67462 - Sélestat - Eléments divers concernant la cité

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Evènements et anecdotes diverses concernant la vie de la cité

Au fil du temps... en vrac !
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Des grands hommes à Sélestat :

Joachim MURAT

Joachim MURAT.

Joachim MURAT, (Voir aussi ce site :) maréchal d'Empire, Grand-duc de Berg, roi de Naples, fils d'un aubergiste, est né près de Cahors en 1771. Il s'enrôla au début de la Révolution et monta en grade rapidement. Lieutenant-colonel en 1794, il suivit Bonaparte en Egypte. En 1804, il était Maréchal. Il se distingua en maintes circonstances, à Austerlitz, etc. chargeant lui-même le corps nu jusqu'à la ceinture, en tête des escadrons. Beau-frère de Napoléon, duc de Berg, il devint roi de Naples en 1808.
Les coalisés ne lui pardonnèrent pas d'avoir suivi l'Empereur lors des Cent jours. Après un jugement sommaire, le "Roi de la Cavalerie" fut condamné à être fusillé. Murat reçut la mort debout : "Sauvez le visage, visez au coeur !" cria-t-il aux soldats chargés de l'exécution, le 13 octobre 1815.
Le Maréchal avait un rapport avec Sélestat, où il a séjourné deux fois.
Engagé en 1788 au régiment des Chasseurs des Ardennes, commandé par le colonel de Lezay-Marnésia, oncle du marquis, futur Préfet du Bas-Rhin. En garnison à Carcassonne jusqu'au 15 mars 1788, il est bientôt nommé maréchal des logis, grade avec lequel il vient tenir garnison à Sélestat. Indiscipliné, compromis dans une mutinerie, il est renvoyé de l'armée.
En 1791, ayant écrit au colonel du régiment des Chasseurs, suppliant qu'on le reprenne, il est à nouveau agréé, comme simple chasseur, et revient en garnison dans un régiment de Sélestat.
La cité verra donc sa disgrâce et sa réintégration.
Dans les "Mémoires d'épopée", recueillis par Hervé de PESLOUAN, dans son livre "Le Roi Murat" (Tours, Maison Mame, 1949), Joachim Murat laissera des écrits concernant cette période à Sélestat.

Premier écrit :

C'est vers le temps où nous arrivâmes pour prendre garnison à Schlestadt que nous eûmes le malheur de perdre M. le Commandeur de Lezay-Marnésia, qui fut remplacé à la tête de notre régiment par le vicomte François Loménie de Brienne !...(p.82).

Bien que "Chasseur du Roi", Murat reste néanmoins "soldat du peuple" et se trouve bientôt mêlé aux premiers troubles révolutionnaires.

