67462 - Sélestat - Eléments divers tirés des archives municipales

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Suspects et suspicion à Sélestat (1793-1795)

Listes de gens "suspects" et surveillés, voire éloignés ou déportés, durant cette période troublée (accompagnées de quelques éléments généalogiques).
Après la Révolution, en 1794, durant quelques temps, François Xavier LAMBLA, maire, sema la terreur parmi la population. Il fit même déporter provisoirement des gens, à Besançon, Champlitte et Andlau.

Première liste

Des personnages "suspects" de la commune de Sélestat, mis en état d'arrestation par le Comité de Surveillance, établi dans la dite commune par les Représentants du Peuple, et importés à Besançon :

  • ARMBRUSTER Joseph,Chef du parti aristocrate depuis le commencement de la Révolution, signataire et membre de députations et pétitions anti-civiques, royalistes et fanatiques.
Rentier (1810), marié à Agnès WESTERMANN (+ ap. 6/1810). Ils eurent trois enfants : Jean Antoine Joseph, Victoire Agnès et Marie Anne.
Jean Antoine Joseph, marchand de fer à Sélestat, y deviendra maire et conseiller d'arrondissement. Victoire Agnès épousera François Jean STOFFEL, greffier au tribunal. Marie Anne épousere Pierre DUPRE, capitaine, chevalier de la Légion d'Honneur, qui sera ensuite secrétaire de la mairie de Sélestat.
  • BECK Henri, idem. Marchand.
  • BALDECK Pierre, idem, agioteur. Marchand. En fait le prénom est "Jean Pierre". Né à Sélestat le 26/02/1765, à décédé le 16/04/1838, commerçant, propriétaire, fils de Nicolas, aubergiste, et de Elisabeth FUCHS. Pierre se marie deux fois :
1° le 04/12/1787 à Sélestat avec Marie Anne WERLE (+ 31/08/1787 Sélestat),
2° le 29/12/1789 à Sélestat avec Madeleine GASTINGER (o 19/04/1763 Sélestat, y + 14/07/1836),
d'où postérité.
  • BAUDINOT, ci-devant aide-major.
  • BOURDON Antoine, Maire suspendu. Juge de paix du canton de Sélestat. Maire (1795-1797), né à Sélestat le 21/09/1763, y décédé le 28/12/1818. Fils de Antoine Auguste, capitaine de Dragons dans la légion des Flandres, et de Anne Catherine MIOT. Il épouse à Sélestat, le 13/12/1797, Marie Jeanne (Jeannette) KEUFFER (o 1769, + Sélestat 07/06/1804).
  • BRUNO Jean-Baptiste, marchand libraire, colporteur et distributeur d'imprimés incendiaire et fanatiques. Né vers 1750, décédé le 07/02/1816 à Sélestat. Relieur. Fils de François et de Françoise BETTIG. Il épouse à Sélestat, le 23/01/1783, Marie Salomé SENGLER, née le 01/01/1752 à Sélestat.
  • DREYER Pierre, éclusier suspendu, aristocrate enragé, avec sa femme et sa fille, aristocrates incorrigibles.
  • DENNER Pierre, Juge de paix suspendu.
  • FALLECKER Georges, Chirurgien, aristocrate et colporteur d'écrits incendiaires. Barbier, époux de Madeleine FRELIN, d'où Jean-Baptiste, baptisé le 06/06/1781 à Sélestat. Sans autres renseignements.
  • FELS Louis Charles Joseph, juge suspendu. Né le 18/02/1753 à Sélestat. Fils de Bernard Joseph (o 05/02/1701 Sélestat, + en 1761), avocat au Conseil Souverain d'Alsace), et de Marie Anastasie WEIBER (o 14/03/1721 Sélestat, y + 12/11/1780).
  • la veuve Chiqué, mère d'émigré.
  • SCHMITT Augustin, cafetier, notable suspendu, archi-aristocrate, ainsi que sa femme.
  • SCHERER Pierre, marchand, fanatico-aristocrate. Né vers 1740, originaire du diocèse de Trêves. Fils de Jean Adam et de Catherine SCHMITT (O ca. 1710 Sélestat). Il épouse à Sélestat, le 11/01/1776, Anne Ursule RENTZ, née le 13/06/1738 à Sélestat, fille de Antoine (o ca. 1685, + 1749), marchand mercier à Sélestat, et de Anne Ursule BAUR (o ca. 1715 Sélestat, y + 20/03/1742).
  • KLING, receveur et tabellion suspendu pour faute de certificat de civisme.
  • HECHT Ignace, cordonnier, aristocrate enragé. Cordonnier et soldat de la Garde nationale. Il aura au moins un fils : François Ignace, né le 02/12/1792 à Sélestat, cordonnier, qui épouse Anne-Marie Elisabeth SCHOEPFF (+ Sélestat 04/11/1849).
  • la veuve HERRENBERGER, mère d'émigré, et sa fille. Il doit s'agir de Elisabeth AMIOT, mère de Dominique Ignace Xavier (1755-1833), maire (1790-1892). Voir
  • La NEUVILLE, femme d'émigré.
  • Paul KLEIN et Xavier KLEIN, frères d'émigré. Paul est probablement celui qui figure sur le recensement de 1791, propriétaire de la maison n°35. Il n'y habite pas, mais y a deux locataires : Michel SCHNEIDER, laboureur, et Michel ORTH, vigneron. Sans autres renseignements.
  • la veuve STREIT, mère d'émigré.
  • FILLIAT Jeannette', aristocrate incorrigible. Née en 1775 à Sélestat, fille de Antoine (o 26/08/1756 Annonay, Ardèche) et de Jeanne FOISSET (o ca. 1756 Vendenheim, Bas-Rhin). Au moins une fille : Joséphine, née le 11/11/1776 Strasbourg, décédée le 30/12/1821 à Sélestat.
  • la femme MEYER, mère d'émigré.
  • la femme SCHAAL, aristocrate décidée.
  • la fille DEUNVILLE, aristocrate effrontée.
  • la femme HERRENBERGER, émigrée.
  • la femme BAVELAER, née MEYER, soeur d'émigrée.Elisabeth Sophie Alexandrine MEYER, fille de Jérôme Protais (+ ap. 11/1769), avocat au Conseil supérieur d'Alsace, bailli de Blotzheim et de Nambsheim, et de Jeanne Octavie Madeleine GERARD (o 11/04/1726 Masevaux, Haut-Rhin, + ap. 11/1769). Elle épouse le 10/01/1775, à Scherwiller, Bas-Rhin, Jean Jacques Jérôme Alexandre Conrad BAVELAER (+ ap. 1813), avocat au Conseil supérieur d'Alsace, syndic de la ville de Sélestat, commissaire du district de Barr, président du tribunal civil de Sélestat (1809,1813).

Liste de "ceux qui ont été mis sur la stricte surveillance des pouvoirs constitués"

  • PLAGNAT Antoine, marchand.
  • FEGERFLEIN Laurent,
  • JOHNER Georges "le vieux",
  • SPIESS Jean-Baptiste, marchand,
  • WUSTHORN Michel, meunier,
  • DANGELO Antoine, marchand,
  • ANSELM Ignace, "ci-devant huissier",
  • BURST, officier retiré,
  • FALLECHER Christian, marchand de grains,
  • la femme de Louis FLEURY, marchand,
  • ESSELMEYER Joseph, apothicaire,
  • KLOCKMANN Dominique, perruquier,
  • LÖCHERER Antoine, boucher,
  • la femme de Jean-Baptiste LAURENT,marchand. Sans doute Anne Marie GRUNWALD, née en 1742 à Sélestat, y décédée le 13/11/1812, maison 299, marchande. Elle a 3 fils :
- Georges, décédé après 1800,
- Joseph, né vers 1774 Sélestat, décédé après 1805, marchand, négociant, qui épouse à Sélestat, le 29/12/1796, Marguerite LOHMÜLLER, née vers 1778, décédée ap. 1805, d'où postérité,
- Dominique, né vers 1787, décédé après 1812, teinturier, qui épouse vers 1811 Anne Marie WASHUTZ, née vers 1790, d'où postérité.
  • LORBER Antoine, boulanger,
  • SENGLER Michel, laboureur,
  • STUDLER André, forestier destitué,
  • la femme d'Antoine MANN, cabaretier,
  • la femme et la fille MAIMBOURG,
  • la veuve SEITZ,
  • son fils,

Liste "de ceux qui ont été éloignés à dix lieues des frontières"

  • MEYER André, garçon meunier,
  • les deux frères JACHIM,
  • DETZ, ci-devant maître d'école,
  • SCHMITTER, tisserand.

"Lesquelles listes, après lecture faite, ont été arrêtées dans la séance du 9 de la première décade du second mois de l'an second de la République, une et indivisible, pour être envoyées au Comité de sûreté générale, et aux Comités des Départemens voisins."
Pour copie conforme aux originaux.
Signé : LAMBLA, président, et PROBST, secrétaire.
Sources :
- A.M. Sélestat, M.54.
- Suspects et suspicion à Sélestat (1793-1795), thèse pour un diplôme d'études approfondies, de Pascal KITTEL, septembre 1993, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, Centre de recherches historiques sur la ville.

