente métallique. D'abord Viollet-le-Duc, puis Gustave Eiffel et Maurice Koechlin. L'enveloppe extérieure, suspendue à l'armature, est en cuivre repoussé et est constituée de 300 plaques épaisses de 3 mm environ, vissées entre elles à Paris, dévissées pour le transport et rivetées in situ. Mais pour en arriver là, il y avait eu un travail préalable et minutieux d'agrandissements des maquettes en plâtre et la confection d'un squelette en bois pour y façonner le cuivre.
Il s'agit là d'un montage inédit, « le premier monument en kit de l'histoire »[12], réalisé dans les ateliers Gaget Gauthier et Cie, rue de Chazelles, ateliers ouverts aux visiteurs.
Autre aspect qui attise la curiosité et accroit le succès de la statue, son voyage vers le Nouveau Monde. Après un démontage de trois mois, il faut charger dans un train pour Rouen 210 caisses de pièces détachées, dont 36 caisses pour les 3 millions de rivets en cuivre. Le chargement embarque ensuite sur l'Isère pour une traversée de 25 jours.
- La statue en chiffres :
- sur un socle de 47 m de haut, la statue mesure elle-même 46 m.
- hauteur de la tête : 5,25 m.
- longueur du nez : 1,37 m.
- le plus grand rayon du diadème : 3,5 m.
- en tout : 125 tonnes d'acier et 31 tonnes de cuivre.
- et à l'intérieur, 354 marches pour atteindre la couronne.

  • De l'hyper-monument au mythe :

The statue of Liberty Englightening the World est inaugurée par le Président Grover Cleveland le 28 octobre 1886. Celui-ci dira à Auguste « vous êtes aujourd'hui le plus grand homme d'Amérique »[13].
La statue va devenir célèbre par la force de son image que le monde entier s'approprie sans même l'avoir vue de près. Célèbre aussi par la force de son symbole qui a attiré 16 millions de migrants vers un nouveau monde, l'Eldorado dont ils rêvaient.
En 1984, la statue de la Liberté est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Dans leur livre Bartholdi (2004), Robert Belot et Daniel Bermond concluent leur chapitre en considérant Auguste Bartholdi comme :

« l'inventeur de L'Amérique en ce sens qu'il a inventé le symbole monumental par lequel on l'identifiera pour toujours »

Œuvres d'envergure, en France ou ailleurs

Réalisations aux États-Unis, en France et en Suisse

  • En voyage aux États-Unis, Auguste est invité par l'architecte Richardson à décorer l'église unitarienne de Boston. Il réalise en 1872 quatre bas-reliefs retraçant des épisodes de la vie chrétienne. Puis, pour l'exposition universelle de Philadelphie, il conçoit la Fontaine du Capitole. Composée de trois cariatides portant un plateau, elle est installée dans les jardins botaniques de Washington et mise en eau en 1878.
  • La Fontaine Bartholdi à Lyon :

En 1857, un concours est organisé par la ville de Bordeaux qui rêve d'une fontaine pour « orner la place des Quinconces »[14], laquelle fontaine devra être monumentale et rendre hommage aux fleuves la Dordogne et la Garonne. Parmi les 30 projets en lice est retenu celui d'Auguste Bartholdi, porté par l'architecte Félix Duban. Cependant la ville bordelaise hésite, vraisemblablement à cause du coût, et fait élever en 1865 une autre fontaine, d'un autre artiste.
Mais le sculpteur colmarien avait gardé ses esquisses. En vue de l'exposition universelle de 1889, il ressort son projet de quadrige « Le char triomphal de la Garonne »[15] et le fait exécuter. L'œuvre est distinguée pour le travail des fondeurs et ne laisse pas indifférents les visiteurs, dont un certain Docteur Gailleton, maire de Lyon à cette époque. Après avoir fait largement baisser le prix, il l'acquiert pour sa ville. Ce sera désormais « La Saône emportant ses affluents »[15]. Faisant 9 mètres de haut, la fontaine ne pouvait pas être installée devant la Préfecture, au risque de gâcher la vue sur l'édifice. Après délibérations c'est la Place des Terreaux qui est choisie et l'inauguration a lieu en 1892. Appelée "Fontaine Bartholdi", l'œuvre est classée aux Monuments historiques depuis 1995[16].

  • En 1895, sans doute le « dernier beau geste significatif »[17] de Bartholdi, est inauguré à Bâle La Suisse secourant Strasbourg. Pour ce groupe sculpté en marbre blanc sur un socle en syénite des Vosges, Auguste reçoit la médaille d'honneur de la sculpture.
  • Enfin il y aura une œuvre posthume, inaugurée en 1922 : le Monument des trois sièges de Belfort.

Un projet non abouti

Le Palais de Longchamp, à Marseille aurait pu devenir une œuvre de Bartholdi, car l'artiste a été convié à en dessiner les premiers projets en 1859. Mais bien que ses talents de sculpteur soient reconnus, certaines personnes mettent en doute ses compétences d'architecte. Finalement, suite à un changement de maire, le projet est confié à Henry Espérandieu, architecte de Notre-Dame de La Garde, qui va se servir ou s'inspirer des esquisses bartholdiennes. Notre statuaire l'accuse alors de plagiat et intentera plusieurs procès pour que soit reconnue sa propriété artistique, sans succès.