Je ne veux pas dire que nous étions de petits saints et n'avons jamais causé le moindre scandale, mais sommes-nous vraiment bien coupables d'avoir quelquefois célébré la dive Bouteille, chère à ce curé de Meudon auquel le Paradis ne fut pas fermé pour autant.
Mais s'il fallait venir au secours d'un charroi embourbé, aider quelque paysan à engranger ses foins, protéger une femme et ses enfants contre de mauvais créanciers, disperser les meneurs d'une émeute, la "clique" se trouvait toujours à portée de la voix et l'on ne craignait ni de faire appel à elle, ni de lui offrir à boire ensuite, ni de célébrer le courage, la force et l'initiative de ses membres.
Non, ce qui nous a valut cette réputation fâcheuse et imméritée, c'est que l'Alsacien placide et prudent s'effarait de notre enthousiasme gascon bruyant et sonore, de nos jurements plus pittoresques qu'ils n'étaient impies et de nos façons moins débraillées que volontiers expansives. A Toulouse comme à Carcassonne où le bruit et les éclats de voix font partie des réunions, personne ne nous eût tenu rigueur d'être un tant soit peu tonitruants, mais ce n'étaient point les moeurs du Nord et de l'Est où nous nous trouvions brusquement transportés.
En effet, dans ce pays où nous venions de prendre quartier et qui me plut fort par l'abondance des vignes environnantes, il est d'usage de parler peu, de travailler sans hâte mais avec une tenace patience, de fumer les longues pipes sans émettre autre chose que les petites bouffées de tabac et de humer des pots de bière mousseuse avant de les avaler d'un seul coup sans reprendre haleine.
Enfin et surtout il y avait que M. le Gouverneur de Schlestadt ne pouvait, non plus que ses officiers, souffrir les chasseurs, sentiment que nos cavaliers lui rendaient avec usure; comme cet officier devait beaucoup plus à la faveur qu'à sa valeur les avantages de sa charge qui étaient exorbitants, tels que le droit exclusif de pêche dans les fossés de la citadelle où les bénéfices d'une cantine dont il ne s'occupait pas, ce gentilhomme se souciait beaucoup plus que rien ne vint troubler sa quiétude que d'accueillir favorablement les réformes de Louis XVI entendait alléger ses finances en supprimant des postes inutiles.
C'est assez dire que le lieutenant du Roi, le major de la place et son aide, ainsi que la capitaine des Portes, toutes prébendes plus honorifiques que nécessaires, se liguaient avec le gouverneur pour interdire la diffusion des idées qu'ils jugeaient subversives dans un pays soumis à leur inquiète et soupçonneuse juridiction.
M. de Lezay-Marnésia n'eût certes pas prêté l'oreille à de telles intransigeances, car il était l'homme le plus juste et le plus ouvert qui fût, concevant ce qui devait être changé pour que sortit de l'ornière le char de l'Etat enfoncé jusqu'au moyeu, comme l'exprimait avec tant de force M. l'abbé Taverne lui-même. Au contraire, le vicomte de Loménie de Brienne se croyait issu d'une féodalité qui ne devait compte à personne de sa fortune, sinon à Dieu seul. Héritier d'un grand nom, ce jeune homme, car il n'avait pas atteint 32 ans quand il fut pourvu du 12e Chasseurs, se jugeait d'une essence supérieure et professait le plus insolent mépris pour ceux qui ne devaient qu'à leurs efforts et à leur courage les grades qu'ils avaient acquis.
Son entendement n'avait pas été ébranlé par le passage aux affaires de son oncle l'archevêque, ni par les brocards et les couplets dont le triste prélat avait été accablé. Le vicomte entendait défendre toute réunion qui prit prétexte de commenter les nouvelles en vue de se rallier à la Constitution élaborée dans l'ombre par des hommes de coeur. Quand les faux rapports du Gouverneur et de son entourage révélèrent à M. de Loménie les délibérations que nous tenions, et dont j'était l'animateur parce que j'était le plus capable de remplir ce périlleux office, notre colonel nous taxa de sédition et jura que nous voulions renverser le pouvoir établi comme si nous n'en étions pas les plus ardents défenseurs.
Il fallait un coupable à la colère de ce chef obstiné, plus encore qu'à son inquiétude, car il pensait aveuglément que ce mouvement populaire qui agitait les villes et les campagnes s'arrêterait avec quelques sommations appuyées sur les canons dont disposait l'autorité. Je ne l'accablerais point de m'avoir poursuivi de son mécontentement, car toute la famille Brienne a cruellement expié en un seul jour de floréal, an II, c'est-à-dire le 12 mai 1794, l'erreur de n'avoir pas compris la nécessité d'accorder aux Français les concessions indispensables à leurs besoins essentiels.
Certes, dans la poignée d'officiers aristocrates qui nous commandaient, quelques uns méritaient notre estime et notre obéissance. Parmi ceux-là je veux nommer M. de Niel, dont les sentiments d'intérêt à mon égard ne se sont jamais démentis et qui dut à sa clairvoyance et à son mérite de commander un jour, comme colonel, ce régiment de chasseurs auquel je fais honneur d'avoir à deux reprises appartenu. Mais pour un noble de sa qualité combien d'autres portant l'écharpe (et les galons de capitaine, de lieutenant, de major ou de chef d'escadron), qui, de nos jours ne seraient pas jugés dignes ni même capables de faire des appointés ou de bas-officiers.
Les plus exaltés d'entre nous se retrouvaient après la grand'messe à l'auberge du Bouc ou de l'Aigle d'Or, tandis que nos officiers s'étaient attribué comme il se devait l'hôtel de la Couronne. Dans l'un et l'autre endroit les vins blancs d'Alsace, plus subtils et plus dangereux que le brave Limoux, échauffaient les esprits et les têtes.

