Armée française ~ L'animal dans l'armée

De Geneawiki
Aller à : navigation, rechercher

< Retour à Forces armées françaises


Monument aux Pigeons voyageurs, Lille

Depuis l'antiquité

Les animaux les plus divers sont utilisés à des fins militaires depuis l’Antiquité.

Les éléphants l’ont ainsi été en Inde (jusqu’à la fin du 18e siècle), dans l’Empire perse, en Chine, au Siam et au Viêt Nam jusqu’aux conquêtes coloniales du 19e siècle.

En Europe, leur utilisation s’est aussi développée après la conquête de la Perse par Alexandre le Grand ; on se souvient de l’incroyable passage des Alpes par Hannibal avec des éléphants au début de la deuxième guerre punique, en 218 avant. J.-C.

Pour lutter contre ces chars d’assauts vivants, les Romains utilisaient pour leur part des cochons de guerre, couverts d’une substance enflammée.

Première Guerre mondiale

Pendant la première Guerre mondiale, Plus de 14 millions d'animaux furent enrôlés sous les drapeaux des nations belligérantes.

Tout au long de la guerre 14-18, les chevaux, les bœufs, les mules, les chiens, les pigeons n'ont cessé de contribuer "à l'effort de guerre" consenti bien malgré eux aux armées.

Chevaux, chiens, pigeons voyageurs sont utilisés pour communiquer, monter le guet, transporter les troupes et les canons, sauver les blessés.

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats britanniques ont fait de l'incandescence des vers luisants leur alliée. Après en avoir rassemblé des milliers dans un bocal, les militaires les utilisaient pour éclairer les messages et les cartes dans les tranchées sombres.

Il y a aussi les espèces dont le soldat se passerait bien et qui hantent sa vie quotidienne : rats, poux, mouches...

Plusieurs mémoriaux ont été érigés à la mémoire des animaux tombés pendant le conflit.

À l’issue du conflit, malgré les services rendus, alors qu’il a été tellement présent – même indispensable – lors de la guerre, l’animal perd sa place de choix.

Carte postale de la Grande Guerre

Les chiens

Créé en décembre 1915, le service des chiens de guerre enrôle 15 000 recrues de premier ordre, dotées d'une ouïe fine, d'un odorat développé et d'une fidélité à toute épreuve.

Secouristes, ils vont chercher les blessés sur le champ de bataille. Très vite, ils servent aussi de patrouilleurs et de sentinelles, de convoyeurs de vivres et de dératiseurs, de chiens de transmission ou d'attaque.

À la fin de la guerre, 5 500 d'entre eux sont portés disparus.

  • Chiens transporteurs ; ils tiraient les blessés sur le champs de bataille, ou du matériels (mitrailleuses).
  • Chiens mascottes ; utilisés pour remonter le moral des troupes.
  • Chiens pisteurs ; pour localiser des mines
  • Chiens éclaireurs  ; pour débusquer les embuscades, des dispositifs piégés ou en tant que sentinelles.
  • Chiens sanitaires

Le chien de guerre a son livret militaire, portant son matricule; il touche une ration personnelle composée de 650 grammes de viandes, 350 grammes de pain, 100 grammes de riz ou de pâte, 300 grammes de légumes frais et 15 grammes de sel.

Le Miroir, 11 février 1917

Le mode des "mascottes", si chère à l'armée britannique, a été adoptée depuis longtemps dans nos régiments et nous avons publié des photos de renard, de geais, de hiboux et des animaux les plus divers apprivoisés par nos soldats. Le chien, cet ami de l'homme, reste leur préféré et les braques, les épagneuls, les mâtins receuillis dans les villages détruits, sont aujourd'hui nombreux dans tous les régiments. Certains même, bergers ou papillons allemends, ont été trouvés dans les tranchées conquises.

Almanach Le Petit Parisien illustré, 1921

A l'une des visites de M. POINCARÉ en Alsace, lors de la revue qu'il passa de plusieurs bataillons de chasseurs alpins, en tête d'un bataillon aux côtés du commandant se trouvait le chien de guerre PYRAME, auxiliaire de sentinelles. Le brave animal fut présenté au Président de la République, qui apprit de la bouche même de son conducteur, le chasseur COURT, les services signalés rendu par lui. Le Président de la République fit remettre à PYRAME une étoile, insigne d'éclaireur : c'est la croix de guerre de nos poilus à quatre pattes.

