67462 - Sélestat - Les corporations à Sélestat

De Geneawiki
Aller à : navigation, rechercher

< Retour à la page de Sélestat

Les corporations

La population urbaine était regroupée en un certain nombre de tribus ou corporations de métiers.
Au début du 13e siècle (avant 1236), la corporation des pêcheurs semble avoir été la première de ce genre (voir ci-après).
Les bourgeois de Schlestadt étaient répartis, au milieu du XIVe siècle, en quatorze tribus distinctes (successivement réduites à treize, douze, et enfin dix) qui, en cas de prise d'armes, faisaient autant de compagnies différentes, sous la conduite de leurs chefs habituels. Un rôle professionnel, donc, mais aussi un rôle militaire, de défense de la cité.
Chaque bourgeois devait être possesseur d'une armure de la valeur de trois livres, et chaque soldner (manant) de celle de deux livres.
Ils étaient astreints à la garde des tours, des portes et des remparts, ainsi qu'aux rondes de nuit. Chacun avait son secteur.
Chaque tribu avait un local, situé dans le voisinage du lieu habituel de ses transactions, où elle se rassemblait de façon régulière, qui était aussi le lieu d'assemblée en cas d'élection, d'alerte ou d'incendie.
Voir aussi La ronde des métiers.

Les Bateliers (Schifflutt, Schiffleute)

Les Bateliers.

"zum Schiff", maison datée de 1383, qui fut l'école latine au moyen âge.
(photo de l'auteur de la page)

Leur emblème originel semble avoir été un bateau chargé de tonneaux, voguant sur l'eau sous la conduite d'un nautonier. On en trouve encore quelques-uns sur la place du Ladhof et au quai des Pêcheurs. Leur patron était Saint-Nicolas.
Cette corporation compte avec les pêcheurs parmi les plus anciennes de la ville.
Leur lieu de réunion originaire était sans doute au vieux Ladhof, à côté de celui des pêcheurs, et peut-être même avec eux. Plus tard, ils s'installèrent dans la maison zum Schiff (au bateau), sur le Marché aux poissons, ancienne désignation du Marché Vert.
Après avoir compté dans les plus considérables de la cité, la corporation était réduite à 15 membres en 1482, de sorte qu'en 1515, elle dût se réunir aux tonneliers. A la fin du XVIIe siècle, ils étaient remontés à 70 maîtres et 30 garçons; dans le mémoire dressé par l'intendant de Vanolles (1) en 1747, et cité par Dorlan, ils étaient 100 maîtres et 60 garçons, mais, dans ce chiffre, étaient dénombrés les tonneliers.
(1) Barthélémy de Vanolles (10 novembre 1684-16 août 1770) Conseiller au Grand Conseil en 1707, maître des requêtes en 1722. intendant à Moulins (1729-1734), intendant de Franche-Comté (1734-1743), puis intendant de l'armée de Bavière, enfin intendant d'Alsace (1744-1750) conseiller d'État semestre en 1750, puis conseiller d'État en 1765.

Voir une liste.
Voir l'article Bastian GERBER, un pêcheur sur la rivière de l'Ill au 16e siècle.


^ Sommaire

Les Bouchers (Metzinger, Metziger)

Les Bouchers.

La Grande Boucherie, qui abrite aujourd'hui des services municipaux.
(photo de l'auteur de la page.)

Leur patron était Saint Barthélémy, qu'on représente toujours tenant d'une main un couteau et de l'autre la peau d'un homme écorché, en souvenir de son supplice.
Jusqu'en 1748, ils s'assemblaient probablement dans le voisinage de la Boucherie Neuve ou Petite Boucherie, c'est-à-dire dans le pâté de maisons compris entre la rue des Marchands et celle des Tailleurs.
Après cette date, qui vit la construction du beau bâtiment de la Grande Boucherie (à côté de l'église Saint-Georges), ils se réunirent quelque temps au premier étage de cet édifice.
Enfin, au XVIIe siècle, ils s'étaient agrégés aux Jardiniers et occupaient avec eux le n°12 de la rue de la Grande Boucherie, qui fait l'angle du Marché-aux-Choux, et qui appartenait en 1840 à la famille du général Offenstein.
En 1416 ils étaient au nombre de 24; en 1552, ce chiffre était réduit à 19, et même 18 en 1577. En 1597, ils étaient remontés à 22 et enfin, en 1747, à 25.
Voir une liste.
^ Sommaire

Les Boulangers (Becker ou brotbecker)

Les Boulangers.

