85076 - Cugand

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Cugand
Blason Cugand-85076.png
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 85 - Blason - Vendée.png    Vendée
Métropole
Canton Canton de Mortagne-sur-Sèvre (Canton 85 11)

Blason Montaigu-85146.png   85-14   Montaigu (Ancien canton)

Code INSEE 85076
Code postal 85610
Population 3 466 habitants (2016)
Nom des habitants Cugandais, Cugandaises
Superficie 1 347 hectares
Densité 257,31 hab./km²
Altitude Mini: 13 m
Point culminant 71 m
Coordonnées
géographiques
47.063056° / -1.253333° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
85076 - Carte administrative - Cugand.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

Histoire.png Histoire de la commune

Les origines

Si on en croit la signification de Cugand - de cocut ou cucut adjectif dérivé du pré-indo-européen cucc (hauteur arrondie) probablement avec le breton gwenn (blanc) - l'occupation du site commence avant la venue des romains. Il s'agissait des Pictons, tribu gauloise, qui combattirent vaillamment les légionnaires de César.

D'après Grégoire de Tours, historien du VIe siècle, Conan Mériadec obtint du tyran Maxime, le pays qu'il venait de conquérir avec le titre de roi. Ce pays était l'Armorique ou la Bretagne. Maxime ayant été tué dans la bataille auprès d'Aquilée en 391, Conan reconnut Théodore comme empereur. Il porta la guerre dans l'Aquitaine, il se rendit maître du pays de Retz en 405, il secoua le joug des romains en 410. Pour enrayer les incursions dévastatrices bretons, l'empereur Honorius fit construire des fortifications appelées "mur d'Honorius" qui consistaient en des tours dont la base était de pierres et les étages de bois et où sont aujourd'hui les communes de Cugand, Gétigné, Boussay, Clisson, Bois-de-Céné, Legé, Saint-Étienne-du-Bois et Tiffauges.

Pour dédommager les habitants de notre région, de l'ennui de ces garnisons et des incursions des gens de guerre, il fut accordé à ceux-ci certains privilèges. Ce serait l'origine des Marches de Bretagne.

De ces temps anciens, il ne resterait que peu de vestiges : les piles d'un pont au fond de la Sèvre au Bas-Noyer (voie romaine de Durivum (Saint-Georges-de-Montaigu) à Angers) et des vestiges près d'une ferme à l'Ambenière (voie romaine de Durivum à Clichio (Clisson)).

Les Marches de Bretagne et de Poitou

À l'origine, certainement plus cohérentes, les marches communes de Bretagne et de Poitou se scindaient au XVe siècle en plusieurs morceaux. À l'est, entre Clisson et Tiffauges, se trouvaient les Hautes Marches qui comprenaient les quatre paroisses de Gétigné, Boussay, Cugand et La Bruffière, lesquelles dépendaient simultanément des seigneuries de Tiffauges (Poitou) et Clisson (Bretagne) pour le temporel et pour le spirituel Cugand et Gétigné dépendaient du diocèse de Nantes et Boussay et La Bruffière de celui de Luçon.

Cette zone jouissait de privilèges particuliers, confirmés successivement par les ducs de Bretagne puis par les rois de France. Ainsi, Jean V, duc de Bretagne, reconnut par une charte du 3 septembre 1431, l'antiquité des franchises et privilèges des Marches :

« Jehan (…). A noz senneschal, alloué et procureur de Nantes (…) salut. Venuz sont par devers nous pluseurs des manans et habitans en la marche ancienne (…) complaignans humblement et expousans comme de touz temps ils aient acoustumé estre et demorez francs et exempts de touz fouages, aydes, subcides, quetz, gardes, subvencions ou imposicions quelconques, par ce qu'ilz sont en marche commune de Bretagne et de Poictou, qui est en celle exempcion et previlège, sens ce qu'il soit licite à l'une seignorie riens impouser de charge nouvelle esd. marches, sans l'assentement de l'autre, et furent les chouses ainsi introduites anciennement, ad ce que lesd. marches communes peussent demeurer habitées et fréquentées (…). »

Puis, par ordonnance du roi, Louis XIII, datée du 8 juin 1639, les habitants des Marches durent payer une taxe pour se maintenir dans leur privilèges. Celle-ci sera acquittée en 1642, 1651, 1661, 1678, 1681, 1704 et 1762.

