67414 - Rothau

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Rothau
Blason Rothau-67414.png
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 67 - Blason - Bas-Rhin.png    Bas-Rhin
Métropole
Canton Blason en attente.png   67-11   Mutzig

Blason Schirmeck-67448.png   67-23   Schirmeck (Ancien canton)

Code INSEE 67414
Code postal 67570
Population 1 557 habitants (1999)
Nom des habitants Rothauquois, rothauquoises
Superficie 388 hectares
Densité 401,28 hab./km²
Altitude Mini: 319 m
Point culminant 690 m
Coordonnées
géographiques
48.4556° / 7.2092° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
67414 - Rothau carte administrative.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Sous l'ancien régime, Rothau fait partie de la petite seigneurie du Ban de la Roche

Industrie.jpg Histoire industrielle

  • Le début de la période Veldenz se caractérise par un "âge d'or" : le développement minier induit un important développement économique et démographique ; le village de Rothau, riche en fer, devient prépondérant et fait figure de mini-capitale. C'est un centre industriel important : 50 à 60 sites miniers, trois hauts fourneaux, une tréfilerie de fils de laiton, un atelier pour pièces d'armement, une usine de platine et un atelier de fer blanc.
  • Rothau est la capitale industrielle et politique, en compte une importante proportion ; on peut estimer sa population à plusieurs centaines d'habitants. La contribution aux mines de la population locale est faible. Les mineurs viennent de l'extérieur, comme partout dans l'Empire. Ils ont un statut particulier, dépendent du seul juge minier (qui dépend lui-même de l'Empereur) et ne participent pas des droits et devoirs de la population locale, dont ils ne font pas partie. Ce statut leur permet de gérer leur précarité et de passer d'une mine à l'autre en fonction des besoins.

Les procès de sorcellerie

Une vague de procès de sorcellerie d'une très haute intensité frappe le Ban de la Roche et culmine dans les années 1620. Se reporter à l'article Les procès de sorcellerie au Ban de la Roche

La guerre de Trente Ans

La guerre de Trente Ans au Ban de la Roche a fait l'objet d'un article détaillé de Denis LEYPOLD, en ligne.

Le pire moment se situe en aout et septembre 1633. Le mieux est de citer Denis LEYPOLD pour les décrire :

Les premières grandes destructions: août 1633

"Vers le 10 août au soir, fut lancée depuis le Guirbaden une première attaque menée par un détachement de 36 cavaliers. La rapidité et l'efficacité de leur action paraît avoir provoqué des destructions importantes. Comme le déplore le résident suédois Anthon Günther Velstein à Obernai, les soldats anéantirent par le feu deux métairies et de nombreuses maisons, pendant que les fonderies (de Rothau) et de nombreux autres biens seigneuriaux furent détruits. Pendant une semaine, le Ban de la Roche fut soumis à un pillage méthodique visant notamment à priver les habitants des récoltes en les moissonnant et en les faisant transporter vers le Guirbaden.

Cette mission fut commandée par le comte Herman Adolf de Salm, gouverneur de Saverne, qui aurait ordonné l'enlèvement des récoltes. L'opération a été facilitée par les habitants de Schirmeck qui auraient, à cette occasion, acheté 50 serpes. Il était également et spécialement ordonné à la garnison de brûler les maisons des paysans qui furent envoyés en corvée devant le Guirbaden lors du précédent siège. De ces paysans, la garnison en possédait un relevé nominatif. Mais il y a plus grave, car il apparaît que les soldats ne s'en tinrent pas seulement aux ordres reçus ; ils poussèrent les destructions en incendiant sans doute tous les villages du Ban de la Roche. («dass gantze thall eingeaschertt»!) Pendant ce temps-là et pour plus de sécurité, craignant l'arrivée inopinée d'un secours, la garnison établit ses quartiers pendant quatre jours dans le comté de Salm à La Broque."