Fronton d'une maison de boulanger.
(photo de l'auteur de la page).

Selon l'armorial d'Hozier, les armes des Boulangers étaient jointes à celles des meuniers.
Il existe encore de nos jours à Sélestat, sur les frontons de maisons, de nombreuses variantes de cet écu, principalement la Bretzel.
Leur patronne était la Vierge, mais à partir de la période française, ce fut Saint Honoré, auquel a été dédié le classique flan à la crème.
Le poêle des Boulangers était installé en face de la fontaine de l'Ecrevisse, au n°8 de la rue du Sel, sans interruption du XIVe siècle jusqu'à la Révolution.
En 1482, ils étaient au nombre de 45, chiffre qui s'éleva successivement à 47 en 1552, 49 en 1577, pour atteindre 58 en 1597. Mais en 1730 ils n'étaient plus que 31 maîtres et 26 garçons, y compris les pâtissiers.

Les Boulangerset les Meuniers en 1596.

A cette tribu était agrégée celle des meuniers, qui s'étaient placés à l'origine sous le patronage des saints Anges, puis de Sainte Catherine. Bien que rattachés au point de vue administratif aux boulangers, ils n'en constituaient pas moins un groupement distinct, organisé dans la forme d'une confrérie religieuse, qui avait son siège au couvent des Franciscains. Ils se réunissaient dans une auberge voisine, située au chevet de l'église de cette communauté, probablement au n°5 de la rue de la Jauge, et qui avait pour enseigne un ange. Au XVIIe siècle, on comptait 5 maîtres meuniers et 10 garçons.

Voir une liste

Un exemple de transmission depuis le XIXe siècle : la boulangerie SUHNER, Predigergäss (rue des Prêcheurs) :


^ Sommaire

Les Cordonniers (Sutores, Schuchsuter, Schuhmacher)

Les Cordonniers.

Maison dite "Petit-Griffon", qui sera plus tard habitée par le baron Amey.
(image jpb

Leur patron était Saint Crépin. Toutefois, dès 1496, ils avaient fondé une confrérie religieuse, placée sous le patronage de Notre-Dame, qui avait son siège à l'église du Saint-Esprit de l'hôpital. Ils pourvoyaient également dans cet établissement à l'entretien de deux lits, destinés à y recevoir leurs membres malades.
Les cordonniers se réunissaient au XIVe siècle dans la maison dite au Géant (zum Rysen), dont l'emplacement n'a pas été clairement identifié (probablement rue du Sel vers la Halle-aux-Blés, aujourd'hui Bibliothèque Humaniste). Quel était ce géant ? Serait-ce le légendaire Sletto, auquel on attribuait jadis la fondation de la ville, ou bien, comme à Strasbourg (à l'angle des rues du Filets et des Poules), n'était-ce qu'une allusion biblique à Goliats vaincu par David ?
Au XVI[[ème}} siècle, ils avaient émigré au n°13 de la rue du Sel, dans l'immeuble dit au petit Griffon (voir photo à droite) qui était à cheval sur cette rue et le Marché aux poissons, et formait ce qu'on appelait alors un orthus, c'est-à-dire une maison bâtie en angle très aigu.
Au nombre de 30 en 1482 et 1552, ils étaient descendus à 15 en 1577, pour remonter à 46 en 1597 et passer ensuite brusquement à la fin du XVIIe siècle à 90 maîtres et 80 garçons, dont le motif le plus plausible de cet accroissement semble résider dans la garnison exceptionnellement nombreuse que reçut Sélestat et ses abords immédiats de 1673 à 1715.

Voir une liste


^ Sommaire

Les Gens du faubourg (Verstettern)

Les gens du faubourg.

Les gens du faubourg.

