88324 - La Neuveville-sous-Châtenois

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La Neuveville-sous-Châtenois
Blason LN.jpg
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 88 - Blason - Vosges.png    Vosges
Métropole -
Canton

Blason Châtenois-88095.png   88-07   Châtenois (Ancien canton)

Code INSEE 88324
Code postal 88170
Population 326 habitants (1999)
Nom des habitants
Superficie 741 hectares
Densité 43,99 hab./km²
Altitude Mini : 306 m
Point culminant 363 m
Coordonnées
géographiques
05°52'37"E/48°17'36"N
Localisation (avant 2015)
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Détruit par les Hongrois au Xe siècle, l'antique village du Haut du Mont ne se releva pas de ses ruines. Le nouveau, La Neuveville, Nova Villa, fut bâti à ses pieds, une partie sur la route de Châtenois, une partie sur une hauteur dominant le Vair, formant ainsi deux hameaux bien distincts. Il se développa rapidement, grâce au calme relatif dont jouirent les campagnes. La trêve de Dieu avait quelque peu apaisé l'humeur belliqueuse des seigneurs d'autre part les épidémies survenues avaient été de courte durée, si bien qu'au XIIe siècle, d'après l'historien Digot, une certaine aisance régnait dans nos villages de Lorraine.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, La Neuveville était assez importante pour former une paroisse. L'église bâtie à cette époque, nous donne d'une manière approximative le chiffre de la population. La nef avait 36 pieds de longueur et 22 de largeur, on y comptait 120 places dans les bancs. La population pouvait donc s'élever à 180 ou 200 habitants.

Un demi siècle plus tard, en 1306, le duc Thiébaut II, de concert avec le Maître de la Baillie du Temple de Lorraine, établit à "La Nueveville desouz Chastenois" un marché le mardi de chaque semaine "sous la Haulle", et une foire par an "lou jour devant la vigile de feste Notre Dame". Cette halle se trouvait au hameau de la route, à l'endroit qui s'appelle encore aujourd'hui la rue de la Halle. Ce hameau était le centre commercial du village, comme l'autre était le centre religieux.

Terres des ducs de Lorraine

Gérard d'Alsace possédait des biens considérables dans notre pays; il résidait à Châtenois, où il avait un château et un bourg fortifié. La proximité de Châtenois, nous explique la souveraineté des ducs de Lorraine sur La Neuveville et aussi les faveurs qu'ils lui accordèrent. Nous savons qu'en 1306, le duc Thiébaut II y établit foires et marchés et tout porte à croire que La Neuveville fut un des premiers villages affranchis sur les terres ducales.

Affranchissement de La Neuveville

Ce fut en 1192 que commença l'affranchissement des communes, Guillaume, l'archevêque de Reims, fonda sur ses terres la ville de Beaumont en Argonne et accorda des privilèges à ceux qui vendraient s'y fixer. Bientôt les seigneurs l'accordèrent Les ducs de Lorraine s'empressèrent d'affranchir leurs sujets. Si nous nous rappelons que Châtenois fut affranchi en 1261 et qu'en 1306, le duc Thiébaut II établit à La Neuveville foires et marchés, nous pouvons conclure que notre village fut affranchi entre ces deux dates.

Quelques exemples de justice rendue par le mayeur

  • En 1545, Jehan HUOT, de La Neuveville, « pour avoir dit à Jeannon, femme à Mengin MENGEL « sal femme » en face de ses enfants et de son mari, a fait réparation » 1 fr. d’amende.
  • En [[1549, le même Jehan HUOT, « pour sa femme avoir baptu Barbe, femme de Claudon MUSNIER de la dite Neufville sur le haut du chemin », 3 fr. *En 1559, François LAURENT de la Neufville « pour ce qu’en revenant de la foyre de Vittel avoir rencontré quelqu’un de Houécourt avec deux chevaux et frappé l’un des dits chevaux », 5 fr. Gaudot FERRY « pour avoir laissé faire » 5fr.
  • En 1574, Toussaint THIERY a mérité amende « pour avoir prins et emmené une grosse pièce de bois de Chasne à Claudot CAUBELET », 7 fr.

Ces amendes figurent aux comptes des receveurs de Châtenois qu’elles devaient lui être remise chaque année comme revenant au seigneur, le duc de Lorraine. Il pouvait même en exiger le paiement en deux termes. Nous lisons en effet au compte de 1607 : « Le maire et les justiciers de La Neuveville sont tenus lui rendre compte des amendes deux fois l’an, si bon lui semblera, la veille de la fête de Saint Gengoult et la veille de la Pentecôte, sauf que sur dix sols toullois des basses amendes, le maire et les justiciers du lieu ont trois sols toullois pour leurs droits et ainsi des autres à l’équipollent. »

Procès en sorcellerie

Parmi les jugements au criminel prononcés par le prévôt de Châtenois, nous citerons les procès en sortilège dans lesquels furent impliqués les habitants de La Neuveville. On sait qu’à la fin du XVIe siècle, une épidémie de sorcellerie, sévit en Lorraine. « Le nombre des sorciers était si considérable, dit l’historien DIGOT, qu’une véritable terreur régna par moments dans les campagnes. »

Nous allons donner le résumé des procès de sorcellerie concernant La Neuveville ; les pièces originales fort longues et très complètes sont conservées aux archives de Nancy.
« Sur la plainte faite par aucuns particuliers, bourgeois et habitants de la Neufville sous Chatenoy, comme par le bruit commung, sont plusieurs sorciers et sorcières qui usent de vénéfices et poisons ; savoir Marguerite, veuve de feu Jean GALLIEN, et Henriette, veuve de feu Jean DESBOEUFS…, nous, prévôt, nous sommes transporté à la dite Neufville, le 7 juillet 1586 et avons fait comparaître ladite Marguerite au logis du sieur Claude OTHIN, substitut de M. le Procureur de Voge et hostellain au dit lieu… »
« La vérité est qu’elle a été séduite et abusée par le diable des environs du jour de saint Remy dernier. De la première fois fut qu’elle estait allé au bois bannal quérir un fardeau de bois … Le diable apparut à elle en forme d’un grand homme noir et lui demanda ce qu’elle avait, qu’elle était bien fâchée, lui dit qu’il était vrai diable, que si elle voulait renoncer à Dieu, et le prendre pour son Maître, qu’il la ferait heureuse et n’aurait jamais besoing. Et incontinent lui donna son consentement et dit qu’elle le voulait bien. Ce dict, lui mit la main dessus le front, et lui arracha quelque chose en la chair qui lui fit douleur, et lui défendyt de ne plus adorer Dieu ni les Saints, ni aller à l’eau bénite, lui fit entendre que son nom était messire PERSIN, lui donna un petit chachat de toile dans lequel il y avait de la poudre grise et de la poudre blanche, et lui dit que c’était pour faire mourir les gens et les bêtes celle qui était grise, et celle qui était blanche pour guérir ceux qu’elle voudrait, ce qu’elle prit.
Elle laissa son logis huit jours, puis trouvant la fille Jean CABLEY, la dit fillette prit des poires de champ, laquelle Marguerite mit de la poudre dessus, et elle fut fort malade… puis en donna à un enfant au berceau de Jean CABLEU, lequel mourut au bout d’un mois.
Puis le diable la transporta de sa porte sur une montagne devers Saint Remy, puis la transporta en luy défendant d’aller à l’église et à l’eau béniste. Elle cogneut à la dite assemblée Henriette, de la dite Neufville, Claudin CLERJET, maréchal à la Neufville, et Ambroise, femme de Gillot, GILLOT aussi de La Neufville… et environ six semaines après la transporta encore au même lieu, y avait la table mise, du pain et du vin dessus, y recongeut les mêmes, et la rapporta en lui défendant d’aller à l’église.
Une autre fois au bois bannal, reçut encore de la poudre pour faire mourir, la donna à la vache appartenant à Claudon, fille de Jean LYMOSIN, laquelle mourut bientôt après. Etc. »