L'attaque du mois de septembre

"Dès lors, les dangers parurent apparemment écartés, car à peine quelques jours après l'annonce de la destruction du Guirbaden, une nouvelle catastrophe s'abattit sur le pays. Venu une fois de plus de Saverne, un détachement de 120 cavaliers épiscopaux surprirent les villages endormis dans la nuit du 15 au 16 septembre vers une heure du matin. Leur intervention fut très violente car les soldats ne se contentèrent pas seulement de pillages, ils s'en prirent notamment aux villageois «avec le désir de tuer, de voler, de piller, de tyranniser, que cela fait pitié...». La description qu'en donne Velstein est sans doute incomplète, mais elle permet de se rendre compte de la brutalité avec laquelle se comportent des soldats qui obéissent aux ordres et font leur métier. Velstein donne en exemple le détail de l'une des scènes qui lui fut rapporté: un villageois de Rothau, Nicolas Parmentier (Niclaus Schneider) fut surpris chez lui par les mercenaires. Ceux-ci le forcèrent à se mettre sur son lit et là le rouèrent de coups jusqu'à ce qu'il meure en se servant de leur mousquet comme d'une matraque. Les soldats s'enquirent ensuite «froidement» de lui ouvrir le ventre avec leur couteau. Un certain nombre de personnes furent prises en otage contre d'importantes sommes d'argent. Pour la remise en liberté du maître mineur de la seigneurie, Hanss Hoss), les soldats exigèrent une rançon de 100 Reichstaler. Ils exigèrent encore 120 Reichstaler pour la libération du cabaretier de Rothau, Langen Daniels, et de ses deux enfants; 60 Reichstaler pour Dimanche Forrain de Neuviller. D'autres villageois, dont les noms sont inconnus, subirent le même sort avec des demandes de rançon s'élevant à 40,60 Reichstaler et plus.

L'expédition des soldats se limita cependant à la vallée de la Rothaine avec le pillage des localités de Neuviller, Wildersbach et Rothau. Tous les bestiaux trouvés dans les fermes furent emmenés, laissant les «sujets encore plus misérables». Les mercenaires paraissent avoir rapidement délaissé le Ban de la Roche non sans avoir annoncé qu'ils reviendraient pour emporter ce qui restait et pour tout brûler.

Il parait évident que cette deuxième expédition, menée sans rencontrer d'obstacles notoires, a porté un coup fatal à la seigneurie.

Comme si cela ne suffisait pas, une "peste charbonneuse" s'abat sur la région. Le terrible fléau régna sur la contrée de 1640 à 1650


Effondrement démographique

En 1655, l'autorité civile fait établir un recensement pour l'ensemble du Ban de la Roche ; ce recensement peut être considéré comme une approximation acceptable pour décrire l'état dans lequel la Guerre de Trente Ans (1618-1648) a laissé le Ban de la Roche ; il nous montre un Rothau, naguère village de plusieurs centaines d'habitants, réduit à deux familles  : celle de Michel HOLWECK, maréchal, et celle de Michel/Jean-Michel GANIER/GAGNIERE, un nouveau venu.

Certes, tous ceux qui sont partis ne sont pas morts. La famille seigneuriale et le pasteur sont réfugiés à Wildersbach. Certains des mineurs ont probablement été chercher du travail ailleurs. Il demeure que beaucoup de personnes sont mortes de violence, de maladie, et surtout de faim à la suite de la véritable opération terre brûlée de l'été 1633.

Rothau est encore victime d'une attaque française en 1675, pendant la guerre de Hollande.

