67321 - Neuviller-la-Roche

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Neuviller-la-Roche
Blason Neuviller-la-Roche-67321.png
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 67 - Blason - Bas-Rhin.png    Bas-Rhin
Métropole
Canton Blason en attente.png   67-11   Mutzig

Blason Schirmeck-67448.png   67-23   Schirmeck (Ancien canton)

Code INSEE 67321
Code postal 67130
Population 358 habitants (2015)
Nom des habitants Neuvillerois, neuvilleroises
Superficie 919 hectares
Densité 38,95 hab./km²
Altitude Mini: 410 m
Point culminant 1035 m
Coordonnées
géographiques
48.4397° / 7.2397° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
67321 - Neuviller-la-Roche carte administrative.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Héraldique

Au premier d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au second d'argent au lion d'azur, lampassé de gueules, couronné d'or.

Neuviller et ses hameaux

Les premières mentions du nom de Neuviller sont tardives, ce qui est cohérent avec l'éthymologie ; le nom même de Neuviller n'est cité qu'en 1434 ( Newilr en 1434, Neuweyler en 1581, Newiller en 1632) . Un recensement de 1489 précise que le village de Neuviller-Ringenbach compte alors 8 maisons et une grange seigneuriale. On comptera 13 habitations en 1524 ; 20 en 1578 ; 209 en 1836 et 167 en 1905.

Neuviller se caractérise par la présence de deux hameaux, la Haute Goutte (à certaines époques plus important que le "centre village" de Neuviller) et Riangoutte (en allemand : Ringelsbach); il convient également de citer la ferme dite "de la Haute Goutte", qui, malgré son nom, est sensiblement éloignée du hameau du même nom ; cette ferme s'appelera plus tard "Haut Sommerhof" ; elle est aujourd'hui entièrement détruite.

Neuviller au sein du Ban de la Roche

Le nom "Le Ban de la Roche" a été adopté, puis abandonné, à l'époque moderne, comme dénomination officielle par une partie des villages ayant composé l'ancienne seigneurie. Ce nom demeure néanmoins valable, dans un contexte historique, pour désigner la seigneurie d'ancien régime.

Sous l'ancien régime, Neuviller fait partie de la petite seigneurie du Ban de la Roche (en allemand : Steintal) , qui constitue l'unité pertinente pour l'étude de l'histoire humaine. Cette seigneurie se compose de huit villages répartis en deux vallées, à savoir : dans la vallée de la Chergoutte ou à proximité : Bellefosse , Belmont , Fouday, Solbach, Waldersbach; dans la vallée de la Rothaine ; Rothau, Neuviller, Wildersbach. L'histoire de ces villages est commune.

Le Ban de la Roche est situé dans une milieu de montagne impropre à la vie humaine, et la survie y fut à de nombreuses époques problématique. Les périodes de prospérité relative correspondent à des périodes d'industrialisation ; une première au XVIe siècle grâce à la compétence minière du seigneur Georges-Jean de VELDENZ ; la seconde aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, fondée d'abord sur une reprise des activités minières sous la direction de la lignée de DIETRICH. Puis sur le développement du textile au fur et à mesure que les filons s'épuisaient et que l'activité minière déclinait.

La religion luthérienne,introduite en 1584 par Georges-Jean de VELDENZ, est très majoritaire. Il faut cependant compter avec une minorité catholique dans les villages les plus industrialisés comme Rothau. Et avec un nombre important de fermiers anabaptistes venus de Suisse.

L'occupation du territoire est ancienne, et l'on ne sait quand fut édifié le chateau de la Roche à Bellefosse. Cependant, ce n'est qu'à partir de la période RATHSAMHAUSEN que les documents suffisent pour dresser un certain tableau de la vie de la seigneurie.

La langue est majoritairement le Français (sous la forme locale d'un patois lorrain dit "patois welsche".) Il faut cependant compter avec une forte immigration suisse de langue allemande.

La démographie est marquée par une forte endogamie : la réticence aux mariages mixtes crée une forte étanchéité par rapport aux villages catholiques voisins ; en revanche, malgré la différence de langue, il y a de nombreux mariages avec des conjoints de Barr, petite ville également luthérienne et qui tend à faire figure, de fait, de petite métropole par rapport au Ban de la Roche.

Par ailleurs, à partir du voyage de la Princess Augusta enn 1736, l'émigration vers l'Amérique est une donnée lourde. Les communes du Ban de la Roche sont jumelées avec Woolstock, Iowa, village fondé en grande partie par des immigrants de cette petite région.

Période RATHSAMHAUSEN

L'on ignore quand le Ban de la Roche est entré dans le patrimoine de la famille de RATHSAMHAUSEN. En tous cas, ses dimensions sont alors légèrement plus vastes que ce qu'elles seront, puisque les villages de Saint-Blaise et Blancherupt en font partie, Saint Blaise et son chateau faisant vraisemblablement figure de chef-lieu.

Bellefosse possède cependant un chateau, dit "chateau de la Roche", à visée purement militaire.

Le premier évenement qui fit fortement mémoire est le siège et la prise de ce château en 1469 à l'initiative de l'évêque de Strasbourg et de marchands de cette ville qui considéraient Gérothée de RATHSAMHAUSEN comme un "seigneur brigand" parce qu'il prélevait de l'argent sur les transports de marchandises. Cette lourde défaite eut pour conséquence la destruction du chateau de Roche et la pendaison de sa garnison composée de paysans requis par leur seigneur (ce dernier sauvant cependant sa tête).

Il semblerait qu'un début d'exploitation minière ait eu lieu dès la période RATHSAMHAUSEN.