Henriette comparait à son tour. « Le diable lui apparut an la coste de l’Avio proche le bois bannal… la transporta un mois après au sabbat en l’assemblée dessus Dolaincourt, et y recogneut Marguerite, Claudin CLERJET et Ambroise. »Les deux nouveaux accusés sont ensuite interrogés. Le lendemain 8 juillet, le prévôt reçoit les dépositions des habitants de La Neuveville. Parmi les quarante personnes qui déposent, quelques unes accusent les prévenus de crimes bien déterminés, par exemple : Barbe, femme à Antoine BONJEAN. Elle dépose que sa mère et son mari moururent tous deux en moins de quinze jours et qu’ils dirent avant de mourir que Claudin CLERJET avait jeté un paquet dans l’eau qu’ils buvaient en revenant des champs, et que c’est lui qui les faisait mourir. Pour tous, les accusés sont des gens de mauvaise vie, haineux et dangereux.
Le 25 du même mois, le Procureur général de Vosge constate que la première a tout avoué. Il requiert que les trois autres soient appliqués à la question et interrogés de nouveau. On recommence donc l’interrogatoire, les habitants déposent une seconde fois et sont confrontés avec les prévenus. L’un d’eux, chose bizarre, manque à l’appel, c’est Claudin CLERJET. « absent pour avoir brisé la porte de la prison de Châtenois où il était détenu. » Le 7 août suivant, le Procureur général demande qu’Ambroise soit de nouveau soumise à la question.
Quant à Margueritte et Henriette, elles sont suffisamment convaincues d’être sorcières. En conséquence, elles seront appliquées au carquant à la vue du peuple un quart d’heure, puis conduites au lieu des suppliciés. Après avoir quelque peu senti l’ardeur du feu, elles seront étranglées et brûlées et leurs biens confisqués. La sentence contre Ambroise et Claudin CLERJET est prononcée le 31 août. Ambroise, moins coupable que les deux premières, est bannie des terres de S.A. et ses biens confisqués ; Claude est condamné par contumace à la peine du bannissement à perpétuité.

Ce procès était à peine terminé, qu’un autre du même genre commençait. Deux personnes venaient de mourir à La Neuveville d’une manière suspecte ; beaucoup de bestiaux avaient péri. Jean ROUYER, détenu dans la prison du château de Houécourt et exécuté plus tard au pré Bourreau pour sorcellerie, dénonce comme coupable : Jacquotte, femme à Florentin GARDEUX, et Marie, femme à François CANOT. Le prévôt de Châtenois et les gens de justice de La Neuveville qui étaient en cette triste année : Thouvenel GARDEUX, maire, Jean CABLE, maître échevin, Jean MOUGENOT, doyen ou sergent, font arrêter les détenus. Le 11 octobre 1586, le procureur général ordonne de les mettre à la question et de les interroger. Il est d’autant plus probable que Jacquotte est l’auteur de la mort de Catherine, femme à Nicolas GENGOULPH, qu'elles ont eu des difficultés sérieuses à propos d’une donation. Mais toutes les deux nient être sorcières et avoir commis les crimes qu’on leur reproche. Leur culpabilité n’étant pas bien établie, elles sont élargies toutes deux et rentrent à La Neuveville.
Citons encore un autre procès de sortilège, non plus que l’accusé soit de La Neuveville, mais parce que les maire et gens de justice de La Neuveville firent partie du tribunal qui prononça la condamnation. Voici la sentence : « Veu par nous, maires et gens de justice de Chatenoy et de la Neufville sous Chatenoy à la requête de M. le Procureur général au balliage de Vosge, contre Françoise BEGIN, femme à Pierrot VUILLAUME, de Ménil en Saint Ois, prévenues du crime de sortilège e vénéfice, savoir les informations du 17 du mois d’août dernier, les aveux et interrogations, les conclusions tendant à ce que la dite prévenue soit appliquée à la question ordinaire et extraordinaire, l’avis des maîtres échevins de Nancy, la sentence du sieur prévôt du 27 du dit mois… avons condamné et condamnons la dite personne à être mise au carquant à la vue du peuple par le maître des Hautes Œuvres, puis estre conduite et menée au lieu où l’on a accoutumé à supplicier les malfaiteurs audit Chatenoy, pour là estre attachée à un poteau qui pour ce, sera expressément dressé, et en y celui être étranglée après qu’elle aura quelque peu senti le feu, pour cela faist, estre brulée, et son corps estre réduit en cendres et en oultre déclarons ses biens acquis à S.A. Ce 5 novembre 1609 »

Autres sentences prononcées par le tribunal de la prévôté de Châtenois

Les sentences prononcées par le tribunal du prévôt de Châtenois en matière civile sont évidemment fort nombreuses. Citons par exemple, celles qui terminaient les différends entre les Bénédictins de Châtenois et certains habitants de La Neuveville. Ceux ci ne manquaient jamais l’occasion d'anticiper sur les terres du prieuré, de là des procès qui se renouvelaient sans cesse. Ainsi le 13 janvier 1676, le lieutenant civil et criminel de la prévôté de Châtenois condamne Nicolas CAUSSIN, Jean CABLEY, Dominique GUENEL, François VUIDEL, Jacques HAUEL, François FORIN, Jean COLIN, Dominique PERRIN, Jean ARNOULD, Claude COLNOT, tous de La Neuveville, à rendre aux religieux de Châtenois, ce qu’ils ont anticipé sur eux. Citons encore une des dernières sentences du prévôt de Châtenois. Le 10 mars 1744, Jean POCHE, laboureur à La Neuveville, achète à Joseph BERTRAND de Châtenois des terres pour 52 écus de 3 livres. Le 15 janvier 1747, celui-ci a fait assigner son débiteur pour payer les 29 livres qu’il doit encore : le lendemain après plaidoirie de Me TOURNAY, avocat du demandeur, le prévôt condamne Jean POCHE à verser les 29 livres qu’il doit encore et à payer les frais qui s’élèvent à 8 fr. 10 sols 9 deniers.

Le tribunal du baillage

Un certain nombre d’affaires concernant La Neuveville ont été plaidées au tribunal du baillage de Mirecourt.

D’abord les procès intentés par la Fabrique de l’église de La Neuveville. Ainsi Mengin PICOT ayant « consommé un capital de 150 livres donné à l’église par plusieurs particuliers pour des messes, le tribunal du baillage de Mirecourt condamna au remplacement de cette somme et aux dépens de ses héritiers, le 1er juin 1674. Deux mois plus tard, ceux-ci s’engagèrent à en payer la rente chaque année le jour de la Saint Jean, et hypothéquaient pour cela deux fauchées de pré à l’Avio.

De même, c’est au tribunal du baillage de Mirecourt que Jacques PERRIN, fabricien de La Neuveville, assigne en 1747, Thérèse DURUPT, veuve RECHE, pour la division d’un pré grevé d’une charge par la fondation Adam VOIRIN.

Le curé étant personne privilégiée intente aussi un procès au baillage de Mirecourt. C’est ainsi que le curé SIMONIN fait condamner ses paroissiens en 1729 à réparer le presbytère, en 1735 à fermer le jardin de la cure. En 1746, il se fait adjuger la dîme des pommes de terre. En 1752, après onze ans de procès, il obtient encore que le chapitre de Poussay, décimateur du lieu, soit tenu aux réparations du chœur de l’église.

La communauté de La Neuveville eut aussi recours au tribunal du baillage, par exemple, au sujet de ses dettes en 1666 et 1720 et contre le chapitre de Poussay qu’elle fit condamner en 1744 à réparer le lambris de l’église.

Bail des terres de La Neuveville sous Châtenois

En 1783, La Neuveville fut ascencée, c'est à dire donnée à bail à Esprit Claude Pierre de SIVRY, président au parlement de Nancy. Le village qui n'avait eu, jusque là, d'autre seigneur que son souverain, le duc de Lorraine, puis le roi de France eut dès lors deux maîtres comme Houécourt, Bouzey et quantité de lieux : Pierre de SIVRY pour les droits seigneuriaux, Louis XVI pour les droits souverains.