Un village quasi-vide

Vers 1640

  • la famille HOLWECK, habitant Rothau avant et après la guerre de Trente Ans, est probablement là vers 1640.
  • la famille GANIER/GAGNIERE ne l'est probablement pas encore.
  • l'on n'oubliera pas de signaler la présence du sieur Diebolt Hazard, alias Der Schirmecker Diebolt, bandit de grand chemin, qui écume la région à partir de Rothau. Laissons parler Arnold KIENTZLER :
"Le 11 février 1637, le magistrat de Strasbourg brosse à l'intention du roi de France, Louis XIII, un tableau particulièrement suggestif. Il note que tous les chemins fourmillent de soldats dont les uns par malice (?), les autres, faute de vivres, rôdent et pillent tout ce qu'ils rencontrent. Une supplique analogue et de la même période, évoque la situation des paysans à qui, après la perte de la moisson passée n'est demeuré que la vie et leurs maisonnettes qu'ils seront contraints d'abandonner et enfin mourir de faim. Rançonnement et pillage trouvent une illustration particulièrement suggestive dans une affaire qui eut la vallée pour cadre et dont les victimes furent deux bourgeois de Barr, Mathis WOLFF, boucher et Jean DEGERMANN, aubergiste à l'enseigne du Brochet.
Vers la fin de l'année 1638, quatre voitures lourdement chargées de vin et tirées par dix-sept chevaux sont en route pour Strasbourg. À la hauteur d'Obernai, le convoi est intercepté par une troupe de quatorze pillards lorrains qui avaient fait de la vallée de la Bruche l'un de leurs repaires favoris, notamment à Rothau où ils aiment séjourner (47). Ce lieu n'est pas improvisé car, à leur tête, se trouve un habitant de Schirmeck, Diebolt Hazard, fréquemment appelé dans le texte der Schirmecker Diebolt. Les mauvais garçons qui l'entourent ont pour noms Nicolas de Curry de la vallée de Schirmeck (sans autre précision), Jean Frantz, boucher de St-Quirin, un certain Pierre de Raon-sur-Plaine, Jean Jacques, hosenstricker(48) de son métier et d'autres individus venus de Landau, Buswiller...
La déposition faite ultérieurement par les deux marchands nous renseigne sur leurs péripéties. Placé chacun sur un cheval, pieds et mains liés, ils durent suivre la troupe (avec les chevaux) par des chemins peu habituels. Vers minuit, le convoi s'arrêta dans une métairie près de Grandfontaine où les infortunés promirent cent, voire deux cents doublons(50) pour sauver leur vie. Ce fut en pure perte puisque la troupe repartit toujours de métairie en métairie, jusqu'à Baccarat (Baccarach). C'est là, que Diebold Hazard, fit subit de mauvais traitements à Jean Degermann frappant l'aubergiste avec une pelle en fer et un bâton sur tout le corps, le visage et les oreilles si bien que le sang en coula."

Familles présentes en 1655

La famille HOLWECK
  • 1502 : le premier des HOLWECK vient s'installer après avoir obtenu l'adjudication du moulin de Rothau ; il semble descendre de Hans HOLWECK, de Schirmeck/Barembach
  • 1534 : recensement ; les habitants de Rothau sont : BERBŸ Clawin ; HEINRICH Elsa ; HOLWECK Demonsch, meunier, Christmann et Philipp ; ce recensement nous montre donc un village de Rothau de dimensions très modestes, se réduisant à peu de choses près aux différentes branches de la famille Holveck, groupées autour du moulin familial;
  • 1584 : transactions entre les familles de RATSAMHAUSEN et de VELDENZ en vue de la vente du Ban de la Roche par les premiers aux seconds ; Christmann HOLWECK porte les messages ; c'est un grand ancêtres dont descendent tous les HOLWECK actuels ayant leurs racines à Rothau ; Prévôt de 1586 à 1591-92 environ ; plusieurs fils : Hanns Holweckh de Barembach, né vers 1548 ; Michel HOLWEG de Rothau, né vers 1563 ; Bastian HOLWECK de Neuviller, né vers 1573 ( accusé d'avoir guidé des cavaliers lorrains à Rothau en 1592); -Claude Holweg le vieux de Barembach ; George Holweg de Barembach ; Christmann Holweg de Albet ; comme on le voit par cette liste de descendants, la famille HOLWECK n'a pas encore choisi entre Rothau et Schirmeck/Barembach, entre protestantisme et catholicisme
  • 1592, lors de la guerre des Evêques (guerre de religion), le château des Veldenz est attaqué et brulé ; "Sébastien HOLVECK enseigne aux cavaliers de Lorraine la maison seigneuriale de Rothau, laquelle a été pillée en sa présence" (ABR, C 323 12). »
  • 1623 : procès entre les RATHSAMHAUSEN et les VELDENZ portant sur le périmètre de l'acte de vente ; Michel et Sébastien HOLWECK sont témoins
  • 1655 Michel HOLWECK, fils de Christmann, est toujours là ; c'est un grand ancêtre ; sa descendance se partage encore entre Rothau et les villages catholiques voisins, en particulier La Broque et Schirmeck ; décidément, le choix entre catholicisme et protestantisme est laborieux ! à l'époque du recensement, il a 60 ans, une femme nommée Barbe, trois enfants (George, Didier et Jean) et une fortune de 102 florins