Il est difficile d'en situer le début, qui présenta un certain caractère clandestin du fait de la compétition pour l'appropriation de ces richesses. En 1558, opère une commission d'enquête impériale auprès de Jacques de RATHSAMHAUSEN, soupçonné d'exploiter des mines clandestinement ; d'une façon générale, l'autorité impériale favorise la famille de VELDENZ au détriment de la famille de RATHSAMHAUSEN pour les questions minières, si bien que peu à peu cette dernière famille perd de son pouvoir.

Au recensement de 1578, le Ban de la Roche compte au total 164 maisons.

Période VELDENZ

Georges-Jean de VELDENZ est un personnage. De très haute lignée, il est Comte palatin (c'est à dire qu'il a vocation à faire partie de l'entourage direct de l'Empereur). En 1562, il épouse Anne-Marie WASA, fille du Roi de Suède. C'est le fondateur de la ville de Phalsbourg.

Le début de la période VELDENZ se caractérise par un "âge d'or" : le développement minier induit un important développement économique et démographique (non sans déséquilibres) ; le village de Rothau, riche en fer, devient prépondérant et fait figure de mini-capitale ; les VELDENZ y batissent un château, où ils résident lorsqu'ils sont dans la région. Une grande forge en fait un centre industriel.

Le centre de gravité de la seigneurie se déplace de la vallée de la Chergoutte (où se situe Bellefosse) à celle de la Rothaine (où se situe Rothau) ; les mines sont nombreuses ; le paysage est industriel, au sens de l'époque : de nombreux étangs artificiels, qui n'existent plus aujourd'hui, permettent le flottage du bois ; de nombreuses meules de fabrication du charbon de bois fournissent l'énergie en traçant sur l'herbe verte des cercles noirs ; et partout, le ballet des bœufs transporte le fer de la mine à la forge, le charbon de la charbonnière à la forge, etc ... ; les maréchaux ferrants sont des gens qui comptent dans cette économie, ce qui explique sans doute l'omniprésence du nom de MARCHAL/SCHMITT dans les généalogies bandelarochoises.

Puis, arrive le temps des malheurs : procès de sorcellerie, guerre de Trente Ans, épidémies ; la population du Ban de la Roche s'effondre ; elle ne se redressera qu'au XVIIIe siècle, avec la reprise de l'activité minière, et l'action de pasteurs comme STOUBER et OBERLIN, qui œuvrent pour l'instruction et pour le développement spirituel et matériel de leurs paroisses.

L'on notera les dates suivantes :

1580 : Georges-Jean de VELDENZ obtient de l'Empereur l'autorisation d'exploiter les mines du Ban de la Roche.

1584 : achat du Ban de la Roche par Georges-Jean de VELDENZ ; introduction du luthérianisme.

1620-1621 : paroxysme des procès de sorcellerie.

1633 et suivantes : la guerre de Trente Ans touche le Ban de la Roche ; effondrement démographique,

1648 : fin de la Guerre de Trente Ans

1650 environ et suivantes : début d'une immigration suisse, souvent anabaptiste, qui deviendra une composante importante du Ban de la Roche.

1655 : recensement ; ce recensement peut être considéré comme une approximation acceptable de l'état dans lequel la guerre de Trente Ans a laissé le Ban de la Roche ;

La guerre de Trente s'est achevée par la victoire de la France, qui se voit attribuer, en Alsace, les droits qui furent ceux de l'Empereur. C'est donc au traité de Westphalie que l'on pourrait, juridiquement, faire remonter le rattachement du Ban de la Roche à la France ; dans les faits cependant, il est plus progressif. L'on notera les dates suivantes :

1672-1679 : guerre dite "de Hollande" (qui, malgré son nom, touche de plein fouet l'Alsace) ; certains villages du Ban de la Roche sont touchés, particulièrement Rothau, Belmont et Wildersbach ; Bellefosse semble à priori épargnée ; en tous cas, les familles qui habitent le village à cette époque font souche vigoureusement,

1681 : Le Ban de la Roche doit l'hommage au Roi de France et est détaché de ses obligations vis à vis du Saint Empire

1694 : mort de Léopold Louis de VELDENZ, qui laisse trois filles.

Rattachement à la France et fin des dernières fictions d'indépendance

1720 : d'ANGERVILLERS, intendant d'Alsace, obtient du Roi Louis XIV l'inféodation du Ban de la Roche ; il inaugure une dynastie catholique, au grand dam de la population protestante.

1723 : mort de la dernière des VELDENZ ; fin des dernières fictions d'indépendance.

1724 : l'église de Rothau devient "simultanée".

1736 : émigration importante vers l'Amérique, en particulier sur le navire "Princess Augusta".

1750-1754, puis 1760-1767 : ministère du pasteur STOUBER ; développement de l'instruction.

1758 : VOYER d'ARGENSON, seigneur du Ban de la Roche.

1762 : réfection de l'église de Belmont ; tentatives infructueuses de l'autorité pour la rendre simultanée.

1767 : arrivée du célèbre pasteur OBERLIN.

1771 : VOYER d'ARGENSON (catholique) vend le Ban de la Roche à Jean de DIETRICH (protestant) ; nouvel essor de l'industrie minière sous l'égide de la dynastie de DIETRICH.

1789 : Révolution.