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Le roi Charles X visite l'Alsace et passe à Sélestat

Charles X



Le 10 septembre 1828, la ville de Sélestat accueille le Roi Charles X.
Voici ce que disait au sujet de cette visite du roi en Alsace, sur un document écrit par P.J. Fargès-Méricourt, avocat, secrétaire général de la ville de Strasbourg : (orthographe respectée)

Une ère nouvelle commence pour l'Alsace : elle est maintenant connue de son Roi !
De perfides insinuations n'avaient pu parvenir sans doute à fermer le coeur du Père de la patrie à ceux de ses nombreux enfans qui habitent les belles provinces de l'est de son royaume; mais elles ont dû le faire gémir, s'il a pu admettre un seul instant qu'ils lui refusaient le tribut d'amour que ses sujets doivent à un monarque qui ne désire que leur félicité et leur gloire.
Heureux voyage, qui nous a fait connaître personnellement notre Roi, et qui a mis Sa Majesté à même de nous connaître personnellement, de lire dans nos coeurs et de n'y rencontrer que des témoignages d'amour et de vénération pour sa personne sacrée et pour son auguste famille; enfin, de n'entendre d'autre manifestation de principes que de ceux d'ordre, de stabilité du trône et d'affermissement des libertés publiques !
Heureux voyage, qui a déroulé sous les yeux de notre Roi le riche tableau de la fertilité de notre territoire, de l'industrie et de la laborieuse activité de ses habitans !
Heureux voyage, qui lui a fait connaître nos voeux et nos besoins, et qui fournira à sa haute sagesse les moyens de rendre à notre agriculture et à notre commerce l'ancienne splendeur qui les distinguaient si éminemment !
Heureux voyage, dont le souvenir restera à jamais gravé dans nos coeurs ! Il doit être connu de notre postérité la plus reculée, dont il assure le bonheur ! Chacun de ses détails est un événement, puisqu'il nous révèle un nouveau bienfait, un nouveau motif d'espoir, une nouvelle consolation pour les longs malheurs que nous avons éprouvés.
Avec quel empressement nos neveux ne les recueilleront-ils pas, ces touchans détails qui auront préparé l'état heureux dont ils jouiront ! Ils y verront l'aurore de la prospérité qui régnera sur leur belle contrée, l'empire des lois fixé à jamais, la liberté des cultes établie sur une base indestructible, l'instruction publique répandue dans toutes les classes de leur population; ils y verront enfin la garantie éternelle de tous les bienfaits d'un Gouvernement constitutionnel, et ils béniront la mémoire d'un Prince si justement chéri par leurs pères.
Les buriner, ces détails précieux, c'est préparer une des plus belles pages de l'histoire de l'Alsace, c'est consacrer un monument de la reconnaissance d'un peuple entier, c'est remplir le voeu de tous les hommes de bien.
Entreprendre un pareil travail, ce n'est pas ambitionner une illustration littéraire; c'est enregistrer des faits dans les fastes d'un grand Roi; c'est rapporter de belles et nobles paroles sorties d'un coeur d'un Prince magnanime et de ceux de dignes magistrats,d'honorables citoyens.
.....

(document ayant servi pour la souscription de l'ouvrage à découvrir sous ce lien : [1])
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Sélestat et l'arrestation du duc d'ENGHIEN

L'arrestation du duc d'Enghien dans sa maison d'Ettenheim.

Dans l'arrestation du duc d'ENGHIEN, Sélestat était involontairement partie prenante. Une partie des hommes de la garnison de la ville, le 15 mars 1804, des hommes du 26e de dragons (dont son colonel, Jean Augustin Carrié de Boissy) franchit le Rhin à Rhinau, se dirige vers Ettenheim, à 10 km de la frontière, et enlève le duc. Celui-ci est enfermé à Strasbourg, puis transféré à Vincennes, où il arrive le 20 mars. Le Duc, dernier des Condé, sera exécuté le 21 mars 1804 dans le fossé du château de Vincennes.
Dans les archives, on trouve copie de la lettre du Premier Consul au Ministre de la Guerre, ordonnant l'arrestation du Duc :

Vous voudrez bien, citoyen général, donner ordre au général Ordener, que je mets à cet effet à votre disposition, de se rendre dans la nuit en poste à Strasbourg. Il voyagera sous un autre nom que le sien; il verra le général de la division.
Le but de sa mission est de se porter sur Ettenheim, de cerner la ville, d'y enlever le duc d'Enghien, Dumouriez, un colonel anglais et tout autre individu qui serait à leur suite. Le général de la division, le maréchal-des-logis de gendarmerie qui a été reconnaître Ettenheim, ainsi que le commissaire de police, lui donneront tous les renseignements nécessaires.
Vous ordonnerez au général Ordener de faire partir de Schelestadt trois cents hommes du 26e de Dragons, qui se rendront à Rheinau, où ils arriveront à 8 heures du soir.
Le commandant de la division enverra quinze pontonniers à Rheinau, qui arriveront également à huit heures du soir, et qui, à cet effet, partiront en poste ou sur les chevaux de l'artillerie légère. Indépendamment du bac, il sera déjà assuré qu'il y ait là quatre ou cinq grands bateaux, de manière à pouvoir faire passer d'un seul voyage trois cents chevaux.
Les troupes prendront du pain pour quatre jours et se muniront de cartouches. Le général de la division y joindra un capitaine ou officier, et un lieutenant de gendarmerie, et trois ou quatre (trentaines) brigades de gendarmerie.
Dès que le général Ordener aura passé le Rhin, il se dirigera droit à Ettenheim, marchera droit à la maison du Duc et à celle de Dumouriez; après cette expédition terminée, il fera son retour sur Strasbourg...


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Anecdotes d'intérêt sanitaire

Destruction des nuisibles

Les campagnols

Campagnol

Le 16 avril 1826, la ville de Sélestat publie un avis aux habitants.

Pour éradiquer les campagnols :

Placer en terre de distance en distance, sur le passage des campagnols, des pots à demi remplis d'eau.

Inonder les trous au moyen d'arrosoirs; lorsque le campagnol se sent atteint par l'eau, il sort de son trou et il est facile de le tuer.

Dans les cantons trop éloignés de l'eau et où il est par trop pénible d'en transporter, on peut se servir d'un instrument de fer qui a la forme d'un villebrequin; avec cet instrument on creuse dans les sillons des trous profonds de 15 à 18 pouces, aux lieux où les campagnols ont coutume de passer ou de séjourner. Les parois polies de ces trous empêchent ceux qui s'y sont réfugiés d'en sortir, et il ne reste plus ensuite d'autre soin à prendre que de les tuer. Le modèle de cet instrument a été déposé en 1822 à la sous-Préfecture où on pourra le voir. Les moyens de destruction à l'aide de substances vénéneuses demandent beaucoup de prudence dans leur emploi et exposent toujours à des dangers, il paraît plus sûr de ne pas s'en servir.

(Archives municipales Sélestat, J.13.)

Commentaire : le problème datait déjà d'un moment, puisque l'on parle d'un instrument déposé à la sous-Préfecture déjà en 1822. Malgré des recherches, pas de trace de cet instrument n'a été trouvée. On est dans l'écologie avec le conseil de ne pas utiliser de substances "vénéneuses". Mais le procédé ne devait pas donner tellement de résultats, puisque plus tard, comme on va le voir, on y aura recours.

Le 16 mars 1846, un arrêté est pris par la mairie :

Destruction des campagnols.

- Art. 1er - Tout propriétaire ou détenteur de fonds ruraux dans la banlieue de cette ville sera tenu de détruire les campagnols sur le terrain qu'il exploite, dans la quinzaine à partir de la publication du présent arrêté.

- Art.2 - Il sera délivré par MM. les pharmaciens de cette ville, à des prix modiques, les substances apprêtées pour parvenir à ce but sans s'exposer à des accidents graves.

- Art.3 - Les gardes-champêtres feront de fréquentes tournées sur les terrains envahis, et dresseront procès-verbal contre ceux qui dans le délai fixé n'auront pas fait usage du procédé prescrit ou de tout autre qui aurait également atteint ce but.

- Art.4 - Le présent arrêté sera adressé à Mr. le Préfet du Bas-Rhin pour approbation et publié par la feuille d'annonces et à son de tambour dans la ville.

Fait en Mairie à Schlestadt le 16 mars 1846.

(Archives municipales Sélestat, J.13.)
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Les chenilles

Chenille

En janvier 1826, un arrêté est pris concernant l'échenillage des arbres.

- Vu la loi du 16 ventôse an IV qui ordonne l'échenillage des arbres.
- Vu l'article 471 du Code pénal qui prononce des peines contre les propriétaires ou fermiers qui négligeraient de se conformer à cette préoccupante et utile obligation.
- Vu l'arrêté de Mr. le Préfet du département en date du 14 février 1821, et la circulaire de MM. les Préfets en date du 15 du présent mois qui rappelle l'exécution des lois et arrêtés ci-dessus relatés.

Arrête ce qui suit :

- Art. 1er - Dans les 20 jours qui suivent la publication du présent arrêté, tous propriétaires, fermiers, locataires ou autres faisant valoir leurs propres terres ou celles d'autrui, seront tenus chacun endroit soit d'écheniller ou faire écheniller les arbres, haies et buissons étant sur lesdites terres, à peine d'amende, conformément à l'article 471 du Code pénal et de payer en outre les frais d'échenillage comme il sera dit ci-après.

- Art.2 - Ils seront tenus pour les mêmes peines de brûler sur les champs le toiles et bourres qui seront tirées des arbres, haies et buissons, et ce dans un lieu où il n'y aura aucun danger de communicationse de feu, soit pour les bois, arbres et bruyères, soit pour les maisons et les bâtimens.

- Art. 3 - Le Maire ou des personnes déléguées par lui visiteront dans la huitaine qui suivra l'expiration du délai fixé par l'article 1er, tous les terrains garnis d'arbres, arbustes, haies ou buissons pour s'assurer que l'échenillage aura été exactement fait.