La famille HOLWECK est la seule à Rothau a avoir traversé la période de la guerre de Trente ans.

La famille GANNIER/GANIERE

A l'époque du recensement, Michel GAGNIER a une femme nommée Barbe, trois enfants (Jean, Marie, Barbe) et une fortune de 51 florins.

Cette famille d'immigrants n'a pas livré ses secrets ; une marraine de Marie Gagnier, née en 1655, était "Marie, femme de Jehan Gainnier, d'O..enheim" ; deux lettres sont illisibles, ce qui empêche d'avoir une certitude quant au village d'origine de la famille.

Il semble bien que cette famille ait deux fils nommés Jean l'un et l'autre.

  • le premier Jean GAGNIER, Oberchef de justice et aubergiste, épouse Anne PECK/BECK/BECKER, fille de Pierre BECKER et Véréna EICHELBERGER, une famille venue de Sumiswald, un haut lieu de l' anabaptisme, et habitant la cense de la Haute Goutte à Neuviller ;
  • le second Jean GAGNIER a une vie sentimentale mouvementée ; il a une fille naturelle en 1672 "bastarde de Jean Gannier de Rote et Anne Marc de Nassville née hors mariage et paillardise". Il se marie ensuite avec Anne MARC/MARX. Il a aussi un enfant naturel en 1673 avec Catherine GROHENS "né hors mariage en paillardise de Jean GANNIER et Catherine fille de défunt Michel GROHAINS de Neuvillers", dont la marraine est "Barbe, la mère grande, femme de Michel GANNIER de Rothau" (donc sa grand-mère) (bulletin CGA N° 2000-3 p 766); ce parrainage filiatif rattache donc en ligne directe Jean GANNIER au couple fondateur Michel et Barbe GANNIER ; cet enfant naturel est le grand-père d'Anne-Catherine GAGNIERE, la "prophétesse" de Bellefosse. Sa vie religieuse est tout aussi mouvementée. Il se convertit au catholicisme, meurt soudainement en 1673, et se voit refuser l'enterrement au cimetière luthérien de Rothau. Le pasteur s'en explique : "Jean GANNIER, cet apostat, perfide à son naturel prince et seigneur, tombé en maladie soudaine (...) sa mère l'a bien vainement amené sur un cheval de Nassville a Rote et y est mort (...) en l'abrogation de notre religion".

Un repeuplement difficile

Quelques arrivées à la fin du siècle : vers 1669, Gaspard SCHEIDECKER, un Suisse venu de Hutwill dans le canton de Berne, reste peu d'années à Rothau avant de s'installer à Fouday ; et, en 1670 Jean-Nicolas MARMET, fils du pasteur, s'installe à Rothau (son père demeurant à à Wildersbach).

Entre 1655 et la fin du XVIIème, la population de Rothau passe donc de deux à quatre familles, en comptant large (c'est à dire en comptant les SCHEIDECKER, qui restent peu, mais ils reviendront).