Faits marquants de l'histoire humaine

Le recensement de 1534

Réalisé pour l’ensemble du Ban de la Roche, dans un objectif fiscal sur les ordres du seigneur de Rathsamhausen ; ce recensement concerne entre autres Neuviller. La population en 1534 est la suivante :

A Neuviller même

  • BOCKE Schann ;
  • DABOS Christmann (heritage) ;
  • ERHARDT Schann ; enfant GUTTELE ;
  • KNABEN Claus (heritage) ;
  • NACK Claus et son fils Schann ;
  • SCHAUDE ??? :
  • SCHNIDER Elsa (note : sans postérité au Ban de la Roche, même si le nom de SCHNEIDER y réaparait ; cette seconde famille SCHNEIDER est une simple homonyme de hasard, elle vient en réalité de l'Emmental et elle est alliée aux NEUVILLERS)
  • TRÜWEN Jörg (heritage) ;
  •  ??? Sibillen

A la Haute Goutte

  • BOCK Weltin et ses enfants ;
  • BUTTEL Martin le meunier, sa fille Catherine ; Hans et son fils Martin ;
  • CLAUS Christmann, fils de Schann ;
  • CACKELIN Claus, meunier (observation : le nom de Caquelin existe toujours à l’époque moderne); Clawe et Schann (heritage) ;
  • HEINRICH Christmann et Lang ;
  • JACOB Mathis ;
  • JARRAT Mathis ;
  • MORE Hans (observation : le nom de Morel existe toujours à l’époque moderne);
  • OSEL Christmann ;
  • SCHNIDER Hans, le vieux, et son fils Hanns


Bourgeois forain : GÖPFFERLIN Ulrich

A Riangoutte :

  • BEMONN Schann ;
  • CLAWE Hans et son fils Christmann (CLAUDE ? ; postérité possible sous ce nom, mais pas à titre majoritaire ; les origines de l'actuelle famille CLAUDE du Ban de la Roche peuvent être situées plus vraisemblablement à Epinal et Badonviller, en milieu huguenot,comme le montre son alliance avec la famille JENIN)
  • LANGEN HEINRICH Heinrich (fils )

Procès de sorcellerie

Se reporter à l'article Les procès de sorcellerie au Ban de la Roche

Période 1621-1623

Pour la période 1621-1623, Denis LEYPOLD a relevé le nom des habitants qu'il rencontrait à l'occasion de ses recherches (non exhaustif) ; ce relevé donne :

A Neuviller même :

  • BERNHARDT Lang (ou Grand Benoit) et Hans ;
  • BOGE Christmann ;
  • DABO Claus (héritage) ;
  • DABNONETTE Chrétienne ;
  • FORRE Monsch ;
  • GEORGE Dimanche et Nicolas ;
  • GROSHEINZ Claus ;
  • LEGRIMPE Claulin ;
  • SCHANACK Claus

A la Haute Goutte :

  • BEURTRAN ... ;
  • LORENTZ Christian et Georg ;
  • MARTIN Clad et Hans ;
  • PETER Hans ;
  • PIRON Jean ;
  • TOUSSAINT ...


A Riangoutte :

BLAYS George ... Monsch ; ... Dimanche et sa femme Cateline

Le recensement de 1655

En 1655, l'autorité civile fait établir un recensement pour l'ensemble du Ban de la Roche. Ce recensement (enrichi et commenté par Robert Lutz) donne, pour Neuviller, les résultats suivants :

  • Claus BIRTRING fort. 109 fl alias Nicolas BEURTRIN  ; Jehannon, sa femme ; E : Mougeatte °1652, ép. 1671 Jehan Malaisier ; Kenielle °1655 ¶1743 ; Catherine + 1695 à env. 50 ans
  • Claus SIMMON Wittib fort. 126 fl.
  • Michel GROHANS fort. 182 fl ; Michel Groshaintz, ancien tav. + 1670 ; Marion CHRISTMANN, sa femme, + 1684 ; E : Marguerite °1647, ép. 1673 Bastian Aseman ; Kenielle °1648 ; Didier °1651 ; Nicolas, ép. 1671, Jehannon Aseman ; George + 1708 à env. 54 ans (note : Kenielle = Königin = Régine)
  • Cristman GROHANS wittib fort. 249 fl ; La veuve de Christman Groshaintz, Jehannon Bernard ; E : Mougeatte °1648, ép. 1673 Dimanche Morel ; Demanche °1650 + 1666 ; Claudette °1653, ép. 1681 Hans Holveck
  • Clade MOGENAT fort. 129 fl ; Gladon Mougenat, ancien à Wildersbach dès 1649 + à Solbach 1670 ;

Marguerite, sa femme, citée en 1643 ou Claudette, sa seconde femme, + 1666 ; E : Claudette, m 1653 ; Esther, ép. 1663 Hierig Vouliat ; Marguerite, ép. 1664 Christman Colai

  • Clade RINGELSBACH ; Gladon Ringelspach, forestier à Belmont, 1649-1650 ; Marguerite, sa femme, +1662 ; E : Benitte °1664 + 1666 ; Catherine °1649 + 1667 ; Mougeatte ép. 1665 Didier Morel, veuf ; Nicolas, ép. 1661, Marguerite Morel (famille autochtone à ne pas confondre avec celle de Anne "RINGELSBACH" -en réalité RINDERSPACH, mais ensuite le nom a été déformé- épouse NEUVILLERS, qui est d'origine suisse ; d'après les actes du procès Veldenz c/ Rathsamhausen, RINGELSBACH, dans le cas de la famille autochtone, est un alias de GEORGE); à lépoque du recensement le 1655, Anne " RINGELSBACH" veuve NEUVILLERS habite Bellefosse
  • Claus CLAULLINGS wittib fort. 102 fl. ;La veuve de Claudin Parmentier, Mongeatte, + 1664 ; E : Nicolas, ép. 1665 Mougeatte Vouliat ; George, ép. 1661 Catherine Neuvillers
  • Cristman MATTIS ; Christman Grandmatthis + 1674 ; Claudine Charpentière sa femme + 1694 à 81 ans environ ; E : Christman °1647, + 1702 ; Nicolas °1650 ; Marguerite°1652, ép. Benoit Morel ; Sebastian °1654 ; Jehan ép. 1672 Catherine Schmid
  • Hans LANG JORG ; Jean Grandgeorge + 1692 (note : voici encore un probable alias du nom de GEORGE, car il est difficile de dire si l'élément LANG fait partie du nom ou si c'est un adjectif de description de la personne concernée)