La Révolution

Au mois de mars 1789, le maire Claude MATHIEU réunit les habitants du village, avertis au prône par le curé : il invita tous les citoyens âgés de 25 ans et contribuables à rédiger leur cahier de doléances et à nommer un délégué par cent feux pour le porter à Neufchâteau, chef lieu du bailliage et concourir à l’élection des futurs députés. Quant aux délégués, on choisit le syndic, le greffier : François PERRIN et Jean Baptiste SYLVESTRE.
La même année, les états généraux devenus l’Assemblée nationale, créaient les conseils municipaux par la loi du 22 décembre. Celui de La Neuveville fut élu à la fin de janvier 1790. Il se composait du maire, Claude GOURDOT, du procureur, Jean Baptiste SYLVESTRE, du greffier Michel VOILQUIN, de cinq officiers municipaux, dont François PERRIN, de douze notables parmi lesquels Hubert D’HABIT, Jean Claude DROUOT, Jean Charles COLSON, Jean François PIERROT, Jean DURAND et Joseph AUBRY. L’ensemble de tous ces membres élus formait ce qu’on appelait alors le conseil général de la commune.
Le conseil de La Neuveville eut beaucoup à faire à cette époque. Il dut s’occuper successivement de la construction de l’église, de l’établissement de la Garde Nationale, des Volontaires, des réquisitions, de l’organisation des archives communales, des registres de l’état civil, de la vente des biens nationaux, du partage des biens communaux, etc.

Procès pour le curage du Vair

Les habitants de La Neuveville ont payé fort cher l’honneur qu’ils ont eu de connaître la Cour Souveraine. C’était dans le procès au sujet du curage du Vair. Le 12 novembre 1771, ils interjetaient devant la Cour, appel du jugement de la Maîtrise de Neufchateau qui les condamnait, et la sentence de la Cour n’était rendue que le 29 décembre 1785. On peut juger des frais occasionnés. Et dire que le président du Parlement de Nancy, car la Cour Souveraine reçut ce titre en 1775, était Messire Esprit Claude Pierre de SIVRY, seigneur de La Neuveville depuis 1783. C’est peut être grâce à cette circonstance que ce fameux procès ne dura pas plus longtemps.

Réunion des villages de La Neuveville et de Houécourt

En 1832, il fut question de supprimer la commune de La Neuveville et de la réunir à celle de Houécourt; mais les conseillers municipaux dans leur séance du 28 avril, répondirent au préfet que si l'on considérait les communications, l'exercice du culte, le chiffre et l'esprit de la population, les ressources financières, l'instruction primaire, les avantages d'une administration locale, tout en un mot, il fallait renoncer à cette idée. Et le préfet y renonça.

Patrimoine.png Patrimoine

Repère géographique.png Repères géographiques


Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 469 494 506 571 568 567 538 547 - 511
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 502 479 - 468 447 421 415 418 410 402
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 441 366 431 472 442 415 392 373 338 368
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population 373 374 326 356 379 378 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cfr : INSEE & Cassini

La Neuveville au XVIe siècle (1496-1596)

  • Dans le compte du receveur de Châtenois et Neufchateau pour l'année 1496, il est dit qu'il y a 44 conduits à La Neuveville, mais le rôle des contribuables n'existe pas. En multipliant le nombre des conduits par six, ce qui est la moyenne de l'époque, nous avons 264 habitants, hommes, femmes, enfants. À ce chiffre, il faut ajouter les exempts avec leur famille, c'est à dire le maire et les gens de justice, le curé, le saulnier, les pâtres, les militaires au service de S. A., les nouveaux mariés, les mendiants. Cette fois nous avons les noms des contribuables. Ce sont : Nicolas MUSNIER, Mengin CANOT, Jehan VARNIER, Jehan REGNAULT, Mengin CAUBELLET, Clément VARNIER, Mengin PERNOT, Didier LENGLOIS, Mengenot VOSGIEN, Parisot VATHIER, Jehan CAUBELLET, Nicolas MARCHAL, Pierre HENRY, Symon VOSGIEN, Jehan VAGNIER, Thouvenot GARDEUX, Mengin THIERY, Jehan DELAU, Didier BOUSSARD, Mengin VILLE, Nicolas CABLEY, Jehan MALGRAS, Jehan DESBOEUFS, Jehan FERRY, Jehan MARAUT, Simon CAUBELLET, Jehan THOUVENEL, Thouvenel GARDEUX, DESDOT, FREDAULT, PATENOSTRE, ESTIENNE, Jacquot JOC, MENGEL, les veuves THOUVENEL, GAUBY, DIDIER, JACQUOT, LALLEMAND, VANIER, Mengin VANIER.

La population de La Neuveville a donc diminué de 6 conduits 1/2, soit environ 40 habitants depuis 1496. Cela tient du double fléau de la famine et de la peste qui ravagea alors notre pays. D'après l'historien Digot, des pluies torrentielles détruisirent les semailles en l'an 1500, d'où la disette suivie d'une contagion très meurtrière. Le" Discours des choses advenues en Lorraine", imprimé à Epinal en 1617, en parle en ces termes : "La famine aussi survint par tout le pais, si estrange que le bichet de bled qui s'étoit donné quelques années auparavant pour moins de trois sols se vendit alors cinquante, comme ainsi la queue de vin qui ne s'estoit vendus que 18 gros, s'acheta 10 francs et plus. Cherté non ouïe auparavant et qui fut suivie l'année d'après d'une si grande pestidence, (car l'une est comme le levain de l'autre), qu'elle emporta presque le tiers des gens du pais, et qui fut tellement esclaircy et denuez d'hômes, que le commerce et le labourage en demeurèrent arrestez bien longtemps. toutefois le duc René remédia la plutôt qu'il peu à ce déffaut par un allégement et diminution des charges et aydes ordinaires que le peuple supportait auparavant". En effet, le compte de 1507, pour la prévôté de Châtenois, nous parle de la réduction accordée cause de la peste qui y avait régné"

  • La Neuveville se releva au cours des années suivantes. Elle compte 49 conduits en 1512, 51 en 1522. On était alors sous le règne du bon duc Antoine qui s'efforça toujours de maintenir la paix avec les pays voisins et d'accroître la prospérité de son peuple. Malheureusement s'il put prévenir la guerre, il ne put empêcher la peste d'exercer de nouveaux ravages. La Lorraine fut encore décimée par le fléau en 1522 et les années suivantes. Le compte de 1532 n'accuse plus à La Neuveville que 39 conduits, soit une diminution de 70 habitants en dix ans.
  • L'année 1531 fut particulièrement désastreuse pour les habitants de La Neuveville. Le 29 mai de cette année, ils adressent une supplique au duc de Lorraine. Le receveur de Châtenois consulté l'appuie en ces termes : "Je vous avertis que depuis un an et demi environ, la mortalité est la plupart du temps à ladite Neufville et est encore aujourd'hui. Il est vrai que les suppliants sont sans faire leurs prouffits es affaires qu'ils ont ez mains, que les marchés sont fort délaissés en ce lieu pour cause de ladite mortalité, et me semble bien leur faire grâce et leur quitter quelque petite portion de ce qu'ils doibvent". Le 7 juillet, après avoir pris l'avis de la Chambre des Comptes, le duc Antoine remet aux habitants la somme de 15 francs, soit la moitié de ce qu'ils doivent pour l'aide Saint Rémy.
  • Au cours des années suivantes, la population de La Neuveville augmente considérablement. Elle est de 42 conduits en 1545, de 59 en 1556, de 67 en 1562, soit environ 435 habitants. C'est le plus haut chiffre qu'elle ait atteint avant le XVIIIe siècle. Mais à partir de cette époque, elle diminue sans cesse. Il n'y a plus à La Neuveville que 51 conduits en 1572, 41 en 1574. La cause en est dans les ravages qu'exercent alors les protestants allemands, Reistres ou Lansquenets, tantôt seuls, tantôt avec les Calvinistes français. Trois fois, de 1562 à 1577, ils envahirent la Lorraine. La garnison qu'ils établirent au château de Vicherey, pilla et rançonna les pays d'alentour jusqu'au jour où elle en fut chassée par le duc Charles III. Dès lors, il n'est pas étonnant que les habitants de La Neuveville demandent une nouvelle exemption d'impôts en 1572 "à cause de la disette" et que dans des proportions aussi considérables. Toutefois, l'ère des calamités était loin d'être finie pour notre malheureux pays.
  • Après quelques années de tranquillité, la peste reparut en Lorraine en 1585 ; la prévôté de Châtenois fut particulièrement éprouvée. Il nous est facile de mesurer l'étendue du mal par les comptes de 1586, de 1593 et de 1596. Dans cet espace de dix ans, Châtenois fut réduit de 900 habitants à 350 ; Houécourt en perdit 100 sur 280. Viocourt, Balléville, Rainville, Gironcourt, Dommartin, le ban de Biécourt furent atteint dans les mêmes proportions. Il ne reste à Auzainvilliers qu'un seul conduit. C'était plus encore que la mairie de la Rivière qui fut complètement anéantie. Cette mairie qui en 1560 comptait 40 conduits disséminés sur les bords du Vair et de la Vraine, à Viocourt, Balleville, Saint Paul, Dommartin et Removille, avait déjà beaucoup souffert des ravages des Reîtres. "Les maisons sont presque toutes désertes, disait le receveur de Châtenois à la Chambre des Comptes, il n'y reste que 13 conduits", et il demandait de ne les soumettre qu'à une très légère redevance. Il ne lui fut pas nécessaire après le passage de la peste de renouveler sa demande; il se borna à constater "qu'il n'y a nul conduit".