XVIII ème siècle : difficile renaissance

Population protestante

Jusqu'au XVII ème siècle, Rothau est entièrement protestant. Etudier l'accroissement de la population protestante au XVIII ème siècle, cela revient à étudier les possibilités de régénération naturelle de cette population meurtrie. Et force est de constater qu'elles sont faibles.

Outre les familles déjà citées (HOLWECK, GAGNIERE, MARMET, SCHEIDECKER), on ne voit arriver que :

  • trois familles du Val de Munster, celles de Jean-Georges WIEDEMANN, Jean-Martin NITSCHELM, André JAECKEL (° le 17/02/1709 à Metzeral, 68, de Théobald et de Catherine née KEMPF ; x Marie Catherine HOLWECK le 06/04/1633 à Rothau, d'où postérité); fortement apparentées entre elles, ces trois familles sont entraînées par Jean-Georges WIEDEMANN, maître maréchal-ferrant, dont les compétences ont été probablement recherchées en vue d'un réveil économique du village
  • trois familles issues de pasteurs, ou alliées à des familles de pasteurs, ou familles d'instituteurs vraisemblablement arrivées dans les bagages de pasteurs, à savoir celles de Jean AHNNE, époux de Madeleine MARMET ; de Jean Michel WEIDKNECHT, pasteur ; de David Nicolas BOHY, maître d'école

Population catholique

Les seigneurs catholiques nommés par les Rois de France en remplacement de la lignée Veldenz (éteinte) font redémarrer les mines et les forges à partir de 1724 sous la direction d'un maître de forges renommé, Jean Henri ANTHES/d'ANTHES.

Ils font venir de l'extérieur toute une population catholique de mineurs et de métallurgistes, au point que les catholiques finissent par représenter environ les trois quarts de la population de Rothau. L'église de Rothau devient simultanée et un registre paroissial catholique est tenu à partir de 1725. Ils viennent pour la plupart de villages catholiques de la région, principalement les villages miniers de la Broque et Grandfontaine, ainsi que d'autres sites miniers comme Giromagny près de Belfort.

Dix Neuvième siècle

La Révolution inaugure une rude période pour le petit peuple, car elle déchaîne les appétits des familles les plus riches, qui font main basse sur tout au nom d'une conception unpeu particulière de l'abolition des droits féodaux ; ce phénomène est détaillé dans la notice sur Belmont. Théophile WIDEMANN, Maire de Rothau, tente de préserver les intérêts de la population, mais il est vite éliminé.

Le XIXème siècle voit le déclin des mines et son remplacement par l'industrie textile.

L'année 1814 voit un combat de corps francs, dit "bataille de Rothau" ; sous la conduite de Nicolas Wolff, la population résiste à l'invasion des ennemis des Russes et des Autrichiens après la défaite de Napoléon.

D'importantes migrations vers l'Amérique concernent en particulier les familles WIDEMANN, NITSCHELM, mais on pourrait multiplier les exemples ; en réalité, les filières d'immigration du Ban de la Roche vers les Etats Unis sont en place depuis le voyage de la Princess Augusta en 1736.

Vie littéraire et artistique

L'idylle de Sessenheim entre Goethe et Frédérique Brion, jeune fille qui habitera ensuite Rothau chez son frère le pasteur :

Scènes de la vie alsacienne vues par Gustave BRION, peintre originaire de Rothau , neveu de Frédérique BRION :


Victor Hugo illustré par Gustave Brion :

Vingtième siècle

Combats aux alentours de Rothau dans les premiers jours de la guerre de 1914-1918


Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 540 554 587 702 819 914 959 1 009 1 132 1 361
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 1 500 1 495 1 502 1 409 1 454 1 440 1 574 1 586 1 726 1 780
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 1 786 1 624 1 627 1 575 1 578 1 607 1 713 1 897 1 886 1 780
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population 1 596 1 583 1 557 1 572 1 596 1 575 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Source : Cassini & INSEE

