72183 - Marçon - Santé et médecine

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Ferme dans le roc

Environnement et hygiène

Habitations

Ferme dans le roc
  • La structure du sol de Marçon permet d'extraire du tuffeau, mais aussi de creuser facilement dans le roc pour réaliser des habitations de type troglodyte.
Les Marçonnais ont beaucoup creusé pour réaliser des caves, ce qui a augmenté l'insalubrité ; car beaucoup de ses caves abritent des ménages, et nul besoin n'est de dire combien ces demeures peuvent développer les dispositions morbides des sujets lymphatiques et donc nuire à la santé. Ces habitations rurales, en général à étages peu élevés, sont fort mal aérées. La plupart ne reçoivent l'air et la lumière que par la porte ; aussi cet air, non renouvelé, devient un agent puissant de contagion dans les maladies. « J'ai souvent été frappé de la fétidité des exhalaisons dans la demeure des malades. La propreté ne peut annihiler entièrement ce qu'a de dangereux ce foyer de méphitisme. Je voudrais qu'aucune maison ne fût construite sans qu'on obligeât, le propriétaire à pratiquer une ouverture vis-à-vis de la porte, afin qu'on pût ventiler les pièces d'habitation.[1]. »
  • Un autre danger qu'il n'est pas inutile de signaler, c'est la stagnation des fumiers auprès des habitations. Ces dépôts, humectés par les pluies, sont aussi un agent d'infection, surtout dans les vallées étroites. « Il est douteux pour moi que l'administration, avec la meilleure volonté, puisse parvenir à empêcher ce mal[2]. »
  • En 1850, on ne peut dire que la propreté est portée à l'excès chez les habitants de cette commune, mais elle est moins négligée que dans beaucoup d'autres régions du département où j'ai été à même d'établir de nombreuses comparaisons. Il faut dire aussi, qu'à Marçon, la misère n'existe guère et l'extrême division de la propriété, en donnant l'aisance à chacun, lui crée d'heureuses habitudes d'ordre et de propreté.

Confort, eau potable et boissons

Corvée d'eau
  • Le sanitaire, le confort à cette époque était encore rudimentaires. Peu d'électricité, les gens se chauffaient grâce au bois. Certaines fermes avaient des cuisinières. Quant à la toilette : « on la faisait dans une cuvette en faïence ou en céramique » se souvient André Drouault[3] « et sur une table de toilette en marbre avec un pichet à proximité. »
  • Aucune analyse des eaux potables de Marçon, n'a été faite jusqu'ici ; mais il est probable qu'elles contiennent des sels de chaux. La couche profonde qu'il faut traverser dans le forage des puits, explique la présence de ces sels. Les affections de l'estomac (gastrite, gastralgie), n'étant pas très fréquentes, serait-ce à ces eaux séléniteuses[4] qu'il faudrait attribuer la carie des incisives supérieures, chez un grand nombre d'individus ?
  • Certains habitants font grand usage de vin blanc, absorbé pur, ce qui se révèle souvent fatal aux habitants de la campagne.


Problèmes de santé et médecine

Constitution physique

La taille des Marçonnais est plutôt au-dessus de la moyenne[5]. Leur constitution physique est variable, mais en général, le tempérament lymphatique prédomine[6]. Qu'on ne croie pas, cependant, qu'il existe à Marçon une population de scrofuleux[7], non, car le canton de La Chartre-sur-le-Loir, dont le village fait partie, a fourni au service militaire, en 1850, les hommes les plus sains. C'est aussi celui où il y a le moins d'exemptions pour infirmités.

Maladies

  • Cependant, les maladies du système lymphatique sont fréquentes. Du reste, point de goitres, mais des chloroses[8], des névralgies et des affections rhumatismales en assez grand nombre. Sur les bords du Loir, peu peuplé en raison des débordements de cette rivière, on remarque fréquemment des fièvres intermittentes, presque toujours avec le type Tierce[9]. « J'ai dit que la constitution lymphatique prédominait, il n'est donc pas rare de rencontrer ici des sujets qui en sont atteints. La connexion de cette dernière affection avec la phtisie pulmonaire[10] est mise hors de doute par tous les pathologistes. » (Source : Henri Gousson).
Académie de médecine.jpg
  • En 1808, la dysenterie[11] fit un grand nombre de victimes dans la commune.

Jusqu'en 1935 environ, il n'y avait pas de médecin à Marçon et il fallait appeler celui de La Chartre-sur-le-Loir ou celui de Château-du-Loir. Heureusement, ils avaient une voiture avec chauffeur, ce qui était rare à cette époque.