Les gens du faubourg formèrent jusqu'an 1540 une tribu distincte, qui comprenait les habitants du quartier s'étendant au sud de la vieille ville, de l'autre côté du Giessenbach.
Comme c'était l'usage, lorsque les différentes parties d'une même ville étaient constituées en collectivités particulières, elles possédaient des armoiries spéciales, qui étaient le plus souvent une sorte de réplique de celles de la cité proprement dite, et ne s'en différenciaient que par une interversion d'émaux.
Leur patron était Saint Nicolas sous le vocable duquel se trouvait l'église de cette paroisse.
La salle d'assemblée de la tribu occupait les numéros 1 et 2 du quai des Pêcheurs, réunis alors en un seul et même immeuble.
La population du faubourg comprenait surtout des laboureurs, des pêcheurs, quelques constructeurs de bateaux et des potiers d'étain. En 1482 elle comptait 45 inscrits; après 1540 il n'est plus fait mention d'elle dans les registres municipaux, mais peut-être son incorporation dans les différentes tribus de la ville, dont elle vint grossir le nombre, est-elle plus récente et ne date-t-elle que de 1552, quand tout l'ensemble du faubourg fut réuni à la ville par une enceinte continue.
^ Sommaire

Les Jardiniers (Gartner, Sesterlute)

Les Jardiniers.

Un jardinier.
(image Google)

Le jardin médiéval est un jardin clos, de forme carrée ou rectangulaire, qui s’inspire des jardins des cloîtres et est divisé en espaces réguliers délimités pas des treillages et des ouvrages de bois.
Les cultures sont réalisées sur des plates-bandes surélevées consolidées par des planches ou des tressages de branchages de saule ou de châtaignier appelés « plessis ». On peut s’y asseoir sur des banquettes de gazon fleuri renforcées parfois par des murets de tuiles (4jardins.online.fr).
Sous l'Ancien Régime, le terme jardinier désignait aussi bien ceux qui concevaient (aujourd’hui appelés paysagiste) et entretenaient des jardins d’agrément pour de riches propriétaires nobles ou bourgeois (voire pour le roi, à Versailles) que ceux qui produisaient des denrées (fruits et légumes) pour l'approvisionnement des villes. Ces derniers qu'on dirait plutôt aujourd'hui maraîchers se regroupaient en communauté de jardiniers et Paris comptait environ 1 200 maîtres-jardiniers au milieu du xviiie siècle.
Dès le début du xxe siècle, les écoles d'horticulture ont formé de nombreux jardiniers. Autrefois, en France, les jardiniers étaient des jardiniers cinq branches ; C'est-à-dire qu'ils étaient capables de travailler dans les domaines du maraîchage, de la pépinière, de l'arboriculture, de la floriculture et dans celui des parcs et jardins. Depuis la fin du xxe siècle, ces métiers tendent à se différencier ; ainsi, les écoles forment des spécialistes dans chacun de ces cinq domaines (Wikipédia).

Les jardiniers à Sélestat, contrairement à l'usage, avaient pour patron saint Roch au lieu de saint Fiacre.
Le poêle des jardiniers, dans les premiers temps de leur constitution en tribu, devait se trouver dans l'impasse Sainte-Barbe qui, jusqu'à la fin du XVe siècle, était désignée sous le nom de Gartnergasse. Après cette époque, ils émigrèrent dans un immeuble situé à l'angle du Marché aux choux et de la rue de la Grande-Boucherie, qui avait été construit au siècle précédent aux dépens du domaine du prieuré de Sainte-Foy.
La maison moderne, qui s'est élevée à sa place dans la seconde moitié du XVIIe siècle, et occupe le numéro 12 de la rue de la Grande-Boucherie, se trouve en retrait de trois mètres au moins de l'ancien alignement.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, on la désignait communément sous le qualificatif de Oberpfundstube. C'est vers cette époque que la corporation se sectionna en deux : les jardiniers proprement dits, tout en conservant l'ancien local, y accueillirent les bouchers avec lesquels ils ne formèrent qu'un seul corps, tandis que les vendeurs de légumes ou fruitiers, dorénavant frères ennemis, s'en furent avec les boulangers.
La tribu des jardiniers et bouchers est le seul corps de la ville qui ait négligé, en 1697, de faire enregistrer ses armoiries. voir.
En 1482, alors que les jardiniers et les fruitiers étaient réunis, ils étaient au nombre de 45, puis de 46 en 1552, mais leur décadence s'accentuait dès la seconde moitié du XVIe siècle, pendant laquelle ils tombent successivement à 39 en 1577, et à 31 an 1597.
A la fin du XVIIe siècle, on comptait 21 maîtres jardiniers et 4 garçons, tandis qu'à la même époque les fruitiers, incorporés aux boulangers, ne comprenaient que 14 maîtres.
Voir une liste
^ Sommaire

Les Laboureurs (Ackerlute, Bauern, Burenzunft)

Les laboureurs.

