Algérie - Marengo

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Marengo
Informations
Pays Drapeau de l'Algérie    Algérie
Région
Wilaya
Daïra
Code postal 42200
Population environ 10 000 hab. (1962)
Superficie
Densité hab./km²
Nom des habitants Marengoins
Altitude 100 m
Point culminant
Coordonnées (long/lat) 2°24'37"E / 36°30'48"N
Localisation


HHistoire.pngistoire de la commune

Présence turque

Algerie (Berbérie) 1515-1830.JPG 1515-1830 Berbérie

Tibu Hadjoutes(Tribu Maghzen au service du Beylick) vivait dans la périphérie de la future commune de Marengo.


Présence française

Algerie1830-1962.JPG 1830-1962 Algérie

Marengo fut érigée en commune en plein exercice le 11 février 1851, elle engoblait les territoires de Tipasa, Bourkika, Montebello (Sidi-Rached) et Ameur-el-Aïn.

HISTOIRE DE LA CREATION DE MARENGO

Travaux préparatoires

Troisième et la plus extrême colonie agricole de l'ouest Mitidja, sur la rive droite de l’oued Meurad, le centre de Marengo se situe à une altitude d’environ 100 m (80 m au bas du village ), sur un plateau qui descend en pente douce vers la plaine (60 à 70 m).

Son premier nom fut Meurad ( traduction: malade ), ce qui ne laissait pas bien augurer de l’état sanitaire.

Ce nom fut abandonné pour celui de Marengo en hommage au Colonel Marengo.

Le nom de Meurad fut donné plus tard à un nouveau village situé à 4,5 km au sud de Marengo.

Sa création fut confiée au Capitaine du Génie Victor de Malglaive, homme très actif, énergique et tenace, " d’un caractère, il est vrai, un peu systématique, mais d'une intelligence et d'un courage qui ne faillit à aucun de ses devoirs " (Préfet Lacroix). Pris au jeu, il se fera colon lui-même et possèdera une belle propriété au sud de Marengo (plus tard propriété Despaux). Dans la chapelle qui s’y trouve est enterrée sa fille.

Arrivé fin octobre 1848 sur les lieux, de Malglaive juge ainsi l'emplacement de la future colonie : " Sa position et la nature du pays qui l'environne semblent lui promettre un avenir plus considérable que celui des villages voisins ".

Sur place se trouvent des détachements du génie et le 5ème bataillon de chasseurs à pied. De Malglaive prend l'initiative de déplacer le camp sur un plateau. Comme militaire, il fut mis symboliquement aux arrêts, comme colon, il fut félicité.

Tout est à faire et les colons seront bientôt en route. Dans un pays hostile, où les communications sont lentes et difficiles, où les transports se font par bêtes de somme, il va falloir asseoir le village, établir le fossé et les défenses, défricher le périmètre, tracer les rues et les empierrer, délimiter 348 lots ruraux et plus de 1 500 lots de culture au milieu des broussailles, procéder aux travaux d’assainissement les plus urgents.

Arrivée des colons

Les colons quittèrent Paris le 19 novembre 1848 (voir liste des convois). Comme ceux d’El-Affroun, partis un peu moins d’un mois avant eux, ils furent l'objet de manifestations de sympathie qui les accompagnèrent tout au long de leur voyage par les canaux (jusqu'à Châlons-sur-Marne) et le Rhône (jusqu'à Arles). Les discours promettaient " un pays au climat sain, aux plaines immenses et fertiles, au sol vierge ; la fortune et le bonheur ". Bien qu’à cette époque, le peuple s'accommodât d'une vie fruste, les conditions matérielles du voyage étaient déplorables. Les colons et leur famille voyageaient dans des bateaux plats non aménagés, avec leur mobilier, le plus souvent réduit à des matelas et des paillasses et quelques hardes. On entassait 600 personnes et plus dans des chalands de 30 m sur 6 m. La promiscuité était totale : pas de cabines, pas de séparations. Pour se changer les femmes faisaient tenir des draps par leurs compagnes. Le voyage était très lent. Aux écluses, aux arrêts nocturnes, les hommes descendaient à terre et buvaient : les pécules fondaient.