Les pigeons

200.000 pigeons ont été utilisés lors de la Première Guerre mondiale

Le Miroir, 15 février 1920

Expédié lors du siège, l'héroïque oiseau, "le vaillant", parvint à destination malgré gaz et obus
L'exposition d'Aviculture du Grand Palais a permis d'admirer et de récompenser les pigeons militaires du colombier de Verdun. Combien émouvant le dernier message du commandant RAYNAL expédié au cous de la bataille, le 4 juin 1916 à 11 h 30, quelques heures avant la fin de l'héroïque défense du fort de Vaux. "Mon dernier pigeon" ajoutait le commandant, et malgré les difficultés énormes et la mitraille, fortement intoxiqué, blessé, presque mourant, l'oiseau fidèle parvint au colombier.

Les chevaux

En 1914. 135.000 chevaux partent à la guerre.

600.00 chevaux français seront mobilisés pendant le conflit.

Venus d'Amérique: c'est l'accès aux marchés américains qui permet dès lors de réduire les impositions sur le monde rural et industriel français. Les 500.000 chevaux importés de État-Unis, au c^tés des 70.000 chevaux en provenance d'Argentine, viennet contribuer à l'effort de guerre français à partir de 1915

760.000 chevaux sont morts pendant la Grande Guerre

Aux chevaux morts pour la France
Hommage de la ville de Chipilly (Somme) aux chevaux tués pendant le Grande Guerre
Le monument représente une sculpture d'un artilleur tenant dans ses bras le tête de son cheval.

Les animaux indésirables

Le Miroir, 26 Décembre 1915

Dans les villages démolis et jusque dans les tranchées, les rats pullulent.Beaucoup atteignent une forte taille. Pour s'en débarrasser, un commandant, dont l'exemple devrait étre suivi, a eu l'idée d'accorder à ses hommes une prime de cinq sous par vingt rats tués. Pour éviter les supercheries, les chasseurs doivent apporter au moins les queues des rats morts. En quelques jours, 2.000 rongeurs ont été massacrés.

Les mascottes les plus imprévues

Le Miroir, 16 janvier 1916

Aux heures de loisirs, les hommes du front s'amusent à dresser des animaux. Ces compagnons sont de races et d’espèces différentes. En voici quelques-uns : des engoulevents, un renard, le chat d'une batterie de 155; un geai, une pie, un petit goret qui connait très bien son nom, une chienne dans la tranchée devant la Maison du Passeur, un sanglier pacifique, un chat noir porte-veine, le chien savant d'une escadrille, de jeunes hiboux, un bouc blanc, un singe et un renard appartenant à des aviateurs...

Seconde Guerre mondiale

En 1943, le Royaume-Uni a créé la Médaille Dickin pour récompenser les animaux ayant servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les 54 médaillés, on compte beaucoup de chiens et de pigeons voyageurs, mais aussi un chat fidèle et loyal, nommé Simon. Il a été décoré après avoir tué une infâme colonie de rats qui pillaient les rations de nourriture à bord d’un navire de la marine britannique, et ce, même après avoir été blessé par un tir de canon ayant pourtant tué 17 membres de l’équipage.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques ont mené des expériences avec des chiens anti-char, et les Américains un programme de chauves-souris largueuses de bombes, sans trop de succès. La Suède a, elle, utilisé des phoques contre les sous-marins allemands.

Pendant la guerre 1939-1945, 16.500 pigeons anglais furent parachutés en France, afin de rapporter au commandement allié des renseignements sur les lignes ennemies.