La Neuveville ne fut pas épargnée, elle subit même la première, les atteintes du fléau. En 1584, elle comptait 54 conduits; deux ans plus tard, elle n'en avait plus que 40. En 1593, tandis que les rôles des communautés voisines figurent avec une population encore assez considérable, seul celui de La Neuveville est absent. D'où nous pouvons conclure que La Neuveville était alors réduite à une extrême misère, et que les autres villages de la prévôté n'ont été atteints et ruinés qu'après cette date. Le compte de 1596 nous fait enfin connaître toute l'étendue du désastre causé à La Neuveville par la peste; Il ne reste plus que 16 conduits 1/2 : Claude THOUVENEL, maire, exempt à cause de sa charge, Didier GARDEUX, Jean DE PARET, Claude CABLEY, Jean THOUVENEL, Claude THOUVENEL, Jean VILLAUME, Mengin THOUVENEL, Didier VAULDOT, Claude GARDEUX, Adam VOIRIN, Nicolas GUENEL, la veuve Mengin LANGLOIS, contribuable à l'aide ordinaire de Saint Rémy, Jean CABLEY, tabellion, Jean MOUGINOT, Jean VOITHIER, Florentin MOITESSIER, Jean LANGLOIS, contribuables aux aides extraordinaires.

  • Ainsi la population de La Neuveville qui était en 1584 de 54 conduits, soit 360 habitants, se trouve réduite en 1596 à 16 conduits 1/2, soit 120 habitants. Les deux tiers des habitants, 240 ont disparu à cette triste époque et il faudra plus d'un siècle pour que le village retrouve avec son ancien chiffre de population, l'aisance et la tranquillité.

La Neuveville au XVIIe siècle (1596-1697)

Malgré les ravages causés par la peste sur divers points de la Lorraine et en particulier dans la prévôté de Châtenois à la fin du XVIe siècle, Charles III laissait à sa mort son duché dans un état florissant. Il eut pour successeur son fils Henri II qui fit le bonheur de son peuple par la sagesse de son administration. Il est certain que le village de La Neuveville, si éprouvé , serait sorti de ses ruines, si cette ère de prospérité avait duré plus longtemps. Malheureusement des calamités inouïes allaient fondre sur la Lorraine : la peste, la famine, la guerre allaient s'unir "pour faire un désert du plus beau pays de l'Europe"

La peste parut la première en 1630, non pas la maladie contagieuse qui avait régné plusieurs fois et dont on pouvait circonscrire les ravages, mais la terrible peste orientale. Pendant sept ans, elle sévit en Lorraine, et y fit d'innombrables victimes. À la peste vint s'ajouter la famine, causée par les mauvaises récoltes des dernières années depuis 1626.

La guerre qui éclata peu après ne pouvait manquer d'augmenter la disette et d'activer la maladie, en même temps qu'elle apportait à notre malheureux pays un cortège d'horreurs telles qu'on en vit rarement dans l'histoire. Pour s'être allié à l'Angleterre et à l'Allemagne, et pour avoir attiré dans ses États, le duc d'Orléans, Charles IV provoqua la colère de Richelieu, qui d'ailleurs ne cherchait qu'une occasion pour s'emparer de la Lorraine. Les Français l'occupèrent en 1633 et y exercèrent de grands ravages. C'est ainsi que pour se venger De Henri de Bouzey qui avait voulu les empêcher de s'approcher de La Mothe, ils détruisirent son château et pillèrent le village et les environs. Les Suédois, leurs alliés, qu'ils appelèrent en Lorraine, achevèrent l'œuvre de dévastation. Après trois siècles, nos populations conservent encore le souvenir de leurs cruautés. De leur côté, les Hongrois et les Croates qui étaient au service de Charles IV ne manquèrent pas l'occasion de piller et de rançonner le pays qu'ils avaient mission de défendre. Enfin des Lorrains eux-mêmes, poussés par leur extrême misère, prirent le parti de vivre de brigandages et augmentèrent la confusion.

Il se passa alors des choses épouvantables. Les habitants s'établirent dans les bois et les loups vinrent gîter dans les villages. Le résal de blé qui se vendait 4 ou 5 Fr monta à 56 Fr et parfois plus haut. La plupart se nourrirent d'herbes, de racines, de fruits sauvages ou bien moururent de faim. Des mères mangèrent leurs propres enfants comme celle qui fut condamnée à Mirecourt; des enfants, comme à Ubexy dévorèrent les cadavres de leurs parents. Des villages entiers furent anéantis, tel près de nous Surcelle sur le territoire d'Auzainvilliers, les autres perdirent les trois quart de leur population.

  • À La Neuveville, où il ne restait plus que quinze familles, la diminution n'était guère possible, mais la misère fut grande. Le 9 septembre 1635, le maire et les habitants "en corps de communauté" implorèrent la protection de la Vierge, mère de Dieu, leur patronne, et établirent en leur église la Confrérie du Rosaire. Dans les trois derniers mois de cette année, ils empruntèrent 4 500 Fr barrois "pour subvenir aux affaires urgentes et nécessité de leur communauté, pour soulagement de leur communauté" et ces emprunts devaient se renouveler encore dans la suite.
  • Par le traité de Saint Germain en 1641, Louis XIII rendit la Lorraine à Charles IV. Malheureusement celui-ci par ses imprudences ralluma aussitôt la guerre. La même année les Français s'emparèrent une seconde fois de notre pays, dont la dernière forteresse, La Mothe, ne tomba pourtant entre leurs mains qu'en 1645. Cette seconde occupation française fut moins dure que la première. La peste avait disparu ; la famine se faisait moins sentir grâce à quelques bonnes récoltes; les pillards étaient moins nombreux depuis le jour où Louis XIII avait fait démolir environ deux cents chateaux forts, ce qui d'ailleurs servait parfaitement sa politique en affaiblissant pour l'avenir la force de résistance du pays ; d'autre part Louis XIV n'était qu'un enfant, son ministre Mazarin avait à se défendre contre la Fronde, et les armées de Charles IV commandées par Philippe Emmanuel de Ligniville, seigneur de Houécourt, ne luttaient pas sans succès contre la France. Pour toutes ces causes, la Lorraine avait retrouvé quelque tranquillité, mais elle était toujours aussi déserte. De 1652 à 1661, nos registres de baptêmes ne signalent qu'une ou deux naissances chaque année.
  • À la suite du traité des Pyrénées, la convention de Vincennes (1661) rendit à la Lorraine son indépendance et Charles IV reprit le gouvernement de ses États. Nous avons le rôle des contribuables de La Neuveville à cette époque.