Lors des états généraux de 1789, fait unique en France, les trois ordres (noblesse, clergé et tiers-états) rédigèrent ensemble leurs doléances : conserver les privilèges des Marches. Ce que la Convention refusera.

La Révolution

L'abolition des privilèges, le 4 août 1789, souleva l'indignation générale : la population de Cugand se réunit pour protester. Ensuite, la constitution civile du clergé, le 12 juillet 1790, et la levée en masse de 300 000 hommes décrétée par la Convention, déclenchaient le début des guerres de Vendée dans la région. Le recteur LE BASTARD refusant de prêter serment, se réfugia dans la clandestinité.

Tout débuta le 11 mars 1793, quand 4 000 paysans des paroisses environnantes marchèrent sur Clisson. Sous la conduite de BELORDE de La GRENOTIÈRE, la garde nationale se porta sur Cugand, faisant 16 prisonniers et un autre détachement plusieurs morts sur Gétigné. Malgré les renforts venus de Nantes, sous l'impulsion de la prise de Cholet, le 14 mars, les insurgés prirent Clisson et s'emparèrent de Vertou le 18. M. de Vieux, seigneur du Pin Sauvage était le commandant général de ce rassemblement.

Le 16 septembre, les troupes républicaines arrivèrent à Clisson. Au cours de cette bataille, les insurgés battant retraite furent repousser au combat par leurs femmes qui les traitaient de poltrons et de couards, les républicains furent finalement battus à Torfou le 19. Devant l'impossibilité de vaincre, la République créa 12 colonnes infernales charger de tuer et de brûler tout ce qui se trouve sur leur passage. L'une d'elles fera plusieurs passages à Cugand dont un le 10 juin 1794. Durant cette période, on estime qu'environ 200 cugandais périrent. En 1789, Cugand comprenait environ 1 800 habitants.

Outre cette guerre, la Révolution a apporté d'autres changements. Ainsi, par la loi du 15 janvier 1790, les départements et les communes virent le jour. Dans ce découpage, Cugand se retrouve en Vendée ce qui n'était pas du goût des habitants. Ils rédigèrent une réclamation à l'adresse du Procureur Général Syndic demandant à être réunis au district de Clisson, le 10 juillet 1790. Si au départ, celui-ci sembla favorable au projet, il se rallia au point de vue de l'abbé Richard de La VERGNE, député des Marches et originaires de Boussay, pour maintenir Cugand en Vendée.

L'industrialisation de la Sèvre

Cugand étant dans les Marches de Bretagne et de Poitou, les habitants jouissaient de certains privilèges. Pour tirer le meilleur parti de leurs exemptions très favorables aux échanges commerciaux (les marchandises voyageant sans taxes), ils multiplièrent moulins et manufactures dans la vallée de la Sèvre. Aux anciens moulins à blé et à seigle, ils ajoutèrent des moulins à tan, à foulon, à papier dans lesquels la force hydraulique permettait une mécanisation partielle de la production. Dans le même temps, alors que le filage de la laine, du chanvre, du lin et, plus tard, du coton était assuré par les femmes des villages travaillant à domicile, le tissage devint l'œuvre d'artisans spécialisés regroupés dans le bourg.

