67026 - Bellefosse

De Geneawiki
Aller à : navigation, rechercher

Retour

Bellefosse
Blason Bellefosse-67026.png
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 67 - Blason - Bas-Rhin.png    Bas-Rhin
Métropole
Canton Blason en attente.png   67-11   Mutzig

Blason Schirmeck-67448.png   67-23   Schirmeck (Ancien canton)

Code INSEE 67026
Code postal 67130
Population 133 habitants (1999)
Nom des habitants Bellefossois, bellefossoises
Superficie 734 hectares
Densité 18,11 hab./km²
Altitude Mini: 529 m
Point culminant 1091 m
Coordonnées
géographiques
48.405556° / 7.215833° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
67026 - Bellefosse carte administrative.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Topo.jpg Toponymie

Héraldique

D’azur au chevron d’or accompagné de trois crampons d’argent posés en pal.

Histoire

Sous l'ancien régime, Bellefosse fait partie de la petite seigneurie du Ban de la Roche. Bellefosse possèdait un château, dit "château de la Roche", à visée purement militaire. Celui-ci fut assiègé et prit en 1469 à l'initiative de l'évêque de Strasbourg et de marchands de cette ville qui considéraient Gérothée de RATHSAMHAUSEN comme un "seigneur brigand" parce qu'il prélevait de l'argent sur les transports de marchandises. Cette lourde défaite eut pour conséquence la destruction du château de Roche et la pendaison de sa garnison composée de paysans requis par leur seigneur (ce dernier sauvant cependant sa tête).

  • 1655 : Le recensement donne l'état approximatif de la seigneurie dans après la guerre de Trente ans. Bellefosse abrite 12 familles, dont neuf paraissent autochtones, les trois autres étant celle de Jean NEUVILLERS, de la veuve RINGELSBACH et de Jacob KRIEGER. Bellefosse n'a pas souffert de cette guerre.
  • 1672-1679 : la guerre dite "de Hollanden ne touche pas particulièrement le village, les familles qui habitent le village à cette époque font souche vigoureusement.

Faits marquants de l'histoire humaine

Les ruines du château

La prise du château en 1469 fait fortement mémoire, ne serait-ce que parce qu'il est impossible de ne pas en voir les ruines.

Les ruines du château de la Roche sont le lieu de nombreuses légendes.
Celui qui s'y promène la nuit croisera peut-être la triste colonne des défenseurs pendus, ou bien les aboiements d' un grand chien noir leur barreront le passage : c'est l'âme damnée de Gérothée de RATHSAMHAUSEN.

Est encore connu une autre légende relative à la prise du château : celui-ci aurait appartenu à trois méchantes princesses ; lors de la fête de mariage de l'une d'entre elles, la vigilance de la garde se serait relâchée, permettant à l'ennemi de prendre le château par surprise ; il est amusant de constater une certaine correspondance avec l'histoire réelle ; si l'on considère que la prise du château symbolise la perte du pouvoir, l'on note qu'il est exact que le pouvoir, au Ban de la Roche, a bien été perdu par trois princesses :il s'agit des trois dernières Comtesses palatines de la dynastie VELDENZ, trois sœurs, dont le pouvoir était devenu fictif, la France étant, après la guerre de Trente Ans, le véritable maître ; à la mort de la dernière princesse, la France gouverna à visage découvert et nomma une dynastie catholique ; même s'il n'y a aucune raison d'attribuer aux "trois princesses", une méchanceté particulière, il reste que le Ban de la Roche fut malheureux sous leur règne ; la misère est immense, l'économie ne redémarre pas, et les années 1720 (fin du règne des princesses) trouvent un Ban de la Roche presque aussi dépeuplé qu'au lendemain de la guerre de Trente Ans ; faut-il faire un procès en incompétence aux trois princesses ? cela n'est pas certain car la question ne pose de savoir s'il était matériellement possible de relancer les forges après la guerre de Trente ans et avant les années 1720; il faut en effet tenir compte du fait que la seule source d'énergie était le bois ;
le fonctionnement des forges avant l'incendie de 1635 avait fortement déboisé la contrée, et il fallait le temps matériel que la forêt repousse.

Les procès de sorcellerie

Les procès de sorcellerie des années 1620 et suivantes font plusieurs victimes à Bellefosse : Claude MICHEL, le berger de la commune (c'est à dire la personne qui rassemble le matin les bêtes de tout le village pour les mener paître) ; la veuve de Nicolas BANZET ; l'épouse de Christian ZIMMERMANN ; Lolla SCHILLING ; l'enfant de Valentin JANDON ; la fille de Dimanche HANSEN.

Parmi les personnes brûlées pour sorcellerie, nous nous intéresserons tout particulièrement à Nicolas CLAUDE , car c'est un grand ancêtre que tous ceux qui ont des ancêtres à Bellefosse rencontreront dans leur généalogie. Il est fils d'un premier Nicolas CLAUDE, originaire d'Épinal, puis serrurier à Badonviller, où il participe à la restauration des deux maisons seigneuriales,puis habitant de Bellefosse jusqu'à sa mort en 1601.

Nicolas CLAUDE, le deuxième, nait vers 1565 à Épinal (Vosges) et vient à Bellefosse pour son malheur. Il est accusé par Odile, meunière de Trouchy de l'avoir aidée à tuer son propre enfant en mettant une graisse dans sa bouillie. Brûlé comme sorcier en 1622, il laisse trois enfants mariés et deux petits enfants de son fils Nicolas. Ses biens sont estimés à 418 florins, dont 278 sont remis à sa femme. Nicolas CLAUDE a une vaste descendance. Il est la souche des CLAUDE du Ban de la Roche, qui fourniront des instituteurs remarquables au pasteur OBERLIN et contribueront ainsi à sortir le Ban de la Roche de l'ignorance et de la misère.