Un laboureur.
(image Google)

Leur patron était saint Isidore.
Les laboureurs formaient, avec les deux tribus des vignerons, le corps de métier le plus important de toute la ville. Ils avaient leur siège au fond de la cour du numéro 5 de la rue des Juifs, à proximité du mur de l'enceinte intérieure. C'est dans ce bâtiment, qu'ils ne paraissent avoir jamais quitté jusqu'à la Révolution, que s'installa, au début du XIXe siècle la synagogue.
Ils avaient donné leur nom à une tour de l'enceinte qui leur était voisine, plantée au fond de la ruelle, qui borde le numéro 5 de la rue du Sapin. Ce nom resta ensuite à la porte, qu'on ouvrit pour assurer au XVe siècle la communication avec les lices et au XVIe siècle avec le faubourg.
Cette corporation paraissait jouir, sans doute à raison de son importance numérique, de la confiance particulière du Magistrat, puisqu'il lui avait dévolu la garde permanente de la tour du guet, bâtie à l'extrémité du faubourg.
En 1482, on comptait parmi les laboureurs 104 imposables; en 1552, 131; en 1577, 114; en 1597, 128; à la fin du XVIIe siècle, à la suite des longues guerres qui ensanglantèrent l'Alsace pendant cette période, leur nombre était tombé à 90 maîtres et 100 garçons; ce qui s'explique facilement, car c'est sur eux surtout que pesa le plus longuement et le plus lourdement presque tout le fardeau des réquisitions militaires.
Voir une liste
^ Sommaire

Les Maréchaux (Schmide)

Les Maréchaux.

Un maréchal-ferrant.
(image Google)

Artisan dont le métier est le ferrage des animaux, chevaux, boeufs, etc... presque toujours connu en tant que maréchal-ferrant ou maréchel-forgeron. Il donne aussi les soins de base aux animaux quand ils sont malades.
Leur patron était saint Eloi.
Cette corporation, qui réunissait dans son sein les métiers les plus divers, depuis les menuisiers jusqu'aux vitriers, en passant par les orfèvres et les peintres, comptait encore au nombre de ses affiliés les tuiliers et les potiers, tant de terre que d'étain.
Certains métiers gardaient leurs emblèmes caractéristiques ainsi que leurs patrons particuliers. C'est ainsi que les maçons invoquaient sainte Anne, les charpentiers saint Joseph : que les armes de ces derniers consistaient en une hache et un équerre, placés en double chevron, celle des tuiliers et potiers, en un maillet entre deux roses. Tous ces groupes particuliers étaient englobés, depuis 1478, dans une importance confrérie, placée sous l'invocation de la Vierge, et rattachée à l'autel qui lui était dédié dans l'église des Dominicains, "à droite de la porte qui communique avec le cloître". C'est à cet autel que se célébrait tous les ans la fête corporative de saint Eloi.
Les Maréchaux avaient construit leur poêle sur une parcelle dont la propriété utile leur avait été aliénée par les Dominicains, sous la forme d'un bail à cens, moyennant une redevance de cinq livres. Ce terrain, qui était à l'origine contigu au jardin du couvent, occupait la partie de l'ancien arsenal Sainte-Barbe, confinant à la rue des Juifs actuelle, qui prit pour cette raison le nom de rue des Maréchaux. L'immeuble était planté sur la place connue alors sous le nom de Gluckmansbuhel, et on y suspendait la bannière de la corporation, dont le fond écarlate avait valu à la maison d'être désignée sous l'enseigne du Drapeau rouge. Tout près se trouvait la Kesselerther ou porte des chaudronniers, dont la garde était confiée aux maréchaux.
Les tuiliers et les potiers de terre et d'étain avaient fait élection de domicile dans un local sur la place connue depuis sous le nom de Marché aux Pots.
A la fin du XVe siècle, la construction de l'ancienne Kauffhaus devenue dans la suite l'arsenal Sainte-Barbe, exigeant un emplacement considérable, nécessita l'expropriation non seulement de la synagogue, mais encore du poêle des maréchaux. Ils émigrèrent alors au lieu d'assemblée des potiers, dans une maison à l'enseigne zum Angelt, qu'elle ne quitta plus jusqu'à la Révolution.
Les maréchaux étaient 75 en 1482; 97 en 1552; 118 en 1577; 151 en 1597; à la fin du XVIIe siècle, ils n'étaient plus que 112 maîtres et 64 garçons, sur lesquels les potiers comptaient 14 maîtres et 6 garçons.
Voir La ronde des métiers. Voir aussi
^ Sommaire

Les Pêcheurs (Piscatores, Fischer, Vischer)

Les Pêcheurs.