En 1668, il y a ici 16 conduits 1/2 : Dominique GUENEL, Jacques HAUEL, Claude ADAM, Florentin COLLENOT, Jean GAUTHIER, Pierre PRIEUR, Barthélémy LAPOTRE, laboureurs ; François MATHOUILLOT, Nicolas VOIRIN, Claude VOIRIN, Florentin PARNEL, Ory PERRIN, Nicolas VOIGNIER, manouvriers ; Elisabeth VOIGNIER, Barbe ANTOINE, Gabrielle BONCOURT, Anne MATHIEU, Claude ANTHOINE, veuves ; François CABLEY, Catherine POIROT, garçon et fille majeurs. Les exempts à cause de leur charge sont Christophe REMY, curé, Christophe PERRIN, élu, c'est à dire collecteur des impôts, Jean CABLEY, fermier du magasin à sel, François VUIDEL, Charles BOUCHER, Nicolas HARQUEL, cavaliers au service de S.A., Hanspeter, trompette des chevaux légers de S.A. En multipliant le nombre des conduits par cinq, ce qui est la moyenne de l'époque, et en y ajoutant les exempts, nous pouvons évaluer la population de La Neuveville à 110 habitants.

  • En 1670, nouvelle rupture avec la France qui s'empare une troisième fois de la Lorraine. C'est en vain que Charles IV lutte pour reconquérir ses États. Il meurt en 1675. Son neveu Charles V continue la guerre à la tête des Impériaux, il meurt lui même en 1690, laissant le titre purement honorifique de duc de Lorraine à son fils Léopold.

La troisième occupation française fut moins funeste encore que la seconde. Louis XIV, qui gouvernait alors par lui même, visita notre pays; il vit combien il était pauvre et désert, et il résolut d'y remédier. Dans ce but, il accorda des faveurs aux communauté, il encouragea l'agriculture, l'industrie, le commerce, il invita les étrangers à s'y établir. Ceci nous explique la présence à La Neuveville de François MOINE, de Bourgogne, de Pierre OROSE, Jean ARNAUD, Pierre et Dominique REGNAULD, du Dauphiné, de Léonard CANCRE et Gabriel GERMAIN, du Limousin, etc. Malgré cela, la prospérité n'est pas revenue; nous en avons la preuve dans le Pouillé de 1689. "Les paroissiens de La Neuveville sont au nombre de quinze, cinq desquels sont laboureurs et cultivent sur le bien d'autruy, le surplus sont manouvriers, tous assez pauvres chargés de dettes particulières et communalles de quelques vingt et un ou vingt deux mille francs". Tel était encore le triste état de La Neuveville et de la plupart des villages de Lorraine à la fin du XVIIe siècle.

La Neuveville au XVIIIe siècle (1697-1826)

  • Le XVIIIe siècle sera comme une ère de résurrection pour notre village qui va passer de 20 habitants (on désigne ainsi, à cette époque, les feux ou ménages) en 1703, à 81 en [[[1736]], à 93 en 1753, à 110 en 1788.

Le traité de Ryswick (1697), qui terminait la guerre entre l'Empire et la France, enlevait la Lorraine à Louis XIV et la restituait à son duc légitime, Léopold, fils de Charles V. Les Lorrains dont la longue occupation française n'avait pu refroidir la patriotisme, accueillirent leur souverain avec enthousiasme. Les espérances qu'ils avaient fondées sur lui ne devaient être trompées. Désireux avant tout de repeupler ses États, Léopold multiplia ses efforts pour rappeler ceux de ses sujets qui s'étaient expatriés et pour attirer les étrangers. Partout où se trouvaient des terres incultes, on les leur abandonna moyennant une certaine redevance. C'est alors que s'établirent à La Neuveville, Michel BARROIS, du diocèse de Troyes, Germain MAIREL, de diocèse de Tarentaise, Jacques BONTUS, du diocèse de Gap, Louis SEGUIN, du diocèse d'Auxerre, Barthélémy TOTE, du diocèse de Langres, Barthélémy MARTIN, du diocèse de Saint Jean de Maurienne, etc. En même temps des privilèges furent accordés aux Lorrains qui se mariaient en Lorraine. De 1697 à 1720, nous voyons un grand nombre d'habitants des paroisses voisines se marier et se fixer ici : Humbert AUBRY de Vrécourt, Henri DORNY de Tiraucourt, Pierre DESCOT de Gironcourt, Claude et Joseph UTINEL d'Ollainville, Joseph EVROT de Removille, François GAUDE de Landaville, François EVRARD et François GILBERT de Bouzey, Didier PETITDIDIER de Vouxey, Etienne BASTIEN de Morville, Jean POCHE de Dombasle, Léonard GUILLERAY de Viocourt, Jean Charles MATHIEU, Nicolas JACQUIN, d'Attignéville, Nicolas BELLAMY, de Châtenois, etc.

Léopold obtint le résultat qu'il désirait. Une statistique de 1711 nous apprend que la population en Lorraine avait doublé depuis son retour. Et à ce peuple qu'il aimait, Léopold s'appliqua pendant toute la durée de son règne à procurer l'abondance et la paix. Voltaire a fait de lui ce bel éloge dans "Le siècle de Louis XIV" : "Un des plus petits souverains de l'Europe a été celui qui a fait le plus de bien à son peuple, Léopold trouva la Lorraine désolée et déserte, il la repeupla et il l'enrichit. Il l'a toujours conservée en paix pendant que le reste de l'Europe a été ravagé par la guerre. Il a procuré à ses peuples l'abondance qu'ils ne connaissaient plus. Je quitterais demain ma souveraineté, disait-il, si je ne pouvais faire du bien. Aussi a-t-il goûté le bonheur d'être aimé, et j'ai vu longtemps après ses sujets verser des larmes en prononçant son nom"

  • Sous le règne de François III qui succéda à Léopold, en 1729, la Lorraine continua à être florissante. La Neuveville qui comptait seulement 20 ménages en 1703 en avait 81 en 1736 : 27 laboureurs, 33 artisans ou manœuvres, 9 veufs, 6 garçons, 6 feux exempts, soit une population d'environ 350 habitants.

Une des causes de cette prospérité en Lorraine fut sans contredit l'introduction de la pomme de terre. Comme elle était de qualité médiocre, elle servit d'abord qu'à la nourriture des animaux. "Ce fruit, dit une ordonnance de 1715, apporté du fond des Indes, qui semble plutôt destiné à la nourriture des animaux qu'à celle des hommes, est devenu fort commmun dans toute la Vôge, surtout dans le temps mallheureux qu'on vient d'essuyer". À quelle époque le précieux tubercule fit il son apparition à La Neuveville ? Il n'y était pas connu en 1703, puisqu'il ne figure pas dans l'énumération des récoltes sujettes à la dîme. Mais on l'y cultivait en 1745 et probablement depuis peu. En effet le 3 décembre de cette année, le curé SIMONIN réclame la dîme des pommes de terre à Pierre PERRIN, fermiers des dames de Poussay et le tribunal de Mirecourt lui donne gain de cause. D'après la traduction, ce serait Jean GENIN venu de Belligny vers 1760 qui aurait vulgarisé l'emploi de la pomme de terre comme nourriture domestique.

La prospérité de la Lorraine ne pouvait qu'exciter davantage les convoitises de la France, et ce que la force des armes n'avait pu lui assurer, elle allait l'obtenir par une habile politique. En 1737, le duc François III quittait ses sujets éplorés pour épouser l'archiduchesse d'Autriche, et devenir bientôt Empereur d'Allemagne. En même temps le traité de Vienne donnait la Lorraine à Stanislas, roi détrôné de Pologne, avec clause de retour à la France après sa mort. Stanislas était bon, malheureusement, il ne fut pas libre de suivre les inspirations de son cœur. En fait, dès le début de son règne (1737) la Lorraine fut réunie à la France. Louis XV en effet, son gendre, s'arrogea aussitôt le droit d'y lever des subsides, d'incorporer des milices lorraines dans l'armée française, de désigner les fonctionnaires y compris le premier ministre, et Stanislas n'eut pas la fermeté de résister. Bientôt les régiments français vinrent séjourner en Lorraine, et il fallut les nourrir. Puis ce fut la Guerre de la Succession d'Autriche qui enleva à l'agriculture des milliers de Lorrains dont beaucoup périrent, tel Joseph COLLENOT de La Neuveville, ce furent de mauvaises récoltes, et malgré cela des réquisitions incessantes, des logements de troupes, de nouveaux impôts. Nos ancêtres regrettèrent alors plus vivement que jamais leurs anciens ducs et leur indépendance.