- Art. 4 - Dans le cas où quelques propriétaires, locataires ou fermiers auraient négligé de faire l'échenillage, il y sera procédé aux dépens des retardataires par des ouvriers choisis par le Maire; l'exécutoire des dépenses lui sera délivré par le juge de paix sur les quittances des ouvriers, contre lesdits propriétaires ou fermiers, et sans que ce payement puisse les dispenser de l'amende (art. 7 de la loi du 26 ventôse an IV.)

- Art. 5 - Le présent arrêté sera publié et affiché pour qu'aucun habitant n'en prétende cause d'ignorance; il en sera adressé une ampliation à Mr. le Juge de paix du canton et à Mr. le sous-Préfet de l'arrondissement.

Fait à l'Hôtel de la Mairie de Schlestadt.

(Archives municipales Sélestat, J.13.)
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Pour éradiquer les souris

Souris

Des souris à Rixheim !

En 1822, la ville de Rixheim devait avoir des problèmes avec ces petites bêtes. Le Maire de la cité se renseigne...

Lettre du Maire de Rixheim à son collègue de Sélestat (Bas-Rhin), le 09/08/1822.

Monsieur le Maire,

Instruit par un voyageur, que votre banlieue s'étant trouvée infestée de souris, vous avez eu recours au moyen de payer une prime pour chaque centaine de souris pris, et que la méthode dont on s'est servi pour les prendre a parfaitement réussi, je viens vous prier dans l'intérêt de ma commune qui est affligée du même fléau, de vouloir bien me donner quelques détails sur la dite méthode, laquelle consisteroit à patiquer des trous dans les champs menacés de la dévastation, que cela se faisoit au moyen de pieux qu'on enfonçait en terre à coups de maillet et que les souris se prenoient ensuite dans ces trous.

Si cette indication est fondée, vous m'obligeriez, Monsieur le Maire, de me faire connaître la forme et la grosseur des pieux, à qu'elle profondeur et distance on fait les trous, ainsi que toute autre précaution que le procédé exige.

Je me plais à croire que vous ne trouverez pas ma demande indiscrète. Agréez en revanche l'offre de mes services si je puis être de quelque utilité, et l'expression de ma parfaite considération.

Signé : J. ZUBER.

(Archives municipales Sélestat, J.13.)
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La taupe

La taupe, d'r Mülwerf ou d'r Scherrer, n'est pas appréciée en Alsace. On dit qu'elle ne fait que creuser des galeries sous terre et détruire ainsi les jardins, dévorer les racines et les jeunes pousses. Pourtant, elle est bien utile aux jardiniers.
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Les latrines

Dans les villes, les rues les plus importantes n'ont guère que quelques mètres de largeur, avec un tracé le plus souvent irrégulier. Seules les artères les plus importantes bénéficient d'un passage grossier et inégal.
Le ruisseau qui court au milieu de la rue constitue le tout-à-l'égout (qui n'existe pas encore) où se déversent les eaux ménagères des maisons voisines, où le passage des troupeaux ou des bêtes de trait laisse ses traces, où les gens du coin rejettent leurs immondices, aucune construction ne possédant de fosses d'aisance ou de latrines, les éléments liquides étant le plus souvent jetés des fenêtres.
Tout ceci fait de la rue un véritable et malsain cloaque, dégageant une odeur nauséabonde qui pénètre jusqu'à l'intérieur des demeures. Seules les villes construites à flanc de coteau où une forte pluie vient quelquefois entraîner vers la rivière voisine les détritus, immondices et eaux polluées font preuve d'une relative propreté.
Il n'y a pas de système régulier d'enlèvement des immondices, et cette situation est générale. En vain, les autorités municipales interdisent-elles de jeter des ordures, ou obligent les propriétaires à balayer devant leurs portes, mais sont rarement écoutées.
Les seules préoccupations d'hygiène résident dans le nombre relativement élevé des bains et étuves publiques, même dans les villes d'importance secondaire.
Avec le temps, les choses changèrent un peu, mais le problème persistait toujours. On tenta d'améliorer l'hygiène en créant des latrines publiques, ce qui ne résolvait pasle souci dans les villes.

A Sélestat, on avait érigé plusieurs latrines publiques, mais des problèmes se posaient toujours, comme en témoigne cet extrait des délibérations municipales du 9 germinal an 11 (30 mars 1803) :

Du 9 germinal 11.
Par l'observation du commissaire de police de cette commune qu'il se trouvent plusieurs latrines publiques dans l'enceinte de cette commune, lesquelles faute d'être évacuées infectent la ville d'un air malsain, et qu'il serait important de convenir et de nommer une personne qui serait chargée de faire l'évacuation de décade en décade moyennant un gage qui pourrait lui être accordé pour ce sujet.
Ouï le commissaire.
Le conseil municipal considérant que l'infectuosité qui provienne de la non évacuation des latrines publiques pourrait devenir très dangereuse dans cette cité par le mauvais air qu'elles répandent.
Considérant que de tous tems les Administrations Municipales ainsi que le Magistrat avaient chargé une personne pour faire l'évacuation dont il s'agit, moyennant une indemnité, et qu'elle n'a cessé que par le non payement des gages qui lui étaient promis.
Nomme Marguerite... (le nom a été effacé, carrément gratté sur le parchemin !), citoienne de cette commune pour faire l'évacuation des latrines en cette commune, régulièrement de décade en décade et lui accorde une indemnité annuel de 48 francs qui lui sera payée par le préposé à la recette de cette commune de trimestre en trimestre, sur les ordonnances qui seront délivrées à cet effet et passé en compte au dit préposé en les rapportant duement quittancées.

En fait, au vu du texte ci-dessus, on s'aperçoit que le problème d'évacuation ne devait pas sembler être de la plus haute importance, puisqu'on négligeait de rétribuer la personne chargée de cette tâche. On nomme donc cette Marguerite N.. pour se charger du travail, et on lui accorde un salaire annuel de 48 francs.
En 1833, à Sélestat, la situation avait tout de même évolué dans le bon sens. Sur les 951 maisons de la ville, 133 manquent de latrines et 192 possèdent des bacquets de nuit (en tout 325 maisons, soit 34,17%). D'après un état daté de 1833 :

Il n'y aurait donc de latrines, ou leur équivalent, que pour 626 maisons. Les bacquets de nuit sont en général en bois de chêne, d'une capacité de 16 à 20 litres, et munis de couvercles qui empêchent dans la localité restreinte où on en fait usage l'évacuation des matières. Ces bacquets ne me paraissent pas présenter plus d'inconvénient pour la salubrité publique, que beaucoup de lieux d'aisance, attendu que leur contenu est trop fréquemment vidé dans le canal de Châtenois ou cependant les matières fécales ne peuvent être versées qu'après dix heures du soir en conformité des règlements de police existants. (Relevé des numéros des maisons qui manquent de latrines et de celles qui possèdent des bacquets de nuit. Etat dressé à Sélestat le 1er avril 1833.)

Les latrines.Croquis. A.M. Sélestat, Q.42

Les autorités municipales avaient concocté un arrêté, inspiré de la ville de Sedan, en septembre 1832 :

... Considérant qu'un grand nombre de maisons sont dépourvues de latrines, que les immondices et matières fécales de ces maisons sont journellement versées dans les ruisseaux et répandent une odeur infecte et très nuisible à la santé des habitans... Arrête ce qui suit :
Article 1er. Les propriétaires dont les maisons, dépourvues de latrines, offrent néanmoins de l'emplacement pour en établir, sont tenus d'en faire construire, dans le plus bref délai, de manière que ce travail soit terminé le 1er janvier prochain.
Article 2.
Ceux dans les maisons desquels l'établissement de latrines sera reconnu impossible, devront y suppléer par des tonneaux, ou fosses mobiles dont l'enlèvement aura lieu par les soins du vidangeur, à des jours qui seront déterminés par Mr le Commissaire de Police. Le plan de ces tonneaux ou fosses mobiles, leur sera communiqué à la Mairie.
Article 3.
Les propriétaires de maisons où il existe des latrines, sont tenus d'en donner le libre accès à leurs locataires.
Article 4.
Monsieur le Commissaire de Police est chargé de surveiller l'exécution des dispositions du présent arrêté.

S'y ajoute un règlement de police qui précise :
Il est enjoint aux propriétaires de maisons d'avoir des fosses d'aisance et de les faire vider lorsqu'elles seront remplies, en en prévenant le Commissaire de Police, à qui il est ordonné de traduire à la police ceux qui s'y refuseront.
La permission de vider ces latrines ne sera accordée dans les tems de grande chaleur qu'en cas d'une urgence absolue, et en prenant toutes les précautions possibles pour prévenir toute espèce d'inconvénient. Elle ne sera accordée dans aucun tems que pour la nuit.
Les matières fécales seront enlevées dans des voitures ou tombereaux bien fermés, de manière à n'en laisser couler aucune partie sur le pavé. Elles seront conduites au lieu désigné par la police, par l'entrepreneur, qui est tenu d'exécuter les conditions contenues dans l'arrêté de la Mairie.

