59569 - Sin-le-Noble Asile des Petites Soeurs des Pauvres

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Origine de la Congrégation

La congrégation des Petites Sœurs des Pauvres vit le jour à l'initiative de Jeanne Jugan née en 1792 dans une famille de pêcheurs, à Cancale en Ille et Vilaine.
A 18 ans elle refuse la demande en mariage d'un jeune marin et quelques années plus tard quitte Cancale pour se vouer aux soins des malades à Saint Servan. Sensible à la misère des vieillards rencontrés dans les rues de cette cité côtière, elle partage avec eux son salaire, son pain et le temps dont elle dispose.
Un soir d'hiver en 1839, elle recueille dans son petit logis une vieille femme aveugle et à demi-paralysée, lui donne son lit et, pour la nourrir, fait appel au partage.La chambre de Jeanne va bientôt s'ouvrir sur la terre entière, son appel est entendu... La Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres est née.
A sa mort en 1879, Jeanne Jugan, devenue Sœur Marie de la Croix, a donné naissance à 170 "Maisons" pour l'accueil des personnes âgées indigentes.Les Petites Sœurs des Pauvres sont alors 2400 réparties en France et dans le monde entier.

A Sin-le-Noble-Historique de "Ma Maison"

1885-1913

Le 25 mars 1885, une communauté de Petites Sœurs des Pauvres s'installe dans le Nord. Elles sont sept et ont pour noms : Césarée, Joseph de Saint Martin, Saint Alix, Jeanne du Bon Pasteur, Siméonne du Bon Pasteur, sous l'autorité de Sœur Aimée de la Croix leur Mère Supérieure et de Sœur Hedwige, Mère Assistante.
C'est à Lauwin-Planque, dans une ancienne ferme acquise par l'Abbé Réquillard curé du village, qu'elles s'installent sous la protection de Saint Joseph. Très vite, une grange est transformée en chapelle et au mois de juin 1885 l'asile abritait déjà 22 vieillards. La communauté songe alors à s'agrandir.
Le choix se porte sur un terrain situé au "Faubourg Notre-Dame" sur la commune de Sin-le-Noble. La vente est conclue le 10 avril 1886 au prix de 39907,50 frs pour une surface de 1 hectare 55 ares 65 centiares. En juin la construction du bâtiment principal commence et le 8 novembre 1887, les Petites Sœurs des Pauvres prennent possession de leur établissement "Ma Maison" à Sin-le-Noble.
Le 10 novembre elle est bénie par M.l'Archiprêtre Marcel-Joseph Dayez. M.le Curé de Sin-le-Noble Victor Miance célèbre une messe dans une chapelle provisoire déjà pourvue d'une cloche offerte par Charles Drouot dont la fonderie est toute proche.
En 1888 l'acquisition d'une petite parcelle contigüe permet la construction d'une porterie au-dessus de laquelle est installée, dans une niche, une belle statue de Saint Joseph offerte par M.et Mme Wauthy.Viendront bientôt s'ajouter une buanderie et un séchoir.
Le 4 novembre 1892 la première brique de la chapelle est posée et bénite par M.le Curé de Sin-le-Noble Victor Miance.
Terminée en 1893 elle est dotée de statues, d'un Chemin de Croix, d'une chaire et d'un autel donnés par de nombreux et généreux donateurs.
En 1894, une maison et son terrain sont achetés pour loger un aumônier. L'Abbé Paul Werquin, le premier à exercer cette fonction, s'y installe en novembre.
En 1896, les demandes d'admission sont de plus en plus nombreuses et deux ailes sont ajoutées au bâtiment principal.Grâce aux collectes les caves sont remplies de pommes de terre et des étables sont construites en 1898.
Les Petites Sœurs des Pauvres ont la sympathie de la population mais il n'en a pas été de même lorsque la Congrégation demande l'agrément officiel de l'asile. Ainsi, le 27 septembre 1901, le Conseil Municipal appelé à se prononcer sur le dossier reproche à cet établissement de "ne contribuer en rien au développement du commerce local, d'occasionner un grand nombre de décès au détriment du cimetière communal, de s'alimenter au profit de vieillards étrangers-ceux de la commune ne présentant plus d'entrée depuis la création de bourses d'assistance à domicile-et de présenter au moment des élections un fâcheux exemple de corruption électorale". La demande d'agrément sera réitérée plusieurs fois et rejetée aux mêmes motifs.
L'aile réservée aux hommes est agrandie en 1900 et M. Charles Wable, architecte, réalise en 1913 la réplique en ciment d'une grotte de Lourdes.