Absents du recensement mais figurant aux paroissiaux :

  • Hanso HIERIG , tailleur de Neuviller, Peut-être un fils de Hainsel JORG le Schulteiss, compté au foyer de ses parents, ou bien identique à Jean GRANDGEORGE ; Jehanne Gannière, sa femme m 1647, ...1655 ; E : Marie °1648 ; Marguerite ° 1652 ; ?°1655 ; Jehanne ép. 1669 Hans Hierig Zucker
  • David LIENARD dit BEURTRIN, de la Haute-Goutte ; Catherine Babylon, sa femme ; E : Gladon °1648 ; Jehanne 1650 ; Barthel °1652 ; cette famille a émigré vers Barr entre 1652 et 1655

La cense de la Haute Goutte

La cense de la Haute Goutte, se situe dans les bois, loin de tous villages, et même assez loin du hameau homonyme de la Haute Goutte. Deux chemins, appelés l'un et l'autre "chemin de Barr" proviennent l'un de la vallée de la Rothaine, l'autre de la vallée de la Chergoutte ; ils convergent peu après la cense, qu'ils enserrent comme deux parenthèses ; après le carrefour, tout le Ban de la Roche suit donc le même chemin pour aller vers Barr.

Le lieu est appelé aussi "La Croix Rouge", pour des raisons aujourd'hui oubiées, mais le terme met mal à l'aise. L'endroit est réputé hanté, et on le redoute d'autant plus que nombreuses sont les occasions d'y passer à la nuit ; en effet, lorsqu'ils vont à Barr, situé à une dizaine de kilomètres, les bandelarochois n'ont pas les moyens de dormir à l'auberge ; ils font donc l'aller et retour dans la journée, ce qui oblige à partir avant le lever du jour et/ou à revenir après la tombée de la nuit.

Les censiers suisses qui sont obligés d'y vivre doivent faire leur affaire des mauvais esprits.

Gageons que Balthazar KOMMER , qui finit ses jours à la Haute Goutte après avoir vécu longtemps au Bas Lachamp à Bellefosse ne laisse guère impressionner et rassure ses compatriotes aussi longtemps qu'il vit, c'est à dire jusqu'en 1718.

Mais d'autres n'ont pas ses pouvoirs pour faire face aux mauvais esprits. Le pasteur OBERLIN nous relate les terreurs de Jeanne BECKER (ses grands parents ont vécu à la Haute Goutte) et de Claude SCHEPPLER (ses parents ont vécu à la Haute Goutte) , auxquels vient en aide Anne Catherine GAGNIERE, la "prophétesse" de Bellefosse :

"Il y a quatre ans que notre servante et alors conductrice de la jeunesse de Waldersbach, Anne-Catherine GAGNIERE, fille de Jean-Nicolas GAGNIERE, ancien de Bellefosse, alla à Barr pour acheter des étoffes pour des habits, dans la compagnie de Jeanne, née BECKER, veuve de feu Jean HERZOG de Belmont, et de quelques filles.

On part ordinairement de nuit pour être de bonne heure à Barr.

Quand elles vinrent à peu près proches dudit endroit, Catherine GAGNIERE, par hasard, alla avec une autre fille à quelques pas derrière le cheval sur lequel la veuve Anne BECKER était montée.

Tout à coup, elles virent la dite veuve élevée en l'air au dessus de son cheval ; elles ne restèrent pas longtemps dans l'incertitude de ce qu'elles devaient croire, car elles entendirent Anne BECKER se lamenter ; un moment après, elles la virent être tirée en bas du cheval et jetée rudement sur le chemin, et criant : "Mon Dieu, aie pitié de moi, le voilà qui m'a violemment tirée du cheval et jetée là."

Claude SCHEPPLER, de Bellefosse, est le héros ou la victime de plusieurs histoires de fantômes notées par le pasteur OBERLIN.

A plusieurs reprises, à l'endroit où le chemin tourne à "Obernah" (Obernai), Claude reçoit comme un poids sur les épaules et doit se traîner misérablement. Il n'est délivré qu'au moment où il dépasse la cense du Sommerhof. Anne-Catherine GAGNIERE, servante du pasteur OBERLIN, est deux fois témoin du phénomène. Bien que SCHEPPLER demande à ses compagnons de poursuivre leur voyage sans lui, elle reste auprès de lui pour l'assister en cas de besoin.

Il lui faut un courage peu commun, car le mauvais esprit qui a sauté sur les épaules de Claude SCHEPPLER possède une certaine matérialité, en tous cas un certain poids.

Claude SCHEPPLER est décrit par le pasteur OBERLIN comme un homme sincère et honnête, qui raconte ses mésaventures sans se soucier qu'on le croie.

Dans les bois de Barr, c'est à dire après avoir passé la Haute Goutte et s'être encore un peu plus enfoncé en forêt, le même Clause SCHEPPLER rencontre encore un fantôme, celui-ci sans agressivité.

"Claude SCHEPPLER, de Bellefosse, revenant une fois des bois de Barr, avec son père malade, fut obligé de passer la nuit dans quelque baraque de berger, mettant leurs chevaux dans le parc -in die Pferch- Pour passer le temps ou parce qu'il eut froid, il fit du feu dans un vieux plâne creux, qui avait déjà servi à cet usage aux bergers. Quand la flamme fut forte et jeta de la clarté, il vit un homme s'en approcher avec un petit chapeau rond comme les habitants du Schwarzwald en portent. Cet homme, baissant la tête sur l'épaule, tourne autour de l'arbre en regardant la flamme du bas jusqu'au sommet, ensuite, sautant comme un chevreau, gai et légèrement, il s'enfuit mais se fit entendre longtemps par le craquement des broussailles dans lesquelles il semble sauter. Ce fut vers le matin".