Plus près de nous, l'hygiéniste Parent-Duchâtel vante encore en 1852, les vertus thérapeutiques de l'ordure : elles expliquent, selon lui, la bonne santé des boyaudiers et des égoutiers. Un demi siècle plus tard les savants livrent bataille au péril fécal, et le docteur Calmette écrit : Tous les êtres vivants, depuis les microbes jusqu'à l'homme, produisent des excrétions, résidus de leur nutrition et de leur activité vitale, dont l'accumulation ne tarde pas à devenir nuisible pour leur existence (...) Les animaux succomberaient s'ils étaient obligés de vivre au milieu de leurs déjections.
Tout cela, jeté à la rue, s'infiltrait, s'infiltrait... et polluait la nappe dans laquelle on puisait l'eau. Certains pourtant veillaient. Ainsi la profession du Dr. Kapff, médecin à la Jägerkaserne à Sélestat, lui permettait-elle d'entrevoir la relation entre les fréquentes épidémies de typhoïde et de choléra qui ravageaient la ville et la mauvaise qualité de l'eau consommée par les habitants. Le 26 septembre 1885, il explique au Conseil municipal :

... Dans une ville comme Sélestat, bâtie derrière des murs d'enceinte et de grande densité et alors que le système d'évacuation des eaux usées et pluviales est très imparfait, une part importante de la pollution d'origine animale et humaine reste forcément sur place.
Ainsi, le sol sur lequel nous vivons, dont nous buvons de l'eau, dont nous respirons l'air est constamment pollué par des matières organiques qui subissent un lent pourrissement et communiquent leurs produits de décomposition nocifs au sol... Ces produits pénètrent pour partie dans l'eau et pour partie, sous forme de gaz dans les maisons. Ce n'est pas un hasard si tous les puits de Sélestat ont la même mauvaise qualité d'eau. Il est clair qu'est créé ainsi le terrain d'éclosion idéal pour les germes des plus dangereuses maladies infectieuses telles que la typhoïde, le choléra, etc.
Le docteur Kapff, en juin 1881, avait analysé de l'eau de six puits, ce qui avait donné un résultat catastrophique.
Les remèdes à cette situation catastrophique énumérées par le médecin clairvoyant sont alors :

- proscrire les rejets dans les rues,
- surtout créer un réseau d'alimentation en eau potable,
- conduire les eaux usées hors de la ville par un égout,
- en attendant, cimenter les fosses existantes et munir chaque maison d'un cabinet d'aisance.

Les égouts allaient bientôt voir le jour. Mais un autre système d'évacuation était possible. Dans beaucoup de villes européennes, comme à Sélestat, on introduit, en variante à l'égout naissant, un système de collecte des eaux usées comportant :

- soit des fosses fixes étanches à vidange périodique,
- soit des tinettes évacuées périodiquement avec des véhicules hippomobiles.

Le Conseil municipal de Sélestat s'est rendu en 1886 à Colmar pour y étudier le nouveau système d'évacuation des eaux usées par tinette. Ce système, déclare le Maire, fonctionne bien : il est pratique et hygiénique. Le conseil décide d'introduire ce progrès venant de Colmar à Sélestat. Progrès... pratique... hygiénique... voire !
A Paris, lit-on dans la presse de l'époque, les 3/4 des latrines sont sales, horribles, dégoutantes. Les tuyaux trop étroits s'engorgent facilement, on ne les débouche pas : les matières fécales s'amoncellent en colonne, s'approchent du siège d'aisance, le tuyau surchargé crève, la maison est inondée, l'infection se répand !
La protection de la nappe phréatique est certes beaucoup mieux assurée ainsi, mais pour ce qui est de l'esthétique et des odeurs ... !

Voici ce qu'en dit Patrick Süskind], écrivain et scénariste allemand :

A l'époque dont nous parlons, il régnait dans les villes une puanteur à peine imaginable pour les modernes que nous sommes. Les rues puaient le fumier, les arrière-cours puaient l'urine, les cages d'escalier puaient le bois moisi et la crotte de rat, les cuisines le chou pourri et la graisse de mouton; les pièces d'habitation mal aérées puaient la poussière renfermée, les chambres à coucher puaient les draps graisseux, les courtepointes moites et le remugle âcre des pots de chambre. Les cheminées crachaient une puanteur de souffre, les tanneries la puanteur de leurs bains corrosifs, et les abattoirs la puanteur du sang caillé. Les gens puaient la sueur et les vêtements non lavés : leurs bouches puaient les dents gâtées, leurs estomacs puaient le jus d'oignons, et leurs corps, dès qu'ils n'étaient plus tout jeunes, puaient le vieux fromage et le lait aigre et les humeurs éruptives. Les rivières puaient... (Patrick Süsking, Le Parfum : histoire d'un meurtrier (titre original : Das Parfum, die Geschichte eines Mörders), éditions Fayard, 1986, (ISBN 2-213-01742-5)

Par contre, il s'avère que les produits en provenance des fosses ou des tinettes constituent de l'or pour les maraîchers et les agriculteurs. Dans les grandes villes, se créeront des lobbies anti-systèmes canalisés en vue de préserver les ressources en engrais. Pour la ville de Munich, par exemple, on évalue en 1875 à 1 million de quintaux de blé la capacité de production des produits fécaux ! A Augsbourg, pour l'évacuation des tinettes, il y avait, en 1870, 34 véhicules hippomobiles qui permettaient de desservir 40.000 habitants grâce à une charge de 20 tonnes, une collecte hebdomadaire et 3 voyages par jour.

Les outils créés ensuite par la Révolution industrielle ont permit par après de fabriquer des tuyaux et des composants pour les égouts, les projets d'assainissement on vu le jour, on a installé des éviers, des lavabos, des stations d'épuration... et des WC, et nous pouvons en mesurer de nos jours la salubrité, la propreté, et le confort qui en découle.

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La Garde nationale de Sélestat

La garde nationale de Strasbourg en 1815 d'après Job.

La Garde nationale, en France, est une milice crée à Paris au moment de la Révolution, et qui connut plusieurs remaniements :

- la première, créée en 1789, fonctionne jusqu'en 1827.
- sous la Monarchie de Juillet (1831).
- sous la Seconde République (1848) qui sera dissoute le 11/01/1852.

Voici quelques informations sur la Garde nationale de Sélestat, qui se structure en 1848,1850.
Un bataillon de quatre compagnies plus une d'artillerie.

Etat major :
- PROSK (?) Ignace Fortuné Richard, chef de bataillon, adjudant major.
- BENDELE Joseph, capitaine rapporteur.
- FLAMANT Noël, chirurgien aide-major.
- HALBWACH Antoine, sous-lieutenant, secrétaire du conseil de discipline.
- DUTAILLIS Washington, adjudant sous-officier, chef de musique.
- LEMOINE Victor, tambour-major.

Conseil d'administration :
- PROSK (?) Ignace Fortuné Richard, chef de bataillon, capitaine.
- SCHULTZ, lieutenant.
- SCHWIND, sous-lieutenant.
- FEDER, sergent.
- BENDELE, sergent.
- SPIESS, garde national.

Casernement des compagnies :
- Artillerie, à l'Arsenal Saint-Hilaire.
- 1ère compagnie, place de la Halle-aux-Blés.
- 2e compagnie, cour des travaux, Weechhoff.
- 3e compagnie, marché aux Choux.
- 4e compagnie, marché aux Pots.

Effectifs :

Compagnie Hommes en service A armer Soit Réserve Total
1ère 63 56 119 190 309
2e 63 56 119 190 309
3e 63 56 119 190 309
4e 63 60 123 190 313
total : total : total : total : total général
252 228 480 760 1.240


En décembre 1848, on habille et équipe 47 hommes de la 4e compagnie du capitaine Marande pour une somme de 1.498,80 francs, avec 95 bons distribués. Ce sont 16 fournisseurs de la cité qui se partageront ces bons, dont 11 marchands de drap, 3 chapeliers, un passementier et un tailleur.
Dans une lettre du 14 janvier 1849 au Préfet, le Maire lui demande à ce qu'il fasse délivrer, aux arsenaux de Strasbourg, au citoyen Schwind, lieutenant de la Garde, 250 sabres-briquets, et qu'il délivre une autorisation pour la délivrance de 120 sabres-poignards provenant de l'arsenal de Sélestat.
Par décret du 22 mars 1851, la batterie d'artillerie de la Garde Nationale de Sélestat a été dissoute, et le désarmement a été immédiatement effectué.
Le 24 mai suivant, il a été reversé dans les magasins de l'Etat, 148 mousquetons à silex d'artillerie modèle 1829, 148 sabres d'artillerie modèle 1816, et 29 sabres de cavalerie légère modèles des ans 11 et 13.
Avant la dissolution de janvier 1852, le sous-Préfet écrit au Maire, le 28 septembre 1851, en ces termes :

Monsieur le Maire,

Je suis informé que la Ville possède en magasin des armes de guerre provenant de la Garde nationale, savoir :

- Fusils anciens de 1815 : 360
- Sabres : 34
- Lances : 30
- Fusils nouveaux, délivrés en 1848 : 134
- Sabres : 134.

Comme ces armes se trouvent dans des locaux peu convenables et qui, dans un moment d'émeute pourraient être facilement envahis et pillés, je vous invite de les faire déposer d'urgence dans les arsenaux de l'Etat.
Vous voudrez bien me rendre compte de l'exécution que vous aurez donnée à cette mesure de police et de sûreté. Recevez....

(Archives municipales Sélestat, H.9)
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Ajout à l'article Les mariages Napoléon en 1810

En plus des 4.748 francs détaillés dans cet article, il y a lieu de rajouter :

- 5.000 saucisses fournies par les sieurs MANN et CASPAR, pour 750 f.
- 37 hectolitres de vin fournis par le sieur LOHMULLER, pour 1.343, 50 f.
- confection des habits par le sieur LEHMANN, pour 239,50 f.
- 1094 lampions fournis par le sieur JAQUET, chandelier, pour 164 f.


- 2.497 f. à rajouter aux 4.748 f., soit une somme rondelette de : 7.245 f.