Joseph MURAT est cassé et renvoyé chez lui. Sur sa supplique, en janvier 1791, il obtient sa réintégration dans le régiment, et revient en garnison à Sélestat.

Deuxième écrit :

A n'en pas douter, une pétition de mes camarades adressée aux représentants du peuple n'était pas étrangère à ma nouvelle incorporation, quoique M. de Loménie fût encore à la tête de notre régiment qui avait quitté le nom de chasseurs des Ardennes pour prendre celui de Champagne. Il fut bientôt remplacé cependant, au milieu de l'année 1791, par M. de Launnay de Vallerie qui était animé de sentiments plus humains. Encore que nous fussions depuis peu autorisés à faire partie des Sociétés patriotiques, je sentais trop combien cette sauvegarde était précaire pour prendre part aux délibérations du Club de Schlestadt, une fois que j'eus rejoint mon corps. Lorsque j'y fus, à deux ou trois reprises, j'eus cependant l'occasion d'y rencontrer un homme de bon conseil, M. le pasteur David Cunier qui, je l'appris plus tard, fut nommé sous-préfet de cette ville, après l'instauration du Consulat.
Ainsi, tant à Schlestadt que nous quittâmes en juin 1791 pour Toul, qu'à Lunéville où nous fûmes à la fin de cette même année, je ne m'occupai qu'à me perfectionner dans le métier des armes en faisant strictement mon service...


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François Christophe KELLERMANN

François Christophe Etienne KELLERMANN.
(huile sur toile de Lucille Foullon-Vachot)

François Etienne Christophe KELLERMANN] (1735-1820), duc de Valmy, né à Strasbourg; commandant militaire en Alsace lorsqu'éclate la Révolution, vainqueur avec Dumouriez à Valmy (20/09/1792) il fut envoyé à la tête de l'armée des Alpes. Napoléon le nomma Maréchal, le créa duc de Valmy (1808). Sénateur du Bas-Rhin, il réside de 1804 à 1815 dans les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites de Molsheim "Résidence Sénatoriale".
Réception du Maréchal KELLERMANN.
Conseil municipal de Sélestat - Séance extraordinaire du 14 Messidor an 13.
Le général SCHAAL, Maire, donne communication de la lettre de M. le Sous-Préfet annonçant la visite du Maréchal d'Empire, Sénateur Kellermann au cours de la tournée dans le département.

... Le Conseil considérant non seulement ce qu'exige dans cette occurence le décret impérial du 10 Messidor an 10, mais désirant donner à M. le Maréchal d'Empire, Sénateur Kellermann, tous les témoignages d'estime et de respect qui luy sont dus à tous titres et qui peuvent s'accorder avec le cérémonial prescrit,
Nomme quatre commissaires de son sein, savoir : Mrs Armbruster, Corhumel, Kübler et Bourdon pour se rendre à Molsheim près M. le Maréchal Sénateur et le supplier de vouloir bien permettre que Messieurs les Maire Adjoints et membres du Conseil Municipal osent lui offrir une petite fête pendant son séjour dans cette ville, en invitant M. le Maire de se mettre à la tête de la députation...

Le Maréchal Kellermann reviendra à Sélestat le 28 juillet 1814 inspecter la place et passer en revue la garnison qui s'était si bien comportée lors du premier siège.
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Lettre du maire Schaal du 14 prairial an 8 (03/06/1800)

Signature du général Schaal.

Lettre du général Schaal au Préfet Shée lors de la prise de son mandat de Maire.

