72183 - Marçon - patrimoine religieux

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Église Notre-Dame

Descriptions d'auteurs

Place de Marçon en 1905

En 1836, J.R PESCH décrivait l'église de Marçon comme suit :

  • Église à ouverture latérale Sud du genre roman, c'est-à-dire cintrée, à colonnes engagées, dont les chapiteaux sont ornés de figures grotesques ; celle occidentales semi-ogive, dont l'arcade était ornée de sculptures, presque frustes actuellement ; intérieur d'un style simple, le fond du chœur orné d'une belle frise supportée par six colonnes ioniennes cannelées, entre lesquelles sont placées cinq belles statues de la Vierge et des apôtres ; bas-côté occidental séparé de la nef par des arcades à plein cintre, à l'exception d'une qui est semi-ogive, d'eux d'entre elles ornées à la base de sculptures représentant des anges, etc. Croisées : les unes cintrées, les autres semi-ogives, dont quelques unes de style flamboyant, ce qui annonce des constructions et réparations du XIe au XIIIe siècles.
  • Clocher à flèches, posé sur une tour carrée à corniche romane, orné de médaillons à figures grotesques et de quatre pinacles supportant de petites statues en pierre.
  • Cimetière hors du Bourg (nord-ouest), clos de murs mal entretenus.

En 1850, Henri GOUSSON, maire de Marçon, et auteur d'une Histoire topographique, statistique et médicale de la commune de Marçon écrivait :

« Le Bourg de Marçon se compose d'une vaste place dont la forme est celle d'un parallélogramme un peu irrégulier, à l'extrémité Ouest duquel se remarque l'église dédiée à Notre-Dame, assez beau vaisseau, avec clocher à flèche, et dont l'origine remonte dit-on, aux onzième ou douzième siècle, plus d'une rue principale et quelques rues latérales ».

En 1909, l'abbé Paul CHAUDRON, écrivait dans sa Notice sur Marçon :

« Aucun fait certain n'apparait dans l'histoire de Marçon du Xe au XVe siècle. Au XVIe siècle pourtant, au plus tard, fut bâtie l'église actuelle ou plutôt le noyau de cette église. Au XVe siècle s'établit à Marçon la famille de MALHERBE ».
« La grandeur territoriale de Marçon explique l'exigüité de son bourg. Des 1717 habitants que comptait la population entière, 500 tout au plus résident dans le bourg et dans ses deux annexes, Le Carroi et La Lucerie. De belles et solides maison à étages bordent la place dont le fond septentrionale est barré par l'énorme église. Au centre de cette masse et du côté de la place émerge, large et haute, la tour carrée séculaire ».

