61075 - Ceaucé - Dictionnaire topographique

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Dictionnaire topographique, historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du Maine...

Source : Volume 1, André René Le Paige, 1777 p. 148-153


CEAULCÉ, petite Ville & Paroisse de l'Archidiaconé de Passais, dans le Doyenné de Passais au Maine, Election de Mayenne, au N. N. O. par O. du Mans, dont elle est éloignée de dix-sept lieues trois quarts…

La Cure, estimée 1000 liv., est à la présentation du Seigneur Evêque du Mans- II y a 2300 Communians. Il y a à Ceaulcé un Collège, estimé. 100 liv., à la présentation des parens du Fondateur, la Chapelle du Collège, estimée 200 liv., celle de la Vieillerie, estimée 20 liv., à la présentation du Procureur de Fabrice & des Habitans à un parent du Fondateur; celle de Ste Anne des Brosses, estimée néant, à la présentation du Seigneur des Brosses; & la prestimonie Rémon , estimée 30 liv.

La Paroisse est arrosée à-l'E. par la rivière d'Ortelle, à l'O. par celle de Varenne, au N. & au S. par deux petits courans d'eau.

Le sol produit du seigle, de l'avoine & du carabin; il y a des prairies. Il y a foire à Ceaulcé le 23 Avril, le premier Août & le 28 Octobre; & marché tous les Jeudis.

Le Roi Clotaire I, fils de Clovis I, qui vivoit dans le sixième sìècle, allant en Bretagne pour châtier la rébellion de Cramne, son fils bâtard, passa par Ceaulcé , où il vit deux Saints Hermites, Alnée & Erinée, avec lesquels il eut une conférence; & avant son départ il leur fit quelques présens, au moyen desquels ils augmentèrent leur possession dans le territoire que l'Evêque S. Innocent leur avoit donné: S. Alnée fut enterré dans la Paroisse de Ceaulcé. (Courvaisier, page 138. Bondonnet, page 167. Cenomania).

L'Evêque Francon, qui siégea au Mans depuis 793 à 816, consacra une Chapelle dans la Paroisse de Charné ou de Ceaulcé, en laquelle il déposa le corps de S. Erinée. (Courvaisier, page 273. Bondonnet, page 358).

Les Evêques du Mans avoient un Château à Ceaulcé, que l'Evêque Geoffroi de Loudon, qui siégea au Mans depuis 1234 à 1255, fit réparer. (Courvaisier, page 510).

Il est dit, dans le Martyrologe de l'Eglise du Mans, que l'Evêque Hildebert, qui siégea au Mans depuis 1097 à 1125, acquit pour son Eglise celle de Ceaulcé. (Cenomanìa).

La Seigneurie de Paroisse est annexée à l'Evêché du Mans.

Il y a à Ceaulcé plusieurs Terres & Fiefs qui ont causé plusieurs procès entre les Seigneurs propriétaires de ces Fiefs; il y a entr'autres la Terre de la Béraudière, celle de Monchoveau, la Bunache, le Fief de Régale , celui de la Rouillière , celui des Brosses & celui de Macheis. La Terre de la Béraudière a un Château avec des fossés, qui furent en partie comblés en 1590 par les ennemis du Seigneur; il y a dans la cour une Chapelle très ancienne. En 1465, Jean Cornillau, Seigneur de la Béraudière, reconnut que Guillaume Cornillau, son père, avoit fondé la Chapelle de la Béraudière, pour la somme de quinze livres , à la charge d'y célébrer deux Messes par semaine. II y a aussi non loin du Château un étang assez considérable.

Les plus anciens Seigneurs de la Béraudière sont ceux de la Maison de Cornillau. En 1330, Guillaume Cornillau , Seigneur de la Béraudière, acheta le Fief de Régale, tenu de la Baronnie de Touvoye, auquel est annexée la Seigneurie de la Paroisse de Vancé. En 1383, Colin Cornillau acquit de Braut de la Haye, Sire de la Haye Joblain, le Franc-fief de la Haye ; il acheta en 1391, de Guillaume Brodiar, Seigneur de Houssemaine, le Franc-fief de Macheis, en Ceaulcé. En 1458, Jean Cornillau rendit son aveu à Touvoye du Fief de la Régale & de la Seigneurie d'Ambrières , pour quoi reconnoit devoir à l’évêque du Mans & à ses successeurs , une paire de gants blancs du prix de quatre deniers quand le cas y advient.

La Terre de 1a Béraudière passa de la Maison de Cornillau en celle de Féchal, & de celle de Féchal en celle de Moreau, par le mariage de Louise de Féchal avec François Moreau. En 1581, Louise de Féchal donna procuration à François Moreau, Seigneur de la Poissonnière, son fils aîné , pour donner à Jean Moreau, Seigneur du Grez, son second fils, la Terre de la Béraudière en propriété , en faveur de son mariage avec Renée de Crux, fille de Jacques, Seigneur de Crux, proche Avranche, & de Renée de Monchoveau.