La carpe, poisson du Rhin et de l'Ill, que l'on déguste encore, farcie, dans des restaurants..
(image Google)

La Fischerthor, incorporée dans des maisons du XVe siècle.
(image jpb)

Leur patron était saint Pierre.
Les pêcheurs paraissent avoir formé la première corporation organisée à Schlestadt, puisqu'ils interviennent déjà en tant que corps constitué dans un arbitrage avec le prieuré de Sainte-Foy, signé en 1236 devant l'avoué impérial Berthold de Tannenrode. Il semble à peu près certain que ce fut la pêche et le transport par eau qui constituèrent les premières industries de Schlestadt; il est donc dans la logique de chercher chez les représentants de ces métiers, en quelque sorte primordiaux dans la ville, les premiers vestiges d'une organisation corporative.
Leur lieu de réunion, qui resta invariable pendant près de quatre siècles, quelque modification que subit la ville dans ses abords immédiats, se trouvait dans l'îlot situé entre la Fischerthor (voir photo à droite) et le bassin du Ladhof. C'était une construction très importante, qui englobait le numéro 2 de cette place ainsi que le numéro 15 du Gerberbach, et donnant par conséquent en même temps sur le fossé des Tanneurs. Quand, à la fin le XIVe siècle, on transféra le lieu de débarquement des marchandises sur le bord du bras principal de l'Ill et que l'ancien port fut comblé et transformé en place publique, les pêcheurs ne voulurent pas abandonner la demeure qui les avait abrités déjà depuis plus d'un siècle. Malgré la transformation opérée, ils conservèrent néanmoins la possibilité d'arriver en barques jusqu'à leur poêle; mais au lieu d'y parvenir par le Ladhof, ce fut dorénavant par le fossé des Tanneurs, sur lequel ils obtinrent la permission d'élever une estacade au droit de leur propriété, moyennant une redevance qu'ils devaient payer à la ville.
Il est probable que les bateliers s'y rassemblaient également à l'origine, puisqu'ils s'y trouvaient à partir du lieu de leur négoce; mais le comblement de l'ancien Ladhof leur fit abandonner définitivement ce quartier excentrique.
Quant aux pêcheurs, ils y restèrent fidèles jusqu'en 1684. C'est là que pendant le siège de 1632, ils avaient donné asile au Magistrat dont l'hôtel était trop exposé au feu de l'assiégeant. Quand Schlestadt, fortifié à nouveau, devint le siège d'une garnison nombreuse et un point de concentration militaire plus important encore à cause du voisinage du camp de Châtenois, les pêcheurs durent céder leur antique demeure à l'administration de la Guerre, qui y installa un hôpital.
Après la transformation du poêle des pêcheurs en hôpital, ceux-ci se réunirent au numéro 3 de la rue des Capucins. C'est à partir de cette époque que ce quartier prit dans la langue populaire le nom de Fischerbach, et que le cours d'eau qui le traversait reçut cette même dénomination, qui était précédemment celle du ruisseau qui courait au centre de la vieille ville.
En 1416, on comptait 24 pêcheurs; en 1842, 45; en 1552, 76; en 1577, 81; en 1597, 90; à la fin du XVIIe siècle ils étaient 62 maîtres et 40 garçons.
Voir Les pêcheurs et bateliers.
Voir l'article Bastian Gerber, un pêcheur sur la rivière de l'Ill au 16e siècle

Le vieux port ayant été ensablé, le Ladhof sera ensuite directement sur l'Ill, à cet endroit.
(photo jpb)


^ Sommaire

Les Tailleurs (Wotlut, Wathleut, Wath oder Tuchluth ou encore Schneiderzunft)

Les Tailleurs.

Les outils du tailleur.