En raison des difficultés d'acheminement par terre, après une escale à Alger, les colons furent dirigés sur Cherchell. De là, cinq convois les amenèrent vers Marengo. Le premier quitta Cherchell le 19 décembre 1848 à 8 heures, avec bagages et bétail, par un temps magnifique et arriva le soir même à Marengo. Les hommes allaient à pied, les femmes et les enfants sur des prolonges. Performance méritoire, si l'on songe que le voyage avait lieu par des pistes semées de fondrières, que les oueds étaient passés à gué, que les prolonges n'avaient pas de ressorts, que le bétail devait suivre et que le trajet représentait une trentaine de kilomètres. Ajoutez à cela que les enfants étaient presque tous atteints d'affections intestinales dues au régime alimentaire de ce mois de voyage.

La nuit, les arrivants, la tête encore pleine de promesses faites, tombèrent de haut. Pas de trace de maisons.

En tout et pour tout, deux baraques où s'empilèrent pêle-­mêle femmes et enfants, les hommes sous la tente, tous sur des paillasses ou des jonchées de diss ou de palmier nain. Plus d’une et plus d’un, ce soir-là, dut chercher le sommeil, l'amertume au cœur,en écoutant la rumeur assourdie du camp, les jappements des chacals et les hurlements ricaneurs des hyènes.

Le dernier convoi arriva à Marengo le 30 janvier 1849. Pour eux, le voyage avait duré 73 jours !

L'assise du village

Dans une lettre du 28 janvier 1849, le Commandant de la Subdivision de Miliana se plaint au Général commandant la Division de Blida que la plan du village ait été commencé sans que le Directeur ait reçu les instructions du Commandant supérieur de Cherchell. Le Gouverneur général avalisera le 4 février. Il adoptera le tracé et, pensant que le territoire la commune pourra être agrandi ultérieurement, il prévoit 348 lots dont 338 aux colons subventionnés par l'Etat.

La Commission des Centres avait fixé l'emplacement du futur village sur la rive droite de l'oued Meurad, à proximité d'une petite source dans le lit de l'oued. Sagement le capitaine de Malglaive déplaça le quadrilatère qui devait enfermer le village de quelques centaines de mètres au sud �est. La proximité de l’oued et des marécages de Sidi-Slimane rendait le lieu malsain. L’emplacement était mieux choisi sur un plateau légèrement en pente, facilitant l'écoulement des eaux. Mais cette initiative (heureuse) fut sanctionnée par un blâme. "Il fut mis eux arrêts officiellement pour n’avoir pas suivi les instructions données, mais félicité amicalement et officieusement pour le choix qu'il avait fait d'un emplacement plus salubre" (L-M de Malglaive).

Pourtant, le lieu n'était pas des plus sains avec les marais qui l’entouraient.

A l'est, les Oueds situés à mi-chemin de Bourkika (future ferme Sauveton), à sec en été, obstrués par la végétation sauvage et leurs propres alluvions étaient transformés en fondrières après les pluies. A l'ouest, les divagations de l’oued Mereirou (0. Nelah) qui venait se jeter dans la plaine transformaient celle-ci en bourbier couvert de ronces et de joncs. Les oueds Bou-Ardoun, Bou-Yaya, Bou-Yersen formaient un vaste marais en amont de leur jonction avec l'oued Bourkika.

Mais le lieu le plus insalubre, et qui le restera longtemps, jusqu'à l'entre-deux guerres c'est le lac Halloula envahi sur les parties inondées de joncs, de roseaux, de tamarins, de broussailles.

Le Village

Le plan du village signé par de Malglaive le 29 décembre 1849 est un petit chef-d'œuvre de précision avec les teintes pastel des lots et des habitations.