  • Nous avons une idée de la situation du village en 1753, quand Philippe JACQUIN de Neufchâteau réclame le remboursement d'un emprunt de 1638. Les habitants adressent une supplique au chancelier, disant qu'ils n'ont rien récolté cette année, qu'ils vivent de l'avoine qu'il achètent à crédit, qu'ils sont en plus chargés d'une compagnie de hussards hongrois au service de la France. Il demandent donc un sursis de deux années, sinon l'autorisation de louer leur paquis communaux. On leur accorde le droit de louer pour payer le sieur JACQUIN et employer le reste aux besoins les plus pressants de la communauté.
  • La Guerre de Sept Ans amena de nouvelles levées d'hommes et de nouvelles réquisitions; heureusement les récoltes furent plus abondantes. À peine cette guerre était elle terminée, que le duc Stanislas mourait, et la Lorraine était définitivement réunie à la France (1766).

Malgré tout, la population de La Neuveville ne cessait d'augmenter. Bientôt il ne fut plus possible à l'instituteur de recevoir les élèves dans son logis. La communauté se décida à construire en 1779, une maison d'école dans la rue de l'Eglise, (occupée aujourd'hui par M. Charles BRUNCHER), tout en conservant la classe dirigée par un sous-maître à la rue du Pont, dans une maison louée à cet effet. L'église elle même était devenue trop étroite pour une population qui comptait en 1785, 110 ménages, 473 habitants dont 315 communiants et 158 enfants en dessous de douze ans. Chaque dimanche, plus de cent personnes devaient rester dehors et suivre l'office dans le cimetière. Après bien des pourparlers avec le Chapitre de Poussay, décimateur du lieu, l'église actuelle fut construite et bénite en 1790.

  • Avec la Révolution commencent les guerres de la République et de l'Empire qui devaient durer 25 ans. Ce fut une époque glorieuse pour nos armes, mais désastreuse pour nos campagnes. Ici comme ailleurs des cultivateurs en grand nombre furent appelés sous les drapeaux, et beaucoup n'eurent pas le bonheur de revoir leur pays. Les uns tombèrent sur le champ de bataille, comme le capitaine Jean Claude GOURDOT, tué en Espagne, le sergent Laurent GOURDOT, son frère, tué à Wagram. les autres moururent dans les hôpitaux : Joseph TOTE à Sedan, Jean Claude GOMY à Lintz en Autriche. Hubert D'HABIT à Landau. d'autres enfin disparurent sans qu'on puisse indiquer le lieu et le genre de leur mort : Christophe et Charles BONNARD, Joseph BOUCHER, Claude François COLNOT, François CHERRIER, Claude LHOTTE, Etienne PERRU, François ROMAIN, etc. Le recensement de La Neuveville en 1820 contient cette phrase tristement significative : Il y a encore 30 militaires dont on ne peut justifier l'existence.

D'autre part, des réquisitions sans cesse renouvelées, épuisèrent le pays. Elles furent d'autant plus dures pour les habitants de La Neuveville que la caisse communale était vide depuis le procès pour le curage du Vair qui dura seize ans et lui coûta une somme énorme. Il y eut vraiment ici, comme il est dit dans certains papiers de l'époque, "des années de détresse".
On s'étonne après cela que le chiffre de la population ait continué de s'accroître; et cependant, il en fut ainsi comme le prouvent les statistiques. Nous avons vu qu'il y avait ici 473 habitants en 1785, ils étaient 535 en 1804, 571 en 1820, 578 en 1826. C'est là le plus haut chiffre que le village ait jamais atteint. On conçoit que le conseil municipal ait eu cette année l'intention d'agrandir l'église. Il ne le fit pas, et il eut raison sans le savoir; la population allait diminuer d'un tiers au cours du XIXe siècle.

La Neuveville au XIXe siècle (1826-1907)

Avec le XIXe siècle, nous assistons à la désertion des campagnes, et le village de La Neuveville a subi le sort des autres. Le nombre de ses habitants descend à 568 en 1840, à 542 en 1855, à 502 en 1865, à 461 en 1875, à 417 en 1900, à 402 en 1906.

Il semble que le XXe siècle doive arrêter cette décadence. L'établissement de la Verrerie de Gironcourt en 1902 a amené dans le pays de nombreuses familles ouvrières. Les maisons désertes de La Neuveville ont été occupées après celles de Houécourt, l'ancienne brasserie a été transformée en cité où les nouveaux arrivants demeurent jusqu'à ce qu'ils puissent se rapprocher de l'usine. La Neuveville comprend donc en 1909 une double population : celle du village qui est stable et compte environ 420 habitants, celle de la cité ouvrière sans cesse renouvelée et qui compte une vingtaine de familles avec 150 habitants.

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
Claude GOURDOT 1790 - 1791  
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Edmond DEFER 1965 - 1971  
Louis MAILLARD 1971 - 1977  
Aimé THIRION 1976 - 2001  
Gilbert DEFER 2001 - (2014)  
- 2008-(2014)  

Cfr : Sur le site Maires-GenWeb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
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Titulaires de fonctions religieuses ou civiles

Du XIVe siècle au XVIe siècle

La communauté de La Neuveville, sans doute parfaitement organisée dès le début du XIVe siècle (car formant depuis longtemps déjà une paroisse avec son église et son curé), récemment affranchie par son seigneur, le duc de Lorraine, possède une administration communale. Sa population en est assez nombreuse pour permettre de croire qu'elle a aussi son régent d'école, dont les noms successifs ne sont parvenus aux générations ultérieures.

  • Jean Cabley, tabellion ou notaire à La Neuveville de 1596 à 1635.
  • Jean Cabley (fils ou petit-fils du précédent), saulnier ou fermier du magasin à sel à La Neuveville en 1663 et les années suivantes.
  • Jean Joseph Cabley (1670-1723), fils du précédent, avocat à la cour et substitut de la prévôté de Châtenois.
  • Claude Guenel, tabellion à La Neuveville de 1671 à 1710.
  • Joseph Labbé, lieutenant des Gardes de S.A.R., résidant à La Neuveville en 1736.
  • Luc Pinot, médecin à La Neuveville en 1751
  • Pierre François Pinot, praticien à La Neuveville en 1762 et les années suivantes, originaire, comme le précédent, de Darney-aux-Chênes.

XVIe siècle

Pour cette époque, n'ont pu être recueillis qu'en partie les noms de ceux qui ont dirigé la communauté.

  • Le curé de La Neuveville jusqu'à la Révolution était présenté à la nomination de l'évêque de Toul par le décimateur du lieu, c'est-à-dire par le chapitre de la cathédrale de Toul jusqu'en 1626 et ensuite par l'abbaye de Poussay.

Nicolas CULLART (1490-1515), Dominique FABRI (1515-1520), Didier CABLEY (1520-1565).

  • Chasteliers, marguilliers ou fabriciens (Le curé était leur président de droit et il en fut ainsi jusqu'au décret de 1809) : Aucun d'entre eux n'est connu.
  • Régents d'école : N'a été trouvé aucun nom.
  • Mayeurs ou maires : Le maire de La Neuveville était élu pour un an par les habitants. Il avait pour mission de faire exécuter les ordres du seigneur, le duc de Lorraine, de rendre la justice avec les échevins dans les affaires civiles en première instance, de percevoir l'impôt, de gérer les biens de la communauté, de faire la police champêtre dont il taxait les amendes : il était même chargé primitivement de l'administration des forêts.

Jehan EVRARD en 1522 et 1532, Gérard CABLEY en 1557, Fr. THOUVENEL en 1561, Cl. CABLEY en 1572, Nicolas MOUGEL en 1574, Thouvenel GARDEUX en 1586 et 1587, Nicolas GUENEL en 1595 à 1596, Cl THOUVENEL 1596 à 1597.

