79191 - Niort - Industrie automobile

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Industrie.jpg Histoire industrielle

Sur les parcelles 505, 529, 687 de Niort qui sont délimitées par les rues Langlois, Bastard-Pradel, de la Boule-d’Or et Tartifume. Une usine de construction automobile est fondée dans les années 1900. Une succession de dirigeants s'occuperont du développement, des innovations et de la réalisation d'automobiles au cours des décennies qui suivront, avec de nombreux brevets. Les ateliers construits rue de la Boule-d'Or et rue de Tartifume ont été démolis et remplacés par des immeubles dans les années 1980. Aujourd'hui ne subsistent plus de cette société que trois ateliers dans les rues Langlois et Bastard-Pradel. L'appel d'offre est clôturé, le démarrage prévisionnel des travaux en juillet 2017 d'une construction de 76 logements collectifs rue Bastard-Pradel et rue Tartifume à la place des ateliers est acté.

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Gaston BARRÉ né le 25 juin 1864 à Cholet (49), fils d’une famille aisée de commerçants. Il s'est installé vers 1888 comme armurier " arquebusier " à Parthenay (79). Il s'intéresse aux cycles et ouvre un magasin et un atelier rue Ricard à Niort (79). Il fabrique des cycles et dépose plusieurs brevets. Il commence une fabrication de tricycles, puis de quadricycles, équipés de moteurs monocylindres. Il développe son affaire et modifie la raison sociale de son entreprise.

Établissements Barré & Cie

L'activité principale de l'entreprise est la fabrication d'une gamme complète de voiturettes avec un moteur quatre temps monocylindrique et 7 voitures performantes et fiables. Le patron modifie une seconde fois la raison sociale de son entreprise.

Automobiles G. Barré

Gaston BARRÉ installe à Niort ses ateliers en 1898, rue Langlois et rue de la Boule d'Or. Le siège social et ses bureaux sont au 16, rue Langlois (aujourd'hui transformé en maison d'habitation privée). Il y restera peu de temps. Pour une nouvelle notoriété de l'entreprise il transfère son siège social au 212 bis, boulevard Pereire à Paris 17e. il reçoit la médaille d’or, à l’exposition universelle de Paris, en 1900. Il renouvelle sa gamme d'automobiles où le même châssis peut être transformé en véhicule utilitaire. Beaucoup de pièces sont désormais fabriquées à l'usine, notamment les châssis et certaines carrosseries ou encore de nombreuses garnitures en cuir. En 1905, la première quatre cylindres de la marque (moteur Ballot de 16 HP) fait son apparition et s'intercale dans une gamme qui débute en bas de gamme. Ce sont essentiellement les établissements Tirbois, Deversonne et Lardy, tous les trois de Niort, qui se chargent d'habiller les châssis Barré. Les carnets de commandes Barré sont pleins d'années en années.
Malheureusement, la guerre de 14/18 arrive. Gaston Barré obtient de l'armée une commande de près de deux millions de francs. La production automobile est stoppée pour la participation aux besoins de la Défense Nationale, au profit d'obus et de petits véhicules militaires destinés à l'armée ; ils sont équipés d’un moteur " Ballot " pour les Forces Françaises. C'est une aubaine pour lui, mais aussi la source de gros ennuis. Il n'emploiera pas tout l'argent de l'État pour les véhicules militaires, ce qui lui vaudra le conseil de guerre en 1917 et une petite amende. Le climat est morose, le siège social de l'entreprise réintègre l'usine de Niort. En 1920, Gaston BARRÉ s'associe avec son fils Maxime à qui il espère confier la direction de l'entreprise. La concurrence se fait sentir et apparaissent les premières difficultés financières. L'industriel s'associe alors avec un de ses actionnaires, M. Lamberthon, qui renfloue la trésorerie. La raison sociale de l'entreprise est transformée.

Barré & Lamberthon, Successeurs

Le siège social est maintenu rue Langlois, l'usine est transférée au 12, rue Tartifume. Les deux dirigeants lancent la fabrication d'une camionnette " Normande " de 500 à 1.500 kg de charge utile, bien accueillie par le public. En 1926 des désaccords apparaissent entre les associés, et M. Lamberthon se retire. D'où un nouveau changement de raison sociale.

Société Anonyme des Automobiles Barré

Maxime BARRÉ, son fils, en prend la direction, et son père ne participe plus à l'entreprise qu'il avait fondée. Les véhicules utilitaires ont été complètement abandonnées. Seules les voitures de 8/10 et 10/12 CV sont maintenues au catalogue. L'entreprise traverse de nouvelles difficultés financières et commerciales. Mais la survie de l'entreprise n'aura été finalement qu'un feu de paille puisqu'elle est mise en liquidation le 1er mai 1933. La vente de pièces détachées sera néanmoins assurée par deux employés pendant quelques années.