Outre le fait d'être un "grand ancêtre", 'Nicolas CLAUDE présente une autre caractéristique qui mérite qu'on s'y arrête, à savoir que ce n'est pas un villageois qui a embrassé le protestantisme en suivant son seigneur, selon la coutume alsacienne, mais un membre de cette population de Huguenots qui se déplace au gré des possibilités de refuge ; Nicolas a vécu à Épinal et Badonvillers avant de venir à Bellefosse ; il aurait pu vivre à Phalsbourg ou Sainte Marie aux Mines ; or, dans les années 1620, les protestants (réformés) de Badonviller voient leur situation se détériorer, et auraient grand besoin d'un autre refuge. Le Ban de la Roche est un lieu auquel ils pourraient penser, car les seigneurs de VELDENZ avaient autrefois fondé Phalsbourg précisément pour fournir des possibilités de refuge (avant de vendre cette ville au Duc de Lorraine pour investir l'argent dans leurs mines, livrant la population huguenote qui leur avait fait confiance à la répression). Nicolas CLAUDE est le seul exemple de Huguenot que nous retrouvons au Ban de la Roche et, au vu de son sort, on comprend qu'il soit le seul ; le message seigneurial est donc clair : les réfugiés Huguenots ne sont pas les bienvenus ; à l'époque, en effet, le Ban de la Roche est surpeuplé par rapport à ses faibles possibilités nourricières, et de plus le seigneur envisage de faire venir une centaine d'ouvriers de l'extérieur pour développer les mines.

La cense du Bas-Lachamp
Un haut lieu de l'histoire de Bellefosse

Si le château de la Roche est en ruines depuis le Moyen Age, la ferme qui dépend de lui fonctionne encore longtemps. C'est la "cense" du Bas Lachamp à Bellefosse, non loin de ce qui fut le château.

Une cense seigneuriale est à distinguer de la fermette cultivée pour leur propre compte par les villageois. La cense est le domaine propre du seigneur. Le censier n'est qu'un locataire. Sa situation est plus précaire que celle du villageois ordinaire, même s'il y a des avantages : les censes seigneuriales sont vastes et situées sur de bonnes terres ; sur chacune, il y a du travail pour plus d'une famille. Le "censier" (locataire en titre de la cense) est en fait un chef d'entreprise qui traite avec le seigneur et emploie d'autres personnes comme comme commis de ferme.

La cense du Bas Lachamp a vu tous les événements qui ont marqué l'histoire humaine de Bellefosse.

A l'âge d'or du Ban de la Roche, elle a servi à élever les bœufs de trait qui fournissaient l'énergie nécessaire aux mines.

Au milieu du XVIIe siècle, la cense du Bas Lachamp voit arriver un des premiers couples d'immigrants suisses : Joseph NEUVILLERS et Anne RINGELSBACH, de Biglen, un village de l'Emmental dans le canton de Berne. Ils entraînent dans leur sillage les KRIEGER (origine inconnue) , les SCHNEIDER, eux aussi de Biglen, les KOMMER de Seeberg, dans le canton de Berne et plus précisément dans l'Emmental.

Le couple NEUVILLERS / RINGELSBACH

Il semblerait que le couple Joseph NEUVILLERS /Anne RINGELSBACH soit arrivé de l'Emmental après le 10 avril 1642 (date de naissance de sa fille Vérène à Walkringen canton de Berne) et avant 1645 (année de naissance de sa fille Mougeotte/Dimanchette) à Bellefosse. Il s'agit donc d'une des toutes premières familles suisses qui immigrent au Ban de la Roche, et d'un couple de "grands ancêtres" que l'on retrouve toujours dans les branches hautes de son arbre quand on est du Ban de la Roche.

Joseph NEUVILLERS est âgé, Anne RINGELSBACH est sa troisième épouse, et il a de grands enfants dont certains accompagnent la migration. C'est donc un clan, et non une famille nucléaire, qui arrive. Joseph est accompagné de deux garçons qui se marieront au Ban de la Roche et y transmettront le nom, Jean et Christian. Il est également accompagné de filles qui transmettront d'autres noms. Marie NEUVILLERS épouse Jacques KRIEGER en 1653, c'est aussi un grand nom de Bellefosse et un censier du Bas Lachamp. Quant à Élisabeth NEUVILLER et son époux Christian SCHNEIDER , ils ont une descendance au Ban de la Roche bien qu'ils n'y laissent pas d'acte d'état civil les concernant personnellement.

Joseph NEUVILLERS meurt sans doute assez rapidement, car le recensement de 1655 mentionne d'une part une "RINGELSBACHERIN wittib" que l'on peut en principe assimiler à Anne RINGELSBACH, et d'autre part une famille ayant pour chef Jean NEUVILLERS, fils de Joseph NEUVILLER et d'une première épouse. Jean NEUVILLER, né le 25 mai 1617, est donc déjà adulte quand il accompagne ses parents dans leur migration vers le Ban de la Roche. Dès le recensement de 1655, il fait figure de chef de famille, son père étant décédé et sa mère étant veuve.