Œuvres patriotiques

Maquette du buste de La Fayette


  • En 1866, Auguste Bartholdi rend hommage à Vauban en réalisant une statue en bronze. Le premier modèle ne convient car jugé trop maniéré et le sculpteur est prié de l'améliorer. Il réussit alors à lui donner plus d'austérité et de majesté. Fondue par Barbedienne en 1872, et érigée sur un socle en granit sur la place de Lyon, à Avallon, la statue de 3 mètres de haut est inaugurée en 1873.
  • Le président Thiers souhaitant faire un cadeau à la ville de New-York charge notre sculpteur de réaliser une statue pour honorer La Fayette. Commencée en 1873, elle est installée dans le parc de l'Union Square et inaugurée en 1876.
  • Débuté en 1875, un monument dédié à Champollion est destiné à Figeac, ville natale de l'égyptologue. Mais celle-ci ne donne pas suite et la statue est conservée dans la capitale parisienne où elle est installée dans la cour du collège de France en 1878.
  • Toujours à Paris, c'est Gribeauval, général ayant réformé l'artillerie, qui est immortalisé. Sa statue est placée dans la cour d'Angoulême de l'Hôtel des Invalides en 1879.


Buste de Rouget de Lisle


  • La Marseillaise étant décrétée Hymne national en 1879, la Ville de Lons-le-Saunier décide de rendre hommage à l'enfant natif du pays, Rouget de Lisle. Sur le piédestal de sa statue on peut lire une phrase de Michelet : « Cela est divin et rare d'ajouter un chant éternel à la voix des nations »[18]. C'est le jour de son inauguration, en août 1882, que notre colmarien est distingué officier de la Légion d'honneur.
Il existe une autre statue du révolutionnaire, sculptée par Léopold Steiner et installée à Choisy-le-Roi. Les deux artistes se sont inspirés du tableau d'Isidore Pils, Rouget de Lisle chantant la marseillaise, mais l'œuvre d'Auguste exacerbe l'attitude révoltée et militante de son personnage.
  • Petit détour par Langres pour une statue élevée en l'honneur de l'écrivain philosophe Diderot, en 1884.
  • Puis c'est au tour de la ville de Sèvres, d'être dotée d'un monument, cette fois pour rendre hommage au républicain Léon Gambetta, en 1891.


Cristophe Colomb, maquette
La Fayette et Washington, maquette


  • Notre artiste colmarien est à nouveau aux États-Unis, à l'exposition universelle de Chicago de 1892. Comme c'est le 400e anniversaire de la découverte de l'Amérique, il y présente une statue en plomb de Christophe Colomb.


  • Trois ans plus tard, le statuaire réalise La Fayette et Washington, un groupe sculpté qui ne rencontre pas vraiment de succès.


Maquette en plâtre teinté, Musée Bartholdi, Colmar.
Photo B.ohland


Une première statue de Vercingétorix, sculptée par Aimé Millet et donnant une image humiliée et résignée du guerrier, existe déjà sur le mont Auxois, site supposé de la bataille d'Alésia. Mais elle est sujette à controverse à cause de sa représentation jugée dévalorisante.

Auguste Bartholdi compense alors la déception de certains en proposant une version plus glorieuse du vainqueur de Gergovie. Il commence son projet en 1896 et prévoit de l'installer, bien en évidence, sur le plateau de Gergovie, lieu du siège contre Jules César.
Mais on demande à l'artiste de revoir son projet à la baisse. Un groupe sculpté réduit, mais faisant tout de même 4 mètres de haut, est finalement installé sur la Place de Jaude à Clermont-Ferrand. L'inauguration a lieu en 1903.


Hommages de la ville de Colmar à son statuaire

Fresque représentant Bartholdi
Réplique colmarienne, 2004
Photo B.ohland

- En 1888, alors qu'Auguste Bartholdi est encore vivant et renommé pour son chef d'œuvre New-Yorkais, son nom est donné à une rue du centre ville « bordée de villas cossues »[19], dont la célèbre "Maison aux raisins".
- Le lycée du centre ville, dont certaines parties remontent au début du XVIIe siècle, du temps des Jésuites, devient collège royal en 1765, lycée impérial en 1856 puis Lycée Bartholdi en 1919.
- Cinq ans après la mort du statuaire, un monument est réalisé en son honneur par le sculpteur parisien Hubert Louis Noël. Installé square du château d'eau et inauguré en mai 1907, il présente l'artiste colmarien accompagné de « la plus petite statue de la Liberté au Monde exposée en plein air »[20]. (voir sa photo).
- Lors du centième anniversaire de la mort de Bartholdi, une Statue de la Liberté, de 12 mètres de haut, est érigée à la sortie nord de la ville.
- Enfin, sur l'immeuble ayant servi au montage de cette statue-réplique, à l'angle de l'avenue d'Alsace et la route de Neuf-Brisach, une fresque rend un dernier hommage à l'artiste.