  • Monsieur Bodin de la Pichonnerie, médecin à La Chartre, traita beaucoup de malades marçonnais. Son traitement consistait en l'absorption de boissons albumineuses légèrement opiacées (six blancs d'œufs par litres d'eau, avec addition de 6 à 8 gouttes de laudanum de sydhenam, ou 10 à 12 grammes de sirop diacode), ainsi que de lavements laudanisés. Et quand les coliques persistaient, il les apaisait à l'aide de frictions sur l'abdomen, avec de la teinture de Cantharides, de manière à produire la rubéfaction de la peau[12].
  • Ce confrère a relaté un épisode terrible de cette épidémie : « Au hameau de La Poissonnerie, dont une partie appartient à Marçon, et l'autre à Beaumont-la Chartre[13], demeurait une femme atteinte, comme sa domestique, de la maladie régnante. La pauvre fille, trop malade pour donner des soins à sa maîtresse, fut impitoyablement chassée. Les parents étaient loin, et la nuit approchait. À peine la malheureuse avait-elle pris le chemin de la maison paternelle, qu'elle fut forcée, par ses souffrances, de s'arrêter. Elle se coucha sur la paille de la cour. Le matin, elle fut trouvée morte ... Deux jours après, la maîtresse, à qui j'avais prescrit des frictions avec la teinture de cantharides[14] [...] s'imagina qu'un médicament qui, employé à l'extérieur produisait un effet si bienfaisant, devait en produire un bien efficace s'il était administré intérieurement. Elle en avala : mais en proie à des souffrances atroces, elle ne tarda pas à aller rejoindre la pauvre fille que son inhumanité avait contribué à conduire au tombeau. »
Le nombre des décès, cette année, s'éleva à 88. L'épidémie fit périr un grand nombre de jeunes sujets.
  • En 1813, on compta 89 décès ; c'est-à-dire 3/5e de plus que la moyenne. Une épidémie d'angine, fréquemment gangréneuse, ravagea le pays. Cette affection se montra d'autant plus meurtrière qu'elle fut contagieuse. M. Bodin nous précise en effet : « J'ai vu le premier malade de votre commune. Il était allé à Couture (3 lieues),[15] visiter son frère, atteint d'angine. Il revint malade. Appelé auprès de lui, quelques heures après son arrivée à Marçon, j'explorai le pharynx ; et m'approchant très près de sa bouche afin de pratiquer la ponction des amygdales, je respirai longtemps son haleine empoisonnée. Deux jours après, j'étais atteint du même mal et le communiquai à toute ma famille. Plusieurs de nous coururent les plus grands dangers. Frappé de la promptitude avec laquelle j'avais été atteint, j'étudiai cette affection sous le rapport de la contagion et mes doutes se changèrent bientôt en certitude. »
Cette épidémie fit de grands ravages, sans distinction d'âge ni de sexe : 31 décès sur les 89 avant l'âge de 40 ans.
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  • En 1821, la fièvre typhoïde s'abattit sur Marçon. Cette épidémie fit moins de mal dans la campagne que dans le bourg. Elle fut importée par le jeune Hubert de la Patrière, que sa mère alla chercher malade au collège de Villedieu (41). Cette dame fut atteinte en soignant son fils pendant sa convalescence, et bientôt le bourg compta un grand nombre de malades et victimes. Les décès de cette année s'élevèrent 61.
  • L'année 1822 ne vit pas finir cette épidémie. La dothinenterie[16] était ralentie, mais non éteinte ; et en 1823, elle se réveilla plus ardente, non moins meurtrière. Les décès de cette année furent de 56 ; et comme en 1821, l'épidémie fit succomber beaucoup de jeunes personnes. On sait que la dothinentérie frappe beaucoup plus de sujets au-dessous de 40 ans. Enfin les craintes qu'on avait conçues sur l'endémie [17]de ce fléau, disparurent.
  • La dysenterie reparut en 1834. Elle fut beaucoup moins meurtrière que celle de 1808, et le nombre des décès ne dépassa que de 10 le chiffre de la moyenne.

Médecine

Caducée Hermès
  • En 1846, Henri Gousson nous confie : « Depuis bientôt cinq années que je réside à Marçon, nulle épidémie ne s'y est montrée. Vers la fin de 1847, j'ai craint pour notre village. La fièvre typhoïde ravageait Chahaignes qui, comme on le sait, n'est séparé d'ici que par le Loir. Sur la rive gauche de cette rivière, au lieu de "La Basse-pointe" (dont la maison appartient à Marçon et la grange à Chahaignes), était couché un jeune domestique atteint de l'épidémie. Appelé dans les premiers jours, je compris que le malade ne pouvait pas recevoir des soins dans une grange, et j'engageai les maîtres, dont telle était d'ailleurs la volonté, à le faire transporter chez son père, au lieu de "La Boulairie", limite Sud de la commune, à 4 kilomètres du bourg et à 8 du foyer de l'épidémie. Ce jeune homme guérit, mais sa mère et son frère, atteints pendant sa convalescence, succombèrent. »
  • Il y a peu d'enfants non vaccinés dans la commune. En général, le préjugé contre le précieux prophylactique[18] de la variole s'efface de plus en plus ; et les sollicitations du médecin auprès des parents ne sont bientôt plus nécessaires.
  • En mai 1849, l'administration supérieure ordonna la formation d'un Conseil d'hygiène publique. Ce conseil, composé de neuf membres, avec Henri Gousson pour secrétaire, adopta les mesures suivantes, en prévision du choléra qui affligeait Paris et une partie de la France :
- 1) Visite des écoles et invitation aux chefs d'établissements de renouveler fréquemment l'air des classes.
- 2) Visite des maisons où couchent un trop grand nombre d'individus, afin qu'il soient avisés des dangers que présente un trop grand encombrement.
- 3) Blanchissage à la chaux dans les maisons où il serait jugé nécessaire.
- 4) Visite des boucheries, et ordre d'enfouir profondément le sang et les divers déchets des animaux.
- 5) Prescription aux bouchers de n'abattre aucun veau au-dessous du poids de 30 kilogrammes.
- 6) Invitation à M. le Maire de ne délivrer aucun certificat aux femmes de Marçon, afin d'aller chercher des nourrissons à Paris, jusqu'à ce que le choléra ait disparu de la capitale.