Joseph NEUVILLERS est né à Biglen, Anne RINGELSBACH à Walkringen. L'un et l'autre village sont situés dans le district de Konolfingen, dans l'Emmental. Cette région a donc envoyé au Ban de la Roche ses tout premiers censiers anabaptistes, cela mérite d'être relevé.

L'Emmental est bien connu de la Global Anabaptiste Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) , qui lui consacre une notice détaillée; il s'agit d'une région très rurale, caractérisée par des fermes isolées où l'on ne peut compter que sur soi-même pour survivre, d'où une tradition d'individualisme et de fort particularisme à tous égards : langue, costume, habitudes. L'anabaptisme y fleurit dès les premiers temps, et les persécutions y commencent dès le début de l'anabaptisme pour ne jamais cesser vraiment. Les pasteurs se plaignaient que, si l'on comptait aussi les "semi anabaptistes" (c'est à dire les personnes qui, sans rompre avec l'Église officielle, étaient toujours prêtes à écouter une "prédication de taverne" ou une "prédication de coin de rue", ou à prévenir les anabaptistes recherchés), cela ferait la majorité des paroissiens.

Cette circonstance nous conduira à considérer comme très probablement anabaptistes les premiers migrants, sans oublier quand même que certains auront du fuir le canton de Berne à la suite de l'échec de la Guerre des Paysans de 1653, qui n'était pas en principe une affaire religieuse même si elle fut suivie d'un regain de l'anabaptisme; en tout état de cause, il s'agit de migrations forcées et non de migrations économiques; la notion de migration économique est à écarter dans les circonstances de temps et de lieu de l'époque; dans le canton de Berne, l'émigration était interdite (sauf expulsion ou départ fortement suggéré par les autorités) et l'émigré perdait ses biens.

Cependant, bien que très probablement anabaptiste, et même fortement solidaire en actes de ses compatriotes persécutés (qui sont nombreux à laisser des traces à Bellefosse et donc, en principe, à travailler sur la cense du Bas Lachamp à un titre ou un autre,) la famille NEUVILLERS ne parait pas désireuse de s'insérer dans un système de lignées mennonites endogames et fermées; sa descendance ne se marie que minoritairement dans des familles d'immigrants suisses. De plus, ceux des arrière petits enfants de ce couple, lorsqu'ils arriveront en Amérique sur la Princess Augusta, adhéreront à des églises variées. Voici donc une famille qui semble avoir préservé sa liberté de pensée tant vis à vis des églises officielles que des églises parallèles.

Le couple Jean NEUVILLERS / Marie THON

Un couple important est celui constitué de Jean NEUVILLERS et de Marie THON , cette dernière fille ou proche parente de Madeleine, veuve du justicier Humbert THON , victime des procès de sorcellerie. Jean NEUVILLER et Marie THON ont cinq filles, dont Dimanchette (Mougeotte), épouse de Claude (Gladon) CLAUDE ; Catherine, épouse de Balthazar KOMMER; Jeanne, épouse de Christophe BANZET ; Marie, épouse de Pierre KOMMER ; Marguerite, épouse de Jean VERLY ; ils ont aussi un fils, Nicolas, dont on ne sait rien de plus.

A la mort de Marie THON, Jean NEUVILLERS épouse Catherine BANZET.

Nous voyons encore une fois que la famille n'est pas spécialement endogame, et que les mariages ne se font pas systématiquement avec des Suisses. L'on ne ressent donc pas une ambiance de mennonisme Amish, même si les discussions religieuses sont probablement présentes. Il serait bien surprenant que cette famille originaire du district de Konolfingen ne connaisse pas au moins Nicolas AUGSBURGER, originaire de Konolfingen et compagnon proche de Jacob AMMAN.

En tous cas, en 1736, sur la Princess Augusta, il y aura plusieurs petits-enfants de Jean NEUVILLER et Marie THON (des KOMMER et des VERLY).

Voici quelques alliés :

Claude CLAUDE est le petit-fils de Nicolas CLAUDE, brûlé comme sorcier. Cela ne l'empêche pas d'être "l'Ancien" (important responsable laïc) de l'église de Belmont.

Jean VERLY est originaire de Wahlern, dans le canton de Berne, un haut lieu de l'anabaptisme, limitrophe de Guggisberg  ;

Balthazar KOMMER, époux de Catherine NEUVILLERS, vient s'installer à Bellefosse vers 1690 ; il est "métayer sur la ferme seigneuriale". C'est un puissant "sorcier" , dont la mémoire se perpétuera jusqu'au pasteur OBERLIN, grâce à qui nous le connaissons. Voici l'histoire :

Le jeune Pierre KOMMER, neveu de Balthazar, se place comme domestique dans la maison où demeure la veuve de feu George GEORGE, et alors … :

"Il arriva toutes les nuits qu'il vint un gros chien blanc qui, mettant d'abord ses pattes de devant sur le bord du lit, y sauta ensuite et se coucha sur le lit. Le jeune garçon, effrayé par ces visites, se plaignit à son maître. Celui-ci, sachant qu'il n'y eut point de chien dans la maison et qu'il n'y pût point entrer non plus et ne sachant aucun remède à cette affaire, en rit et tâcha de persuader le jeune homme que ce n'était que pure fantaisie.

Le pauvre garçon se patienta mais, continuant à être effrayé toutes les nuits, il perdit peu à peu toutes ses forces et devint misérable et maigre comme un squelette."

L'enfant se confie alors à Balthazar KOMMER, qui lui donne à se pendre au cou quelque chose cousu dans un linge.