Des origines à la Révolution

  • La date de construction n'est pas connue, mais l'église de Marçon est fort ancienne. Elle aurait été fondée vers le milieu du IVe siècle[1] par saint Liboire, évêque du Mans[2]. Il faudra attendre le XIIe siècle pour assister aux premières constructions dignes de ce nom.
  • Bien que les caractères à demi effacés de son architecture ne permettent pas de préciser l'époque de sa fondation, les pierres d'un assez petit volume qui entrent généralement dans sa construction, le dur mortier qui les lie, des ouvertures très étroites à plein cintre (dont on voit encore les vestiges aux deux côtés latéraux de la nef), le portail bas, disproportionné et peu décoré de moulures, les contreforts placés sur les murs extérieurs, quelques figures et décorations de sculptures encore bien imparfaites que l'on remarque à l'intérieur sembleraient la faire remonter au XIe siècle ou XIIe siècle.
  • La chapelle dédiée jadis à saint Mamers, maintenant à saint Joseph, partie la plus ancienne de l'église, n'est pas postérieure au XIIe siècle.
  • Jusqu'au XIVe siècle, l'église comprenait seulement cette chapelle et la grande nef. À la fin du siècle, l'édifice s'agrandit d'une travée supérieure, du chœur en entier et d'un sanctuaire, puis de la tour (façade Sud) dont le clocher est surmonté d'une belle flèche torse. Au début du XVe, une horloge est rajoutée[3].
  • Complètement terminée en 1500, l'église était consacrée le 25 avril de la même année par Monseigneur de BENEHARD, archevêque de Tours. C'était un large vaisseau à peu près tel qu'on le voit aujourd'hui (1910). L'église est placée sous le vocable de Notre-Dame.
  • Survient en 1557 une nouvelle métamorphose : deux grandes familles, les de MALHERBE et les SALMON de LOIRAY attachent leur nom aux deux chapelles qu'elles font ériger. L'une, la chapelle Sud, dite chapelle de Poillé, l'autre au nord.
  • Pillée au commencement de 1593 par un détachement de l'armée royale, l'église fut la même année le théâtre d'une vive querelle entre les familles de Poillé et de Loiray, au sujet des droits de préséance : Pierre de MALHERBE ayant commencé l'attaque en 1592 en faisant enlever de l'église les listres auxquelles étaient attachés les armoiries de Demoiselle Françoise PINARD, Dame de Marçon, épouse de Loys (Louis) de COUTANCES, seigneur de Négron (ou Nérons) et belle-mère de Jehan de SALMON, seigneur de la Fertière. Les SALMON de Loiré (Loiray) ayant riposté par des violences commises sur la personne de Pierre de MALHERBE et de ses gens un jour de Vendredi Saint. La querelle portée plusieurs fois devant les maréchaux de France se poursuivit deux siècles durant.
  • Le 8 avril 1698, Charles Claude de SALMON du CHÂTELIER, seigneur du Loiray, et son épouse Marie Anne de GAINGNE, affectaient au culte de saint Mamers (avec l'autorisation de Monseigneur Louis de la VERGNE de Monténard de Tressan, évêque du Mans), la chapelle qu'ils possédaient dans l'église de Marçon. C'était la vieille chapelle du Nord. Un aumônier fut attaché à cette chapelle jusqu'à la Révolution. Plusieurs membres de cette noble famille y reposent.
  • La chapelle située au Midi était aux de MALHERBE de POILLE qui passaient pour l'avoir fondée. Et là reposent aussi des personnes de cette famille.
  • Le curé était à la présentation de l'abbé de Saint-Julien de Tours. L'évêque du Mans conférait définitivement le bénéfice estimé à 800 livres. Et parmi les curés antérieurs à la Révolution, deux furent doyens ruraux de Château-du-Loir : Loys (Louis) MARTIN, bachelier en droit canon (1594-1634) et Messire Nicolas DUCHESNE, docteur en théologie de la Faculté de Paris et fondateur des Sœurs de Charité de Marçon (1674-1715).
  • Le 30 août 1761, Philippe BARATTE en sonnant la grand'mess était tué par la foudre dans le clocher.
  • De 1764 à 1768, d'importants travaux sont réalisés sur deux vitraux, des lambris pour recouvrir les parois de la nef, financés par la fabrique Anselme Thomas de la VERROUILLÈRE[4], curé du village.

De la Révolution au XIXe siècle

  • À la veille de la Révolution, Marçon était assujetti à une double puissance territoriale. Appartenant au Bon Dieu du Maine, les anciens Marçonnais se disaient un peu irrévérencieusement « les clients du diable de la Touraine ». En effet, tandis qu'au spirituel, le bourg relevait du doyenné et de l'archidiaconat de Château-du-Loir, (diocèse du Mans), ainsi que de l'élection de La Flèche, il payait les impôts de Touraine et en suivait les coutumes. Marçon dépendait alors de la baronnie de Saint-Christophe, du duché pairie de Château-la-Vallière.

Anselme Thomas JALLET de la VERROUILLÈRE

  • Quand éclata la Révolution, M. Anselme Thomas JALLET de la VERROUILLÈRE, curé de Marçon depuis bientôt quarante ans, avait sous lui trois vicaires, MM. ROLAND, MEZIERE et PLESSIS. Tous les quatre refusèrent le serment à la constitution civile du clergé. Le curé fut exilé en Angleterre. Le premier vicaire, M. ROLAND, demeura seul à Marçon caché tantôt à La Marcellière, tantôt à Gastineau, Saint-Lézin, ou Ruisseau, toujours traqué, jamais pris, grâce à la protection des Marçonnais alors fort religieux.
  • Pendant que partait M. JALLET de la VERROUILLÈRE, arrivait à Marçon, le curé constitutionnel Louis GIBERT (auparavant curé de St-Martin à Château-du-Loir). Il quitta Marçon dès 1794. C'est pendant son court passage que furent fondues deux cloches, sur la place de l'église (en 1793). La cloche actuelle (1909) est la plus grosse de ces deux cloches.
  • Revenu à Marçon en 1801, M. JALLET de la VERROUILLÈRE fit exécuter d'importants travaux dans l'église. Notamment le pavage et le grand autel ; 4 800 pavés d'Écommoy seront utilisés et la table de communion sera réalisée en fer forgé. La fabrique de Marçon qui devait assurer le financement de tous ces travaux ne peut faire face aux dépenses qui s'élèvent à 5670 livres 9 sols et 6 deniers alors que les recettes n'atteignent que 3 822 livres 40 sols. Elle doit alors 1 847 livres 15 sols et 2 deniers au curé qui a avancé l'argent.
  • En septembre 1782, le curé JALLET abandonne les 1 123 livres qu'on lui doit. Il meurt en 1805.[5].
  • Sous le régime concordataire, le curé de Marçon continua à être assisté d'un vicaire jusqu'en 1886. Ensuite, il n'y eut plus de curé.