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Les débits de boissons

Licence IV

Concession

Bas-Rhin - Arrondissement de Schlestadt. Strasbourg, le 8 mai 1852.
Nous, Préfet du Bas-Rhin,
- Vu la demande du sieur KAPPLER en autorisation de rouvrir le débit de boissons qu'il exploite chaque année pendant la belle saison à l'établissement de bains, près de la station du chemin de fer à Schlestadt.
- Vu le décret du 29 décembre 1851.
- Considérant que des renseignements recueillis il résulte que le pétitionnaire présente les garanties d'ordre et de moralité nécessaires pour la tenue d'un établissement public.
Arrêtons :
Art. 1er - Le sieur KAPPLER est autorisé à rouvrir le débit de boissons qu'il exploite chaque année pendant la belle saison à l'établissement de bains situé près de la station du chemin de fer.
Art.2 - Monsieur le sous-Préfet de Sélestat assurera l'exécution du présent arrêté. Le Conseiller de Préfecture délégué. Signé : Bracknhoffer.
Pour copie conforme transmise à Monsieur le Maire de Sélestat chargé de notifier cet arrêté au sieur KAPPLER.

Fermetures

Préfecture du Bas-Rhin - 15 mai 1852.
Nous, Préfet du Bas-Rhin,
- Vu les rapports et propositions qui nous ont été adressés par Monsieur le Procureur de la République et Monsieur le sous-Préfet de Schlestadt à l'effet de nous signaler comme offrant des dangers pour l'ordre et la morale publics, quatorze débits de boissons exploités dans diverses communes de cet arrondissement;
- Vu le décret du 29 décembre 1851;
- Considérant :
........
- 5° que le débit de boissons de DEHLINGER Ignace, à Schlestadt est géré par la femme de ce dernier, mal tenu et fréquenté par des femmes de mauvaise vie, dont les scènes de désordre ont déjà souvent nécessité l'intervention de la police.
- 6° que celui de FABRECQ Antoine, au dit Schlestadt, est également géré par la femme de ce dernier, mal tenu et que c'est un lieu de débauche et d'immoralité.
- 7° que celui de GERBER Michel, à Schlestadt, est aussi géré par la femme de ce dernier, que c'est un véritable bouge qui est le lieu de rendez-vous des filles de mauvaise vie.
- 8° que celui de HOLLAENDER George, à Schlestadt, sert de logis à des filles publiques, que HOLLAENDER favorise la débauche et qu'il a été poursuivi pour ce fait et condamné le 16 février et le 5 avril 1851.
Arrêtons :
Art. 1er - Les débits de boissons tenus par DEHLINGER Ignace, FABRECQ Antoine, GERBER Michel et HOLLAENDER Georges, à Schlestadt, seront immédiatement fermés.
Art. 2 - Monsieur le sous-Préfet de Schlestadt assurera l'exécution du présent arrêté.
Signé : C. WEST.
etc...
(Archives municipales Sélestat,J.37)
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Les femmes publiques

Les femmes publiques et le bistrot

Sélestat, comme probablement partout ailleurs, possédait dans les années 18.. au moins une maison de tolérance. La surveillance des autorité était constante, et la répression sévère. En 1866, l'une d'entre-elles était située près du port, endroit souvent fréquenté par les ressortissants, les étrangers et, bien sûr, les militaires, dans la rue de l'Abattoir. On connaît deux d'entre-elles :
. Pauline STEINBAUER,
. Caroline BINDREIFF,
dont on retrouve les noms sur des fiches.
Voici le réglement qui alors s'appliquait (extraits) :

Obligations et défenses imposées aux femmes publiques

. Art. 1er - A compter du jour du présent arrêté et à l'avenir, il est défendu à toute femme de se livrer à la prostitution, sans avoir fait préalablement une demande en inscription à la Préfecture, et avoir obtenu une carte sanitaire.

. Art.2 - Les demandes doivent être appuyées de l'acte de naissance et des pièces constatant l'identité et la position de la postulante. Ces pièces resteront déposées à notre Préfecture; elles ne seront rendues à la déposante qu'en cas de départ, de radiation des contrôles et sur la remise de la carte sanitaire.

. Art.5 - Au moment de leur inscription, les filles publiques sont tenues de faire connaître à quelle classe elles veulent appartenir, et d'indiquer la maison de tolérance dans laquelle elles doivent être reçues, ou, si elles sont filles isolées, leur domicile par rue, maison, numéro et étage.

. Art.6 - Elles peuvent passer d'une classe à l'autre, à charge par elles d'en faire la déclaration, au bureau chargé de ce service, à la Préfecture, et d'y échanger la carte sanitaire.
Il leur est enjoint de déclarer, dans les vingt-quatre heures, au plus tard, au commissaire de police de leur quartier qui en préviendra la Préfecture, tous changements de domicile ou de maison de tolérance.

. Art.7 - Toute femme qui se livre notoirement à la prostitution, est réputée fille publique. A défaut de demande en inscription, elle sera inscrite d'office, soumise aux dispositions du présent réglement, sans préjudice des poursuites qui pourraient être dirigées contre elle.
L'inscription d'office aura lieu par décision spéciale du Préfet et au vu du procès-verbal du commissaire de police.

. Art.8 - Toute fille publique qui, quoique munie de sa carte, n'aura pas de domicile certain, sera considérée comme en état de vagabondage, et mise à la disposition du Procureur impérial, conformément aux articles 249 et suivants du Code pénal.

. Art.9 - Il est défendu aux filles publiques de se montrer, à quelque heure que ce soit, à leurs fenêtres, pour y provoquer les passants par gestes ou par paroles, et de se tenir sur le devant des portes, de fréquenter les passages, les lieux déserts et obscurs, de circuler dans les rues.

. Art.10 - Les filles devront toujours être munies de leur carte sanitaire, et la représenter à toute réquisition des officiers et agents de police.

. Art.11 - Toute fille publique qui voudra renoncer à la prostitution, sera, sur sa demande, et lorsqu'il aura été constaté qu'elle est revenue à une conduite meilleure, rayée du registre d'inscription.
La radiation définitive ne pourra avoir lieu que trois mois après la déclaration faite.

Les maladies vénériennes, l'on s'en doute, faisaient fureur, et les chefs de corps des régiments stationnés à Sélestat réclamaient, depuis déjà des années, qu'un dispensaire soit aménagé dans des locaux de l'hospice local, afin d'y remédier. Le Conseil municipal semblait y être réticent, ou, du moins, ne se pressait pas d'y souscrire.
Voici une lettre du sous-préfet à ce sujet :

Etablissement d'un dispensaire

Sélestat, le 28 juillet 1840.

Monsieur le Maire,
En réponse à la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 26 courant, vous me faites connaître par là vôtre de ce jour que l'établissement d'un dispensaire réclamé avec instance par les chefs de corps de la garnison et prescrit par M. le Préfet, lors de sa présence à Schlestadt, ne saurait avoir lieu pour le moment, d'abord parce que l'hospice manque de local et qu'il n'existe pas de crédit pour cet objet au budget de l'exercice courant; je n'admets aucune des autres considérations que vous faites valoir pour justifier les difficultés qui se sont opposées à la formation d'un pareil établissement dont vous reconnaissez vous-même la nécessité sous tous les rapports.
Je vous invite en conséquence à vouloir bien convoquer la commission administrative de l'hospice afin qu'elle se prononce sur le choix d'un emplacement convenable à la destination dont il s'agit, et dans le cas où l'état actuel des bâtiments ne permettrait pas d'en assigner un sans gêner le service auquel ils sont affectés, elle devra immédiatement proposer les moyens d'y remédier, soit par une construction neuve, soit par l'appropriation d'une dépendance des vastes parties qui composent cet édifice; après avoir entendu M.M. les médecin et chirurgien attachés à l'établissement, les propositions que la commission aura faites à ce sujet seront ensuite soumises à la prochaine réunion du Conseil municipal, qui appréciera, ainsi que vous l'avez déjà fait, l'opportunité de satisfaire aux voeux de l'autorité militaire. Agréez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération très distinguée.

Le sous-Préfet. Signé : illisible.

Le Maire, Laurent ROUSSET, qui était aussi le président de cette commission administrative de l'hospice, la réunit donc, et voici la réponse qu'il donne aux membres du Conseil municipal :

Schlestadt, le 1er août 1840.
A Messieurs les membres du Conseil municipal.

Messieurs,
J'ai l'honneur de vous adresser, avec une délibération de la commission de l'hospice en date du 29 juillet dernier, deux lettres de M. le sous-Préfet de l'arrondissement par lesquelles il avait demandé qu'il fut établi un dispensaire pour le traitement des filles publiques atteintes de maladies vénériennes.
Comme le local de l'hospice ne permet pas de pouvoir les placer convenablement, que leur contact avec les militaires convalescents ne pourrait être interdit, la commission a préféré consentir à les faire traiter aux frais de l'établissement aux hôpitaux de Strasbourg ou de Colmar, espérant que si les dépenses qui en résulteront occasionneraient une charge excédant ses revenus, le Conseil municipal viendrait à son secours.
J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée, Messieurs, votre dévoué serviteur.