L'original, à grande échelle, porte les plantations d’arbres, dans le centre et tout le long des rives de l' oued Meurad. Le village est un rectangle de 800 m du nord au sud, 450 de l'est à l'ouest. Les deux rues principales de 12 m de large et les rues secondaires de 6 m se coupent à angle droit. Un fossé de 2,50 m de profondeur et un parapet, qui se révèleront parfaitement inutiles l'entourent, flanqués de bastions en bois aux angles et aux portes. L'église se trouve sur la place centrale, et les bâtiments administratifs autour. De chaque côté des portes, on a prévu un bassin et une fontaine. Les rues principales et les boulevards de la périphérie seront plantés de rangées d'arbres espacés de 6 mètres, ainsi que les rives de l’oued Meurad.

Le plan primitif subira quelques modifications de détail, mais la plus importante aura lieu à la suite d’une décision du Gouverneur général en date du 7 décembre 1849. Lorsque le tracé avait été adopté, au début de l’année, l'administration pensait pouvoir agrandir le territoire de la commune. Dans l'impossibilité de réunir d'autres terres, elle décida, par cette instruction, de limiter à 190 le nombre de feux, au moins provisoirement. L’enceinte étant exécutée dans tout son développement, il n’était pas possible de restreindre la superficie. Les rues étaient tracées, certaines maisons construites, selon le tirage au sort. Elles resteront dispersées, sans ordre, dans le village. De plus, au centre, règnera un vaste espace nu qu’on appellera par dérision le désert. Désert bienvenu, puisqu’il permettra d’édifier plus tard la mairie, la salle des fêtes avec son jardin, le groupe scolaire, divers immeubles entourant quatre places dont, en 1927, une deviendra un square, une autre une enceinte avec kiosque pour les fêtes et les concerts.

Le contrat de colonisation

D’après le contrat qu'ils avaient signé, les colons devaient recevoir à leur arrivée une maison d'habitation en maçonnerie comprenant 2 pièces de 3,5 m x 5 m dans un lot rural de 20 m sur 30 m, de plus, diverses parcelles de terre dans des zones concentriques au village.

Voici deux exemples de répartition de ces terres :

Dotation BURTIN

lot urbain, maison et dépendances : 06 a 00 ca
zone petits jardins broussaille : 21 a 20 ca
1ère zone : terre labourable : 33 a 15 ca
2e zone : palmier : 1 ha 62 a 51 ca
3e zone : labourable : 2 ha 46 a 05 ca
4e zone : broussaille : 2 ha 51 a 00 ca
Total : 7 ha 19 a 91 ca

Dotation TOUPRY

lot urbain, maison et dépendances : 06 a 00 ca
zone petits jardins : 17 a 15 ca
1ère zone : terre labourable et broussailles : 32 a 95 ca
2e zone : terre labourable : 1 ha 57 a 60 ca
3e zone : terre labourable : 3 ha 02 a 40 ca
4e zone : terre labourable et palmier nain : 2 ha 18 a 40 ca
Total : 7 ha 34 a 50 ca

On remarquera l’extrême division des terres. Cette répartition avait été faite de façon à donner à chacun des lots à peu près équivalents en capacité, en richesse du sol et en éloignement du village. Mais dans la pratique, elle créa des difficultés d’accès et d'exploitation presque insurmontables.
Les colons recevraient des instruments aratoires, des semences des animaux de travail.

Pendant un an, ils percevraient des rations de vivres : 750 g de pain, 60 g de riz, 1/60e de kg de sel, 250 g de viande ou 200 g de lard, 125 g de pain de soupe, 1/4 de litre de vin, 12 g de sucre et 12 g de café, les enfants de moins de dix ans ayant droit à une demi ration.

Les artisans seraient employés aux travaux d'installation du centre ; ils recevraient un lot de terre moins important, travaillé par la collectivité.

En retour, les colons devaient défricher leur lot et les mettre en valeur, procéder à des plantations d'arbres, à divers travaux d'entretien et d’assainissement.

Au bout de trois ans, ceux qui auraient rempli ces conditions, seraient déclarés propriétaires de la maison et de la terre. Disons tout de suite qu'un tiers seulement de ceux qui reçurent leur titre de propriété avaient rempli les conditions imposées.

