Adeline de GERMAIN

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Adeline de Germain

Adeline de GERMAIN, de son vrai nom Irène Adeline KNEISEL, pianiste et compositeur roumaine, surnommée le « bébé pianiste » puis la « reine du piano », née le 12 juin 1894 à Bucarest en Roumanie, décédée.

  • Fille d'Anton KNEISEL (° 1857, + ?), violoniste, compositeur roumain et directeur de l'école de musique de Bucarest.

Biographie

À l'âge de deux ans, elle manifestait déjà des dispositions musicales. C'est alors que son père la confia aux soins de Mme E. KAMINSKY, premier prix du Conservatoire de Berlin, qui ne la quitta pas, étant engagée comme gouvernante auprès de la petite Adeline ; pendant trois ans, elle s'occupa de son éducation musicale, puis elle fut remplacée auprès de l'enfant par la baronne L. de SCHIEVOK, qui fut secondée pendant quelque temps par M. le professeur Th. FUHS, premier prix du Conservatoire de Vienne.

Adeline de GERMAIN, avant de commencer ses tournées en Europe, étudia pendant une année encore avec Mme CHEFALIADE (Taban), premier prix du Conservatoire de Vienne, pendant que la mère de la petite artiste s'occupait de son instruction, ce qui fit surnommer cette dernière, par les journaux de son pays : la mère entre les mères. À quatre ans, Adeline de GERMAIN prit part, en Russie, an concert du Club militaire de Chisinoff, à Ismaïl, où elle remplit d'admiration un auditoire d'élite.

Ce furent ses débuts et ils furent heureux ; un véritable tonnerre d'applaudissements salua la fin de chacun des morceaux qu'elle exécuta; quelques mois plus tard, Adeline de GERMAIN se fit entendre dans un grand concert donné à l'Athénée de Bucharest. Les dames ne trouvant pas d'autres moyens de témoigner leur enthousiasme, se dépouillèrent des fleurs et des bouquets de leur corsage et les jetèrent sur la scène à la mignonne artiste. À six ans, Adeline de GERMAIN quitta sa ville natale pour voyager à travers l'Europe et elle interpréta les chefs-d'œuvre des grands maîtres, ce qui développa son instruction et son talent.

En Autriche Hongrie, où elle donna plusieurs concerts, le shah de Perse, descendu dans le même hôtel qu'Adeline de GERMAIN, la décora le 10 octobre 1900 de la Légion d'honneur de Perse, ordre du Soleil et du Lion, après trois auditions données par elle dans le salon même du monarque en présence du prince et de la princesse de Roumanie, du prince Charles, leur fils, de plusieurs ministres étrangers et de toutes les personnes de son entourage. À travers l'Europe, son succès est immense, partout ce sont que des manifestations sympathiques et ovations répétées.

Honneurs et distinctions

  • Décorée de l'Ordre du Soleil et du Lion par le shah de Perse (10/10/1900)
  • Autorisée à porter le titre de « pianiste de la Cour Impériale de sa Majesté le Shah de Perse »

Extraits de presse

  • Le Figaro 24/10/1900

Nous avons eu hier après midi, au Figaro, une visite intéressante: celle d'une jeune pianiste. de six ans, qui nous a simplement charmés. Mlle Adeline a été à bonne école. Il y a huit ans, son père Anton Kneisel, violoniste et compositeur distingué et directeur de l'Ecole de musique de Bucarest, était venu à Paris se faire entendre, et nous l'avions applaudi, dès son arrivée, au Figaro. C'est aujourd'hui sa charmante fillette, son élève, qu'il nous présente. L'enfant est Roumaine, et elle vient débuter à Paris sous un nom français elle s'appellera, pour les Parisiens, Mlle Adeline de Germain. Petite, jolie, de physionomie très éveillée et fine, elle nous a surpris par la virtuosité déjà sûre de son jeu. Car la fillette n'en est point à son début. A deux ans, ses petites mains commençaient à s'agiter sur le clavier; elle avait deviné la musique avant de l'apprendre. A quatre ans, elle donnait sa première audition publique, à Ismaïl, en Bessarabie, et un, peu plus tard à Bucarest.. L'été dernier, elle était applaudie à Fochrani, puis de nouveau à Bucarest, où elle faisait entendre de petits morceaux de sa composition. Paris accueillera Mlle Adeline avec la même sympathie, et lui prodiguera, aussi bien que Bucarest, les fleurs et les bonbons... Elle les mérite.

  • Le petit Ardennais 31/01/1902

La pianiste de sept ans La petite Adeline de Germain, surnommée « la Reine du piano », est revenue à Paris. Elle donnera un concert à la salle Erard au mois de mars prochain.Les nombreux admirateurs de la gentille musicienne tiendront à l'applaudir encore comme ils l'ont déjà applaudie à la Salle Erard, au « Figaro » et au « Journal ». Adeline de Germain a aujourd'hui sept ans. Elle est née à Bucharest en 1894. Dès l'âge de deux ans ses dispositions se manifestaient avec une telle intensité que sa famille lui donna aussitôt les meilleurs maîtres. A quatre ans elle prenait part au concert du club militaire de Chisinoff à Ismaïl en Bassarabie où elle obtenait un éclatant succès. L'an dernier elle joua à Budapesth devant le Shah de Perse qui la décora de l'ordre du Lion et Soleil. Elle a déjà parcouru une grande partie de l'Europe, promenant au milieu des ovations sa grâce mignonne de fillette, sa petite figure intelligente aux grands yeux de roumaine, aux longs cheveux d'un noir bleuté. Avec une merveilleuse virtuosité, Adeline de Germain interprète les œuvres des grands maîtres : Bach, Beethoven, Mozart, Chopin, Grieg, etc. de plus elle compose et improvise. Elle est, malgré son jeune âge, membre de la Société des auteurs et compositeurs de Paris. Il y a quelques jours à peine, elle était à Senlis et là, en présence d'une nombreuse assistance, elle a exécuté avec une précision, un brio, un sentiment musical et une aisance extraordinaires chez une enfant si jeune les morceaux les plus difficiles. Pendant plus d'une heure, elle a détaillé comme en se jouant, du Beethoven et du Chopin, des variations improvisées par elle-même sur un thème de Mozart, une fugue de Bach, une grande valse, une polonaise de concert, et enfin la 5e rapsodie de Litz. Parfois elle quitte le piano et chante d'une voix divinement mélodieuse avec un art délicat et soigné dans les détails. Adeline de Germain est accompagnée de son père, le célèbre violoniste Anton Kneisel Ils ne tarderont pas à reparaître tous deux. Tel on la voyait il y a un an, tel on la retrouvera dans quelques jours, à la salle Erard au milieu de son succès habituel.

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  • Journal de Roubaix 26/11/1902
  • Presse ancienne
  • Gallica BnF

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