On situe généralement au XVIe siècle, l'exploitation rationnelle des chaussées par les entreprises artisanales : on avance les dates de 1562 pour Hucheloup, 1587 pour la Doucinière, 1593 pour Antières, 1595 pour Fouques. Examinons les différents occupations des chaussées :

  • La Haute Doucinière : un moulin à blé (1686), un foulon
  • La Basse Doucinière : un moulin à blé (1586), un foulon puis une usine électrique (1915-1920)
  • Hucheloup : un moulin à blé (1522), un foulon (1562) puis une filature (1835-1985)
  • Bas-Hucheloup : un moulin à blé (1522) puis une tannerie (XIX siècle) et une chamoiserie
  • Fradet : un moulin à blé (1503 - 1900)
  • Antières : un moulin à blé (1430), un foulon (1593), une papeterie (1644-1934), une cartonnerie (1946-1960) puis une fabrique de caoutchouc et matières plastiques (depuis 1960)
  • Gaumier : un moulin à blé (1522), un foulon (1595-1957) et un tissage (1815-1957)
  • La Grenotière : un moulin à blé(1522), un foulon (1595) puis une tannerie
  • Fouques : un moulin à blé (1522), un foulon (1595) puis une forge (1776-1828) et une filature (1828-1960)
  • La Feuillée : un moulin à blé (1522), une papeterie (1680-1839), une filature et teinturerie (1839-1899), une tannerie (1899-1929), une chamoiserie (1929-1969) puis un studio de cinéma (depuis 1969)
  • Plessard : un moulin à blé (1634-1815) devenu minoterie (1815-1910), une usine électrique (1910), une tannerie transformée en gîtes ruraux.

Penchons-nous sur les deux principales activités : le papier et le tissage. Quel était, à cette époque, le procédé de fabrication du papier? L'eau de la Sèvre était indispensable à chacun des stades de la fabrication, sauf pour le séchage! L'eau passait par le pourrissoir des vieux chiffons, préalablement triés par les femmes. L'eau s'écoulait dans les lavoirs où on nettoyait les morceaux coupés, avant la transformation en pâte à papier sous l'action des moulins à maillets ou des moulins à cylindres. Le travail se faisait dans des cuves en bois revêtues intérieurement de plomb.

Quand on voulait utiliser cette pâte stockée dans les dépôts, on en revenait à l'eau de la Sèvre pour le délayage. Enfin, et c'était tout l'art du compagnon papetier; il fallait savoir tremper la forme (le moule, sorte de châssis garni de fils de laiton ou de cuivre) dans la pâte, l'égoutter, la passer à l'ouvrier coucheur qui la posait sur des feutres ou des cylindres garnis de laine. Restait à presser, à étendre, sécher et encoller, presser de nouveau et enfin étendre au soleil ou au séchoir avant de le lisser.

Au bord de la sèvre à Gaumier, il existe un ancien moulin à foulon dont la survivance est miraculeuse. Il donne un exemple étonnant de ce procédé à deux piles, jadis très commun et maintenant rarissime. Le battage hydraulique avec de lourds maillets frappant les draps de laine est une opération d'apprêt, complémentaire du filage, du tissu et de la teinturerie. Il a pour objet de dégraisser, de réduire et de donner du liant, voire de satiner les étoffes appelées tiretaines ou kalmouks, selon les dimensions. Opération très délicate, prolongée plusieurs heures, de nuit comme de jour et physiquement très éprouvante, pour qui le pratique. Les étoffes étaient ensuite séchées sur un pré voisin sur un fil.

Tout au long du XIXe siècle, Cugand fut la commune de Vendée la plus industrialisée. La fermeture de la dernière filature, en 1985, mit fin aux activités sur les bords de Sèvre et à une aventure commencée au XVIIe siècle. Aujourd'hui, il ne reste que quelques ruines et une Mutualité, réunion des deux sociétés mutualistes de la commune, l'une fondée en 1841 (par les fileurs et première association du département) et l'autre en 1849 (par les papetiers et qui était la neuvième).

Histoire administrative

  • Département - 1801-2020 : Vendée
  • Arrondissement - 1801-1810 : Montaigu, 1810-1814 : Napoléon-Vendée, 1814-1848 : Bourbon-Vendée, 1848-1870 : Napoléon-Vendée, 1870-2020 : La Roche-sur-Yon
  • Canton - 1801-2015 : Montaigu -->2015-2020 : Mortagne-sur-Sèvre
  • Commune - 1801-2020 : Cugnand (Cugand)

Résumé chronologique :

  • 1801-.... :

Héraldique

De gueules à l'aigle d'argent, becquée et membrée d'azur.