L'installation

Fin janvier 1849, les cinq convois avaient rallié le centre. La population totalisait alors 865 personnes, ouvriers et artisans parisiens pour la plupart et leurs familles. La colonie avait reçu 185 chevaux ou mulets, sans harnais, et 28 charrues, sans accessoires. Imprévision inconcevable, qui va retarder les travaux de mise en culture.

Le rapport de fin janvier du directeur est favorable : situation morale satisfaisante, foi des colons dans l'avenir, travail régulier, habitudes et conduite généra­lement sages. Mais nous lui attribuerons la valeur souvent optimiste des rapports de chefs d'établissements. Dans la réalité, beaucoup de colons se plaignaient de n'avoir pas trouvé ce qu'on leur avait laissé espérer. La plupart travaillaient avec ce qui avait été leurs habits du dimanche, qui seront bientôt en loques. Hommes et femmes recevront de vieux vêtements militaires quand il y en aura. Les baraques et les tentes prévues pour 800 sont insuffisantes et les parasites foisonnent sans qu'on puisse les combattre efficacement. Pour sanitaires des feuillées et la campagne. La nourriture est médiocre et se gâte rapidement avec la chaleur et les mouches. La distribution tarde souvent et il faut se contenter de ce qu'on a, c'est-à-dire peu de chose. La vie en commun , dans des conditions pénibles se dégradera rapidement, jusqu'à ce que les maisons soient bâties. La proximité de nombreux célibataires, hommes de troupe déportés et condamnés n'est pas pour faciliter les choses.

Toutefois, la colonie se met au travail. On commence par les jardins. Au début, on ensemencera en commun : avec les travaux entrepris, il est impossible à chacun de s’occuper de son lot. Cinq hectares d'abord, sous la direction d’un moniteur agricole qui organise une pépinière et commence à planter des arbres, qui font cruellement dé­faut : 1500 mûriers (on songe beaucoup à la sériciculture), 100 frênes, 200 noyers, 800 pieds de vigne, 6 chênes liège, 2 pêchers, 1 grenadier, 4 citronniers, 1 prunier, 30 oliviers, 16 figuiers sont mis en terre. Mélange un peu hétéroclite, mais on cherche à connaître les essences adaptées. On y adjoindra une ruche, un essaim ayant été trouvé dans là forêt. C'est la pépinière qui fournit les colons de replants et l’hôpital de légumes. Elle occupera pendant les deux mois d’organisation, 10 ouvriers (à 0,20f par jour) puis six ouvriers permanents (à 2,50 f) mais le directeur de la colonie désirerait un jardinier �chef et deux aides. Vœu pieux. On enlèvera bientôt les moniteurs agricoles...

En février, 15 nouveaux hectares seront labourés en commun et plantés de pommes de terre destinées à être partagées entre tous les colons. Le cheptel mort et vif étant insuffisant, de Malglaive obtient une dotation de 18 chevaux ou mulets, 60 bœufs, 684 truies et 57 pourceaux, 36 charrues, 10 herses, 8 charrettes à bœufs, 1 tombereau et des outils aratoires.

Le village prenait vie. Les colons étaient employés aux travaux d’établissement du centre, ce qui leur permettait de gagner quelque argent. Plusieurs chantiers étaient ouverts, répondant à des besoins tous aussi urgents. L'armée y prit une part importante.

Le paludisme

Les premières chaleurs arrivèrent, après un printemps très court. Outre que les Parisiens les supportèrent difficilement, elles vont déclancher un mal qu'ils ne connaissaient pas: le paludisme. Il faut songer qu’à cette époque ignore tout des causes de cette maladie ; on a simplement constaté qu’elle sévit dans la saison chaude et à proximité des marais. Le paludisme est connu en Europe notamment en Italie où il porte le nom de malaria ( mauvais air ). Depuis 1834, pourtant, le Docteur Maillot, à Bône, le traite, sommairement encore, avec le sulfate de quinine. Mais ce produit est cher (1f le gramme) et rare, pas encore répandu partout. On en distribuera cependant gratuitement jusqu'en 1851, quand il y en aura.