  • Eschevins :

Nicolas VANIER, maître eschevin, Luc MENGENOT, eschevin, Mengin SIMONIN : petit eschevin en 1561

  • Greffiers : Par ordonnance du 1er décembre 1583, le duc Charles III ordonna d'établir des greffiers dans les justices inférieures, afin qu'on put y plaider par écrit, à cause des inconvénients qu'il y avait jusque là en cas d'appel.
  • Sergent de police : Nous n'en connaissons aucun pendant le XVIe siècle.

XVIIe siècle

  • Curés : Philippe ROY (1606-1652),

Philippe PHILIPPE (1652-1666), Christophe REMY (1667), Gengoulph HENRY (1667-1676), Jacques APPARU (1676-1688), Cl. CONTAL (1689-1703)

  • Chasteliers : Il en est fait mention en 1617 sans les nommer.

Fr. BOUCHER en 1694

  • Régents d'école : Il en est fait mention en 1628 sans les nommer.

Jehan CABIOT en 1661, Jehan LAGARDE (1668-1673), Nicolas SUISSE (1678-1681)

  • Mayeurs : A partir de 1615, le maire cesse de lever les impôts. Il est remplacé dans cette charge par un commissaire choisi chaque année par la communauté et qu'on nomme élu, en attendant le percepteur qui fait sa première apparition en 1806. Par une ordonnance du 8 janvier 1665, le duc Charles IV enlève aux maires et gens de justice de la prévôté de Châtenois, la connaissance des affaires civiles en première instance "pour inexpérience" et la donne au prévôt

Jehan THOUVENIN en 1607, Adam VOIRIN en 1611 et 1621, Nicolas GILLOT en 1626, Bastien PIEROT en 1633, Jehan PIEROT en 1635, Mengin PARNEL en 1637, Cl. VOIRIN en 1665, Cl. ADAM en 1666, Ch. BOUCHER en 1667, Christophe PERRIN en 1668, Pierre PRIEUR en 1669, Jehan COLLENOT en 1683, Cl. COLLENOT en 1689, Nicolas COSSIN en 1692, Pierre MORLOT en 1696, Dans une pièce de 1689, Fr MATHOUILLOT, Nicolas DIDIER, Nicolas CLAUDE, Léonard CANCRE figurent avec le titre "d'anciens mayeurs".

  • Eschevins : Mengin PIQUOT en 1626,

Le même maître eschevin en 1635 avec Mengin PARNEL comme eschevin et Jehan PARISOT comme petit eschevin, Ory PERRIN, maître eschevin en 1665, Florentin COLLENOT en 1669, Fr. MATHOUILLOT en 1668 et 1683.

  • Greffiers : Dominique GUENEL en 1683, Nicolas ADAM en 1689
  • Sergent de police : Nicolas HARQUEL en 1664

XVIIIe siècle

C'est au cours de ce siècle, à la mort du duc Stanislas, en 1766, que la Lorraine perd son indépendance pour devenir une province du royaume de France.

  • Curés : Ch. BLIN (1704-1706),

Fr. MASSELIN (1707-1722), Ch. André LATRAYE (1723-1727), J. PECHEUR (1727-1729), Fr; SIMONIN (1729-1772), Cl. Christophe NINOT (1772-1785), Ch. Léopold RELLOT (1785-1791). Ce dernier ayant refusé de prêter serment schismatique, est remplacé par Nicolas Dieudonné NAJEAN, prêtre assermenté (1791-1794), puis la paroisse reste sans curé jusqu'au rétablissement du culte en 1802.

  • Chasteliers : J. Ph; COLLENOT (1714-1739),

Fr; ROMAIN (1735-1777), Gabriel LHOTE (1778-1793), c'est à dire jusqu'à la suppression des Fabriques sous la Révolution J. B. FEAUX (1714), Fr. ADAM (1738), Nicolas GERMAIN (1738), Cl. Fr. ADAM (1747), Georges KIBLAIRE (1756-1757), Etienne BASTIEN (1758), J. Fr. GOMY (1787-1788)

  • Régents d'école : J. B. FEAUX (1706-1721),

Fr. POINCOT (1722-1731), J. BEGIN (1736-1742), Philippe BERCON (1745-1763), Nicolas MONIQUART (1764-1772), Fr. CHEVILLOT (1773-1776), Michel VOILQUIN (1776-1803), Fr. RATTE, sous maître (1777-1782),

  • Maires : Par une ordonnance du 3 avril 1738, le duc Stanislas enlève aux maires la gestion des biens de communauté pour la donné à un syndic élu aussi chaque année par les habitants. D'après un document de 1783, les fonctions de maires à La Neuveville se réduisent : "à l'exercice de la police, l'exécution des ordres de S.A. et la taxe des amendes champêtres"

J. Ph. COLIN en 1703, Florentin COLLENOT en 1705, Louis MATHIEU en 1729, Richard VUIDEL en 1734, J. MORLOT en 1738, Cl. BOUCHER, Jean COLLENOT, Cl. GOURDOT figurent à cette époque avec le titre "d'anciens maires", Jacques PERRIN de 1744 à 1745, Pierre RENARD en 1747, J. ADAM en 1751, Cl. EVRARD en 1752, P. Fr. MORLOT en 1755, Fr GAUDE en 1756, Dominique CHARPENTIER en 1757, Quentin VUILLEMIN en 1758, Fr. ROMAIN en 1759, Ch. PETITDIDIER en 1768, J.B. ROMAIN en 1772, P. Fr. MORLOT en 1777, J.B. SYLVESTRE de 1778 à 1779, J. Cl. DROUOT en 1780, Cl. MATHIEU en 1784, Jean DURAND de 1786 à 1787, Gabriel LHOTE de 1787 à 1788, Cl. MATHIEU et Etienne GAUTHIER en 1789, Cl. GOURDOT de 1790 à 1791, Cl. MATHIEU de 1791à 1792, J. N. ROUSSELLE de 1792 à 1795, J. AUBRY en 1795,

La Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795) ayant supprimé les municipalités dans les communes de moins de 5000 âmes, il n'y eut plus de maire à La Neuveville, mais un agent municipal. L'ensemble des agents municipaux de toutes les communes du canton formaient la municipalité du canton de Châtenois. Voici les noms des agents municipaux de La Neuveville : Pierre PERRIN (1795-1797, J. N. COLSON (1797), Jean CLEMENCIN (1797-1798), J. Fr. GOMY (1798-1800).

  • Eschevins : Henry MORLOT en 1729

L'ordonnance de 1738, qui établit les syndics supprimait en même temps les échevins

  • Syndics : Nicolas GERMAIN en 1741, Ch. PETITDIDIER (1744-1745), J. UTINEL en 1748, Nicolas COLSON en 1750, Henry SAUTRE (1751-1752), J. MORLOT (1752-1753), Fr ROMAIN (1753-1754), Fr. PERRIN (1754-1755), J. ADAM (1755-1756), Nicolas GOMY (1756-1757), Fr. ROMAIN en 1763, Gabriel LHOTE en 1768, Fr. PERRIN (1771-1773), Hubert D'HABIT (1776-1777), Christophe BONNARD (1778-1779), J. AUBRY en 1780, 1781, 1783 et 1784, Cl. J. ADAM (1786-1787), J. Fr. PIERROT (1787-1788), Fr. PERRIN (1788-1789)

Depuis la réorganisation des municipalités jusqu'à leur suppression, c'est à dire de 1789 à 1795, le syndic qu'on appelait aussi procureur prit le titre d'agent national. Cette charge fut exercée à La Neuveville par J. B. SYLVESTRE en 1790 et 1791, J. Michel GUILLAUME en 1792 Jean GENIN de 1792 à 1795, Pierre PERRIN en 1795. Avec la nouvelle Constitution, celui ci perdit son titre d'agent national et prit celui d'agent municipal.