Blason des Seigneurs de Cugand du Château du Pin Sauvage.

Patrimoine.png Patrimoine bâti

  • Manoir du Pin-Sauvage du XVIIe siècle, inscrit
  • Église néogothique du XIXe siècle

Repère géographique.png Repères géographiques

Cugand cadastre.jpg

Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population ? 1 302 1 689 1 828 1 943 2 022 2 190 2 255 2 246 2 249
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 2 295 2 187 1 996 2 058 2 044 2 147 2 129 2 186 2 273 2 243
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 2 290 2 081 2 169 2 055 1 860 1 826 1 907 2 110 2 199 2 425
Année 1982 1990 1999 2006 2008 2016 2021 - - -
Population 2 525 2 627 2 776 3 171 3 164 3 466 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2016.


Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

  • François BRILLAUD, peintre, né en 1847, décédé en 1920

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
René BOUSSEAU 1790 - 1792  
Jean-Baptiste MERCIER 1792 - 1798  
Pierre BAUDRY 1798 - 1799  
Jean GOURAUD 1799 - 1803  
René MASSICOT 1803 - 1814  
Jean POISSON 1814 - 1817  
René MASSICOT 1817 - 1823  
Jean GUILLAUMÉ 1823 - 1825  
Jean-Germain MERCIER 1825 - 1827  
Thomas MÉNARD 1827 - 1830  
Paul DAGNET 1830 - 1837  
Jacques COINTRELLE 1837 - 1841  
Jean PÉQUIN 1841 - 1846  
Louis DURAND 1846 - 1852  
Jacques COINTRELLE 1852 - 1855  
Pierre GUILÉ 1855 - 1860  
Léon PÉQUIN 1860 - 1871  
Charles BLANCHARD 1871 - 1872  
Gustave SAY 1872 - 1881  
Cyprien GOURAUD 1881 - 1908  
Auguste DURAND 1908 - 1969 Conseiller général  
Denise LEROY 1969 - 1983  
Marcel-Pierre STÉPANOVSKY 1983 - 1995  
Joël CAILLAUD 1995 - (2020)  
- -  

Cf. : MairesGenWeb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
Abbé Edmond Tesson.jpg Edmond TESSON 1939 - 1957 Décédé aux Sables-d'Olonne le 19 mai 1960 dans sa 72ème année  
- -  

Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés

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Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin 9h30-12h 9h30-12h 9h30-12h 9h30-12h 9h30-12h 9h-12h -
Après-midi 14h-17h 14h-17h 14h-17h 14h-17h 14h-17h - -
Commune.png

Mairie
Adresse : Place Vincent Ansquer - 85610 CUGAND

Tél : 02 51 43 70 70 - Fax : 02 51 43 61 33

Courriel : Contact

Site internet : Site officiel

GPS : 47.0625° / -1.25444444° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire :

Source : http://www.annuaire-mairie.fr (05/2011)

Dépouillements des registres paroissiaux

Diocèse d’Ancien Régime : Nantes.
Arrondissement : Montaigu jusqu’en 1810. La Roche-sur-Yon depuis cette date.
Canton : La Bruffière jusqu’en l’an X. Montaigu depuis cette date.
  • Actes les plus anciens : B 1595, M 1600, S 1596
  • Lacunes :
  • Actes paroissiaux :
B : déc. 1624-mars 1625
M : 1650-sept. 1651, mars-déc. 1668
  • Actes d'état civil (Voir le registre clandestin et les reconstitutions d’actes):
M : 1793-an II
ND : an II
NMD : an III-an IV
ND : an VIII

Archives notariales

Patronymes

Remarques

L'ensemble de l'état civil jusqu'en 1855 et des registres paroissiaux est consultable sur le site des archives de la Vendée

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • CUGAND, l'église et son mobilier, le cimetière, les croix et les monuments religieux, le calvaire paroissial - Ferdinand Poisson - 1913
  • Cugand, pages d'histoire - Louis Delhommeau - 1989
  • Cugand dans la tourmente ... 1760-1860 - François Mérand

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