Musée Bartholdi de Colmar

Après la mort d'Auguste Bartholdi, sa veuve lègue la demeure familiale et tous ses ateliers à la cité colmarienne qui en fait un musée en 1922. Les collections se répartissent sur trois niveaux :
- au rez-de-chaussée sont présentées les œuvres colmariennes, sous forme de maquettes accompagnées de certains fragments d'origine récupérés après le vandalisme allemand durant la guerre.
- au premier étage subsistent des pièces et meubles de l'appartement, accompagnés de portraits, de porcelaines de Théodore Deck, d'une statue de Victor Schoelcher réalisée par Marguerite Syamour. Deux autres pièces présentent les monuments à la gloire des grands hommes de l'Histoire, et tout ce qui est consacré au Lion de Belfort.
- le troisième étage relate l'aventure américaine à l'aide de divers documents et maquettes.
Enfin, non visitables, les réserves comprennent de nombreuses merveilles ou ébauches, qu'un principe de rotation permet d'exposer périodiquement.

Autres photos

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  • Dépliant "Bartholdi", édité par le musée Bartholdi de Colmar, et fiche descriptive de la visite.
  • Nicolas Mengus, Ces Alsaciens qui ont fait l'Histoire, Villeveyrac, Le papillon Rouge Éditeur, 2017, 264 pages, ISBN 978-2-917875-87-2
  • Alain Morley, Regards sur Colmar, Strasbourg, Éditions Coprur, 2003, 120 pages, ISBN 2-903297-106-4
  • Agenda 2003 de la Ville de Colmar, intitulé Ces rues qui racontent Colmar.
  • Agenda 2006 de la Ville de Colmar, intitulé Colmar, notre passion, richesses du patrimoine architectural.
  • Agenda 2008 de la Ville de Colmar, intitulé Regard sur les Trésors des Musées Colmariens.
  • Gilles Pudlowski, Dictionnaire amoureux illustré de l'Alsace, Paris, Éditions Plon, Gründ, 2016, 278 pages, ISBN 978-2-324-01779-7
  • Bérangère Guilbaut-Rabiller, Le grand Almanach de l'Alsace, 2017, La Crèche, Geste éditions, 2016, 104 pages, ISBN 978-2-36746-480-0
  • Stéphane Muret, Belfort de A à Z, Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, 2010, 128 pages, ISBN 978-2-8138-0210-1
  • Robert Belot, La Liberté, histoire d'un hyper-monument, collection "Le goût du savoir", Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2018, 118 pages, ISBN 978-2-86272-712-7

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Référence.png Notes et références

  1. Page 14, in Nicolas Mengus, Ces Alsaciens qui ont fait l'Histoire, Villeveyrac, Le papillon Rouge Éditeur, 2017, 264 pages, ISBN 978-2-917875-87-2
  2. page 18, in Nicolas Mengus, Ces Alsaciens qui ont fait l'Histoire, Villeveyrac, Le papillon Rouge Éditeur, 2017, 264 pages, ISBN 978-2-917875-87-2
  3. Page 42, in Gilles Pudlowski, Dictionnaire amoureux illustré de l'Alsace, Paris, Éditions Plon, Gründ, 2016, 278 pages, ISBN 978-2-324-01779-7
  4. 4,0 et 4,1 Page 12, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  5. Base Mérimée
  6. Page 139, in Agenda 2006 de la Ville de Colmar, intitulé Colmar, notre passion, richesses du patrimoine architectural
  7. Base Mérimée
  8. Page 120, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  9. Paroles de Laboulaye dans son livre Paris en Amérique, citées page 22, in Robert Belot, La Liberté, histoire d'un hyper-monument, collection "Le goût du savoir", Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2018, 118 pages, ISBN 978-2-86272-712-7
  10. Page 66, in Robert Belot, La Liberté, histoire d'un hyper-monument, collection "Le goût du savoir", Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2018, 118 pages, ISBN 978-2-86272-712-7
  11. 11,0 et 11,1 Page 373, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  12. Page 74, in Robert Belot, La Liberté, histoire d'un hyper-monument, collection "Le goût du savoir", Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2018, 118 pages, ISBN 978-2-86272-712-7
  13. Page 385, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  14. Page 18, in Nicolas Mengus, Ces Alsaciens qui ont fait l'Histoire, Villeveyrac, Le papillon Rouge Éditeur, 2017, 264 pages, ISBN 978-2-917875-87-2
  15. 15,0 et 15,1 Page 97, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  16. Base Mérimée
  17. Page 420, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  18. Page 191, in Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, éditions Perrin, 2004, 466 pages, ISBN, 2-262-01991-6
  19. Page 16, in Agenda 2003 de la Ville de Colmar, intitulé Ces rues qui racontent Colmar
  20. Page 65, in Alain Morley, Regards sur Colmar, Strasbourg, Éditions Coprur, 2003, 120 pages, ISBN 2-903297-106-4


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