Leur patron était saint Michel. Leur poêle était établi dans une dépendance de l'ancien hôtel des Waffler d'Eschery, en bordure d'une ruelle qui, de la place d'Armes, conduisait à la Boucherie-Neuve ou Petite-Boucherie, et qui était occupée par des étaux de bouchers.
A raison de l'exiguïté du terrain dont ils disposaient, ils obtinrent en 1422 du Magistrat la permission de bâtir au-dessus de cette ruelle, mais sans pouvoir y entraver la circulation.
La tribu des Tailleurs était la tribu urbaine par excellence; c'est elle qui réunissait surtout les métiers citadins tels que marchands, perruquiers, chapeliers, libraires, cabaretiers, chirurgiens, etc... Certains de ces métiers, tout en restant affiliés à la tribu, avaient institué des confréries religieuses placées sous des patronages particuliers et ayant des statuts spéciaux à leur profession, tels que :

- la confrérie des Tailleurs, fondée en 1498, dont le siège était à l'église des Franciscains,
- la confrérie des Tisserands, crée en 1510, rattachée à l'autel de sainte Agathe, sous l'invocation de saint Séverin,
- la confrérie des Chapeliers, crée vers la première moitié du XVIIe siècle. Leur patron était saint Jacques,
- la confrérie des Chirurgiens (vers 1697) qui invoquaient saint Antoine.

Au nombre de 40 en 1416, les Tailleurs, ainsi que les autres métiers qui leur étaient affiliés, étaient passés à 75 en 1482, puis à 112 en 1552, pour retomber à 83 en 1577 et 99 en 1597. Dans un mémoire au duc de Bourgogne, leur chiffre s'élève à 133 maîtres et 60 garçons, mais en 1747 il n'étaient plus que 129 maîtres pour un même nombre de garçons qu'en 1697.
^ Sommaire

Les Tanneurs (Gerwer, Gerber)

Les Tanneurs.

Des tanneurs.

Passage obscur sous le poêle des tanneurs.
(photo jpb)

Comme pour les boulangers surtout, on trouve encore sur un certain nombre d'immeubles de la ville, leur emblème gravé dans la pierre sur des frontons de maisons.
Leurs patrons étaient les apôtres saint Simon et saint Jude.
Les nécessités de leur profession, aussi bien sans doute que les ordonnances du Magistrat, les avaient groupés le long du cours inférieur du Mulhbach, entre le petit Pont de pierre, en face de l'ancien abattoir, et le rempart.
De cette manière, ils ne risquaient pas de souiller la rivière de leurs déjections inodorantes, dans la traversée de toute la ville (comme pour les bouchers, il leur fallait beaucoup d'eau). Cette partie du cours d'eau prit pour cette raison le nom de Gerberbach. Comme il occupait au XVe siècle toute la largeur de la rue, baignant le pied des maisons qui y étaient bâties sur son bord, les propriétaires des huit tanneries qui existaient à cette époque y avaient élevé des estacades sur pilotis, qui leur servaient à laver les peaux, avant de les soumettre à l'opération du tannage. Ces installations, qui ajoutaient peut-être au pittoresque du quartier, mais non à sa commodité, disparurent en 1612, lorsque le lit de la rivière fut rétréci et canalisé.
C'est dans l'un des immeubles qui le bordaient, que la tribu des Tanneurs avait établi son poêle. Celui-ci se trouvait au numéro 7 du quai, dans cette étrange maison à piliers qui surplombe le canal et couvre de sa masse une partie de la chaussée. L'obscur recoin que forme la rue à cet endroit, passait, d'après la légende, pour le repaire d'esprits malfaisants, et donnait une déplorable réputation d'insécurité. Pour conjurer cela, on avait creusé dans le mur de la maison voisine une niche de pierre (qui existe toujours) enfermant la statue de la Vierge.
En 1416, les Tanneurs étaient au nombre de 8; en 1482, 15; en 1552, 16; en 1577, 18; à la fin du XVIIe siècle, 20 maîtres et 17 garçons.
^ Sommaire

Les Tonneliers (Winlute, Weingartner ou Kufer)

Les Tonneliers.

Un tonnelier.
(image Google)