Oberlin pense connaître l'identité du fantôme, qui porte le chapeau et le costume démodé emblématiques des habitants du Val de Munster :

" Le père des SPENLE , d'André, de Georges, de Marguerite, bourgeois de Belmont, natif du Munsterthal, cherchant un jour de l'amadou dans ces contrées, tomba de l'arbre et fut trouvé mort. Il fut mené à Belmont, le susdit Claude SCHEPPLER le vit, avec le même habillement et chapeau que, quelques années après, il observa sur la susdite figure."

Les premiers censiers suisses et leurs commis

Parmi les premières familles suisses, et probablement anabaptistes de la Haute Goutte :

  • Jean SCHEPPLER, qualifié de "calviniste" au registre paroissial de Vipucelle/La Broque , meurt à la Haute Goutte le 4 mars 1715 ; sa femme Suzanne EYER y meurt le 6 janvier 1720 ; elle a dans son ascendance des noms typiques de la paroisse de Thurnen/Steffisburg (HENNI, EYCHER); le couple est allé de Suisse à la Haute Goutte après un passage par les censes de Salm  ; sa descendance vivra souvent à Bellefosse ; la paroisse de Thurnen, avec Steffisburg, et Ruggisberg/Riggisberg a donné les noms de EYER/EICHER (dont un Conrad EICHER, de Steffisburg, martyr en 1529 d’après le Martyrs’ Mirror), SCHLECHT/SCHLACHTER, ROPP, DEPP/DEPPEN; RUSHTY, ZIMMERMANN, VON GUNTEN, ROTH (certains), HENNI
  • Balthazar KOMMER, originaire de Seeberg dans l'Emmental, meurt à la Haute Goutte le 3 avril 1718 après avoir vécu plusieurs années à Bellefosse
  • le couple Pierre BECKER/Véronique EICHELBERGER a deux enfants à la Haute Goutte : Véronique, ° 4 septembre 1670 ; Esther, ° 9 avril 1673 ; la descendance BECKER vivra ensuite souvent à Belmont ; la famille est originaire de Sumiswald, dans l'Emmental, un haut lieu de l'anabaptisme où, d'après le Martyrs' Mirror, le martyr Jean HASLIBACHER fit des miracles après sa mort ; on notera les dates de naissance des enfants BECKER : la famille fait partie des tous premiers migrants

La population suisse de la Haute Goutte ne peut être cernée autant qu'on le voudrait du fait de nombreuses familles à enregistrements espacés ou lacunaires, témoignant peut-être d'une réticence à l'enregistrement et/ou au baptème.

  • Jean KOENIGER, + 24 mars 1718 à la Haute Goutte ; x Anne GRIMM ; quatre enfants, les trois premiers nés en Suisse, le dernier baptisé à Rothau ; ce dernier, Jean Michel, étant né en 1713, la migration du couple est probablement antérieure de peu à cette date ; c'est peut-être sans rapport, mais il existe un prédicateur anabaptiste du nom de Daniel GRIMM, il est cité à la notice Emmental (Switzerland) de la Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online
  • la famille HISLER vient de Suisse après un détour par Sainte Marie aux Mines
  • la famille ABISCHER laisse aussi des traces très lacunaires ; Christophe KOMMER, fils de Balthazar et de Catherine NEUVILLER, épouse en 1719, en un lieu inconnu, Anne ABISCHER, fille de Bénédict et de Madeleine ZIMMERMANN. Leur fille Anna nait à la Haute Goutte le 20 1 1720. Anne décède le 19 2 1723 à la Haute Goutte . Autre décès du nom à la Haute Goutte: ABISCHER Pierre, + 1 1 1721 ; le nom de ABISCHER existe en Suisse, en particulier à Guggisberg, un village qui a fourni plusieurs familles migrantes ; puis plus rien ; le nom réaparait peut-être plusieurs années plus tard sous la forme ASCHBASCHER, elle aussi très lacunaire ; la question se pose de savoir si le nom peut constituer une variante de HASLIBACHER ; si oui, il s'agit d'un très grand nom anabaptiste ; Hans HASLIBACHER, de Sumiswald, dans l'Emmental, est bien connu de Martyrs's Mirror qui lui consacre de longs développement ; il fut décapité lors d'une persécution en 1571; comme on allait le tuer, HASLIBACHER annonça que trois signes témoigneraient après sa mort de son innocence : sa tête irait se placer dans son chapeau et se mettrait à rire ; le soleil deviendrait rouge ; l'eau du puits du village également ; ces signes se produisirent, parait-il ; avant de mourir, Haslibacher avait prié pour le salut de ses bourreaux, car non seulement un anabaptiste ne doit pas chercher à se venger, mais il ne doit même pas prier Dieu de punir ceux qui le frappent ; en tous cas, son histoire est à coup sur bien connue de toutes les familles de l'Emmental venues s'installer au Ban de la Roche, comme les NEUVILLERS, les KOMMER, et surtout les SOMMER de Sumiswald.

La cense de la Haute Goutte devient la cense du Sommerhof

Quand la cense de la Haute Goutte change-t-elle de nom pour devenir la cense du Sommerhof, ou du Haut-Sommerhof ?

Poser cette question, cela revient à se demander quand la famille SOMMER est devenue si nombreuse sur la ferme, et si emblématique, que la cense lui a été en quelque sorte totalement et définitivement associée.

Or, l'importance de la famille SOMMER n'est apppréciée avec exactitude qu'a postériori, après la Révolution, quand on ne peut plus s'amuser à jouer à cache-cache avec l'Etat-Civil. On observe alors une famille aux ramifications nombreuses, qui prospère manifestement depuis plusieurs générations.