François THOMMERET

  • Successeur du curé JALLET, François THOMMERET reprend le projet de grand autel et le mène à bien. Entre 1816 et 1830, les travaux continuent. Des statues d'apôtres prennent leur place sous la nef. Les fabriciens sont flattés du bel effet. Mais en juillet 1851, la fabrique ne peut plus faire face aux dépenses d'entretien et passe le relais à la commune.
  • La série noire continue : le 15 mai 1860, un ouragan détache le zinc recouvrant la partie supérieure de la toiture du clocher. Le 14 juin 1933 et le 3 mai 1946, la foudre s'abat à deux reprises sur le clocher.

Les cloches

En 1966, la grosse cloche de 700 kg datant de 1793 est descendue, son poids devenant dangereux pour la charpente.
Elle fut refondue en deux cloches, Maria-Dolorès et Marie-Lézin. Une souscription fut lancée, et une cloche ramenée d'Algérie, Anna-Marguerite, compléta ce carillon dont la bénédiction eut lieu le 7 août 1966.
C'est en 1986, que d'autres travaux furent entrepris[6].

Les restaurations du XXe siècle

  • En 1986, des travaux de restauration sont entrepris[7] : au niveau du clocher, du porche et de la façade Ouest. En 1998 : charpente, couverture et dépose de la voûte pour la moitié Ouest.
  • Depuis 2002, poursuite des mêmes travaux pour l'autre moitié, avec la restitution du rondelis du pignon Est, des glacis de contrefort (recouverts d'ardoise lors des travaux des siècles derniers) et repose de la croix après restauration. À l'intérieur : pose des entraits et des poinçons dans le chœur (coupés suite à l'installation du retable) pour donner de l'unité à l'ensemble formé par le chœur. Lors des travaux dans la nef : mise à jour de l'ancienne sablière moulurée, des restes de la première voûte, de couvre-joints qui ont servi à la restauration de la nouvelle voûte avec un badigeon à la chaux. Pose d'un éclairage sous forme de rampe, avec plusieurs projecteurs installés à chaque entrait.
  • Notons un don de Mme DELSÈCCO pour un vitrail posé dans la fenêtre du bas-côté Nord. Réalisé dans les ateliers Barthe Bordeau (Angers), et posé en 2002. Ainsi qu'un second don, pour un vitrail dans la baie de la façade Sud. Cela nécessita la restauration de son ogive. Le vitrail est une création récente d'Emmanuel PUTANIER, d'après une peintre de Guy de MALHERBE[8] et fut posé par la société Vitrailfrance.

Description de l'église en 2000

L'entrée actuelle sous le porche date de la campagne de travaux de 1764 à 1768. En 2000, Patrice GUÉRIN établissait le plan de visite qui suit[9] :
1) Visite extérieure :

