BRIOT Nicolas

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Nicolas Briot, graveur, médailleur, mécanicien

Jean Roussat, lieutenant du roi, par Nicolas Briot, 1599
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Nicolas Briot nait en 1579 et est fils de Didier. Il est le plus connu, en particulier chez les numismates, sinon le plus talentueux des Briot. Il excelle dans les domaines les plus variés. Il mène une vie tourmentée et difficile, ayant à combattre les rigidités de ses commanditaires et l'adversité.

Veuf de Pauline Nisse en 1608, seul avec son fils Philippe, il se remarie avec Esther Pétau, dont il a un fils, Jacques et une fille, Esther. Il décède en Angleterre et est inhumé à Londres le 25 décembre 1646.

Après un apprentissage dont on sait peu de chose, sinon qu'il fait quelques passages à Montbéliard auprès de son oncle François, graveur. Sa présence est révélée dans une procédure que François Briot soutient contre le cordonnier Hugues Bricardet : "d'aultant, alléguait-il, que le nepveu du demandeur, dont mention est faicte en son livre de raison, estoit lors et au temps y rapporté domestique d'iceluy demandeur".

En 1601 il grave le portrait de Jean Bauhin, conservateur des médailles du comte de Montbéliard. Il est à Langres en 1599 et grave le portrait de Jean Roussat, lieutenant du roi. de France.

Grâce à des relations nouées à Langres, bien que réformé, mais l'édit de Nantes le permettant, il s'installe à Paris comme graveur en taille douce. Il fréquente la société intellectuelle et grave quelques portraits. Il est pourtant plus connu comme médailleur-monnayeur ou comme mécanicien. Il travaille chez le tailleur général de la monnaie, c'est-à-dire que c'est lui qui a la maîtrise de la fabrication des matrices servant à imprimer les monnaies du royaume.

Sans successeur, ce tailleur lui cède sa charge en 1606. Il grave alors des essais de monnaies à l'effigie du roi Henri IV ; puis des médailles du jeune roi Louis XIII à son avènement et à son couronnement. Il grave aussi les matrices des monnaies et entre en conflit avec les contrôleurs des monnaies.

Parallèllement, avec son père qui a obtenu en fermage la frappe des monnaies du duc de Nevers, Charles de Gonzague, à Charleville, il grave les effigies de ce prince de 1608 à 1611, puis celles du duc de Bouillon à Sedan de 1612 à 1614. Il utilise alors des machines d'usage fréquent dans divers états de l'empire.

Il est aussi graveur général du duc de Lorraine, qu'il équipe de presses à rouleaux venues de Nuremberg, tandis que son oncle François Briot les essaie à Montbéliard.

Il essaie de généraliser l'usage de ces machines en France pour toutes les frappes, seules certaines monnaies et les médailles l'étant alors à Paris. Il se heurte à la cour des monnaies et aux ouvriers de la frappe au marteau. Il lui est en même temps interdit de travailler pour des princes étrangers. Ces conflits durent plus de dix ans, avec des péripéties plus ou moins favorables. Il obtient même le fabrication des monnaies en fermage. Mais les difficultés ne cessent et finalement il quitte la France pour l'Angleterre en 1625, rejoint par deux de ses élèves.

Après quelques travaux pour la Couronne, il est assez vite introduit à la monnaie. Mieux apprécié qu'en France, il obtient en 1628 la charge de "chef graveur de la monnaie". En 1630, le roi d'Angleterre Charles Ier lui donne le quasi monopole de la fabrication des médailles. Il peut s'installer avec ses machines à la Tour de Londres. En 1634 il est nommé graveur des coins de sa Majesté. En 1635, il est nommé directeur de la fabrication de la monnaie de l'Ecosse, charge partagée avec son gendre John Falconer, le mari d'Esther, et réside un temps à Edimbourg. Puis vient la guerre civile, avec le renversement du roi. Il erre , va à York et à Oxford, essaie de sauver ses machines.

Il fait de brefs séjours en France entre 1641 et 1645 et envoie des machines à son frère Isaac à Paris. Ce dernier a été enfin, plus de quinze ans après les refus opposés à son frère, investi par la cour de France pour battre monnaie, sous la direction du conducteur de la monnaie.

Il meurt la veille de Noël 1646. La Couronne d'Angleterre doit beaucoup d'argent à sa veuve qui est placée sur la liste des secours pour la somme de 3 000 £ à la restauration de la monarchie des Stuart.


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