Les cycles

Cycles Barré
Cycles Barré
Cycles et automobiles

Salon de l'automobile

Le Président de la République au stand Barré 1903
Salon Automobile 1905
Châssis Barré 1905

Catalogues

Catalogue Barré 1909
Catalogue Barré 1912
Catalogue Barré & Lamberthon 1924
Catalogue Barré 1928

Divers

Voiture Tonneau
Atelier rue Langlois

Photo

Journal mensuel - La machine moderne - juillet 1918


Établissements Alphonse Binet & Cie

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Alphonse BINET né le 24 avril 1871 aux Roches-l'Évêque (41), toujours à l'avant-garde du progrès avec de modestes ateliers du début, questionna les aviateurs, transforma son outillage pour la réalisation de tendeurs d'avions que tous voulurent avoir. Les Établissements Alphonse Binet sont fondés le 1er novembre 1904 avec deux commanditaires. Le premier commanditaire a apporté et versé dans la caisse sociale 25.000 francs. Le second commanditaire a apporté à la société ses connaissances techniques et commerciales de l'industrie de la pièce détachée pour automobiles. La société sera gérée et administrée par M. Binet, seul associé responsable. Elle a évolué ensuite avec l'aviation. Dès son retour des armées, M. Alphonse Binet remit ses ateliers en marche et s'efforça de développer les fabrications de tendeurs pour avions et des pièces décolletées. Il réalise une production journalière de plus de 25 000 tendeurs complets et la fabrication des segments de pistons. L'expérience acquise par la maison Binet dans sa fabrication spéciale, lui a permis de rassembler un certain nombre de types de soupapes, les plus employés ou les plus normaux, et de constituer un stock disponible de plus de 50.000 pièces brutes ; ce qui est un excellent moyen pour répondre très rapidement à des demandes pressées, soit de soupapes brutes, soit de soupapes finies.
La raison sociale de son entreprise est au 6, rue de Jarente, Paris 14e.

Établissements Alphonse Binet

En 1914, la raison sociale de son entreprise est au 37, boulevard Bourdon à Paris 4e, ensuite au 46, rue Saint-Ferdinand à Paris 17e.
Les Établissements Alphonse Binet ont acquis un atelier rue Langlois à Niort (79), vendu en 1916 par Gaston Barré, un constructeur connu de voitures niortaises. Pour assurer son développement, ils n'ont reculé devant aucun sacrifice. Malgré cela, les travaux d'installation de l'atelier de Niort ont été ralentis en raison de la situation de guerre et de toutes sortes de difficultés. La spécialité des Établissements Alphonse Binet en moteur automobile est la fabrication de pièces de décolletage concernant essentiellement des pièces métalliques. Celles des boulons, écrous, vis, goupilles, rondelles, axes, segments de piston, circlips et toutes autres pièces décolletées. Ce n'est qu'en 1919 que le rendement de cet atelier pourra être assuré. M. Alphonse Binet dépose 12 brevets entre mars 1914 et novembre 1925. Une production emploie 150 personnes à Niort, ce qui place les Établissements Alphonse Binet au premier rang des fabricants de pièces détachées avec les ateliers de Paris et les usines de Délie et du Pecq (78).

Guerre 1939-1945

En 1939, la Société Niortaise de Constructions Mécaniques (SNCM) a été constituée notamment par les Établissements Binet et la Société Latil pour construire une usine d’armement avec des avances de l’État. Elle travaille uniquement pour les autorités occupantes.[1]
Elles réalisent des bénéfices importants. Le conseil d’administration est entièrement remanié en 1941 et ne comprend plus les fondateurs.[2]
Ils fabriquaient des petits tracteurs à chenilles pour l'armée allemande. En 1941 la SNCM a adhéré au Groupement Français de l'Automobile (GFA). Beaucoup de sociétés de constructions automobiles ce sont retirées.

Anciens Établissements A.Binet

En 1941, les Établissements Binet de Paris nomment un nouveau directeur général, Monsieur Pointard. La raison sociale est toujours au 46, rue Saint-Ferdinand à Paris 17e. Il réorganise les succursales en France pour établir un vrai projet commercial et modifie la raison sociale de l’entreprise. Il garde la succursale de Niort avec sa fabrication de pièces de décolletage et ne travaille plus pour l’armement. Il nomme un nouveau dirigeant à Niort.