Repère géographique.png Repères géographiques

Carte du Ban de la Roche dessinée par le pasteur OBERLIN

Rothau située par rapport à la principauté voisine de Salm (cliquer le lien, puis, aller jusqu'en bas de la page pour trouver les cartes ; Rothau est contre le bord droit de la carte de gauche)

Carte de la vallée de la Bruche ; Rothau n'est pas indiqué, mais le village est proche des censes du du Sommerhof et de Natzwiller, qui sont indiqués

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- - -  
Jean WIEDEMANN 1803 - 1804 maire de 1803 à 1804 ; propriétaire de l’Hôtel des Deux Clés ; participe à la bataille de Rothau en 1814  
Nicolas WOLFF 1804 - maire de 1804 à ?.
Lors de l'invasion de 1814, recrute un corps franc de villageois et mène une résistance héroïque, restée dans la mémoire locale sous le nom de "bataille de Rothau"  
- - -  
Jean-Baptiste BRIGNON 1831 - 1848 -  
Théophile WIDEMANN 1848 - 1852 Meunier. Soldat de la garde nationale en 1830. Maire de Rothau de 1848 à 1852 ; défend les intérêts forestiers de la commune ; prend la défense des ouvriers-paysans contre les appropriations d'espace et d'eau opérées par les industriels ; mis à l'écart par le coup d'Etat de Napoléon III  
Gustave STEINHEIL 1852 - 1872 Entrepreneur du textile. Mmaire de 1852 à 1872 ; démissionne à la suite de l'invasion dans les circonstances suivantes :
Nous sommes le 25 janvier 1871 à 9 heures du matin, au domicile de Gustave STEINHEIL, où se réunit le conseil municipal, auquel s’ajoutent pour l’occasion les citoyens les plus imposés de la commune, car l’on va prendre une décision ayant un fort impact financier. La guerre franco-allemande n’est pas tout à fait terminée, mais l’Alsace est déjà envahie. Les Prussiens sont là, ils multiplient les réquisitions; les Badois, de passage en octobre 1870, ont brûlé, accidentellement semble-t-il, la grange de Théophile SCHEIDECKER, des biens de l’instituteur et l’aile gauche de la mairie. Et surtout, les Prussiens veulent la liste des jeunes gens du village en âge de porter les armes.
Jusqu’ici, Gustave STEINHEIl a refusé de la remettre, mais les amendes pleuvent: d’abord 500 F, puis 5000, et l’on est menacé de 25000. Les autres communes du canton dans une situation similaire, ont des amendes bien moindres, le maire de Rothau étant considéré comme un meneur. D’abord, il lui fut demandé de payer l’amende de 500 F pour éviter au village d’avoir des «garnissaires» (soldats logés chez l’habitant) ; il l’a payée, mais il a eu des garnissaires quand même, 62 hommes chez lui, logés et nourris à ses frais ; il est de plus menacé d’être envoyé en forteresse en Allemagne; il ne se sent plus habilité à prendre seul cette décision, et demande un vote; la sanction financière est d’une extrême gravité ; les caisses de la ville étant vides, Steinheil se dit conscient que c’est lui qui paiera l’amende sur ses biens propres, il est prêt à le faire, mais elle mettra son usine en difficulté, et l’obligera à réduire son activité au détriment des ouvriers, avec même des risques de famine; malgré tout cela, il reste partisan de continuer à refuser de donner la liste, mais ne veut pas décider seul; si le Conseil municipal décide de donner la liste, il s’inclinera et démissionnera, à la fois parce qu’il n’est pas partisan de cette remise et pour ne pas compromettre la ville aux yeux de l’occupant.
La discussion s’engage. Certains veulent remettre la liste, pensant ou voulant penser qu’elle n’aura pas d’utilité militaire pour les Allemands. D’autres sont partisans de refuser. Finalement, la résistance apparaît suicidaire, et la décision est prise de donner la liste. S’agissant de la démission de M. STEINHEIl, elle soulève les protestations de plusieurs de ses collègues, parmi lesquels son futur successeur, David HORTER. Mais Gustave STEINHEIL insiste pour démissionner: il est fatigué, angoissé, désireux d’échapper au moins pour un temps aux épuisantes tractations avec les fonctionnaires prussiens.  
David HORTER 1872 - 1882 gendre de Théophile WIDEMANN. Maire de 1872 à 1882.
En raison de l’annexion, David HORTER ne peut se permettre qu’une gestion apolitique, mais cependant il continue de faire tenir en Français les registres de délibérations de la commune.
Il œuvre au développement économique du village, travaille avec énergie et avec succès à l’arrivée du chemin de fer à Rothau et restructure le réseau d’eau potable, qui était insuffisant. D’une façon générale, il veille avec vigilance à tout ce qui touche à la santé, à la sécurité et au bien être de ses concitoyens. Il réorganise le corps des sapeurs pompiers, avec Albert WIDEMANN à sa tête. Il interdit aux chevaux de galoper dans les rues du village ;(un de ses fils étant mort dans un accident de la circulation) et crée un bureau de bienveillance pour les indigents. Son épouse Marie WIDEMANN participe probablement à sa gestion, car, après la mort de son époux, elle détient chez elle le livret avec la liste des indigents de la commune.
David HORTER a une politique de bonne entente entre protestants et catholiques.  
Frédéric Adrien WIEDEMANN 1883 - 1890 Propriétaire de l'Hôtel des Deux Clés. Maire de 1883 à 1890. Oeuvre avec énergie et succès, avec l'aide du Docteur SCHEIDECKER, à circonscrire une épidémie de choléra qui aurait pu être dramatique.  
- - -  
- - -  
- - -  
Pierre MAIRE 1980 - 2001 Adjoint au Maire (1971-1980), Maire (1971-1980), Maire honoraire.
Membre du SIVOM du Pays de la Haute-Bruche, du District Haute-Bruche et de la Communauté de communes dela Vallée de la Bruche (1989-2001.
Maître électricien.
Né vers 1930, décédé le 26/09/2017. La cérémonie religieuse des obsèques a été célébrée en l'église de Rothau le 30/09/2017.
Source : faire-part de décès - Dernières Nouvelles d'Alsace.  
Marc SCHEER 2001-(2014) - [ Photo]  
- - -  