Le chien ne manqua pas de revenir, mais, "ayant mis les pattes sur le bord du lit et voulant sauter en haut, il se précipita à la renverse, courut parmi le poele comme enragé, criant et hurlant horriblement, enfin il disparut et depuis, il ne revint plus".

La population autochtone en 1655

Nous allons maintenant quitter un moment les censiers suisses, car le village a conservé une vigoureuse population autochtone, qui a fourni maints "grands ancêtres". Le recensement de 1655 mentionne neuf familles en principe autochtones, en tous cas sans racines suisses repérées. Il s'agit des ménages suivants :

  • Ulrich LANG, ou PARMENTIER, et sa femme ; pas plus de renseignements
  • Jean HAZEMANN et sa famille ; le couple a 48 arrière petits enfants
  • Hans " BABILON" (surnom de Jean BANZET ), sa femme Marthe Anne APFEL et sa famille ; le couple a 53 arrière petits enfants
  • la fille de Claulin LALMELLERS ; pas plus de renseignements
  • Jean ROCHEL , sa femme Odile HAINSELIGOTT et leurs enfants ; le couple a 13 arrière petits enfants
  • la veuve de Colin BANZET ; pas plus de renseignements
  • Catherine Martin, veuve de Heinrich APPEL, Hoffman à Belmont ; sa fille Marthe Anne épouse Jean BANZET dit BABILON ; voir à ce nom

Par ailleurs, certaines mentions des registres paroissiaux mentionnent des noms absents du recensement et qui en ont probablement été omis. Voici :

  • Marion VONIER, fille de Christman VONIER, de Bellefosse, marraine 1648 et 1651
  • Catherine, fille de Martin KLEIN, de son vivant de Bellefosse marraine 1651, 53, 55

Cette robustesse de la population autochtone pendant le dramatique XVII ème siècle contraste avec la situation des autres villages du Ban de la Roche, extrêmement affectés par la guerre de Trente Ans et même, dans le cas de Rothau, vidé de sa population à la famille HOLVECK près.

Bellefosse aurait-elle échappé aux yeux des soudards ?

Le voyage de la Princess Augusta en 1736

C'est à la cense de Bellefosse que se prépare le voyage vers l'Amérique sur la Princess Augusta.

Nous ne savons pas qui est le censier en titre à cette époque. Jean NEUVILLERS est mort avant mai 1706, et Balthazar KOMMER en 1718 à la Haute Goutte.

Donc, vers 1735, la cense du Bas Lachamp voit des réunions clandestines de personnes se considérant comme éveillées, et voit la préparation du voyage de 1736 vers l'Amérique, sur le navire Princess Augusta . Un des commis de la ferme, originaire de Guggisberg dans le Canton de Berne, Pierre PINCKELE (alias Peter BINGELLI en Suisse, et Peter BINCKLEY en Amérique) a l'occasion d'en faire le récit dans sa biographie ; ce genre de biographie étant traditionnellement demandée à ses fidèles par l'église morave, à laquelle il appartenait )

Une grande partie des voyageurs de la Princess Augusta sont des petits-enfants, ou des conjoints de petits-enfants, du couple Jean NEUVILLERS/Marie THON. On trouve sur le bateau :

  • Jean KOMMER , fils de Balthazar KOMMER et de Catherine NEUVILLERS, et son fils Daniel
  • Marie Salomé VERLY (fille de Marguerite NEUVILLERS et de Jean VERLY), épouse de Pierre/Peter BINGELLI/PINCKELE/BINCKLEY
  • Sébastien CAQUELIN , veuf de Marie Jeanne BANZET, elle-même fille de Christophe BANZET et de Jeanne NEUVILLERS

Parmi les voyageurs, les Suisses sont majoritaires, et c'est sans doute en raison de la permanence des liens avec leurs villages suisses d'origine que les Bandelarochois peuvent être du voyage.

Les deux leaders du groupe, deux Suisses nommés Durs THOMMEN et Benedict YUCHLI, rejoignent à leur arrivée en Amérique le mystérieux Ephrata Cloister, une sorte de pseudo monastère à caractère fortement ésotérique dont les chroniques connaissent bien la Princess Augusta.

Benedict YUCHLI est originaire de la paroisse de Thurnen, qui a envoyé beaucoup d'immigrants vers le Ban de la Roche. Sans doute a-t-il quelques moyens financiers, car les chroniques du Ephrata Cloister , qui le connaissent bien, le qualifient de "very rich young Swiss". Sans doute est-ce lui qui a entraîné nos Bandelarochois, directement ou indirectement.

Durs THOMMEN est originaire de Niederdorf dans le canton de Bâle, un lieu sans rapport connu avec le Ban de la Roche. Une rapide recherche sur le site des Mormons a permis de voir qu'il a lui aussi un groupe autour de lui : parmi ceux des noms présents sur la Princess Augusta et qui ne sont pas typiques des villages du Canton de Berne en rapport avec le Ban de la Roche, la plupart se retrouvent dans la région de Niederdorf et sont parents ou alliés à quelque degré avec THOMMEN.

Nous avons donc deux groupes qui étaient généalogiquement étanches l'un à l'autre avant de se retrouver sur le bateau, l'un agrégé autour de THOMMEN, l'autre agrégé autour de YUCHLI. Plus quelques individus non identifiés.