Schlestatt, le 14 Prairial an 8.
Le Maire de la Ville de Schlestatt au Citoien Préfet du Département du Bas-Rhin.
Citoien Préfet,
J'ai adressé au Sous-Préfet de l'arrondissement le procès verbal d'installation de la mairie de Schlestatt.
Promu par le Premier Consul à des fonctions bien opposées à celles que j'ai rempli, je chercherai à mériter la Confiance du Gouvernement. Mon premier soin sera de rétablir la Paix et l'Union dans la Ville et de remettre les finances dans un Etat à pouvoir suffir à ses Besoins infiniment multipliés. J'espère que Vous me seconderéz de toute votre autorité, étant très résolu à ne vous démander jamais que des choses justes.
La Ville a été beaucoup calomnié pendant la Révolution, deux parties bien prononcés et bien opposés l'ont gouvernés tour à tour, il y existe quelques exagerés dans les deux Parties, mais la masse des Citoyens est bonne et incapable à s'opposer aux voeux du Gouvernement.
Je surveillerai le très petit nombre des autres et comptéz sur mon Energie pour les contenir dans le Respect du aux loix et aux arrêtés du Gouvernement.
Il serait urgent que le Commissaire de police que la loi fixe à la Commune de Schlestatt soit nommé et Installé, il est bien essentiél aussi que dans votre Nomination du Conseil Communal vous élargiez tous les hommes turbulants - que d'anciens souvenirs pourraient porter à troubler l'union et la paix, qui doit regnier dans l'assemblée. Déz que je connaîtrai asséz tous les détails de l'administration de la Ville J'aurai l'Honneur de venir vous voir à Strasbourg et je m'empresserai de vous fournir tous les Renseignements que vous pourréz déssirer.
Salut et Considération. Signé : Schaal.


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Discours du maire Schaal du 15 pluviôse an 9 (04/02/1801)

Citoyens. Le tems de la pratique avaient prouvé au peuple français que la constitution de l'an 3 n'était adapté ny à ses besoins du moment, ny au génie national, ny à l'expérience des siècles dont on a dédaigné de consulter les annales. Les vices qu'elle renfermait ont encor été exagérés par la conduite versatile, timide et despotique du Directoire exécutif : chaque Français ami de son pays désirait un changement avant que le pouvoir exécutif n'écroula par sa propre faiblesse au risque d'entraîner dans sa chute la gloire de huit campagnes d'autant plus illustres qu'elles n'ont été entreprises que pour assurer l'indépendance d'un grand peuple, qui avait déclaré qu'il voulait changer ses lois et sa constitution.
Il fallait sans doute un génie supérieur aux événements, entouré de la confiance entière de la nation, pour oser se promettre qu'il pourrait renverser cette constitution si souvent violé par eux-mêmes, auxquels avait été confié le soin de son exécution.""
Le Général Bonaparte l'a entrepris le 18 brumaire et son génie tutélaire nous a donné une constitution qui promet de porter le peuple français aux hautes destinées auxquelles il a droit de prétendre...


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Sélestat devient sous-Préfecture de l'Arrondissement

La sous-Préfecture et le tribunal de l'arrondissement étaient situés à Barr. Un décret impérial les transfère à Sélestat :

(N°1321) Décret Impérial qui transfère à Schelestadt le Siège de la sous-préfecture et du tribunal de l'arrondissement de Barr.
Au Palais des Tuileries, le 10 Février.
NAPOLEON, Empereur des Français, Roi d'Italie;
Sur le rapport de notre ministre de l'Intérieur;
Notre Conseil d'état entendu,
Nous AVONS DECRETE ET DECRETONS ce qui suit :
- Art.1er. Le siège de la sous-préfecture et du tribunal de l'arrondissement de Barr, département du Bas-Rhin, sera transféré dans la ville de Schelestadt.
- 2. Le grand-juge notre ministre de la justice et notre ministre de l'intérieur sont chargés de l'exécution du présent décret.
Signé NAPOLEON.
Par l'Empereur : Le Secrétaire d'état, signé Hugues B. Maret.
(Décret impérial, in Bulletin des lois de l'Empire Français. 4e Série, I, n°59-95, Paris, pp. 24-25)

A la suite de ce transfert, le Conseil municipal de Sélestat se réunit, le 5 mars 1806, en Séance extraordinaire et autorisée.

Le Général Schaal donne lecture de la lettre du Sous-Préfet Cunier à laquelle est joint le Décret impérial du 10 février 1806, ordonnant la translation de la Sous-Préfecture et du Tribunal de l'arrondissement de Barr à Schlestat.