  • Elle commence en faisant le tour du porche en direction de la mairie : la partie la plus ancienne de l'église est le mur de la nef, à gauche de la tour. Le parement présente des lits réguliers de moellons et on peut remarquer plusieurs trous de boulins qui ont servi à l'échafaudage lors de la construction primitive. Les petites baies romanes sont de la même époque, (fin XIe, début XIIe siècle). Elles ont été remplacées au siècle suivant par une baie de style gothique, aujourd'hui murée. Sous le porche, l'ouverture murée entamée par l'entrée actuelle, est aussi du XIIIe siècle. Le parement a été restauré en 1987, en même temps que la façade Ouest, la chapelle Sud et la tour. On peut remarquer les vestiges d'une litre, bande d'enduit peinte en noir, apposée lors des funérailles de seigneurs du village ; à l'extrémité de ce mur, l'angle a été cassé et repris lorsqu'on a ajouté le contrefort.
  • Poursuivons vers la façade ouest : au XIIIe siècle l'entrée se faisait par le grand portail (moulures semblables à celles de la porte murée sous le porche). La grande baie qui le surmonte est de 1764 (Cette façade avait été agrandie en 1557).
  • Engageons-nous dans la petite rue derrière l'église : le bas-côté a été modifié entre 1764 et 1768, avec porte d'origine conservée et deux nouvelles fenêtres ; puis on mura finalement deux de ces ouvertures pour refaire une porte en face de celle du porche. Les deux murs pignons suivants correspondent à deux chapelles : celle de droite avec deux contreforts d'angle, l'autre, n'en ayant qu'un seul, s'appuie donc en partie sur la première. La chapelle de gauche est donc postérieure. On remarque quelques traces discrètes de la litre funéraire.
  • En fin, sur le côté nord : une sacristie occupe l'angle de la chapelle et du chœur. La porte permettait au prêtre de se déplacer de là au presbytère (plus en fonction aujourd'hui et sis au 3 de la rue de l'Aumônerie). Les grandes baies sont de style gothique flamboyant. Les murs gouttereaux sont couronnés d'une corniche. En revenant vers la place, on note qu'une grande baie a été murée lors de la création du maître-autel monumental. Plusieurs trous de boulins sont également très visibles.
  • Le clocher est du XVe siècle, comme en attestent les pinacles. Leurs faces sont sculptées de manières différentes et présentent des quadrilobes courbes et contre-courbes de style gothique flamboyant. Un des pinacles est creusé d'une niche accueillant la copie d'une statue de la Sainte Vierge. L'original, très abimé, a été placé dans la niche au-dessus de la porte murée.
  • La flèche, vrillée par les vents et la déformation de ses poutres, est couverte d'ardoises d'Angers cloutées.
  • Enfin, avant d'entrer dans l'église, arrêtons-nous devant la chapelle de Poillé, du XVe siècle. Cette chapelle seigneuriale présente un parement en pierres de taille, signe de richesse. La baie date probablement de 1764. Au-dessus, une couronne et un blason sculptés ont sans doute disparu pendant la Révolution.

2) Visite intérieure :

Intérieur de l'église de Marçon
  • La nef primitive, rectangulaire, était plus courte : son chevet se situait au niveau de la chaire, quelques mètres avant l'"emmarchement" du chœur. Sur le parement du mur Sud, les endroits où le plâtre à faux-joints a été ôté laissent paraître les baies murées, ainsi qu'une autre (au-dessus de la chapelle Sud) datant du XIIIe siècle. Le grand vitrail, représentant la Sainte Famille, date de 1869 et provient des ateliers Fialeix (Mayet). Le "couvrement" a été restauré de 1998 à 1999.
  • En accédant à la chapelle Nord-Ouest, on peut voir la clé de voûte sculptée : elle représente Dieu le Père, entouré de quatre anges. La voûte à croisée d'ogives est en pierre de tuffeau. L'autel date du XVIIIe siècle. Les murs du chœur sont recouverts d'un plâtre à faux-joints et des restes de peinture sont visibles sous la fenêtre Nord. Le trompe-l'œil qui décore la baie murée a été peint en 1817.
La colonnade de style néoclassique est une commande du curé JALLET, mais ce projet n'a été concrétisé qu'en 1812, sept ans après sa mort. Le lambris en berceau, décoré de couvre-joints moulurés, est récent. Entraits et poinçons sont aussi richement moulurés, contrairement à ceux de la nef.
  • Si la tour est accessible, on peut admirer un bénitier à gauche, creusé dans une des pierres du piédroit, ainsi que les vestiges de la porte murée. Par un escalier creusé dans le mur de la tour, on peut atteindre la chaire qui date de 1764.
Les peintures murales, dites "à la détrempe"[10], datent de la fin du XVIe siècle. Elles ont été découvertes et restaurées en 1993. À noter aussi les blasons sur la clé de voûte. Une toile : "La Vierge et l'enfant donnant le Rosaire", est très abîmée. Le "couvrement" est une fausse-voûte de plâtre sur lattis.
  • Quant à la chapelle Nord-Est, sa voûte (auparavant en tuffeau), s'écroula sous le poids des ouvriers en 1923. Elle fut refaite en briques et recouverte d'un enduit. Le vitrail, signé FIALEIX, date de 1882 ; il représente Raymond et Jeanne, Saints patrons du comte de MALHERBE et de son épouse Jenny (décédée 12 ans plutôt). L'autel du XVIIIe siècle est décoré d'un retable figurant une Descente de Croix, copie de l'œuvre de Ch. LEBRUN.
  • La sacristie, entièrement lambrissée, date peut-être du XVIIe siècle. En 1764, ses murs Ouest et Sud ont été percés et remplacés par des cloisons, pour y aménager des placards de rangement.
  • Le porche, peut-être du XVIe siècle, était jadis plus grand que maintenant, comme en attestent les traces de son ancien toit dessinant une diagonale sur le mur extérieur de la nef.