La question de savoir comment les organisateurs du voyage se sont rencontrés est difficile, mais nous devons songer que YUCHLI et THOMMEN au moins avaient un certain capital culturel et financier ; que le lieu stratégique pour une telle organisation était le port fluvial de Mannheim, très en amont sur le Rhin, et bien plus accessible que Rotterdam pour un Suisse ou un Alsacien. Nous devons savoir aussi que les voyages de Suisse vers l'Amérique avaient commencé dans les années 1710/1720 sous forme de déportations forcées à l'initiative des autorités bernoises. Ces déportations cessent assez rapidement, les autorités hollandaises s'y opposant (nous ne devons pas oublier que les Mennonites de Hollande sont socialement bien intégré contrairement à ceux de Suisse), mais l'intention reste présente, et certains voyages sont plus que "limite", comme celui du "billander" Oliver en 1735 ; un "billander" (en français : belandre) est une péniche à deux mats nullement conçue pour traverser l'Atlantique ; par des publicités mensongères, les autorités bernoises convainquirent quelques anabaptistes d'y prendre place ; les passagers s'aperçurent très vite de la supercherie, d'autant plus que le navire tenta d'accoster, non en Pennsylvanie (terre de liberté religieuse) mais en Caroline du Nord (au régime beaucoup plus autoritaire) ; finalement, le capitaine de l'Oliver se trouva jeté aux requins, et le navire finit par accoster en Pennsylvanie sous la direction d'un deuxième capitaine, Samuel MERCHANT, qui sera aussi, en 1736, le capitaine de la Princess Augusta.

On le voit : la difficulté, pour un Suisse, en 1736, ce n'est pas de savoir comment prendre un bateau pour l'Amérique ; c'est plutôt de faire le tri entre la bonne information et la mauvaise. Tri que nos voyageurs savent faire apparemment. La Princess Augusta est un vrai trois-mats conçu pour la haute mer ; elle arrive à bon port et n'a "que" trois morts à déplorer (auxquels il faut malheureusement ajouter un nombre considérable de morts avant l'embarquement, sur le Rhin)

Parmi les Bandelarochois qui partent sur ce navire, on note plusieurs membres de la famille CAQUELIN, de Waldersbach , dont le patriarche prénommé Sébastien ; ce prénom invite à faire l'hypothèse que ce groupe de CAQUELIN puisse être composé des mêmes individus que ceux qui se réunissaient, quelques années auparavant, autour du pasteur dissident Georges Léopold PELLETIER ; fortement influencé par les doctrines piétistes, PELLETIER (pasteur de 1707 à 1712) exerce une forte influence sur ses paroissiens ; il organise des réunions "de réveil" avec certains de ses paroissiens, ce qui n'est pas sans déclencher une certaine jalousie chez les autres ; Catherine CAQUELIN les décrit en ces termes :

"Ce fut particulièrement dans notre heureuse famille que Dieu fit germer les bonnes semences qui nous furent données par son valet M. PELLETIER. Il se forma alors, et déjà auparavant, et du temps même du ministère de M. PELLETIER dans le pays, de saintes réunions dans la paroisse ; elles étaient composées de véritables fidèles. Ma grand mère racontait que ces réunions se tenaient ordinairement chez son oncle Sébastien et chez sa tante, dans une maison du Beaulieu à Waldersbach. mais Satan mit tout l'Enfer en mouvement contre ces réunions, et fit que l'on se moqua de tous ceux qui les fréquentaient ; ensuite, on les calomnia. Un bourgeois de Waldersbach tira un coup de fusil au travers de la vitre chez cette tante et la balle vint friser la tête de son mari dans le lit et perça la paroi... On n'osa plus se rassembler, et on fit des réunions privées chacun chez soi..."

Parmi les passagers de la Princess Augusta, on note également un groupe de catholiques de Saulxures, dont les motivations pour partir sont probablement plus économiques.

La préparation du voyage a donc été une affaire d'envergure, réunissant les diverses espèces de dissidents présents au Ban de la Roche, leurs cousins suisses (Benedict YUCHLI est originaire de la paroisse de Thurnen, dans le canton de Berne, d'où viennent de nombreux Suisses immigrés au Ban de la Roche), des Suisses inconnus (Durs THOMMEN) et même des voisins catholiques.

Durs THOMMEN a laissé dans une lettre le récit du voyage . Il en ressort que nos voyageurs se sont d'abord dirigés vers le Rhin. Ils le descendront jusqu’à Mannheim, le grand carrefour fluvial, puis jusqu’à Rotterdam. Tous n’y arriveront pas. Une épidémie de variole décime le groupe durant le voyage sur le Rhin, qui ne s’interrompt pas pour autant. Il y a bien plus de morts sur le fleuve que durant le voyage en mer, mais l’histoire ne les connaît pas car c’était avant que le capitaine MERCHANT dresse la liste des passagers de la Princess Augusta.

On peut imaginer ce spectacle hallucinant: un train de navires maudits descendant le fleuve; des mourants défigurés par les pustules de la maladie ; des passagers préservés redoutant la contagion, mais ne voulant ou ne pouvant accoster. Durs THOMMEN compte les morts sur son bateau : il y en a dix-neuf! Il hèle le bateau voisin pour s’enquérir de la situation de ses occupants (il y a huit morts : une femme et sept enfants) et ignore ce qui se passe sur ceux des bateaux qui sont hors de portée de sa voix.