Le Maire, Président. Signé : Rousset Laurent.
Sources : A.M. Sélestat, J.10 et Q.42.
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La justice

La justice

La justice n'était pas tendre, dans les anciens temps, comme en témoigne ce qui suit :
- En 1499, Margareth WEINBURN, arrêtée pour crime de sorcellerie, meurt dans sa prison où l'on soupçonne qu'elle s'est suicidée. Son corps, mis dans un tonneau, est jeté au Rhin.
- En 1569, Frédéric SPRINGENDANTZ, de Worms, et son compagnon Michel MATERNN, de Haguenau, sont brûlés pour le même motif.
- A l'automne de 1570, quatre femmes, victimes des mêmes accusations, périssent dans les flammes. Ce sont : Anna, femme de Nicolas STRAUBEN, menuisier, Truwel, femme d'Ulrich GREISCHER, Amélie N..
- Le 23/01/1615, un jeune écolier envoyé à l'Université de Pont-à-Mousson, auteur de plusieurs vols, est pendu sans pitié.
- Plus tard, la peine de pendaison est aussi appliquée aux duellistes. En 1687, deux malheureux soldats, appartenant à un régiment d'infanterie en garnison à Sélestat, le tambour "la baguette" et le fusilier "Sans-souci", originaires tous deux de Paris, sont condamnés à être pendus pour ce motif, en vertu d'une sentence rendue par Jean Claude de Beausire, juge royal, faisant fonction de prévôt général. (1)
- On noyait les infanticides...
(1) Pour en savoir un peu plus, j'ai consulté la sentence concernant cette histoire, conservée aux A.M. Sélestat sous FF.34. Le texte est assez difficilement lisible, mais l'extrait qui suit nous en apprend un peu plus sur ces deux individus :
"... A l'encontre de Mathieu REMOND, dit "Baguette", natif de la ville de Paris, paroisse Saint-Sulpice, fils de Jean Remond et de Catherine Leroux, ses père et mère, tambour de la compagnie du sieur Dubweil, capitaine au régiment des hussards, 5ème bataillon, et de Louis CUNIER, fils de Jacques et de Magdelaine Cuille, ses père et mère, aussy natif de la ville de Paris, dans la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, soldat de la dite compagnie... d'être pendus et étranglés... sur une potence qui sera dressée sur la grande place de cette ville...."

(Archives municipales Sélestat, FF.31 et A.7.)
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L'Hôpital

Les deux registres des délibérations de la Commission Administrative de l'Hospice de Schlestadt (HO 116 : an V-an XII et HO 117 : an XII-1810, A.M. Sélestat) rendent amplement compte des problèmes du moment et des difficultés de soins au lendemain de la Révolution.
Le 24 Pluviose an VI on fait appel au citoyen Schaal pour faire partie de la Commission Administrative dont il est élu président le même jour.
Nommé Maire, il démissionne de la Commission le 8 Prairial an VIII et est remplacé par Kübler, notaire de la ville.
En exécution de la décision du Ministre de l'Intérieur du 25 Floréal an IX, disant notamment que les Maires des communes où existent des hospices civils sont d'office présidents avec "voix prépondérante en cas de partage", le général Schaal est réinstallé le 9 Prairial an IX dans ses fonctions de président de la C.A. et depuis lors le maire est toujours président de la C.A.
L'hôpital civil fonctionne en ce moment-là dans le bâtiment du Ladhof construit en 1766 et reçoit à la suite de la suppression de l'hôpital militaire (12 prairial an IX) également les soldats malades et blessés. Situation extrêmement difficile en raison de l'exiguïté des locaux. Le 10 nivôse an X arrive enfin la décision du Ministre de la Guerre du 2 Frimaire (23 novembre 1801) permettant à l'hospice de s'établir dans les bâtiments de l'hôpital militaire supprimé - le couvent des Dominicains de Sylo - dont la jouissance lui est accordée à la charge des réparations à y faire sous la surveillance des officiers du Génie.
Des travaux très importants et très onéreux sont à faire et ne se terminent qu'en automne 1802. La Commission Administrative s'adresse le 1er Pluviöse an XI aux ministres de la Guerre et de l'Intérieur pour obtenir un secours extraordinaire de 6.000 francs, et après avoir exposé l'importance de la charge des réparations et aussi de l'installation des salles militaires, elle termine sa lettre : "aujourd'hui, citoyens ministres, il n'existe peut-être pas deux établissements en France plus sains et plus salubres et où les militaires ainsi que les pauvres civils soient mieux logés et soignés que dans celui de Sélestatt".
Ce n'est que par le décret impérial du 25 janvier 1807 que les bâtiments de Sylo sont définitivement cédés à l'hôpital civil à charge de faire construire deux nouvelles salles sur le choeur de l'église et d'entretenir deux cents lits pour le service militaire en temps de paix et trois cents en temps de guerre.
De cette époque date aussi la réinstallation des Soeurs de la Charité qui s'étaient occupées des malades de l'automne 1778 jusqu'au 18 août 1792. Le 22 Frimaire an XI, la Commission Administrative notait déjà un besoin urgent du ministère des hospitalières. Le règlement du 15 Prairial an XI (6 juin 1801) prévoit deux soeurs qui ne seront installées que le 29 décembre 1806.
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Hospices civils de Sélestat - Registre - 1806

Restant au 10 nivôse au soir de l'an XIV de la République.

Le personnel

Prénom(s) NOM Période Observations
WILLMANN Mathias Entré en 1796 64ans, de Kintzheim, domicilié à Sélestat. Maître valet.  
FROUMIER Nicolas 30/01/1806 - 08/11/1806 27 ans, né à Plaine, domicilié à Sélestat. Vacher, à raison de 168 f. par an.  
SCHULTZ Elisabeth 1805 - 25/06/1806 53 ans, né à Blienschwiller, domiciliée à Scherwiller. Cuisinière.  
ADOLFER Jacques sorti le 26/12/1806 18 ans, de Sainte-Marie, vacher. Jusqu'à Noël on lui a promis 18 f.  
RULLY Bernard entré 10/11/1806 65 ans, né à Sélestat, y demeurant, intituteur.  
BARTH Joseph entré 29/12/1806 26 ans, de Villisen en Suisse, canton de Luzerne. Vacher à raison de 144 f. par an.  
SCHUZ Madeleine sortie le 28/01/1806 Servante.  
MARTIN Hélène entrée 13/04/1806 25 ans, de Villé, domiciliée à Sélestat, servante à 72 f. par an, 2 chemises, 2 paires de soulliers par an.  
BOTZ Marie Anne entrée 25/06/1806 26 ans, née à Sélestat, y demeurant, servante à 72 f. par an, 2 chemises, 2 paires de soulliers par an.  
STAELCKER Catherine entrée en 1805
sortie le 25/06/1806
16 ans, née à Scherwiller, y demeurant, servante.  
Soeur Marie Jacobée FISCHER entrée 23/12/1806 45 ans, de Scheibenhard, soeur de charité à 150 f. par an.  
Soeur Marie Antoine
"sostia Rando (?)
entrée 23/12/1806 27 ans, de Strasbourg, soeur de charité à 150 f. par an.  
HEMMERLE Jacques entré en 1799 64 ans, portier et pensionnaire.  
KUPFER Anne Marie entrée en 1802 40 ans, née et domiciliée à Sélestat, servante.  


Les pensionnaires

Les personnes de ce tableau étaient des clients "payants".

o
Prénom(s) NOM Période Observations
WAUCKEL Pierre entré en 1778 38 ans, né à Sélestat, y domicilié.  
DITTLY Madelaine entrée en 1800 87 ans, née à Sélestat, y domiciliée.  
VOLTZ Joseph entré en 1800 75 ans, né à Haguenau.  
PFISTER Anne Marie entrée en 1800 57 ans, née à Sélestat, domiciliée à Haguenau.  
BRETTLER Jean entré en 1803 50 ans, de Friesenheim.  
ULMER George entré en 1802 75 ans, de Muttersholtz, domicilié à Sélestat, "de la 2e pension".  
KENTZINGER Thérèse entrée en 1790 65 ans, de Sélestat, "de la 2e pension". Décédée le 26/07/1806 (acte n°433, née vers 1741, fille de Bartholomé et de ..?, de Sélestat, en leur vivant conjoints domiciliés en cette ville. Témoins : HEMERLE Jacques, pensionnaire de l'hôpital civil, et ZAPFFEL Xavier, employé à la mairie.)  
BECK Michel entré en 1804 77 ans, de Sélestat, "de la 2e pension", décédé le 20/08/1806.  
KESSLER Anne Marie femme du précédent, 78 ans, de Dackben ou DUCKBEN (?) en Suisse, "de la 2e pension", décédée le 02/06/806.  
MORLOCK Jean entré en 1802 62 ans, de Sélestat, portier dans l'ancien hôpital.  
VETTER Grégoire entré en 1805 58 ans, de Sélestat. "Payé".  
STOFFEL George entré en 1803 44 ans, de Sélestat. "Payé".  
LEBER Catherine entrée en 1801 70 ans, de Grossumstatt, Palatinat, domiciliée à Sélestat. "Mère des enfans" (!)  
KREUTTER Joseph entré en 1795 80 ans, de Volfeck-en-"Briscau", domicilié à Sélestat. Vieillard incurable.  
GEORGER George entré en 1792 80 ans, de Sélestat. Vieillard incurable.  
KOEHLER Antoine entré le 19/07/1806 66 ans, de Sélestat. "Il a donné 300 f."  
JEHL Jacques entré le 17/11/1806 67 ans, de "Bopfsheim", domicilié à Sélestat, "pauvre".  
MULLER Joseph entré en 1799 78 ans, de "Hottrott", vieillard incurable. Décédé le 13/06/1806.  
MILLANG Ignace entré en 1770 52 ans, de Sélestat, y domicilié. Vieillard incurable.  
FALLER Ignace entré en 1780 60 ans, de Sélestat, y domicilié. Vieillard incurable.  
JAGLER Joseph entré en 1802 86 ans, de Sélestat, y domicilié. Vieillard incurable. (décédé le 10/12/1806 à Sélestat, il avait en fait 74 ans. Acte n°597, laboureur, veuf de Marie Anne BRONNER.)  
STEINMANN Jean entré en 1803 68 ans, de "Kliemanbiessen (?). Vieillard incurable (décédé le 28/07/1806, acte n°434, cordonnier, veuf de Marie HECHT.)  
JOACHIM Martin entré en 1801
sorti le 0/07/806
40 ans, de Sélestat. Rentré de nouveau et mort au mois d'octobre 1806.  