Équipement, à cette époque

  • Marçon possèdait une maison de charité desservie par deux sœurs de la communauté d'Évron, qui avaient une double mission : instruire les jeunes filles et leur enseigner la foi catholique, mais aussi procurer un soulagement aux pauvres et indigents en les soignant, en leur portant médicaments ou bouillons suivant les prescriptions médicales.
  • La première société formée date du 24 mai 1708. Elle comprenait Martine SERPIN, Marguerite PASQUIER, Françoise BRANCHU, Jehanne (Jeanne) BOUTARD et Marguerite BARAT (ou BARATTE). Cette société se dispersa en 1742 et fut remplacée par les Sœurs de La Chapelle-au-Riboul, les Sœurs Anne CHOLET et Marie BUISNEAU, qui continuèrent jusqu'à la Révolution l'œuvre de leurs devancières. À ce moment, la maison était dotée de 300 livres de rente et possédait plus d'un arpent (environ 59 mètres) de vignes ainsi que d'autres bien-fonds (ayant trait aux biens immobiliers). Elle fut fermée et les revenus confisqués.
  • Après la Révolution, les Sœurs de la Communauté d'Évron reprenaient possession de la Maison et de ce qui restait des biens de l'ancienne communauté, puis se faisaient autoriser en 1810 par le Gouvernement Impérial. En 1842, un accord fut conclu entre le bureau de bienfaisance de Marçon et la Communauté d'Évron. Aux termes de cet accord le bureau s'appropriait les biens restant et faisait construire sur son terrain, avec le produit de cette vente, mais pour les Sœurs, la maison située à l'Ouest de la place publique (côté Nord), rue de la Chartre à côté de l'hôtel au Bœuf couronné, devenue l'école de jeunes filles en 1909. Car les Sœurs d'Évron durent quitter cette maison en 1880 et s'établir dans un autre local. Deux commerçants occupèrent ensuite l'ancienne maison de Marguerite PASQUIER.
  • La commune disposait aussi d'un bureau de bienfaisance. Fondé vers la fin du XVIe siècle, ce bureau possède actuellement, par différents dons successifs, un revenu de 926 francs ; on y prélève une somme de 300 francs pour le traitement des sœurs (La conversion des rentes de 5% en 4,5% a réduit le revenu du bureau d'1/10 ; mais un nouveau don de 112 francs de rentes a comblé et au-delà le vide fait par le décret du 14 mars 1852). Le surplus est distribué en secours aux indigents[19], peu nombreux dans cette commune, et aux familles non classées parmi les indigents, mais qui, en cas de maladie, tombent dans un état voisin de la misère (manquant de ressources pour se procurer le nécessaire, surtout si leur position les empêche de travailler).

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Référence.png Notes et références

  1. Henri GOUSSON, maire. L'impôt sur les portes et fenêtres devait ralentir les vœux de M. Gousson.fja
  2. Henri GOUSSON
  3. Pour plus de détails, consulter le paragraphe "Souvenirs d'enfance" sur la sous-page 72183 - Marçon - Vie quotidienne et coutumes.
  4. Contient du sélénite ou sulfate de chaux.fja
  5. http://www.persee.fr/doc/hes_0 page 522
  6. http://www.persee.fr/doc/hes_0
  7. http://www.larousse.fr/dicti) Scrofules, ou écrouelles, sont des noms indiquant une maladie d'origine Tuberculeuse. fja
  8. Nom donné autrefois comme une carence en fer des jeunes filles. Larousse.
  9. Ancien temps, Tierce : fièvre pernicieuse liée à une épidémie.fja.(https://books.google.fr/books?id=XoO28govq2QC)
  10. Tuberculose pulmonaire. fja
  11. (http://www.larousse.fr/encyclop)
  12. rougeur de la peau due à ...
  13. actuellement Beaumont-sur-Dême.
  14. coléoptère, vésicant et qui passe pour aphrodisiaque. Larousse.
  15. Ancienne mesure de distance, 1 lieue=4,820803 km.14,484 pour 3 lieues.
  16. https://books.google.fr/books?id=dgIUAAAAQAAJ
  17. Maladie qui règne dans un pays.
  18. www.larousse.fr/dictionnaires/francais/prophylaxie/64379
  19. personnes sans ressources.


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