Malades ou pas, il faut absolument arriver à Rotterdam le plus tôt possible, car il faut aussi arriver à Philadelphie avant l’hiver et si possible avant l’automne, sans quoi la traversée de l’Atlantique serait trop dangereuse. Deux ans plus tard, d'ailleurs, un départ trop tardif entraînera la perte de la Princess Augusta au large de l'actuelle New York ; la Princess Augusta est d'ailleurs aujourd'hui considérée comme un vaisseau fantôme

Sans considération pour ce besoin de départ rapide, les autorités anglaises retiennent les passagers pendant cinq semaines, apparemment pour des vérifications.

Une fois en Amérique, les voyageurs se voient dépouiller de leurs maigres bien sous prétexte qu'il s'agirait d'importation. Ils s'adressent en vain à la justice, et ce procès donne l'occasion de lire la liste du pauvre bric à brac sur lequel les immigrants comptaient pour survivre

Heureusement, la solidarité des Mennonites "hollandais" est, comme d'habitude sans faille ; Benjamin SHOEMAKER prête de l'argent

Probablement aussi ont-il été aidés par le Ephrata Cloister, lieu de destination de THOMMEN et YUCHLI ; le gourou du Cloister, Conrad BEISSEL, est un ancien boulanger, et il est resté généreux de son pain. Pour autant, seuls THOMMEN, YUCHLI et leur proche famille entrent au Cloister.

La plupart des autres voyageurs rejoignent des sectes baptistes ou moraves, ou même des églises ordinaires, et exceptionnellement des groupes mennonites.

Les CAQUELIN d'Amérique adhèrent majoritairement à l'Eglise des "Dunkards", ou "Brethren" (aujourd'hui : baptistes) et minoritairement à celle des Mennonites.

L'émigration bandelarochoise vers les États-Unis est durable. Les communes de cette ancienne seigneurie sont jumelées avec Woolstock, Iowa, village fondé en grande partie par des immigrants du Ban de la Roche.

Statut administratif

Réunie en 1974, (avec Belmont / Fouday) à Waldersbach
Créée en 1991, (avec Belmont / Fouday) à partir de Waldersbach

Le nom "Le Ban de la Roche" a été adopté, puis abandonné, à l'époque moderne, comme dénomination officielle par une partie des villages ayant composé l'ancienne seigneurie. Ce nom demeure néanmoins valable, dans un contexte historique, pour désigner la seigneurie d'ancien régime.

Patrimoine.png Patrimoine

Repère géographique.png Repères géographiques

Comté Ban de la Roche.jpg

Démographie.png Démographie

Le 1er avril 1974, le village fusionne avec Waldersbach et |Belmont, puis en 1975, avec Fouday pour former le Ban-de-la-Roche. Le 1er janvier 1992, Bellefosse est rétablie.



Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 336 320 384 445 497 500 460 421 415 384
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 402 394 398 386 361 346 357 298 263 282
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 271 246 266 243 229 178 161 131 109 129
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population - - 133 - 135 149 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2013

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Fabrication du charbon de bois