Extrait de la lettre du Sous-Préfet :

... Les témoignages d'estime, de confiance et d'attachement que les bons citoyens de cette ville ont bien voulu lui donner depuis l'époque où sa résidence a été provisoirement fixée au milieu d'eux, présentent un avenir bien satisfaisant et donnent des espérances qui seront toutes réalisées.
Le Sous-Préfet prie les citoyens de Schlestat de recevoir en échange l'assurance de l'empressement qu'il mettra toujours à saisir les occasions de contribuer au bien-être de cette ville et de ses habitants, qu'il est particulièrement agréable pour lui d'avoir par la translation dont il s'agit des relations plus nombreuses et plus rapprochées de M. le Maire et de pouvoir seconder et appuyer ses vues, pour la prospérité d'une commune intéressante par sa population, par ses ressources, par le bon esprit qui anime la grande majorité de ses citoyens et au bonheur de laquelle la maire consacre avec autant de zèle que de dévouement ses veilles et ses lumières.


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Discours du maire Schaal le 1er mai 1806

Discours tenu par M. le Maire de la ville de Sélestat pour l'ouverture du Conseil municipal du 1er mai 1806, et compte moral par lui rendu de sa gestion.

... Avant de m'occuper de vous parler des intérêts de la ville, permettez que je vous entretienne un instant de ceux qui nous sont chers à tous, de nos familles, et de notre propre existence qui étaient un moment d'être compromis par l'invasion de notre pays par les armées autrichiennes et russes, sans la prévoyance, l'énergie et la promptitude de la marche de notre immortel Empereur.
Je n'analyserai point, Messieurs ! la supériorité de la tactique de ce génie, sur celle de nos ennemis, depuis longtemps la victoire a déclaré Napoléon le premier capitaine du monde, le plus Grand qui ait existé, mais ce que je ne saurais assez vous dire et que vous devez rappeler sans cesse à vos enfans et à vos petits enfans, c'est que l'Alsace qui était la première province exposée aux incursions de l'ennemi luy doit tout, pour l'avoir débarrassé de cette horde de barbares qu'il a été battre à deux cent lieues de notre Alsace et qui l'auraient infailliblement détruit et ruiné à jamais, s'il avait pu pénétrer jusqu'à nous...

nb : le Maire de l'époque était François Ignace SCHAAL.
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Des portraits de l'Empereur

Napoléon et Marie-Louise.
Dessin colorié de Léderlé in Cahier des campagnes...
document n°51, fol.117 R°.

Des portraits de l'Empereur pour la Salle commune, gravés par le peintre David.
Séance du 14 may 1806.
M. le Maire a ensuite donné communication au Conseil de la lettre à lui adressée par le Sr DAVID, graveur de Paris, qui luy propose à ce qu'il fasse l'acquisition des Portraits de leurs majestés impériales et royales pour orner la salle de la maison commune.
Le Conseil, considérant que cet ornement manque dans la salle de la maison commune, qu'il est dans l'attachement de cette ville pour leurs majestés de ne point manquer cette occasion d'en faire l'acquisition.
Invite Mr le Maire à faire l'acquisition de ces portraits avec les quatre premières grandes époques du règne de Napoléon le grand qui font pendant et suite aux portraits susdits comme aussi de la bataille d'Austerlitz, le tout pour les prix marqués par l'imprimé du Sr David.
(Jacques Louis DAVID (1748-1825), peintre de grandes toiles historiques en tant que farouche républicain (Le Serment des Horaces, La Mort de Marat, etc.) devient admirateur fervent de Napoléon pour lequel il ressuscite des scènes grandioses : Bonaparte au Mont St-Bernard, le Sacre, etc...).

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Passage de Napoléon 1er à Sélestat le 4 mai 1807

L'Hôtel d'Andlau, aujourd'hui transformé en école.

Aménagement de l'Hôtel d'Andlau pour recevoir l'Empereur à l'occasion de son passage à Sélestat du 4 mai 1807.

... Considérant que le Maire a été autorisé par Mr le Conseiller d'Etat, Préfet du Département, à préparer un logement pour sa majesté impériale, sur la réquisition du général de division Baumont, qu'il est juste de payer les meubles et les ouvriers qui ont contribué à le rendre digne de recevoir le héros du 19e siècle.
Le Conseil municipal arrête le budget supplétif...
18 - pour dépense faite au logement préparé pour recevoir sa Majesté impériale : 4.823,00 francs.
L'Hôtel d'Andlau, qui servira aussi plus tard de sous-préfecture, est aujourd'hui reconverti en école primaire.