L'église Notre-Dame de Marçon a été inscrite en 1927 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

(Auteur de cet article : Patrice GUÉRIN [11]).

Galerie photos

Le prieuré de Saint-Lézin

Présentation

Cadastre du prieuré[12]


Suivant la légende, il fut construit à Marçon par les moines bénédictins (de l'ordre de saint Benoit) en hommage à Lézin, évêque d'Angers, décédé en 610[13]. Mais la date de fondation reste inconnue.
Le prieuré se trouve rattaché à l'abbaye Saint-Julien de Tours[14].
De 1735 à 1737, le prieur était Augustin DISDIER[15]. Nous savons qu'en 1737 ce prieur était en procès pour des paiements d'arrérages de cents et de rentes.
Les 19 et 20 février 1745, une montrée, c'est à dire un état des lieux, est entreprise au prieuré[16].


Compte-rendu de la montrée

« Aujourd'hui dix neuf février mil sept cent quarante cinq au matin, devant nous, François Crépin notaire du Duché-Pairie de La Vallière, demeurant paroisse de Marçon, soussigné, étant en la maison du Prieuré de Saint-Lézin, est comparu en personne le Sieur Jacques Fourchereau, marchand fermier dudit Prieuré, y demeurant, paroisse dudit Marçon, lequel nous a dit que par le bail affermé à lui fait dudit Prieuré et devant le 29 janvier dernier [1745] par Monsieur Maistre Louis Barbin, prêtre curé de Bessé-sur-Braye et titulaire dudit Prieuré [...] dit que visite et montrée sera faite devant nous par le Sieur Charles Houssais[17], bourgeois demeurant audit Marçon, expert nommé de la part dudit Sieur Barbin, et par Jacques Lejay/Legeay, marchand domicilié à Thoiré-sur-Dinan,aussi expert nommé par ledit Fourchereau de l'état des réparations locatives qui se trouveront en les bâtiments dudit Prieuré et dépendances de celui-ci, afin de reconnaître les abus et malversations ci-devant commises sur les dits lieux par les précédents fermiers, [...] et Julien Sieur Fourchereau, qui est tenu aussi aux réparations locatives par ledit bail, qu'on ne lui puisse imputer celles qui pourront se trouver actuellement, ce pourquoi il a fait comparaître volontairement devant nous ledit Sieur Jacques Houssais.
D'eux le serment pris, ils ont dit être majeurs de vingt cinq ans, et ont promis de procéder à la visite requise, en leur âme et conscience, et de nous en dicter leur rapport à laquelle visite a été procédé comme inscrit en présence des Sieurs témoins ci-après, et ce en l'absence dudit Barbin qui a consenti par le dit bail, et les dits experts nous ont rapporté :

- Premièrement, qu'à la serrure de la porte d'entrée du couloir desdits bâtiments il n'y est point trouvé de clef, qu'à la serrure de la porte qui conduit dans la chambre du côté droit en entrant, il y a une clef qui ne peut fermer la serrure ; qu'il ne paraît pas que la dite chambre ait été pavée ni blanchie depuis très longtemps ; qu'il serait nécessaire de refaire l'aire de la place de la dite chambre, y employer deux charretées de terre pour faire fournir et battre la dite terre. Conviendrait la somme de dix livres.

- Qu'il y a une croisée[18] donnant sur la dite cour, qui est sans vitres, que du côté des douves il est une autre croisée à quatre battants, où sont des vitres auxquelles il faut deux losanges et en replomber quatre qui sont cassées. Pour ce convient quinze sols. Que la cloison qui sépare la dite chambre de celle ci-après est en ruine et que pour pouvoir la rétablir et la salle d'au-dessous, fournir de terre, barreaux, foin et un quart de chaux et le sable nécessaire. Convient dix livres. Ensuite nous sommes entrés avec les parties dans un chambre du côté gauche en entrant, servant de Boulangerie en laquelle les experts ont parcellement remarqué que la porte a une mauvaise serrure qui ne paraît pas pouvoir se fermer à clef ; qu'il faut refaire l'aire de la place et pour cela y employer deux charretées de terre y compris la main d'œuvre. Convient huit livres. Il apparaît que les murs, il y a longtemps qu'ils n'ont été renduits[19] et blanchis, qu'il y a une croisée donnant sur la cour dont les volets sont sans .............»