Hommes pauvres

Prénom(s) NOM Période Observations
BRONNER Jacques entré en 1803 75 ans, de "Curique" en Suisse, domicilié à Sélestat.  
MONTRY François entré en 1803 80 ans, de Dambach, domicilié à Sélestat, décédé le 21/061806.  
WILD George mort en l'an 14.  
SIMMLER Friderich sorti le 29/01/1806.  
DRILLER Ignace entré en 1804 67 ans, de Molsheim, domicilié à Sélestat.  
VOGT André entré en 1804 77 ans, de Sélestat.  
ROST Benoît entré en 1804 67 ans, de Sélestat.  
FRANTZ Dominique entré le 03/02/1806 69 ans, de Sélestat.  
MEISS George entré le 17/02/1806
sorti le 30/04/1806.
68 ans, de Sélestat. Rentré de nouveau le 05/05/1806, "jusqu'à la guérison".  
DAMERON George entré le 22/09/1806
sorti le 25/11/1806.
40 ans, .. un mot ?. Jusqu'à sa guérison.  
BOEHM Mathias entré en 1806
sorti le 15/04/1806
65 ans, de Sélestat. Rentré de nouveau le 12/05/1806, jusqu'à sa guérison.  
FORJONEL Paul entré le 25/02/1806
sorti le 01/07/1806
52 ans.  
FISCHER "Cristian" entré en 1803 78 ans, "en Briscau", domicilié à Sélestat. Décédé le 19/05/1806.  
SENGLER Dominique entré le 14/04/1806
sorti le 06/05/1806
66 ans de Sélestat, jusqu'à sa guérison.  
FRIESS Mathias entré en 1805 62 ans, de Sélestat.  
ULEMER Martin entré le 05/05/1806
sorti le 06/05/1806
de Sélestat, jusqu'à sa guérison.  
KRUCH Jean entré le 26/11/1806 de Sélestat, "comme pauvre".  
FISCHER Louis entré le 16/12/1806 76 ans, de Elsenheim, "comme pauvre".  
MILLIARD Ignace 64 ans, de Sélestat, décédé le 14/02/1806.  
KISS Michel entré le 2 nivôse 14
sorti le 29/04/1806
62 ans, de Degerlach, "pays du prince Vivitemberg", domicilié à Sélestat. Rentré de nouveau le 13/05/1806.  
DANGEL Jacob entré le 12/05/1806 72 ans, de Sélestat.  


Femmes pauvres

Prénom(s) NOM Période Observations
DIETRICH Elisabeth entrée en 1784 34 ans, de Sélestat. Décédée le 10/05/1806  
FERRENBACH Marie Anne entrée le 24/02/806 59 ans, de Sélestat. Décédée le 17/06/1806.  
FUCHS Anne Marie entrée en 1802 68 ans, de Sélestat,couturière.  
STEIB Marie Anne
veuve MARECHAL
entrée le 02/04/1806
sortie le 03/04/1806
66 ans, de Sélestat, "jusqu'à sa guérison"  
HUNNINGER Elisabeth entrée en 1791 61 ans, de Sélestat.  
KIEN Ursule
veuve d'Antoine ROHM
entrée le 24/06/1806 64 ans, de Sélestat, "pauvre".  
HANZER Magdeleine
femme DANERON
entrée le 09/061806
sortie le 08/09/1806
40 ans, de Sélestat, "jusqu'à sa guérison".  
MARCHAL "Thorodée"
femme Sébastien BURDELE
entrée le 2501/1806
sortie le 22/08/2806
44 ans, de "Petersoulz", domiciliée à Sélestat, "jusu'à sa guérison".  
MERCKEN Anne Marie entrée en 1805 80 ans, de Sélestat.  
PETER Elisabeth
veuve de Mathieu HUSS
entrée le 15/07/1806 64 ans, de Sélestat, "comme pauvre; le percepteur touche sa pension".  
STRIFFLER Thérèse entrée le 24/08/1806
sortie le 09/09/1806
22 ans, de Villé, domiciliée à Sélestat, "étant accouchée dans la rue le soir à 11 heures on l'a reçue. Son enfant étant mort le 0709".  
OTTENWALTER Anne Marie entrée en 1779 55 ans, de Sélestat.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Ancien hôpital bourgeois de Sélestat.


Pas si bourgeois que cela ! Sur la Place du Vieux-Port (Ladhof) trône cette bâtisse caractéristique des constructions du XVIIIe siècle. En 1765, elle ouvre ses portes et accueille les plus démunis. D’hospice, elle devient hôpital, et soigne entre autres des malades aisés, d’où son nom d’hôpital bourgeois. Mais l’avenir lui réserve un sort moins glorieux puisqu’au début du XIXe siècle, c’est un tout autre type de pensionnaires qui occupe les lieux : l’édifice est en effet reconverti en prison.

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Les détenus dans les prisons de Sélestat en juin 1814

Serrure






Etat nominatif des civils et militaires présentement détenus dans la Maison d'arrêt et de détention de l'arrondissement de Schlestadt à l'époque du 11 juin 1814.

N° d'ordre Nom et prénom des détenus Délits dont ils sont prévenus S'ils sont jugés ou non Date de leur entrée en prison

Prisonniers civils :

1 Augustin HERRENBERGER Folie Jugé le 30/06/1810 Le 25/06/1810
2 Jean Nicolas GUNTZ Pour dettes Par 2 jugements Le 05/09/1810
3 Augustin ROCKEL idem Jugé le 12/11/1812 Le 07/07/1813
4 Jean-Baptiste LOHMULLER Banqueroute frauduleuse Non jugé Le 19/07/1813
5 Catherine BERGER Vol Jugée à 1 an de prison Le 30/11/1813
6 Françoise JANNY idem idem Le 14/02/1814
7 Jean WEHRLE idem idem Le 25/05/1814
8 Ignace FROLICH idem Non jugé Le 05/06/1814
9 Antoine WINCKLER Voies de fait idem Le 05/06/1814
10 Thérèse ESSLINGER Vol idem Le 08/06/1814

Prisonniers militaires :

1 Antoine ANDERLIN Désertion Jugé à 7 ans de travaux publics Le 23/03/1814
2 Louis TROMPE Vol Jugé à 6 mois de prison Le 01/05/1814
3 Jean-Baptiste MARGAINE Désertion Non jugé Le 01/06/1814
4 Joseph Antoine HATTERER idem idem Le 05/06/1814
5 Sébastien KNOBLOCH idem idem Le 10/06/1814
6 Joseph JEHL idem idem idem
7 François BREVILLE idem idem idem

Certifié véritable par le soussigné concierge des prisons.
A Schlestadt le 11 juin 1814.
Signé : Walthers.

A.M. Sélestat.

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Règlement de police municipale concernant les bouchers

Boucher

Ainsi que pour les boulangers, on réglemente de manière précise la pratique du métier de boucher.
Règlement du 17 décembre 1840.
Titre 5 - Bouchers.
(Lois du 24 août 1790, 22 juillet 1791 et 29 pluviose VIII)
Article 81.
Tout boucher, charcutier ou débitant de viande, sera tenu de se faire inscrire à la Mairie, dans les dix jours qui suivront la publication du présent Arrêté, à l'effet de déclarer, où il se propose d'établir ou de maintenir sa boutique ou son étal. Il sera tenu registre de ces déclarations, qui devront être faites dans les dix jours qui suivront tout nouvel établissement ou tout changement de domicile.
Article 82.
L'exposition en vente dans tout autre lieu que celui indiqué au registre ne pourrait avoir d'autre but que d'échapper à la surveillance de la police, et sera poursuivie comme contravention aux présentes.
Article 83.
L'étal et la balance de chaque boucher et charcutier seront tenus constamment en état de parfaite propreté, sous peine d'amende de police.
Article 84.
Chaque bloc servant d'étal ne pourra avoir plus d'un mètre de hauteur, le fléau de la balance devra être appuyé sur l'état de manière que les plateaux se trouvent à la vue et à la portée de l'acheteur. Les balances et les poids seront duement vérifiés et poinçonnés, conformément aux Lois.
Article 85.
Les bestiaux destinés à la consommation ne pourront être abattus que dans l'abattoir communal.
Il n'y a d'exception que pour les porcs que des particuliers feraient abattre pour leur consommation privée, et même dans ce cas, l'abattage devra-t-il être fait dans un lieu clos et séparé de la voie publique.
Article 86.
Ne pourront être abattus ni mis en vente des veaux qui n'auraient pas encore huit dents, et pèseraient moins de 25 kilogrammes.
Article 87.
Tout boucher fera laver, après chaque abattage, et rendre net et propre l'emplacement qu'il aura occupé.
Tout suifs, boyaux, graisse, panse et peau en vert devront être enlevés de l'abattoir dans le jour même de l'abattage.
Article 88.
L'abattoir sera ouvert et fermé aux heures fixées pour l'ouverture et la fermeture des portes de la ville.
Il n'y aura dérogation à cette disposition que dans des cas extraordinaires, sur la demande de l'inspecteur et avec l'autorisation du commissaire de police.
Article 89.
L'inspecteur des viandes aura les clefs de l'abattoir, il sera présent à chaque abattage, afin de constater l'état de salubrité des bestiaux et des viandes en provenant.
Il tiendra un registre spéciale, coté et paraphé, qui constatera jour par jour le nombre et l'espèce des bestiaux abattus, et le nom des bouchers qui les auront fait abattre.
Il fera observer dans l'abattoir les mesures de propreté ci-dessus prises, et dressera procès-verbal contre les contrevenants.
Il fera enlever tous les six jours au plus tard, les résidus et fumiers déposés dans la fosse de cet établissement.
Il défendra la vente de toute viande insalubre ou corrompue, et fera de suite rapport pour que saisie en soit opérée et procès-verbal dressé, sans préjudice à l'application des peines par les tribunaux compétens.
Sa surveillance sera particulièrement portée sur les bouchers forains.
Il constatera toute contravention au présent arrêté.
Article 90.
Si par cas fortuit, des propriétaires de bestiaux étaient forcés d'en faire abattre à l'intérieur de la ville, ils ne le pourront qu'aux conditions suivantes :

1° d'avertir le visiteur des viandes qui devra assister à l'abattage,
2° d'acquitter le prix du tarif,
3° de ne débiter les viandes en provenant que par l'intermédiaire des bouchers de la ville.

