79003 - Cahier de doléances - Aiffres

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Extrait des Cahiers de doléances pour les paroisses relevant de l'Abbaye de Saint Maixent. : Département des Deux-Sèvres: Cahier de doléances des sénéchaussées de Niort et de Saint-Maixent, et des communautés et corporations de Niort et Saint-Maixent pour les États généraux de 1789, Léonce Cathelineau , Imprimerie G.Clouzot - Niort , 1912 , 463p.


AIFFRES

Dép. : Deux-Sèvres. — Arr. : Niort. — Cant. : Prahecq.

Gén. : Poitiers. — Elect. : Niort. — Dioc. : Poitiers.

Haute justice ressortissant au château de Niort.

Princip. cult. : blé.

Seigneur en 1750 : De Montbrun.

Seigneur en 1789: Gabriel-Jean-Simon Berthelin de Montbrun, chevalier, seigneur d'Aiffres, Coulon, baron de Gondail, capitaine au régiment Royal-cavalerie.

Popul. en 1790 : 525 habitants.

Taille : 1,920 L.

PROCÈS-VERBAL

Le procès-verbal de cette paroisse n'a pu être retrouvé.

Date : 1er Mars 1789.

Population : 92 feux.

Députés : Antoine Marcon, syndic, et Louis Picou.


CAHIER DE DOLÉANCES

Aujourd'hui le premier mars 1789, à l'issue de la messe paroissiale, les habitants de la paroisse de Saint-Pierre d'Aiffres, assemblés au son de la cloche à la manière accoutumée, après s'être occupés de leur cahier de doléances, plaintes et remontrances, l'ont rédigé ainsi qu'il suit :

Ils déclarent que les impositions les accablent, qu'elles sont successivement et considérablement augmentées au moyen [de l'abus de l'enregistrement des lois fiscales ; qu'ils demandent pour l'avenir d'être assurés de la jouissance de leur bien conformément aux lois du royaume et qu'à cet effet, il soit arrêté dans l'assemblée de la nation :

Qu'aucune partie de leurs propriétés ne puisse leur être enlevée sous le nom d'impôts, s'ils n'ont été préalablement consentis par les Etats Généraux.

Que nul citoyen ne puisse être emprisonné, ni détenu qu'en vertu des lois du Royaume.

Que les ministres et tous les préposés au maniement des deniers publics soient, à l'avenir, responsables de toutes les sommes levées sur le peuple et que la répartition s'en fasse entre tous les citoyens à raison de leurs propriétés, sans distinction ni privilèges.

Que la Solidarité dans les redevances seigneuriales en blé ne puisse s'exercer au-dessus de deux ou trois années d'arrérages.

Qu'il soit libre de racheter ces redevances en blé ainsi que les terrages sur un prix donné à chaque espèce de grains pour ne laisser subsister que quelques; deniers de cens en marque de féodalité.

Que la chasse soit défendue à quelque personne que ce soit dans les temps qu'il y a quelques dégâts à commettre.

Qu'il soit défendu aux curés de la campagne de percevoir aucun casuel et que pour cet effet il leur soit assigné un revenu suffisant pour leur entretien et qui puisse les mettre à même de soulager les pauvres de leurs paroisses ; que les revenus des bénéfices simples situés dans chaque paroisse soient remis aux curés, aux fabriques des églises, pour le soulagement des pauvres de ces mêmes communes.

Que la quête que font les religieux mendiants leur soit interdite dans les campagnes.

Que les ponts-et-chaussées, les chemins ruraux soient réparés, les chemins vicinaux rendus praticables et fossoyés tout le long des champs.

10° Que presque toutes les impositions sont trop considérables sur une paroisse qui contient seulement vingt-sept à vingt-huit laboureurs et que les autres sont des pauvres journaliers dont une bonne partie mendie.

11° Qu'il est sur la paroisse d'Aiffres un prieuré dont le revenu assez considérable est perçu par les Dames religieuses de l'Abbaye de Saint-Jean-de-Thouars, qu'on ne voit aucune charge acquittée [par elles] sur la dite paroisse ; [celles-ci] devraient au moins fournir un vicaire à la paroisse d'Aiffres pour les messes et fondations dont sont ordinairement chargés les titulaires des bénéfices ; dans les hivers les plus rigoureux on n'a pas vu ces Daines religieuses faire passer aucune aumône à la paroisse où est situé le dit prieuré.

12° Seront tenus les députés de faire insérer les déclarations des habitants dans le cahier de la Sénéchaussée secondaire de Niort et de suite dans celui de la Sénéchaussée principale de Poitiers et de charger ceux qui seront députés aux Etats Généraux de les faire valoir et d'obtenir le redressement des griefs écrasant le peuple, la suppression des abus, comme le retranchement do toutes dépenses et dons inutiles.

Fait et arrêté en notre assemblée au lieu accoutumé, Aiffres le premier mars mil 1789.

(Suivent 15 signatures, celles de : Louis Picou, député ; Antoine Marcon, syndic et député, etc..)

Paraphé ne varietur.

(Signature manque.)