L'ambulance militaire ne peut suffire à sa tâche et les malades graves sont évacués sur Cherchell (28 km) ou Blida (40 km) par des pistes épouvantables, sur des prolonges non suspendues ou à dos de mulet ! Beaucoup n'y survivront pas. En juillet 8 décès impressionnent à tel point les colons que 41 demandent leur rapatriement, puis en août 10 décès et 37 départs et en septembre 18 décès et 15 départs.

Le choléra succède au paludisme. La situation est tellement épouvantable que les corvées qui doivent porter les morts au cimetière ne peuvent pas toujours être formées. Le Capitaine Directeur doit remonter le moral de tous et prend lui-même plus d'une fois sur ses épaules le bras de la civière emportant un cercueil.

De Malglaive fait appel aux sœurs de charité Saint-Vincent-de-Paul. Elles se transforment en infirmières, recueillent les orphelins. Grâce à une avance de 10 000 francs consentie par de Malglaive sur ses deniers personnels, elles construisent des bâtiments.

La commission d'enquête de 1849

C'est à ce moment (7 et 8 juillet) qu'une commission parlementaire présidée par de Rancé, chargée d’inspecter les centres récemment créés, arrive à Marengo. Elle paraît satisfaite : le territoire de cette commune, sans présenter autant de difficultés de défrichement que celui d'El-Affroun, nécessiterait cependant le concours des soldats. La broussaille est plus abondante que le palmier nain et elle offre moins de résistance aux outils. Le bon état de cette colonie et les résultats satisfaisants que la commission a observés doivent être principalement attribués à ce fait que le directeur, appartenant à l’arme du génie, réunissait tous les pouvoirs dans sa main et disposait sans contrôle de la marche des travaux.

Pourtant, elle est peu satisfaite du recrutement des colons, ouvriers ou artisans parisiens qui ignorent tout de la culture. Quand on regarde la liste des concessionnaires, on est étonné d’y voir nombre de veuves (environ 10%). La commission recommande avec juste raison que les concessions futures soient réservées à des agriculteurs.

Elle constata que l'installation des colons était inconfortable : dans ces baraques sonores où les cloisons n'atteignent pas le faîte, les ménages se voyaient condamnés par la contiguïté à une sorte de vie en commun qui ne tournait au profit, ni de la concorde, ni des mœurs... C'était d'ailleurs une source de gêne et de servitudes réciproques qui aigrissaient les esprits et leur faisait envisager l’isolement comme un véritable bienfait.

Elle enregistra dans tous les centres les plaintes des colons qui ne voulaient pas travailler en communauté : de toutes les provinces, de tous les villages, il s’est élevé un concert de voix pour repousser et pour maudire tout ce qui, de près ou de loin, ressemblait à la communauté. Le travail en commun, la récolte en commun inspiraient des répugnances dont on ne saurait exprimer l'énergie. Pas une bouche qui ne demandât la distribution des lots, la division des tâches, le partage des produits.
Il ne nous appartient pas de juger de l’impartialité de ce rapport rédigé par l’économiste et écrivain Louis Reybaud, sous la présidence du député conservateur algérien Rancé. Disons simplement qu’il ne réalisa pas l’unanimité de ses membres quant à ses interprétations. Ajoutons aussi qu’il se porta garant de la probité des directeurs et ne dit mot des trafics des entrepreneurs ni du refus des moniteurs.

L'assainissement

En dehors de la question du lac Halloula, l'assainissement de Marengo est resté constant pour les municipalités qui s’y sont succédé.

En 1888, le Maire, M. Méluret, présente un projet d’assainissement. Le Préfet, dans un rapport daté du 20 mars 1889 au Gouverneur général écrit : " L’assainissement de Marengo et de ses environs s'impose au point du vue de l'hygiène. Je n'insisterai donc pas sur l'urgence des travaux dont la prompte exécution préviendra le retour des fièvres paludéennes qui existent à l'état latent dans cette contrée ".