Article 91.
Le mardi et le vendredi de chaque semaine, les bouchers forains sont autorisés à exposer en vente de la viande sur la petite place Sainte-Foi. Défense expresse leur est faite de colporter de la viande dans les maisons.
Ils devront justifier de leurs patentes et seront, comme les bouchers de la ville, placés sous la surveillance du préposé à la visite.
Article 92.
Toute viande gâtée, corrompue ou nuisible à la santé, exposée en vente, sera saisie. Procès-verbal en sera dressé, pour être ultérieurement statué selon la loi.
Article 93.
Conformément à l'article 8 de l'ordonnance du 1er juillet 1828 et au tarif voté en séance du conseil municipal, du 20 février 1833, approuvé le 13 octobre suivant, les bouchers qui feront abattre à la tuerie communale seront tenus d'acquitter comme droit de location de place, SAVOIR :

Par boeuf, vache ou taureau, 60 centimes,
Par porc,30 id,
Par veau,10 id,
Par mouton, chèvre ou cabri,10 id.

Fait en Mairie, à Schlestadt le 17 décembre 1840.
Le Maire, signé Pennarun.

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Quelques bouchers au fil du temps

ARNOLD Mathias, boucher à Sélestat, né en 1808, décédé après 01/1848. Fils de Antoine (o ca. 1776, + ap. 01/1823), marchand à Sélestat, et de Marguerite THIEBAU (+ ap. 01/1823).
BILD Antoine, boucher à Sélestat, originaire de Rhinau (Bas-Rhin), décédé le 21/11/1520 à Sélestat. En 1495 il est Statmeister. C'est le père de l'humaniste Beatus Rhenanus.
CASPAR Mathias, boucher à Sélestat, né le 22 vendémiaire an III à Sélestat, y décédé le 28/12/1855. Fils de Mathias (+ ap. 02/1818), journalier, et de Salomé SCHMITT (+ av. 12/1818). Il épouse à Sélestat, le 09/12/1818, Marie Anne KOEBERLE, née le 17 messidor an III, décédée après 03/1874. D'où postérité.
HAUBTMANN François Ignace, boucher à Sélestat et aussi aubergiste, né le 30/05/1769 à Kaysersberg (Haut-Rhin), décédé à Sélestat le 02/03/1831. Fils de François Jacques (o 08/02/1741 Kaysersberg, y + 23/01/1822), boucher à Kaysersberg, et de Barbe REYMANN (o 06/09/1742 Kaysersberg, y + 14/01/1808). Il épouse à Sélestat, le 07/08/1798, Marie Elisabeth BRUNSTEIN, née le 26/12/1780 à Sélestat, décédée le 29/03/1844 à Rumersheim-le-Haut (Haut-Rhin). Le couple aura 11 enfants.
Acquisition le 1er floréal an 11 à Barr, sur adjudication de Me Kieffer, juge au tribunal de Barr, de l'auberge Au Boeuf, située à Sélestat, porte de Strasbourg n°53, avec cour, écurie, remise, pressoir et boutique de boucher, pour le prix de 8.120 francs.
HERB Jean Georges, boucher à Sélestat. Né vers 1744, décédé après 11/1814, qui épouse avant 1776 Anne Marie MICHER (+ av. 11/1814). D'où postérité.
KIEN François, boucher à Sélestat. Né le 15/11/1673, décédé le 29/03/1738.
KOEBERLE François Ignace, boucher à Sélestat, né entre 1785 et 1793, décédé après 04/1834. Fils de François Ignace, boucher (o 16/06/1765 Sélestat, Y + ap. 04/1834), et de Anne Marie FREY (o 02/02/1766 Sélestat, + ap. 04/1834).
LACOME Jean Vendelin, boucher à Sélestat. Décédé après 12/1812, qui épouse avant 1788 Marie Anne UHL (+ ap. 12/1812). D'où postérité.
LAMBLA Augustin, maître boucher à Sélestat, décédé le 20/10/1733 à Villé (Bas-Rhin). Fils de Pierre, juge, et de Elisabeth KLEIN. Il épouse avant 1710 Barbe SCHAEFFNER, d'où :

- Augustin, probablement boucher comme son père, né le 20/08/1710 à Sélestat, qui épouse en ce lieu, le 16/08/1734, Madeleine STEGMILLER. D'où :
- Augustin, boucher et Schwarzochsenwirt am Lustgarten, aubergiste Au Boeuf Noir, place Vanolles. D'où postérité.

SCHNEIDER Dominique, boucher à Sélestat, né vers 1794, décédé après 07/1844. Fils de Xavier (+ 16/04/1818) et de Anne Marie FREY (o ca. 1770, + ap. 07/1844).

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Les abattoirs de Sélestat

L'abattoir faisait partie intégrante de la petite et de la grande boucherie, jusqu'au moment où par les besoins croissants des bouchers et pour la salubrité publique, la construction d'un abattoir indépendant fut nécessaire.
Cette première tuerie fut donc édifiée derrière le couvent de Saint-Nicolas de Sylo en 1530. Elle fut abandonnée en 1892 et le nouveau Schlachthaus construit dans la demi lune n°26, sur la rive droite de l'Ill, à l'emplacement de l'ancien magasin de fourrage, fut mis en fonction. C'est de là que les bouchers de Sélestat s'approvisionnaient en viande, alors contrôlée par un service vétérinaire. Chaque boucher venait y chercher son chargement sur un chariot à ridelles tiré par un grand chien.
L'abattoir fut démantelé pour permettre sur son emplacement la construction du FRAC. Selon les lois en vigueur, le dépeçage des animaux se fait dorénavant dans des abattoirs régionaux, soit à Holtzheim pour le Bas-Rhin, soit à Colmar pour le Haut-Rhin, ceci depuis les années 60. Les livraisons aux détaillants se fait par camions frigorifiques.
(Annuaire 2009 de la Société des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, Les bouchers de Sélestat, Jean-Marie JOSEPH, p. 75-82.)

Culture, agriculture

Trente trois hectares et soixante ares de betteraves sucrières dans le ban de Sélestat.
Un décret impérial du 25/03/1811 prévoyait l'ouverture d'écoles pratiques destinées à vulgariser la fabrication du sucre de betteraves.
Sans concurrencer la cité d'Erstein dont c'est la spécialité, Sélestat se met à la culture de cette plante.

Conseil Municipal - Séance du 2 mars 1812.
M.le Maire a donné lecture au Conseil de la circulaire portant entre autres dispositions, que la Commune de Schlestatt devra mettre en culture de BETTERAVES dans le cours de cette année la quantité de trente trois hectares soixante ares; que M.le Maire est autorisé à réunir le Conseil municipal pour en faire la sous-répartition sur le pied qui lui paraîtra le plus équitable, et que le procès-verbal de cette opération doit être transmis à M.le Préfet avant le 20 du présent mois.
En conséquence M.le Maire a soumis au Conseil un état de sous-répartition portant les noms des cultivateurs de cette Commune, la quantité des terres arables, que chacun possède, et le contingent, que chacun aura à mettre en culture en la présente année.
Considérant que l'état de sous-répartition proposé par M.le Maire assigne à chaque cultivateur pour contingent six centiares par are des terres arables par lui possédées.
Le Conseil municipal a approuvé l'état de sous-répartition susdit et invite M.le Maire à adresser une expédition de la présente délibération et le susdit état de sous-répartition à l'administration supérieure pour être approuvés.
Le Conseil Municipal observe cependant, que les terres qui seront mises en culture de BETTERAVES, ne pourront être remplacées par les communaux incultes de cette ville, attendu qu'ils consistent tous en pâturages sujets aux inondations pendant la plus grande partie de l'année, par conséquent non susceptibles de la moindre culture.

Il n'a pas trace de cet état dans les archives nous indiquant les noms des cultivateurs concernés.

A Sélestat et sa région, on cultivait déjà le tabac. L'arrondissement de Sélestat, à cette même date, vient en tête avec 4.043 ha 95 a et 13 ca (Bas-Rhin = 6.146 ha 77 a 97 ca). Il y a aussi, à cette époque, à Sélestat, deux magasins de tabac en feuiller : le magasin n°1, pour le canton de Sélestat lui-même, et le magasin n°2 pour le canton de Marckolsheim. Le 11 janvier 1811, un décret instituera le monopole des tabacs.
Des concours avaient été organisés, et des prix prévus pour les planteurs de tabac. Certains planteurs de tabac furent distingués :

- un nommé RINGEISEN, de Ebersheim, obtient un premier prix en 1811,
- Georges DENGLER (Jean Georges en fait), de Sélestat, obtient un premier prix en 1812, et reçoit pour cela un étalon.


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Sources

  • Essentiellement dépouillement des Archives Municipales de la Ville de Sélestat, (Bas-Rhin).
  • Archives départementales du Bas-Rhin.
  • Sélestat sous le Consulat et l'Empire (an VIII-1815), plaquette éditée par la Société des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, Imp. Alsatia Sélestat, 4e trimestre 1969.
  • Recherches et documents personnels de l'auteur.


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