Leur patron était saint Jean l'Evangéliste et, dans la suite, saint Jean-Baptiste.
La tribu des Tonneliers avait son siège, pendant le XIVe siècle et les premières années du XVe siècle, à la Tonnelle, zu dem Weingarten, maison qui se trouvait au numéro 2 de la rue des Franciscains et fut englobée, au milieu du XVIe siècle, dans les dépendances du Baldenheimerhof. Ils se trouvaient ainsi rapprochés du lieu habituel de leurs transactions, qui s'opéraient sur la place s'étendant entre la Commanderie de Saint-Jean et l'ancien prieuré de Lièpvre, et traversée alors dans le sens de la longueur par le Petit Giessen. Cette voie a conservé jusqu'à nos jours, en souvenir de son ancienne destination, le nom de Vieux Marché aux Vins.
En 1457, les Tonneliers achetèrent ce qui subsistait de l'ancien hôtel de Botzheim à Jean de Furdenheim, Erasme de Happerspach, Louis Lind de Bernhausen et Marguerite de Blienschwiller, sa femme, copropriétaires indivis, aux droits de Claus Meyertesch, qui lui-même l'avait acquis directement des Botzheim. Cette acquisition correspond exactement au 9bis de la rue des Chevaliers. La rue ne formait à cet endroit qu'un étroit boyau dont, malgré certains travaux d'édilité, elle gardera longtemps l'apparence.
En face du poêle des Tonneliers demeurait, dans la seconde moitié du XVe siècle, un chaudronnier du nom de Wittendorf, dont la maison touchait presque celle de la tribu, laissant entre les deux un espace à peine suffisant au passage d'une charrette, puisqu'il était inférieur à deux mètres.
En 1515, les bateliers vinrent s'adjoindre aux tonneliers, ce qui amena une augmentation sensible de la tribu. Plus tard, ils agrandirent l'ancien immeuble qu'ils tenaient des Botzheim.
Les Tonneliers étaient 36 en 1416; 66 en 1482; 56 seulement en 1552 malgré l'incorporation des bateliers; 71 en 1597. A la fin du XVIIe siècle, ils étaient, non compris les bateliers, au nombre de 30 maîtres et de 15 garçons, chiffre qui se maintint intact en 1747.


^ Sommaire

Les Vignerons de la Porte-Basse (Niederrebleute, Niederlinge)

Les Vignerons de la Porte Basse.

Belles grappes de raisin blanc.

Il y avait à une époque deux corporations de vignerons. Les emblèmes étaient alors différents.
La patron de la corporation était saint Urbain.
Ces vignerons avaient leur poêle sur le Marché aux Choux, en face de celui des Jardiniers, très probablement au numéro 1, à l'angle de la rue de la Grande Boucherie.
Leur nom leur venait du voisinage de la Niederthor (porte basse), et parce que, sans doute, la garde de cette porte et la défense de la courtine qui y confinait leur était confiées.
Les vignerons s'étaient groupés aussi en fonction de la partie de la banlieue qu'ils cultivaient; ceux de la Porte Basse, les moins nombreux, étaient localisés dans les parties les moins favorables à la culture de la vigne du Runtz et du Gartfeld.
Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, cette corporation se réunit à celle de la Porte Haute, à laquelle ils apportèrent leurs armes, tandis qu'ils partagèrent à partir de cette époque le poêle de ces derniers.
De 36 en 1416, leur nombre s'était élevé à 66 en 1482; 94 en 1552; 83 en 1577 et 90 en 1597. On manque d'indications pour la période postérieure.



^ Sommaire

Les Vignerons de la Porte-Haute (Oberreblute)

Les Vignerons de la Porte Haute.

Jolie grappe de raisin noir.

Leur poêle se trouvait au numéro 9 de la rue Wimpheling, à quelques pas à peine de l'Oberthor, dans la maison dite zum Traube, à laquelle était appendus, en guise d'enseigne, les armes de la corporation.
Au carrefour des voies menant à la Porte Haute, se trouvait une lanterne, à l'éclairage de laquelle était préposé le maître d'hôtel de la tribu.
Après la désastreuse période de la guerre de Trente ans, qui amena de nombreux vides dans leurs rangs, les deux groupes de vignerons fusionnèrent ensemble.
Le poêle des Oberrebleut servit de lieu de réunion générale de la tribu agrandie, tandis que les armes des Niederrebleut devinrent l'emblème unique des deux fractions désormais rassemblées.
En 1416, ils étaient 56; en 1482, 104; en 1552, 149; en 1577, 102; en 1597, 82.
Enfin, à la fin du XVIIe siècle, et malgré la réunion des deux groupes en un seul, leur chiffre total ne dépassait pas 86 maîtres et 30 garçons. Même nombre en 1747.


^ Sommaire

Références

  Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat - Tome I
  Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat - Tome II
  Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat - Tome III
Les liens ci-dessus ne peuvent être utiles qu'à ceux qui désireraient acquérir ces ouvrages.(des exemplaires sont en consultation libre aux Archives municipales de Sélestat.)
Archives municipales de Sélestat - Corporations - Série HH
- Corporation des marchands (Wothlenthzunfft).
- Livre de la corporation 1671-1790.
- Registres d’état civil de Sélestat.

^ Sommaire