Le village ne possède pas de réseau d'égout ( ce qui est courant à cette époque ), les canalisations débordent (et déborderont encore longtemps) sur la chaussée, surtout pendant l'été, période d'irrigation ; l'eau des puits est impropre à la consommation ; l’hôpital est insalubre ; le ravin dit « de l'abattoir » situé à la sortie du village, est un lieu pestilentiel : les détritus et immondices provenant de l’abattoir sont rejetés vers un marais. A l’est et à l'ouest du village des terres sont encore marécageuses, notamment un ravin situé à mi-distance de Marengo et Bourkika (ferme Sauveton).

Dès 1894, des travaux vont être entrepris ici et là, mais en 1898, le Conseil municipal présidé par le Maire Monniot va renoncer à la création d'un réseau d'égouts, en raison de son coût élevé. L'alimentation en eau sa aussi continuer à poser des problèmes. Ceux qui ont vécu à Marengo savent combien l'eau faisait défaut dans cette localité, en été, surtout les années sèches. En 1920, les robinets étant secs on utilisait les puits d'une façon si intensive que le soir, on en ramenait de la boue. Le puits public de la place, muni d'une pompe, était journellement témoin d'empoignades qui dégénéraient souvent en rixes parmi les dizaines de personnes qui attendaient leur tour.
Longtemps encore, les coupures d'eau étaient monnaie courante pendant la saison sèche. Il fallut aller chercher l'eau de plus en plus loin dans l'Atlas, jusqu'à 14 km, pour satisfaire à peu près les besoins toujours plus importants de la population (1932-1947).

La prise d'eau fut effectuée par l'entreprise Siréra et Compan. Deux cents mètres de galerie filtrante aboutissant à trois puits circulaires partant du puits de captage furent nécessaires. En 1947-48, un nouveau château d'eau aérien, construit par l'entreprise Bessonne, placé au niveau du cimetière permit une alimentation à peu près convenable de la ville, en toutes saisons.
Les besoins d’eau augmentant avec la population, des sondages furent effectués au cours des dernières années sur les rives de l'Oued Nador en aval de Sidi-Slimane, au lieu même d'où partait l'aqueduc romain qui alimentait Tipasa. Ils s'avérèrent négatifs.

Le barrage de Meurad fut l'objet d'un exhaussement de son déversoir, projet présenté en 1929. A cette époque il contenait 830 000 m3, permettant d'irriguer 65 ha de jardins. Les travaux entrepris plus tard permirent de porter à 200 ha la surface irrigable.

Le problème de l'irrigation

De Malglaive avait réalisé que l’eau était indispensable pour les cultures potagères, les arbres fruitiers et d’autres cultures. Sans le secours de l’irrigation, les plantes qui ne sont pas strictement méditerranéennes périssent : vigne, olivier, amandier, caroubier. Lorsque les pluies de printemps sont normales et les réserves du sol assurées, les céréales résistent jusqu’à la moisson, qui a lieu tôt. La récolte est presque nulle dans le cas contraire. Ces pluies sont très irrégulières. Pour les trois mois, février, mars et avril, il est tombé à Alger 445 mm en 1848, 213 mm en 1849 et 35 mm en 1850.

Le site le plus favorable pour établir un barrage se trouvait à 7 km au sud de Marengo, sur l’Oued Meurad. Le lit de l’oued est resserré à cet endroit et l’ancrage pouvait se faire sur des bases solides, le terrain étant constitué par des roches éruptives andésitiques.

De Malglaive préconisait un barrage-réservoir en terre. Comme ce type de barrage avait souvent causé des déboires, l’administration était réticente : l’eau en surplus, passant par-dessus la digue, entamait la terre dont elle était constituée, entraînant la destruction de l’ouvrage. D’autres fois le barrage était miné par les infiltrations. De Malglaive imagina donc de cribler de terre et de rejeter les pierres, de tasser cette terre au fur et à mesure de la construction par la masse de l’eau elle-même, en utilisant une cheminée centrale, de revêtir le barrage d’un mortier d’asphalte et enfin d’éliminer l’eau en surplus par un déversoir latéral situé en dessous du niveau du mur. Le départ de l’eau d’irrigation se ferait par une tour intérieure où se manœuvrait la vanne. La tour était aussi haute que le mur. En coupe, ce dernier se présentait en pente à l’extérieur, en gradins du côté amont. Pour permettre de le dévaser au maximum par ruissellement , il resterait ouvert d’octobre à avril.