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Pétition du Conseil municipal du 15 mai 1807

François Ignace SCHAAL.

Séance légale du 15 mai 1807.

Le Conseil municipal de la Ville de Schlestadt étant réuni en nombre requis par la loi sous la présidence de Mr Dutaillis, premier adjoint au Maire en l'absence du dernier.
Considérant l'éminent mérite de Mr François Ignace SCHAAL, maire actuel de la dite ville, dont le conseil est persuadé par le compte moral que le dit sieur Schaal vient de lui rendre dans la première session légale de la présente année.
Considérant que par les soins du dit Sr Maire les dettes considérables de la Ville ont été en partie amorties ou sont prêtes à l'être si le Gouvernement autorise le remboursement proposé.
Considérant que les forêts communales, patrimoine précieux, dégradées par le fait de la Révolution, sont rendues à toute leur prospérité par des applantations sans nombre, les anciens établissements rétablis, de nouveaux exécutés et d'autres projetés, l'hospice civil auparavant pour ainsi dire anéanti, libéré de ses dettes et nourrissant aujourd'hui quatre vingt indigens.
Considérant que nulle branche de l'administration est négligée, que toutes sont bonifiées, que tels sont les fruits de travaux non interrompus de ce maire estimable et qui lui méritent à jamais la bienveillance et la reconnaissance de toutes les classes des habitans.
Le Conseil, organe de ses concitoyens voyant approcher le terme, auquel sa Majesté l'Empereur et Roi s'est réservé de changer les administrations civiles, croit qu'il est de sa juste reconnaissance et de l'intérêt commun des habitans de Schlestadt de supplier sa majesté impériale et royale de conserver à la Ville ce Maire si méritant et de la continuer dans ses fonctions, en conséquence prie les autorités supérieures de faire parvenir au pied du trône sa très humble supplique et d'appuyer de son crédit près du héros, du vainqueur, du plus grand des monarques, à cette fin arrête qu'une lettre sera adressée à Mr le Sous-Préfet, par laquelle il sera prié de faire parvenir à sa Majesté l'Empereur et Roi le contenu de la présente délibération.
Ont été présens Mrs Dutaillis, premier adjoint au Maire comme président, Sérard, Zaepffel, Hürstel, Dorlan, Armbruster, Bourdon, Kien, Bucher, Kübler, Schultz, Noll, Ganzinotty, Kunckel, Dengler, Simon, Andlauer, Schenck, Schaeck, Clog. Signé : Dutaillis.

La pétition fut bien accueillie, car ce Général de division, Maire de Sélestat depuis le 26/05/1800 le restera jusqu'au 21/05/1808.

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Les décès à Sélestat , 1813-1814

  • Année 1813 : 536 décès dont 278 militaires.
  • Du 1er janvier au 30 mai 1814 : 720 décès dont 436 militaires, soit au cours des 17 derniers mois de l'Empire : 1.256 décès dont 714 militaires.
Sur ces 714 militaires morts à Sélestat, 285 étaient âgés de 15 à 20 ans et 254 de 21 à 25 ans.
Age 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
Nombre de morts 1 2 5 12 81 184 105 52 39 29 29
  • Journée la plus "mortelle" : le 27 décembre 1813 : 35 morts.
  • Les 10 jours les plus meurtriers : du 22 au 31 décembre 1813 : 145 morts.
  • Parmi les nombreuses unités qui ont séjourné dans la cité au cours de ces deux années sombres, ce sont le 10e Régiment d'infanterie de ligne (227 morts), le 40e de ligne (115 morts) et le 9e Hussards (59 morts), qui ont payé le plus lourd tribut au typhus, mais parmi les victimes on peut aussi citer :
- 12 soldats de troupes italiennes,
- 9 prisonniers espagnols,
- 6 hommes de troupe suisses,
- 2 fusiliers d'un régiment de la marine,
- 30 conscrits réfractaires ou déserteurs,
- et une quarantaine de gardes nationaux de la cohorte du Haut-Rhin, dont Jean-Baptiste GOEPFERT, âgé de 32 ans, de Guémar, qui n'est pas mort du typhus, mais a été fusillé comme déserteur, le 6 avril 1814, "pour statuer en exemple."