1914-1944

La période 1914-1918 voit la vie de la communauté soumise aux privations et aux troubles de la guerre. Le 24 septembre 1914 un obus occasionne d'importants dégâts à l'église Saint Joseph toute proche ainsi qu'aux maisons voisines.
En 1915, l'occupation épuise les réserves, un éclat d'obus tombe dans la cour, l'isolement est complet.
Le 13 avril 1917, 600 soldats, voitures et chevaux envahissent l'asile. La troupe réquisitionne les locaux et les pauvres résidents sont regroupés au fumoir. Bientôt c'est toute la Maison qu'ils arrangent, à leur façon, à coups de marteaux. Le danger est imminent et partout on évacue. La petite communauté n'y échappe pas et trouve refuge à Mons.
Le 5 janvier 1919 c'est le retour à Sin-le-Noble où la troupe ne leur laisse que 3 chambres. Les désastres de la guerre sont considérables: le parloir est entièrement détruit, il manque des fenêtres, les bancs de la chapelle ont été brûlés et la cloche emportée mais "Ma Maison" est toujours debout!
En 1920, M. Wauthy remplace la cloche volée par une plus petite qui fut bénie par le Doyen Hégo et le curé de la paroisse Fernand Mollet. La vie reprend...
En 1930 l'agrément de l'établissement est enfin accordé par décret du 05 novembre.
La guerre 39-45 va de nouveau bouleverser le quotidien. Dès la déclaration du conflit, à la demande de la Municipalité, l'abri des caves est ouvert à la population et la maison sert aussi de logement pour les troupes.
Le bruit du canon retentit et la petite communauté, parfois sans eau ni électricité, assure difficilement la subsistance des pensionnaires.
En 1944, de violents bombardements occasionnent d'importants dégâts aux alentours; il n'y a plus de vitraux à la chapelle mais les bâtiments sont solides et ont bien résisté.
Lorsque la ville est libérée le 1er septembre 1944, "Ma Maison" est toujours debout!

1945-1985

En 1952, l'asile est entretenu par 14 Petites Sœurs des Pauvres vivant de dons et de quêtes. Pour y être admis il faut être âgé d'au moins 60 ans et être sain d'esprit.Les pensionnaires ont droit à une sortie par semaine.
De 1961 à 1982, de nombreux travaux sont entrepris pour améliorer le confort: installation d'un ascenseur, pose de cloisons dans les dortoirs, aménagement de l'infirmerie et d'un auditorium... réfection de la chapelle.
En 1985 alors qu'elles sont encore 15 religieuses aidées de 23 laïcs pour un effectif de 87 pensionnaires,l'annonce de la fermeture de "Ma Maison" suscite une vive émotion parmi la population.En accord avec les familles, les résidents sont répartis vers d'autres lieux d'accueil.
En mai, après un siècle de présence, les Petites Sœurs des Pauvres quittent définitivement Sin-le-Noble.
Sept d'entre elles reposent au cimetière près de l'église Saint Martin.

1985-2012

L'ensemble de l'établissement sera repris par le C.O.L.E qui entreprend des travaux de mise en conformité.
Le 2 juillet 1991 est inaugurée la Résidence Pierre Wautriche pour l'accueil de personnes âgées renouant ainsi avec la vocation première de l'établissement. "Ma Maison" reprend vie!

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

Document reçu de la Maison Mère des Petites Soeurs des Pauvres à Saint Pern - Ille et Vilaine
Archives de la Maison de Retraite Pierre Wautriche à Sin-le-Noble
Registres des délibérations des Conseils Municipaux de Sin-le-Noble