En 1588 le Roi donna à Jean Moreau, Seigneur de la Béraudière, une compagnie de 200 hommes de guerre à pied, du régiment que commandoit auparavant le Sieur de Vauluisant, Voyez la Généalogie de Moreau a l'article S. Ouen Belin.

Jean Moreau, Seigneur de la Béraudière, se joignit aux Ligueurs qui assiégèrent Mayence en 1590, sous la conduite du Sieur de Lansac; et ayant été blessé mortellement à la tête , on le transporta dans une maison au haut de la ville, proche la porte. Le Sieur de Torchamp en étant informé, s'y rendit en diligence, & le fit achever de tuer par un nommé Juguin, qui lui coupa la barbe, dont il se fit des moustaches ; ensuite le sieur de Torchamp , accompagné de Guillaume & Jonas, ses fils , allèrent piller le Château de la Béraudière , dont Renée de Crux, femme du défunt, s’étoit retirée, en apprenant la mort de son mari. Ceci est vérifié par l’information qui en fut faite en 1622 à la requête de François Moreau, Seigneur de la Poissonnière, &c. pour 1a conservation des droits de Jean & de Françoise Moreau, ses neveu et nièce.

En 1622, il y eut procès entre Charles de Beaumanoir, Evêque du Mans, & Jean Moreau, Seigneur de la Béraudjère ; ledit Seigneur Evêque demandant la réformation de l'aveu rendu par ledit Moreau , & reçu par les Officiers de Touvoye, en ce qu'il y avoit employé que le Curé de Ceaulcé tient de lui son Presbytère, & chose de l'ancienne fondation de l'Eglise de Ceaulcé. La Cour faisant droit ordonna que ledit aveu demeurerait en la forme qu'il avoit été rendu & reçu par les Officiers dudit Seigneur Evêque, & qu'il y seroit ajouté les sujets & vassaux du Fief de Régale, lesquels y avoient été omis; à la charge que toutes fois & quantes que ledit Seigneur Evêque & ses successeurs visiteront leur Doyenné de Passais, ledit Moreau &: ses successeurs seront tenus les assister, tant & si long-temps qu'il plaira auxdits Seigneurs Evêques y séjourner.

Sur le Procès mû aux Requêtes du Palais en 1626, entre le Sieur Tesson, Seigneur de Monchoveau, à cause de sa femme , & le Sieur Moreau, Seigneur de la Béraudière , au sujet des honneurs dans l'Église de Ceaulcé, la Cour commit le Sieur Edouard Colbert, Seigneur de Vilacerf, Conseiller au Parlement, pour aller faire information sur les lieux; & sur son rapport, il y eut Sentence qui adjugea les honneurs au Sieur Tesson, le 26 Février 1627. Y ayant eu appel de cette Sentence, le Parlement la confirma par Arrêt du 8 Juillet 1628.

François de Saint-Denis, Baron de Hellende, frère aîné du fameux de Saint-Evremont, avoit épousé Renée Moreau , Dame de la Béraudière, dont il eut deux filles ; dont la cadette , mariée au Seigneur de la Caharie, mourut sans enfans en 1672 ; l’ainée fut mariée à René de Montreul, Seigneur de la Chaux, Vaujeois , Mondotez, & lui apporta les Terres de Crux, la Béraudière & Contilli.

Le Fief des Brosses , dans la Paroisse de Ceaulcé, dépend de la Terre de la Béraudière , par le Fief du Ménage, réuni par acquêt, en 1647, à la Béraudière , dont il étoit dépendant. Il a donné le nom à une famille qui est éteinte.

En 1491, René de Salaine, Seigneur des Brosses , eut procès avec Jean Cornillau , Seigneur de la Béraudière , pour un Banc dans l'Église de Ceaulcé.

En 1533, René de Salaine rendit aveu des Brosses à Guillemine de Sahur, Dame de Torbechet & du Ménage, veuve de Charles de Monteclair, Seigneur de Bourgon.

En 1630 , il y eut Sentence à Ambrière , qui condamnoit Rose Pitard, veuve René de Salaine ; René de Salaine, Prêtre ; & Jacques de la Haies , Écuyer, à exhiber en vertu de quoi ils jouissoient des Brosses: en conséquence, ledit de Salaine fit la foi & hommage.

En 1714, Catherine de Champagne, héritière de René de Salaine son grand oncle., offrit foi & hommage des Brosses, & rendit aveu la même année.