nb  : Le 5 janvier 1814, la place est investie. A la tête de l’armée bavaroise le Général Von Pappenheim fait bombarder la ville sans sommation dans la nuit du 29 au 30 janvier. En plus du thyphus, il y aura des morts consécutifs à ce blocus.
(Réf. - Arthur CHUQUET, L'Alsace en 1814. Paris, 1900;

Georges MARTIN, Sélestat pendant le siège de 1814. Annuaire de la Société des Amis de la Bibliothèque de Sélestat, 1963;
Dr Maurice KUBLER, Sélestat à la fin du 1er Empire. Annuaire de la Société des Amis de la Bibliothèque de Sélestat;
P. VATIN, La Lunette n°3, Souvenir de 1814. Revue d'Alsace 1863.)


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Supplique du Conseil municipal à l'impératrice Marie-Louise le 18 octobre 1813

L'impératrice Marie-Louise
par Robert Lefèvre.

Le Conseil municipal de la Ville de Sélestatt, réuni en vertu de l'autorisation de Monsieur le Préfet du Département du Bas-Rhin en date du 18 octobre 1813.

A sa Majesté l'Impératrice Reine Régente
Madame,
Animés de sentimens, que devait exciter dans le coeur de tout français le discours prononcé par votre Majesté à la séance extraordinaire du Sénat le 7 de ce mois, nous supplions votre Majesté d'agréer, que nous fassions porter au pied du trône l'expression du zèle et du dévouement des Habitans de Sélestatt pour la gloire de leur souverain, la prospérité de la patrie et l'honneur du nom français.
Les habitans de Sélestatt, Madame, ont l'honneur d'assurer votre Majesté par notre organe, qu'ils s'armeront tous, s'il en est besoin, qu'aucun sacrifice pécuniaire ne leur coutera pour conserver à la France les fruits de vingt années de travaux du Prince auguste qui la gouverne; ils sont indignés par la conduite du français devenu héritier du trône de Suède (1), qui oubliant les bienfaits reçus de sa Majesté l'Empereur a abjuré avec le religion de ses pères tout sentiment français et s'est signalé par l'ingratitude la plus noire; ils invoquent toute la sévérité des lois contre les français qui sont au service de la Suède, et qui, après avoir été rappelés, refuseront de se réunir aux défenseurs de la patrie. Puissent, Madame, ces sentiments des habitans de Sélestatt unis à ceux de tous les autres français être connus des ennemis de la France; puissent-ils les convaincre qu'une nation aussi dévouée à son Prince et à sa patrie est invincible, que la terreur et la victoire marchent toujours devant ses armées.
Fait à Sélestatt le 22 octobre 1813.
Suivent les signatures de : Noll, Kübler 1er adjoint, Armbruster, Hürstel fils, Mangel 2e adjoint, Kien, Bucher, Schenck l'aîné, Dorlan, Johner, Staebel, Dutaillis.

(1) A cette époque, le Maréchal Bernadotte], qui avait été désigné comme prince héritier de Suède, participe en 1813 à la coalition contre la France, et prend le commandement de l'armée alliée du nord de l'Allemagne. Il défait Oudinot à Gross-Beeren (23 août 1813), Ney à Dennevitz (6 septembre 1813), et prend part à la bataille de Leipzig (16-19 octobre 1813). Puis il descend l'Elbe, s'empare de Lübeck et se dirige vers le Holstein, et menaçant le Danemark, obtient lors du traité de Kiel, le 14 janvier 1814, que la Norvège soit cédée à la Suède. On considérait qu'il avait trahi son pays d'origine.
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Références et sources

  • Citées dans les textes ci-dessus.
  • A.M. Sélestat.
  • Sélestat sous le Consulat et l'Empire, plaquette éditée par la Société des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, Imp. Alsatia, Sélestat, 4ème trim. 1969.
  • Recherches diverses.


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