  • Greffiers : Nicolas BELLAMY en 1729, Etienne ROYER en 1751, Nicolas GOMY en 1755, Pierre MATHIEU en 1757, Michel GUILLAUME (1772-1787), J. Claude DROUOT en 1787, J. B. SYLVESTRE (1788-1789), J. Claude DROUOT (1789-1790), Michel VOILQUIN, instituteur (1790-1806)
  • Sergent de police : Etienne BASTIEN en 1755, Fr. ADAM en 1757, J. Nicolas ROUSSELLE en 1777 et 1779, J. MATHIEU en 1788, Nicolas MARCHAND en 1793, Pierre POULET en 1794,
  • Lieutenants du Maire : Jean GAUTHIER en 1755, Gabriel LHOTE en 1755, Cl. MATHIEU en 1786, Jean DURAND en 1788

Ce petit nombre de titulaires que nous avons pu découvrir pour toute l'époque antérieure à la Révolution nous porte à croire que les habitants, après avoir élu leur maire chaque année, ne lui donnaient un aide que dans des cas très rare, par exemple quand sa santé ou des travaux plus importants entrepris par la communauté l'exigeaient.

XIXe siècle et XXe siècle

Curés : Ch. Léopold RELLOT, pour la deuxième fois (1802-1824), Nicolas JAUGEON (1826-1837), J. B. Fr. RENARD (1837-1849), J. Nicolas CARRE (1849-1850), Eugène CREUSAT (1850-1851), J. B. GRANDJEAN (1851-1866), J. Nicolas LECLERE (1866-1883), Ch. Aug. ROBIN (1883-1892), Isidore GUYOT (1892-1898), Adolphe JACQUOT (1898-1902), Léon Albert PETITJEAN (1902- )

  • Fabriciens :
  • Président : Le curé jusqu'à l'application du décret de 1809

Ch. Nicolas KIBLAIRE (1811-1816), L'abbé RELLOT (1817-1824), L'abbé THUUS, curé de Houécourt, administrateur de La Neuveville (1824-1826), L'abbé JAUGEON (1826-1835), Brice CHICANAUX (1835-1840), Louis BERARD en 1841, Fr. COLNOT (1842-1850), Laurent MATHIEU en 1851, Cl. D'HABIT (1852-1879), Pierre MANIGUET (1880-1885), Pierre J. DORGET (1886-1888), P. F. BRUNCHER (1888-1895), Cyrille PIERROT (1895-1898), J. PIERROT (1898-1906), La loi de séparation de 1905 a supprimé les fabriques et confisqué leurs biens. Dans le conseil paroissial institué l'année suivante, le curé est comme autrefois président de droit.

  • Trésoriers : L'abbé NINOT (1804-1821),

Cl. D'HABIT (1822-1826), Cl. J. VOILQUIN (1826-1836), Brice CHICANAUX (1836-1846), Nicolas BRUNCHER (1846-1849), Cl. J. BRUNCHER (1850-1851), Pierre J. DORGET (1852-1863), J. B. Paulin ADAM (1864-1871), Benjamin CHICANAUX (1871-1906),

  • Secrétaire : Généralement le curé de la paroisse
  • Instituteurs : Brice CHICANAUX (1803-1831),

Justin Marc DEMOGE (1831-1841), J. B. TOCQUARD (1842), Cl. Jules HUMBLOT (1842-1852), J. B. Paulin ADAM (1852-1871), Julien Oscar MANGEOT (1871-1872), Fr. Arsène BARRAT (1873-1883), Ch. Evre CAUVE (1883-1887), Ferdinand ANDRE (1887-1894), J. PIERRE (1894- )

  • Institutrices : sœur Célestine PARMENTIER, de la Doctrine (1806-etc.),

Sœur Françoise HENRY, de la Providence (1813-etc.), Sœur Marie Alexis FERRY, de la Doctrine (1834-etc.), Sœur Cécile DESCHEZ, de la Providence (1837-1840), Sœur Théodule BOULANGER, de la Providence (1841-1884), Sœur Eubertine COLLIGNON, de la Providence (1884-1893), Mlle THOUVENOT (1895-1897), Mlle COINCE (1897-1901), Mlle PRIMART (1901), Mme HATTON (1901-1907), Mme MOLITOR (1907- )

  • Maires : La loi du 28 pluviose an VIII (17 février 1800) a ré-institué les administrations communales, que la Constitution de l'an III avait absorbée en partie dans l'organisation cantonale. Depuis ce jour La Neuveville a eu son maire et son adjoint nommés par le préfet jusqu'en 1876 et depuis par le conseil municipal.

J. Fr. GOMY, agent municipal, maire provisoire en 1800, Cl. GOURDOT (1800-1808), Ch. Nicolas KIBLAIRE (1808-1815), Jean COLY (1815-1825), Léopold DAUTREY (1825-1833), J. B. MORLOT (1833-1843, Pierre Augustin POIROT (1843-1847), J. B. MORLOT (1848), Cl. J. MATHIEU (1848-1852), Cl. J. BRUNCHER (1852-1853), Nicolas Benjamin VOILQUIN (1854-1858), Fr. Léopold DAUTREY (1858-1860), Fr. Fourier COLY (1860-1862), Nicolas Zéphirin ROUSSEL (1862-1870), Cl. J. D'HABIT (1870-1781), J. B. MORLOT (1871-1884), Gustave DAUTREY (1884-1885), Eugène HENRY (1885-1888), J. B. MORLOT (1888-1898), Cyrille PIERROT (1898-1903), J. B. MORLOT (1903- )

  • adjoints : Cl. D'HABIT (1801-1817),

Hyacinthe Henri POIROT (1818), Cl. D'HABIT (1820-1826), P. Fr. GOURDOT (1826-1832), J. B. MORLOT (1832), Michel GUILLAUME (1832-1833), D. HUGO (1834), Augustin POIROT (1835-1843), J. B. MORLOT (1843-1848), Cl. Michel GUILLAUME (1848), Ch. N. COLY (1848-1850), Laurent MATHIEU (1852-1860), Cl. J. BRUNCHER (1861-1864), Pierre J. DORGET (1865-1870), J. MILLOT (1873-1874), J. BRUNCHER (1876-1880), Cl. J. D'HABIT (1880-1884), Cyrille PIERROT (1884-1888), Eugène HENRY (1888-1892), Cyrille PIERROT (1892-1896), Eugène HENRY (1896-1898), Louis Auguste MANIGUET (1898-1900), J. B. MORLOT (1900-1903), Auguste HENRY (1903-1908), Louis HUMBLOT (1908)

  • Greffiers : Depuis la Révolution, l'instituteur a été greffier ou secrétaire de mairie.


Étude sur le nom et l'origine des familles de La Neuveville-sous-Châtenois

Seules les familles ayant vécu environ un siècle à La Neuveville figurent dans cette étude.

Pictos recherche.png Article détaillé : Étude sur le nom et l'origine des familles


Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés

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Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin - - - - - - -
Après-midi - de 16h00 à 19h00 - - de 17h00 à 19h00 - -
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Mairie
Adresse : 350, Grande Rue - 88170 LA NEUVILLE-SOUS-CHÂTENOIS

Tél : 03 29 94 46 37 - Fax : 03 29 94 46 37

Courriel :

Site internet :

GPS : -° / -° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire : Chaque mardi de 16h à 19h et vendredi de 17h à 19h

Source : Commune (04/2010)

Associations d'histoire locale

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie


  • Monographie de l'abbé Petitjean (curé de La Neuveville-sous-Châtenois, avant 1914), publiée dans le bulletin paroissial du village.

Les modifications de dates respectent intégralement celles notées dans l'œuvre de l'abbé Léon Albert PETITJEAN, éditée par son successeur, l'abbé Alexis GRANDJEAN. La monographie complète compte 220 pages. Un certain nombre de manuscrits fort intéressants et très bien documentés, remarquable travail d'historien, n'ont pas été publiés puisque la parution s'arrête en août 1914. Quelques dessins: école, ancienne église, couverture de la revue, illustrent les textes. Ils ont été réalisés par les frères Minoux de Ménil. (un tableau de leur facture ornait le fond de l'église de L.N. Il représentait Ste Thérèse de Lisieux épandant une pluie de roses sur la terre)

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