Avant la Révolution, on n'a que les paroissiaux, et ils sont extrèmement lacunaires, ce qui est cohérent avec le fait qu'il s'agit d'une famille affichant le particularisme Amish (vêtements spécifiques, port de la barbe, endogamie). Manifestement, la famille souhaitait vivre à part, et elle y a réussi pendant plusieurs générations.

L'expression "Sommerhof" est déjà utilisée sur une carte dessinée par OBERLIN entre 1767 et 1770 : on peut donc en déduire que la famille était, déjà à cette époque, associée à cette cense d'une façon qui impressionnait assez ses contemporains pour entraîner le changement de nom de la ferme.

Le nom de SOMMER apparait assez tôt au Ban de la Roche : ; Mathias SOMMER épouse Christine SCHNEIDER le 20 juillet 1674 à Waldersbach (aucun enfant d'enregistré) ; la famille SCHNEIDER vient de Biglen dans l'Emmental, où elle est alliée aux NEUVILLERS;

Ulrich SOMMER épouse Christine REISS le 22 novembre 1669 à Waldersbach ; deux enfants sont enregistrés : Anne-Marie, née le 13 février 1684, et Jean, né le 7 mai 1671 à Waldersbach. Un troisième enfant du couple, Joseph, ne nous est connu que par le registre des décès : il est mort le 23 décembre 1711 à Neuviller ; puis, Ulrich SOMMER (le même ?), épouse Christine KOMMER le 2 février 1693 à Waldersbach ; deux enfants du couple sont enregistrés comme nés à Belmont : Claude le 26 avril 1693, et Jacques le 18 avril 1695.

Le décès à Neuviller en 1711 du jeune Joseph SOMMER nous montre que la famille se rapproche de la cense de la Haute Goutte, et qu'elle y vit peut-être même déjà, la ferme étant administrativement située sur le territoire de Neuviller. C'est aussi à Neuviller que nait, hors mariage, le 11 janvier 1712, Jean-Michel fils d'Anne-Marie SOMMER, et petit-fils d'Ulrich SOMMER et de Christine REISS;

Il n'y a pas plus d'enregistrements au nom de SOMMER pour Neuviller ; au Ban de la Roche en général, on en trouvera une petite poignée de plus, mais rien qui change la donne et qui explique la prolifération de la famille telle qu'elle sera rendue visible après la révolution. De toute évidence, il y a réticence à l'enregistrement.

Nous avons donc assez d'indices pour voir que le nom de SOMMER apparait vers 1711 à Neuviller et probablement à la ferme de la Haute Goutte. La famille, qui est de Sumiswald dans l'Emmental, est alliée aux KOMMER, eux aussi originaire de l'Emmental ; les BECKER viennent aussi de l'Emmental, de même qu'en venaient les NEUVILLERS de Bellefosse ; un représentant éminant de cette région est encore sur place, puisque Balthazar KOMMER, qui vit ses dernières années à la cense de la Haute Goutte, ne mourra qu'en 1718. Sans parler de la mystérieuse famille ABISCHER qui porte (si ce patronyme est bien, comme il semble à l'oreille, une vaiante de HASLIBACHER) un des noms de martyrs les plus prestigieux de Sumiswald et du Martyrs' Mirror.

L'impression générale est donc qu'une population en provenance de l'Emmental est en place à la Haute Goutte dès l'époque de Balthazar KOMMER, et que les SOMMER s'inscrivent dans cette continuité, qui remonte donc au tout début du XVIII ème siècle et même à la fin du XVII ème siècle, même si les enregistrements sont insuffisants pour apporter la preuve alsolue des premières filiations dans cette famille emblématique.

Abandon de la cense du Sommerhof

Le système des censes seigneuriales est mis à mal à la Révolution. Celle-ci voit les propriétés changer de mains d'une façon qui a de quoi surprendre le révolutionnaire idéaliste. Le baron de DIETRICH vend ses biens. Ils sont rachetés par l’industriel CHAMPY, qui en profite pour faire main basse sur à peu près tout. A cet égard, les archives départementales du Bas Rhin possèdent, dans la série des archives privées (série J), une sous série numérotée 2 J qui concerne le Ban de la Roche. Son intitulé vaut un long discours: «Ban de la Roche: seigneurie passée en 1771 à la famille de DIETRICH et, au début du 19ème siècle, à la famille CHAMPY».

La notion même de propriété est en crise. Par exemple, étant donné que les DIETRICH étaient seigneurs du Ban de la Roche, on peut soutenir (et c’est à peu près la thèse de CHAMPY) que toute la terre était à eux puisqu’il ont acheté la région à ses seigneurs… Comme on pourrait tout aussi bien soutenir que rien ne leur appartenait, puisqu’ils ont racheté le Ban de la Roche aux DIETRICH, qui l’avaient eux-même acheté aux Intendants d’Alsace, lesquels n’étaient pas des propriétaires terriens mais des représentants du pouvoir politique.

Pour les CHAMPY, l’abolition des droits féodaux, cela veut dire leur transformation en une propriété pleine et entière sur laquelle ils font main basse. Bien entendu, les paysans Bandelarochois n’ont pas la même conception de l’abolition des droits féodaux, d’où des litiges très vifs qui se terminent par des partages sous l’égide du préfet… Partage au terme desquels CHAMPY est très bien servi. Il renonce à une partie des terres du finage, mais, pour le reste, elles deviennent «libres de droits féodaux» au sens que CHAMPY donne à ce mot, c’est à dire que la communauté villageoise n'y est plus chez elle.

Parmi les terres que CHAMPY garde en pleine propriété, il y a la cense du Sommerhoff, occupée par des anabaptistes SOMMER. Il est permis de penser que CHAMPY les traitait comme il traitait tout le monde, c’est à dire sans égards.