Conclusion

  • À la lecture de cette montrée, il apparaît que le prieuré de Saint-Lézin pouvait être un bâtiment fortifié et possédait un certain luxe avec ses croisées vitrées et plombées, ainsi qu'un étage. Cela nous fait penser aux remarques faites par J.R PESCH sur les constructions fortifiées du Moyen Âge disposées le long du Loir. Ce lieu était jadis appelé le Château de Gânes[20].
  • Ce château serait-il devenu avec le temps, l'emplacement du prieuré, qui aurait gardé les structures déjà installées y compris les douves, pouvant servir à la défense des lieux et probablement aussi servir de poste de péage sur Le Loir ? (Car celui-ci était navigable, au moins jusqu'au lieu-dit La Pointe).
  • Nous ne pouvons déterminer actuellement quelles sont les circonstances de la disparition du prieuré, mais émettre l'hypothèse d'une destruction après la Révolution.

À l'emplacement supposé dudit édifice, il existe maintenant des maisons individuelles, dont l'une repose sur un ancien mur (non encore daté), qui n'a rien à voir avec les constructions actuellement en place.

Le cimetière

  • Dans le cimetière (jadis autour de l'église et sur la place actuelle), les assemblées de paroisse discutaient et réglaient questions religieuses, mais encore toutes questions concernant la vie commune. On venait y payer ses impôts sous un abri. Dès 1784, la suppression du cimetière fut décidée et résolution fut prise de le transférer en dehors des limites du bourg, au canton de Blinières, près et au-dessus de la fontaine de ruisseau.
Un terrain fut acquis à cet effet (douze chainées) jugé à bon droit trop éloigné, et échangé en juillet contre la Terre de la Vie[21] sise à la sortie du bourg (route du Port-Gautier) et appartenant à l'abbaye de Beaulieu-les-le-Mans.
Cette Terre de la Vie demeura cimetière jusqu'en 1877. Alors le cimetière fut transféré dans un terrain offert par M. le comte Raymond de MALHERBE, maire de Beauvais et sénateur de l'Oise, route de La Chartre-sur-le-Loir à un kilomètre de l'église[22].

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Référence.png Notes et références

  1. D'après les recherches de Christiane ROCHETEAU publiées dans La Gazette de Marçon, année 1997.
  2. Site Nominis
  3. L'horloge avant d'être ronde à partir de 1904, était carrée en 1891.
  4. Potier de Courcy - Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome 2.djvu/53 - Wikisource
  5. Arbre de Jajuma sur Généatique
  6. D'après Christiane ROCHETEAU
  7. Les restaurations du XXe siècle : La Gazette de Marçon - année 2002 et 2013.
  8. Peinture La Belle Noiseuse de Guy de MALHERBE
  9. Page sur Patrice GUÉRIN
  10. Pigments collés avec une colle naturelle, de peau ou d'os, sur un enduit sec
  11. Bibliothèque de Marçon, 8 place de la Mairie 72340 : L'Eglise Notre-Dame de Marçon par Patrice GUÉRIN.
  12. Archives départementales de la Sarthe.
  13. Lézin d'Angers sur Wikipédia
  14. Abbaye de Saint-Julien (Tours) sur Wikipédia
  15. Archives Bigot de la Touanne - Familles de Mondagron, Salmon de Loiray et alliées / 14j9-14
  16. Document fourni par Madame Françoise DELSÈCCO, membre de l'association Marçon Hier et Aujourd'hui Site mairie de Marçon
  17. Charles Houssais ou Houssaye : Arbre de Jajuma sur Généatique
  18. Croisée : fenêtre quelconque Larousse
  19. Renduits, ancien terme signifiants "réenduits"
  20. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe ..., Volume 4 Page 5, sur Google Books
  21. AD de la Sarthe-MARÇON- Décès 1793-1812 Page 117- Mémoire sur l'avenir du cimetière. http://www.archinoe.fr/cg72v4/registre_chargeimg.php?PHPSID=c3bfd656d321942f9144ed9773e0973d#
  22. Ce cimetière fut béni par Mgr CHAULET d'OULTREMONT, alors évêque du Mans.