Cf. Mairesgenweb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
Fernand HEIDINGER - Pour plus d'informations, voir Weyersheim - les curés.  

Autres familles notables

  • Famille de Rathsamhausen de la Roche, seigneurs de Rothau au Moyen Age
  • Familles d'Angervillers et Voyer d'Argenson : seigneurs du Ban de la Roche de 1720 à 1771 , catholiques
  • Famille Marchal, entrepreneurs du textile

Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés

Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin - - - - - - -
Après-midi - - - - - - -
Commune.png

Mairie
Adresse : 24, Grand'Rue - 67570 ROTHAU

Tél : 03 88 97 02 02 - Fax : 03 88 47 45 41

Courriel :

Site internet : Site officiel

GPS : -° / -° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire :

Source : (10/2013)

Généalogie

Patronymes des mineurs

Denis LEYPOLD a relevé des noms de mineurs rencontrés au cours de ses recherches [1]

Remarques

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Denis Leypold Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de Rathsamhausen et de Veldenz (1489-1630) ; éditions Oberlin 1989
  • Monique FRANCOIS ; Nicolas MILAN, bourreau et victime lors des procès de sorcellerie du Ban de la Roche en 1620/1621 ; Bulletin du Cercle généalogique d'Alsace (BCGA) n° 159 pages 150 à 153

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Référence.png Notes et références

  1. Denis Leypold - Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de Rathsamhausen et de Veldenz (1489-1630) - Ed. Oberlin 1989 - page 49


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