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Jacques CLAUDEVILLE, né le 15 août 1910 à Saint-Servan-sur-Mer (35), est un commercial en automobile installé avant la guerre à Caen. Dès son retour des armées, il est nommé en juillet 1941 à Niort pour réorganiser l'entreprise.
Après la guerre la remise en marche de l'atelier de décolletage délabré, rue Langlois, avait toutes sortes de difficultés techniques liées aux machines-outils de production, aidé par son père qui était Chef de la Section des Torpilles à Direction Centrale des Constructions Navales de la Marine Nationale pour la remise en production de pièces de décolletage. L’entrée principale rue Langlois est fermée, elle se fait rue Bastard-Pradel par un hall de réception de marchandises et un atelier est transformé en magasin avec un vaste comptoir et des bureaux. Un chef magasinier et des magasiniers sont nommées. Un réseau commercial est mis en place pour le département des Deux-Sèvres. A la fin de la guerre, dans la France de 1945, le parc automobile est revenu au niveau de l’année 1930 et la pénurie est généralisée.

Les Trente Glorieuses de l’automobile

La croissance économique de l'après-guerre est générale à la production automobile. Elle triple pendant les Trente Glorieuses entre 1945 et 1975. Les infrastructures sont inadaptées dans le département des Deux-Sèvres. La production de pièces de décolletage est destinée aussi au service après vente et non plus uniquement à l’industrie automobile. Les commerciaux encouragent les garagistes à mieux s’équiper en outillage automobile moderne et suivent leurs approvisionnements. Dans l’atelier de décolletage, rue Langlois à Niort, un service de rectification de pièces moteur est créé. Les garagistes apportent leurs chemises amovibles ou leurs vilebrequins usagés à rectifier à la cote réparation. L'année 1956 marque le retour de la crise dans le domaine de l'automobile. En effet, suite à la nationalisation du Canal de Suez, les prix des carburants s'envolent. Quelques années après, Monsieur Pointard de Paris ferme l’atelier de décolletage. Les pièces de décolletage faites dans les pays de l’Est ont un coût moindre à la production. Une grande partie du personnel est licencié. Il conserve le service de rectification de pièces moteur. Le réseau routier des Deux-Sèvres et de la Charente Maritime manque de garages et de stations service. Les Anciens Établissements A.Binet ont acquis un magasin à Saintes (17), dirigé par M. Jacques Claudeville, pour équiper les nouveaux garages et stations service, d’outillage automobile, pont élévateur, équilibreuse de roue... En 1964, Monsieur Pointard du siège de Paris prend sa retraite et laisse derrière lui une entreprise florissante. Un nouveau directeur général est nommé aux Anciens Établissements A.Binet, malheureusement l’entreprise florissante n'aura été finalement qu'un feu de paille puisqu'elle est mise en liquidation en 1965.

Salon de l'automobile

Salon auto Binet 1907
Stand Binet 1911-1912
Stand Binet construction automobiles

Publicités décolletages

Décolletage
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Boulons graisseurs
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Masselottes à segments
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire

Publicités de segments Baionnette, Oblique, Lehmann

Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire

Autres publicités de segments

La trinité des segments
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Segment Lehmann

Publicités Foire de Niort

Tours Cazeneuve
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Atelier de rectifications
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire
Pièces détachées
Collection Deux-Sèvres Auto-Mémoire

Photo

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Fin d'une fabrication automobile

L'aventure automobile aura duré 67 ans. Les ateliers restants seront détruits, remplacés par 76 logements collectifs.




Référence.png Notes et références

  1. Impacts du STO : La Société Niortaise de Constructions Mécaniques (SNCM) de Niort travaille pour les Allemands ; 118 ouvriers requis pour Todt (Organisation Todt est rattachée au ministère de l'Armement et des Munitions en Allemagne) ou pour le Reich sont employés avec des faux papiers et en antidatant la date d’embauche, de même que 19 permissionnaires défaillants.
  2. Ce changement opéré au sein du conseil d'administration provient des mesures radicales de la politique de Vichy en matière d'aryanisation des entreprises. Vichy annonce en effet la confiscation des entreprises.


Visuel sources.png Sources

Essai d'histoire municipale de Niort de 1848-1914 par André Texier. Editions du terroir, Niort - 1982

L'aéronautique pendant la Guerre Mondiale, éditeur Maurice de Brunoff - 1919

L'industrie automobile: 1905-1971, par Jean-Louis Loubet, Collection Archives économiques du Crédit lyonnais

La Résistance dans les Deux-Sèvres, La Crèche, Michel Chaumet, Geste édition

Remerciement pour la collection de publicités de l'association Deux-Sèvres Auto-Mémoire à Saint-Aubin-le-Cloud (79)

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