La Terre & Fief de la Bunache, dans Ceaulcé , dépend de la Seigneurie de Cigné. Le Fief de la Rouillière, qui fait partie de la Terre de la Bunache, a donné son nom à une ancienne famille, éteinte depuis environ deux siècles, ce Fief releve de la Béraudière.

En 1497, il y eut accord de mariage entre Pierre de la Bunache, Seigneur de Fontenai, & Françoise des Vaux , fille de Gui, Seigneur de Lévaré.

En 1546, Guillaume de Villiers, Écuyer, Seigneur de la Bunache & de la Rouillière , en rendit aveu à Jean de Féchal, Seigneur de la Béraudière: depuis ce temps-la Bunache a toujours resté dans la famille de Villiers.

En 1743, M. René de Villiers, Seigneur de Hulou, Sainte-Jame & la Bunache, rendit son aveu du Fief de la Rouillère au Seigneur de la Béraudière.

Monchoveau , Terre & Fief dans la Paroisse de Ceaulcé, au canton de Normandie, du Bailliage d'Alençon ; ce Fief de haubert s'étend dans les Paroisses d'Avrilli, Saint-Front, Chame, Grez & Saint-Brice.

Le Seigneur de Monchoveau doit la foi & hommage au Roi, & le garder avec quatre de ses Vassaux, au temps de guerre, en son Château de Domfront, dans une Tour nommée Monchoveau, détruite depuis long-temps; il a droit d'herbage & de pernage en toutes raisons, de prendre bois mort, sec, &c. pour son chauffage, celui de ses Fermiers, & pour les réparations dudit lieu de Monchoveau , dans la Forêt d'Andaine, &c.

En 1394, Guillaume de Frettaud étoit Seigneur de Monchoveau ; il prit vers ce même temps à fief, du Seigneur de la Béraudière, le four à ban du Bourg de Ceaulcé, pour trois fers bordelés.

Avant l'an 1543, les Frettauds quittèrent leur nom pour prendre celui de Monchoveau.

En 1543, Ambroise de Monchoveau rendit aveu de cette Terre au Duc d'Alençon, à cause de son Comté de Domfront.

En 1573, Ambroise de Monchoveau épousa Louise Moreau, fille de François, Seigneur de 1a Poissonnière en Saint-Óuen en Belin, &c. & de Louise de Féchal, Dame de la Béraudière; ils eurent un fils qui mourut jeune, & quatre filles , dont Louise l’aînée fut mariée à Pierre de Poilvillain, Seigneur de la Rochelle, proche Avranche; Françoise la cadette épousa Adrien Tesson , Seigneur du Menil-Balisson, sans enfans. Ambroise de Monchoveau mourut en 1603 ou 4.

Après la mort d'Adrien Tesson, Jacques de Poilvillain devint Seigneur de Monchoveau.

En 1666 , François de Poilvillain étoit Seigneur de Monchoveau.

Thibaut-François-Henri de Poilvillain , Marquis de Montaigu , Brigadier des Armées du Roi, Lieutenant & Aide-Major des Gardes Françoises , second fils de Sébastien de Poilvillain, Marquis de Crénai, & de Charlotte de la Brousse de Vertillac, a acheté la Terre de Monchoveau , & en est le Seigneur actuel. (Mém. de la Chaux).

Ambroise Pacori, Diacre du Diocèse du Mans, étoit né à Ceaulcé. L'Évêque du Mans, Louis de Tressan, le fit Principal du Collège de Ceaulcé, & le chargea de régenter les Humanités & la Rhétorique. Pacori fut empoisonné en mil six cent quatre-vingt-quatre par un de ses écoliers qui mit du vert-de-gris dans sa soupe ; il s'en aperçut assez tôt pour qu'on put lui sauver la vie , mais il s’en ressentit le reste de ses jours. En 1685, Pacori se retira en Anjou. M. de Coislin, Evêque d'Orléans, l'attira dans son Diocèse, & le fit Supérieur de son petit Séminaire, qui étoit alors à Meun, quatre lieues au-dessus d'Orléans. Après la mort de ce Prélat, arrivée en 1704, Pacori se retira à Paris , où il mourut en 1730, âgé d'environ quatre-vingt un ans. Ses Ouvrages sont : Avis salutaires aux pères & mères pour bien élever leurs enfans - Règles Chrétiennes pour faire saintement toutes ses actions - Abrégé de la Loi nouvelle - Journées Chrétiennes - Devoirs des Vierges Chrétiennes - Plusieurs autres Ouvrages de Piété. II a aussi donné une édition des Histoires choisies de M. Génevaux, & une des Épitres & Évangiles par M. Perdoux, augmentée de plus de moitié. Voyez les Mémoires du temps.(L’abbé Goujet, suppl. de Moréri).