Savoir.jpg À savoir

A publier et afficher immédiatement

AVIS
au sujet de l'interdiction de détenir
des Pigeons voyageurs

- Le Militärbefchlshaber en France a interdit détenir des pigeons voyageurs dans le département de la Charente-Inférieure en verte § 14 de l'Ordonnance concernant les pigeons voyageurs du 20 septembre 1940, publiée dans le Journal Officiel contenant les Ordonnances arrêtées par le Gouverneur militaire pour les Territoires français occupés, n° 11 p. 104 et suivantes.
- Si d'autres pigeons sont détenus dans des colombiers, il est interdit de les laisser voler.
- Les pigeons sauvages, c'est -à-dire qui nichent librement et qui reviennent pas habituellement dans les colombiers la nuit, peuvent continuer à rester en liberté.
Celui qui contreviendra à cet ordre sera puni conformément à l'Ordonnance précitée


La Rochelle, le 24 Février 1941
Le Feldkommandant.


BEKANNTMACHUNG
über das Verbot des Haltens
von Tauben


- Der Militärbefchlshaber in Frankreich hat auf Grund des Paragr. 14 der Brieftaubenverordnung von20.9.40 für den Bereich des Départements Charente-Inférieure das Halten von Brieftauben vertoten.

- Soweit andere Tauben in Schlägen gehalten werden, dürfen sie nicht fliegen gelassen werden. Wilde Tauben, d. h. Tauben, die frei nisten und nachts nicht in Schläge zurückzukechren pflegen, können weiterhin in Freiheit gelassen werden.

Wer diesem Verbot zuwiderhandelt macht sich nach Paragr. 17 der genannten Verordnung strabar.


La Rochelle, le 24 Février 1941
Der Feldkommandant.

Aujourd'hui

Unité colombophile

L’armée française fidèle aux traditions a conservé une unité colombophile (le 8ème régiment de transmissions) au Mont Valérien, à Suresnes, dans la banlieue parisienne.

Celle-ci est dotée du plus vieux colombier militaire d'Europe, de quelques pigeonniers mobiles, «maintenus essentiellement pour entretenir la tradition» et de 280 volatiles .

132e bataillon cynophile de l'armée de Terre

Le bataillon achète des chiens (environ 300/an) destinés aux trois armées (Terre, air, marine), aux différents ministères et administrations de l’État ainsi qu’au profit de pays étrangers.

Il dispose de sections cynotechniques d’intervention et de sections cynotechniques spécialisées en recherche et détection d’explosifs.

Le bataillon gère également l’ensemble de l’effectif canin de l’armée de terre et participe à l’élaboration des projets de manuels et de règlements visant à faire évoluer la cynotechnie militaire.

Le bataillon est composé de :

  • 2 compagnies cynotechniques d’intervention
  • 1 compagnie spécialisée dans la recherche et la détection d’explosifs
  • 1 compagnie de commandement et de logistique

Le 132e BCAT est implanté dans la Marne à Suippes (51)

Opex : Zone militaire, 23 avril 2004

C’était un chien valeureux, qui s’était particulièrement illustré en Afghanistan, l’an passé. Appartenant au 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre (BCAT), Fitas, un malinois, avait en effet permis de déjouer une embuscade dans la province de Kapisa alors qu’il ouvrait le parcours d’un groupe de combat en débusquant une quinzaine d’insurgés cachés dans une habitation. Seulement, il avait été capturé au cours de cette opération.
Retenu pendant 4 mois par les rebelles qui voulaient s’en servir comme otage, Fitas avait finalement été retrouvé le 20 août 2011 après leur avoir faussé compagnie. Mais apparemment, il avait reçu de mauvais traitements au cours de sa captivité et il présentait une blessure à un patte.
Décoré pour sa bravoure de la médaille d’or de la Défense nationale avec étoile d’argent et honoré par une citation attribuée par le général Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de Terre, Fitas s’est malheureusement éteint le 17 avril dernier, des suites d’une maladie contractée lors de sa captivité en Afghanistan.
Ce brave chien, qui avait atteint le plus haut degré de dressage, devait être confié, après sa mise en retraite, à son maître, le caporal-chef G., avec qui il formait un véritable duo.

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Logo internet.png Liens utiles (externes)

Référence.png Notes et références


^ Sommaire


Medaille geneawiki.png
Cet article a été mis en avant pour sa qualité dans la rubrique "Article de la semaine" sur l’encyclopédie Geneawiki.