L’administration n’était pas convaincue de la bonne tenue du barrage. Pour la persuader, de Malglaive demanda qu’on essayât sur une maquette. Ce qui fut fait dans la cour d’un hôtel occupé par le Génie à Alger. Poursuivis pendant plusieurs jours, les essais furent concluants.

Le projet fut adopté le 2 juillet 1852 et le principe de l’emploi, à sa construction, de déportés politiques, autorisé. Il fallut attendre 1854 pour obtenir les premiers crédits. Le Conseil du Gouvernement approuva le 22 mai mais rogna les crédits pour 1855 (35 000 francs au lieu de 40 000). Comme il fallait aller au plus juste, le barrage ne contiendrait qu’un million de mètres cube au lieu des six millions prévus. En attendant les crédits, de Malglaive offrit une fois de plus d’avancer sans intérêts les fonds nécessaires, la dot de sa femme récemment décédée. Le procédé dut étonner l’administration militaire car Randon le taxa "d’irrégularité subversive des principes administratifs ". Toutefois le Ministre de la Guerre en jugea autrement puisqu’il fit rembourser de Malglaive l’année suivante.

Le barrage fut construit par "les transportés" sous l’autorité militaire. Denfert-Rochereau fut chargé du revêtement. Le projet prévoyait un mur de quarante mètres de haut mais fut réduit à vingt mètres avec quinze mètres de retenue d’eau. Il fallut quatre ans pour sa construction mais les colons furent enthousiasmés lorsqu’ils virent l’eau couler dans les rigoles. Plus tard, des canalisations souterraines permirent de distribuer l’eau aux fontaines du village.

Ce barrage fut un facteur important de la richesse de la région Marengo-Meurad-Bourkika. Comme tous les barrages semi permanents il allait s’envaser progressivement. De 1893 à 1925, on rehaussa le déversoir pour redonner au barrage sa capacité primitive car elle était descendue à 830 000 mètres cubes.

Le 2 juillet 1852 de Malglaive est nommé directeur de la circonscription administrative de Marengo, Bourkika et Zurich. Il donne à nouveau la mesure de son ingéniosité en faisant construire un pont sur l'oued Meurad sur la route de Marengo à Cherchell.


Fraicheur et verdure

Capitale de l'ouest Mitidja, Marengo fut longtemps l'une des capitales Algériennes du paludisme. Mais l'assèchement du lac Halloula et la disparition des marécages, lui firent perdre ce titre fièvreux, ô combien !

Si Marengo a été dans le passé l'un des villages de colonisation les plus audacieusement placés, elle devint une grande ville : 2 groupes scolaires, un stade magnifique, une salle des fêtes, un hôpital. Le Parc J-P Muller est une adorable corbeille de fleurs qui parfument les soirées des promeneurs. Le système d'eclairage aménagé est digne de la cité lumière de la Mitidja.

Marengo était la capitale de la "Mouna". La fôret de Sidi-Slimane, aujourd'hui rasée était le lieu indiscuté de rendez-vous des "Mounistes" de la région. Fête pascale réputée à plus de 20 lieues à la ronde, avec sa buvette, son bal champêtre, son ambiance et ses coins d'ombre inégalables.

Repère géographique.png Repères géographiques

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Carte Michelin 1962 Marengo.jpg

Algérie - Marengo.jpg

Carte topographique de L’Algérie. Extrait feuille n° 62 MARENGO au 1/50 000.Dressé, gravé et publié

par le Service géographique de l’Armée en 1869-1880 - Archive personnelle Guy Terrasse .

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Marengo Ville de Lumière - Revue P.N.H.A n°51 - editions du Grand sud -34070 Montpellier

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