Outre ces problèmes économiques, les anabaptistes ne se sentent pas à l'aise avec la Révolution française. Celle-ci a accordé à tous la liberté religieuse, mais en tant que droit de l'individu. Il est clair qu'elle n'encourage en rien la constitution de micro-sociétés séparées et théocratiques.

Tout se conjugue pour que les Mennonites aient envie d’émigrer.

La ferme du Sommerhof, ci-devant cense de la Haute Goutte, se vide en peu de temps aux alentours de 1834; une grande partie de ses habitants part pour l’Amérique; la mythique ferme tombe en ruines petit à petit, ajoutant son fantôme à tous ceux qui peuplent le carrefour de la Croix Rouge, au fond des bois, entre les deux chemins de Barr. Longtemps encore, les plus vieux montreront aux plus jeunes ce qu'il en reste : ici un pas de mur, là quelques pierres.

Aujourd'hui, il n'y a plus rien à montrer.


Repère géographique.png Repères géographiques

Carte de la vallée de la Bruche ; la mention du Sommerhof nous permet d'y situer Neuviller

Carte du Ban de la Roche dessinée par le pasteur OBERLIN

Patrimoine.png Patrimoine

Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 528 606 653 820 933 987 901 870 838 829
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 868 895 849 827 685 702 680 635 616 631
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 643 582 575 524 497 458 457 440 391 376
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population 335 334 375 398 388 349 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2015 & 2016.

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Cliquez sur les photos pour les agrandir

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
- -  
Paul JACQUEL 1919 - 1945 Adjoint au maire de 1908 à 1919, puis maire de la cité. (voir les titulaires de la Légion d'Honneur sur Natzwiller)  
Jules MARCHAL 1945 - 1953  
Ferdinand MALAISÉ 1953 - 1989  
Henri HISLER 1989 - 1995  
Pierre HILPIPRE 1995 - 2001  
André WOLFF 2001 - (2020) Réélu en 2008  
- -  

Cf. : Mairesgenweb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés


Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin - 11H00 - 12H00 - 11H00 - 12H00 - - -
Après-midi 14H00 - 15H00 - 14H00 - 15H00 - 14H00 - 15H00 (1) - -
Commune.png

Mairie
Adresse : 100 Place de l'Eglise - 67130 Neuviller-la-Roche

Tél : 03 88 97 06 41 - Fax : 03 88 97 11 53

Courriel : Contact

Site internet : Site officiel

GPS : ° / ° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire : (1) : fermeture le 1er et 3e vendredi du mois

Source : Mairie ()

Dépouillements des registres paroissiaux et autres documents démographiques

L'autorité seigneuriale opère périodiquement des recensements à visée fiscale. Lors de celui de 1469, le Ban de la Roche compte au total 73 maisons et 383 habitants ; en 1534 : 107 maisons et 560 âmes ; en 1578 : 164 maisons et 860 âmes. L'accroissement est donc significatif. Denis Leypold, dans le livre cité plus loin, y voit un phénomène de repeuplement après les épidémies du Moyen Age.

  • mentions de noms (isolées) en 1382 à la Haute Goutte (page 86 du livre de LEYPOLD): Robon, fils de Robon ; henrich SEGER ; Boeseh le vieux ; Obreht rot le vieux ; Obreht rot le jeune ; Buekelin
  • Recensement seigneurial de 1489 : des extraits significatifs figurent en pages 86 et 87 du livre de LEYPOLD cité plus loin ; on note plusieurs noms à base de SCHANN... (Jean) : SCHANNBEMON (JEAN, de Belmont), SCHANDUBO (Jean du bosc, du bois) ; également plusieurs MUNSCH/MUNSCHINA (Mougeon, Dimanche : formes locales de Dominique); manifestement, l'auteur du recensement parle allemand et il transcrit comme il peu des noms d'expression française ; on trouve aussi MORRE/MERRE pour MOREL, et COLLA pour Nicolas ; en outre : Jörg TRUSIM ; Clawelÿ JORDAN ; SCHECKA ; SCHANDE ; Schann MUSSY ; Claus VYNION ; TRULLORE ; Cristian REPHUN ; BESCHA ; Claulin BERGY ; GERRIA ; MUNSCHINA gya ; GILLIA ; Peter COLLHART ; Hans GOFFTEY ;
  • Recensement seigneurial de 1502 (même emplacement ; extraits) : MUSCHMAN Claus (Claude, fils de Mougeon) ; SCHANNPERT (Jeanbert ?) le meunier ; SCHANNTTRYA (Jean Thierry ?) ; Christamnn MAULERSY (Malaisé) ; PYERSUN ; Schann DEGY ; Monschÿ GYANN ; Schann et Dietrich YEGIA ; Yegya SCHMITT
  • Relevé des sujets de la seigneurie en 1534 : publié pages 112 et 113 du livre de Denis Leypold cité plus loin ;
  • Pour la période 1612-1623, Denis Leypold publie dans son livre le relevé des noms qu'il a trouvés à l'occasion de ses recherches (il s'agit donc, par construction, de listes non exhaustives) ;
  • Pour prolonger en Suisse l'ascendance des migrants en provenance du canton de Berne, ceux qui parlent l'allemand trouveront une mine de relevés généalogiques et de renseignements biographiques dans le CD ROM produit en 2002 par Paul HOSTETTLER Taüferwanderung ; ce CD peut être consulté au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg (CD ROM n° 8)

Patronymes


  • Le problème de la variablilité des patronymes au Ban de la Roche :

Bien que d'expression française, le Ban de la Roche n'est rattaché à la France que tardivement et n'est pas soumis à l'obligation légale d'avoir des noms de familles fixes.