Ville de naissance de.jpg Ville de naissance et de décès de

Familles notables.png Notables

  • Louise SCHEPPLER (arrière petite-fille de Pierre KOMMER et de Marie NEUVILLER) naît le 4 novembre 1763 à Bellefosse. Ce sera une collaboratrice de premier plan pour le pasteur OBERLIN, l'épine dorsale de son système scolaire, la patronne des "conductrices de la tendre enfance" (écoles maternelles), et la personne de toute confiance à qui il confiera son ménage et ses enfants après son veuvage.
  • Anne-Catherine GAGNIERE (1733-1810 ; (arrière petite-fille de Christophe BANZET et de Jeanne NEUVILLERS) est une personnalité fort différente, très respectée également de ses concitoyens, mais plus mystique et plus atypique
  • Anne-Catherine est qualifiée de "prophétesse" dans une lettre du pasteur OBERLIN en date du 14 avril 1807, publiée en annexe du livre de CHALMEL. Elle a peut-être eu une petite influence sur la nomination des pasteurs STOUBER et OBERLIN. En tous cas, OBERLIN nous raconte qu'elle priait Dieu nuit et jour pour la nomination de pasteurs valables au Ban de la Roche, et qu'il s'ensuivit l'arrivée de STOUBER. Ces prières semblent avoir été publiques, car, lorsque STOUBER dut partir, il se passa ce qui suit :
"Comme d'habitude, Anne-Catherine GAGNIERE ne chômait pas dans la prière devant Dieu, et elle leur dit : "Monsieur le pasteur STOUBER, vous ne l'aurez plus, mais Dieu va vous envoyer un autre qui poursuivra l'œuvre de M. STOUBER.""
L'autre, c'est OBERLIN, dont la nomination est donc approuvée par avance par sa future "servante" Anne-Catherine.
Quand elle ne s'occupe pas d'approuver ou de réprouver la nomination des pasteurs, Anne-Catherine met au pas les mauvais esprits. Que ceux-ci se le tiennent pour dit : celui qui se mettra sur le chemin d'Anne-Catherine recevra les coups de bâtons qu'il mérite.
  • Les chroniques du pasteur OBERLIN nous donnent maints exemples de l'extraordinaire courage physique d'Anne-Catherine :
  • Au moulin hanté
"Il y a environ 12 ans que Anne-Catherine, la fille de 'Jean-Nicolas GAGNIERE, ancien de Bellefosse, se trouva avec une autre fille à la pile (note : moulin) du Bas-Waldersbach. Ce fut environ à minuit qu'elle vit le visage d'un homme extrêmement pâle, qui regarda par un trou au dessus de la porte, et par conséquent trop haut pour un homme ordinaire.
La GAGNIERE, fille d'un courage qui est rare parmi les hommes même, et accoutumée à examiner tout à fond, avança vers la porte ouverte et vit les grandes jambes de cet homme posées sut terre et de telle sorte que, pour sortir, il lui aurait fallu passer à travers ces jambes.
Elle sortit cependant. L'homme recula et diminua en grandeur si subitement, qu'elle crut qu'il sautait ou tombait du haut en bas. Il s'enfuit de devant elle. Elle ramassa quelques pierres et le poursuivit le long du canal du moulin, enfin voulant jeter (la pierre), elle ne le vit plus".
"Une autre fois, la même Anne-Catherine GAGNIERE, se trouvant à la même pile avec une autre fille, elle entendit pleurer avec une voix de femme, longtemps, de sorte qu'elle craignit beaucoup que sa camarade, la venant aussi à entendre, ne quittât le travail en s'enfuyant. Pour cette raison, elle se tint continuellement du côté de la pierre où elle entendit les pleurs, et eut soin de faire rester l'autre fille de l'autre côté.
NB : L'année 1738, le 18 novembre, Catherine-Marguerite MOREL, fille de Jean de Foudai et sœur de Madeleine et de Suzanne, avait demandé à Monsieur le ministre REINBOLD où elle servit, d'oser aller piler du chanvre, et, en ayant enfin, à force de prières, obtenu la permission, elle s'embarrassa dans les roues, et eut la tête écrasée dans la même pile. Elle était âgée de 28 ans."
  • Proche de la Croix Rouge, sur le chemin de Barr
"Il y a quatre ans que notre servante et alors conductrice de la jeunesse de Waldersbach, Anne-Catherine GAGNIERE, fille de Jean-Nicolas GAGNIERE, ancien de Bellefosse, alla à Barr pour acheter des étoffes pour des habits, dans la compagnie de Jeanne, née BECKER, veuve de feu Jean HERZOG de Belmont, et de quelques filles.
On part ordinairement de nuit pour être de bonne heure à Barr.
Quand elles vinrent à peu près proches dudit endroit, Catherine GAGNIERE, par hasard, alla avec une autre fille à quelques pas derrière le cheval sur lequel la veuve Anne (note : ou Jeanne) BECKER était montée.
Tout à coup, elles virent la dite veuve élevée en l'air au dessus de son cheval ; elles ne restèrent pas longtemps dans l'incertitude de ce qu'elles devaient croire, car elles entendirent Anne BECKER se lamenter ; un moment après, elles la virent être tirée en bas du cheval et jetée rudement sur le chemin, et criant : "Mon Dieu, aie pitié de moi, le voilà qui m'a violemment tirée du cheval et jetée là."
Claude SCHEPPLER, de Bellefosse, est le héros ou la victime de plusieurs histoires de fantômes notées par le pasteur OBERLIN.
A plusieurs reprises, à l'endroit où le chemin tourne à "Obernah" (Obernai), Claude reçoit comme un poids sur les épaules et doit se traîner misérablement. Il n'est délivré qu'au moment où il dépasse la cense du Sommerhof. Anne-Catherine GAGNIERE, servante du pasteur OBERLIN, est deux fois témoin du phénomène. Bien que SCHEPPLER demande à ses compagnons de poursuivre leur voyage sans lui, elle reste auprès de lui pour l'assister en cas de besoin.
Il lui faut un courage peu commun, car le mauvais esprit qui a sauté sur les épaules de Claude SCHEPPLER possède une certaine matérialité, en tous cas un certain poids.
Claude SCHEPPLER est décrit par le pasteur OBERLIN comme un homme sincère et honnête, qui raconte ses mésaventures sans se soucier qu'on le croie.
Rendons hommage à Anne Catherine GAGNIERE, et peut-être à d'autres de ces femmes, spécialistes du surnaturel, qui, loin de passer des pactes avec le Diable ou de chercher à nuire, rassuraient leurs concitoyens par les moyens à leur portée.
Peut-être est-il temps pour leurs descendants, qui ne risquent plus aujourd'hui le bûcher, d'oser assumer une certaine fierté sorcière.
  • Une légende mettant en scène "la Kate" :
Les développements qui précèdent proviennent des chroniques du pasteur OBERLIN, qui connaissait Anne-Catherine GAGNIERE. Ils sont donc en principe raisonnablement exacts. En revanche, l'histoire qui suit est une légende, et ce n'est qu'à titre d'hypothèse, en se fondant sur la similitude de prénom et de village, que l'on peut songer à voir, entre "la Kate, de Bellefosse" et Anne-Catherine GAGNIERE, une seule et même personne.
Sachez d'abord qu'au Ban de la Roche, il y a de nombreux trésors enfouis, dont l'un au col de la Perheux, lieu de supplice depuis toujours, où en particulier ont brûlé les sorcières. Nombreux sont ceux qui rêvent de s'en emparer, mais il y faut un courage hors du commun, un courage que nul n'a eu jusqu'ici, et qu'il vaut mieux peut-être ne pas avoir.
Or donc, pour s'emparer du trésor, les trois plus puissants désenvouteurs du Ban de la Roche vont s'associer : il y a là la Kate, de Bellefosse, le Man du Minou, de Waldersbach, et le père Didier, de Belmont. Tous trois se rendent de nuit à la Perheux, un endroit que vous et moi tremblerions de traverser même de jour. Mais nos trois sorciers n'ont peur de rien, et ils creusent, ils creusent. Au fond du trou, une caisse solidement fermée : ils ont trouvé le trésor. Mais alors, de la caisse, sortent des cris si épouvantables que nos trois sorciers se sauvent en courant. Ils reviennent le lendemain, mais c'est trop tard : aucune trace du trésor, aucune trace même du trou qu'ils ont creusé. Pas un brin d'herbe qui ne soit à sa place.
Cette légende est particulièrement touchante. Des trésors monétaires (bien modestes), il y a en certainement au Ban de la Roche puisque, en cas de menace, les paysans enfouissaient leurs quelques sous ; certains n'ont pas assez vécu pour revenir chercher leurs piécettes ; à la Perheux même, il arriva que de pieux pèlerins laissent tomber des piécettes pour le salut de l'âme des condamnés ; ces exemples nous montrent bien que, sous chaque "trésor", il y a un drame. Ces trésors crient leur souffrance. Pour s'en emparer, il faudrait avoir le courage de passer outre ces cris, d'être indifférent à ces souffrances.
Ce "courage", ou plutôt cette inhumanité, nul au Ban de la Roche ne l'a eu jusqu'ici au point nécessaire pour s'emparer du trésor. Il n'est pas certain qu'il faille y voir un échec.

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
- -  
- -  
- -  
- -  
Alice MOREL 2001 - (2020)  
- -  

Cf. : Mairesgenweb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les instituteurs

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les autres personnalités

Les décorés

Les titulaires de la Légion d'Honneur
Pictos recherche.png Article détaillé : Bellefosse - Légion d'honneur
Les titulaires de la médaille de Saint Hélène

La médaille de Sainte Hélène, créée par Napoléon III, récompense les 405000 soldats encore vivants en 1857, qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de 1792-1815.

Aucune personne née dans la commune n'a été trouvée sur le site des médaillés de Sainte-Hélène.

Medaille st helene 2.jpg
Prénom(s) NOM Naissance Décès Observations
- - -  

Source : Les médaillés de Sainte-Hélène

Émigration

Monument aux morts couleur france.png
Monument aux morts

Pictos recherche.png Consulter la liste

Décès de militaires

Liste des militaires décédés hors de la commune, nés dans la commune, ne figurant pas sur le monument aux morts


Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés


Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Les informations ci-dessous sont données à titre indicatif et ne saurait remplacer un contact direct avec la mairie pour les connaître.

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin - 08h00 - 12h00 - - 08h00 - 12h00 - -
Après-midi - 13h00 - 18h00 - - 13h00 - 18h00 - -
Commune.png

Mairie
Adresse : 29, rue Principale - 67130 BELFOSSE

Tél : 03 88 97 30 58 - Fax : 03 88 97 35 52

Courriel : Contact

Site internet :

GPS : -° / -° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire :

Source : http://www.annuaire-mairie.fr ()

Patronymes selon les recensement seigneuriaux

  • Pour la période 1612-1623, Denis Leypold publie dans son livre le relevé des noms qu'il a trouvés à l'occasion de ses recherches (il s'agit donc, par construction, de listes non exhaustives) ; pour Bellefosse, il note : DIETRICH Christmann ; HAINSELIGOTT Christmann et Claus ; HENSEL Morst (Mougeon) ; JADON.... ; MARTIN Clein et Hans ; MICHEL Clad le berger ; SCHILLING Colla ; ZIMMERMANN Christian, Nicolas et leurs épouses.
  • Pour prolonger en Suisse l'ascendance des migrants en provenance du canton de Berne, ceux qui parlent l'allemand trouveront une mine de relevés généalogiques et de renseignements biographiques dans le CD ROM produit en 2002 par Paul HOSTETTLER Taüferwanderung; ce CD peut être consulté au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg (CD ROM n° 8).

Archives notariales

  • Belfus cité en 1434.
  • Belfuss cité en 1534.
  • Belfos cité en 1578 jusque vers 1630.
  • Le-Ban-de-la-Roche du 1er avril 1974 au 1er janvier 1992.

(Belmont fusion dans Le-Ban-de-la-Roche du 1er avril 1974 au 1er janvier 1992 et Waldersbach fusion dans Le-Ban-de-la-Roche du 1er avril 1974 au 1er janvier 1992).

Registres paroissiaux et d'état civil

Les registres paroissiaux et l'état civil sont consultables en ligne sur le site Adeloch des Archives départementales : Adeloch

Les recensements sont également consultables en ligne sur le site Ellenbach : Ellenbach

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Denis LEYPOLD ; Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de RATHSAMHAUSEN et de VELDENZ ; éditions Oberlin ; 1989
  • Loïc CHALMEL ; OBERLIN, le pasteur des lumières ; éditions la Nuée Bleue ; 2006
  • Johann Georg Stuber présenté par Johann Wilhelm BAUM, éditions Oberlin (traduction moderne d'un texte en allemand paru en 1846 et pris à la source de la fille même de Stouber, Régine-Charité)
  • Monique FRANCOIS ; Nicolas MILAN, bourreau et victime lors des procès de sorcellerie du Ban de la Roche en 1620/1621 ; Bulletin du Cercle généalogique d'Alsace (BCGA) n° 159 pages 150 à 153

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Logo internet.png Liens utiles (externes)

Référence.png Notes et références


Medaille geneawiki.png
Cet article a été mis en avant pour sa qualité dans la rubrique "Article de la semaine" sur l’encyclopédie Geneawiki.