Une certaine variabilité persiste jusqu'au XVII ème siècle. Il s'ensuit que les noms sont jeunes, proches de leur origine éthymologique (prénom, profession, toponyme), et dotés d'un faible pouvoir identifiant ; le cas le pire est celui de MARCHAL, nom porté par de nombreuses familles car l'économie du pays impliquait de nombreux maréchaux ferrants. La langue est aussi un facteur de variabilité, les fonctionnaires germanophones reproduisant à l'oreille des noms romans, ou traduisant le patronyme. La même famille peut donc recevoir une dénomination en français ou en allemand (MARCHAL/SCHMITT; TABOURIN/TROMMELSCHALGER ; PARMENTIER/SCHNEIDER) en fonction non de la langue parlée par la famille, mais de celle parlée par l'écrivant. Ces circonstances ne facilitent pas la tâche du généalogiste qui, malgré le nombre important de documents aux époques anciennes, pourra très rarement gagner plus d'une génération par rapport aux informations des registres paroissiaux.

Principaux exemples de variabilité tardive :

- une branche de la famille BERNARD devient MARCHAL ; le nom de MARCHAL continue d'être aussi porté par les familles qui le portaient précédemment ; une autre branche de la famille BERNARD porte parfois l'alias de PRINCE, mais sans que ce surnom évince finalement le nom de famille, qui reste BERNARD à l'époque moderne

- le cas CHRISTMANN est particulièrement embrouillé ; première mention connue : le recensement de 1534, qui nous montre, à à Fouday, une Margred, épouse GROSS CHRISTMANN ; deuxième mention : les actes du procès VELDENZ c/ RATHSAMHAUSEN en 1623 , d'après ces actes (Archives du Bas-Rhin, coteE 641), deux témoins de Fouday se présentent ensemble ; il s'agit de Christmann GEORG et de son fils Georg CHRISTMANN ; il y a donc inversion du nom et du prénom entre le père et le fils : voici donc un CHRISTMANN qui est en fait un GEORGES ! Nous constatons donc que demeure vivante, à cette époque relativement moderne (1623, date du procès), la coutume consistant à prendre le prénom du père pour en faire le nom de famille du fils, et ceci non dans un contexte villageois mais dans une pièce officielle ; et ce n'est pas fini, car nous allons maintenant trouver des CHRISTMANN qui sont en fait des COLAS ; en effet, en 1670, Nicolas Marmet marie Coulas CHRISTMANN, fils de Christmann COULAS ; le nom de CHISTMANN deviendra héréditaire dans cette branche ; en d'autres termes : il évince le nom de COLAS

- le cas RINGELSBACH : toujours d'après les actes du procès VELDENZ c/ RATHSAMHAUSEN en 1623, les noms de GEORGES et de RINGELSBACH (toponyme ; Ringelsbach, en Français Riangoutte, est un hameau du village de Neuviller) sont des alias, ils sont employés indifféremment l'un pour l'autre dans le même document ; puis, vers 1655, arrive de Suisse le couple composé de Joseph NEUVILLERS et de Anne "RINGELSBACH" ; en réalité, Anne "RINGELSBACH" vient de Suisse , et ce nom est ici une déformation de RINDERSPACH/RINDERSPACHER ; Anne "RINGELSBACH" a été longtemps un des mystères de la généalogie bandelarochoise ; il était difficile d'imaginer une origine autre qu'autochtone à un couple dont les deux membres portaient des patronymes ressemblant à des villages du Ban de la Roche (Neuviller et son hameau de Riangoutte/Ringelsbach) ; et il reste difficile d'imaginer que la confusion ait été involontaire ; peut-être Anne "RINGELSBACH" a-t-elle pensé qu'un nom d'apparence locale l'aiderait à s'intégrer

- le cas GEORGES : ce nom est d'une variabilité hors du commun ; nous avons plus plus haut des GEORGES qui deviennent des CHRISTMANN ou des RINGELSBACH (ce qui n'empêche qu'il y a aussi des CHRISTMANN et des RINGELSBACH qui ne sont pas des GEORGES camouflés); il y a encore d'autres alias : HIERIG, probablement GRANDGEORGE, peut-être d'autres encore ; contrairement au nom de MARCHAL, qui étends ses ramifications partout et s'empare des familles les plus diverses, tout se passe comme si le nom de GEORGES montrait une imagination sans limites pour se camoufler ; peut-être cette variabilité a-t-elle à voit avec le fait que le nom de GEORGES est souvent cité dans les procès de sorcellerie

- le nom TROMMENSCHLAGER/TABOURIN devient VALENTIN

Archives notariales

Remarques

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Denis LEYPOLD ; Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de RATHSAMHAUSEN et de VELDENZ ; éditions Oberlin ; 1989
  • Monique FRANCOIS ; Nicolas MILAN, bourreau et victime lors des procès de sorcellerie du Ban de la Roche en 1620/1621 ; Bulletin du Cercle généalogique d'Alsace (BCGA) n° 159 pages 150 à 153
  • Loïc CHALMEL ; OBERLIN, le pasteur des lumières ; éditions la Nuée Bleue ; 2006
  • Olympia ALBERTI : Les enfants reviendront après l'Epiphanie ; Le Verger éditeur ; contient le journal tenu en 1767 par Sara Banzet, servante du pasteur Stouber
  • Johann Georg Stuber présenté par Johann Wilhelm BAUM, éditions Oberlin (traduction moderne d'un texte en allemand paru en 1846 et pris à la source de la fille même de Stouber, Régine-Charité)
  • Paul HOSTETTLER Taüferwanderung 1580-1750 ; 2002 ; en allemand ; sur l'émigration des anabaptistes-mennonites de Suisse vers, entre autres, Neuviller la Roche et sa cense anabaptiste du Sommerhof ; permet de prolonger ses lignées anabaptistes ; contient des relevés de registres paroissiaux des paroisses suisses de départ, ainsi que de nombreux éléments biographiques ; peut être consulté (référence : CD ROM n° 8) au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg.

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