59569 - Sin-le-Noble - Le cimetière du Centre

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Patrimoine.png Le cimetière du Centre

Des deux cimetières de Sin-le-Noble, le plus intéressant au point de vue historique et pour les recherches généalogiques, est le cimetière du Centre, le plus ancien des deux.

Situation

Comme dit ci-dessus, il est attenant à l'église Saint-Martin ; d'anciennes tombes reposent ainsi à l'ombre du clocher. Son nom l'indique, il est situé en centre ville.

Sin le Noble St Martin vu du cimetière.jpg


(photo Bernard Gardet 3/10/2011)


Accès

3 entrées, situées rue de l'Église, la seconde rue Faidherbe et la troisième, la plus récente, donnant directement accès au Colombarium, rue Jean-Baptiste Lebas.

Les visiteurs disposent de trois parkings afin de se garer pour s'y rendre, la place Jean Jaurès (place de la Mairie), le parking Jacquart, face au précédent, et un tout petit, rue Jean-Baptiste Lebas. Ce dernier est d'ailleurs situé à l'endroit où se tenait le cimetière originel, jusqu'à sa translation de l'autre côté de l'église au milieu du XIXe siècle (un bouche à oreille un peu morbide nous rappelle que lors de la désaffection de l'ancienne cimetière, les enfants d'alors, qui ne possédaient pas de jouets comme de nos jours, jouaient à la balle avec les crânes déterrés, mais là n'est pas ici notre propos aussi, revenons à notre cimetière). Cet ancien cimetière couvrait l'actuel square Jeanne d'Arc et s"étendait bien au-delà de la rue Jean-Baptiste Lebas.

Présentation

Comme de nombreux cimetières anciens, il est composé de deux allées principales qui en font le tour, deux autres grandes allées joignant les deux précédentes, perpendiculaires à celles-ci

On peut le décomposer en 3 parties :

- la 1ère, s'étalant de l'entrée rue de l'église au Calvaire, avec les tombes les plus anciennes, concessions perpétuelles, dispersées un peu en tous sens, ce qui nous change de l'uniformité des cimetières actuels,
- la seconde, au-delà du Calvaire, aux tombes mieux rangées, mais plus récentes
- le Colombarium, ou "jardin du repos", situé dans le prolongement du chœur de l'église.

Visite du cimetière

Commençons notre visite en empruntant l'entrée sise rue de l'Église, juste à la sortie de celle-ci.

Détail de la tombe de Paul FOUCAUT
(photo Bernard GARDET, juillet 1983)

En longeant l'église, une tombe tape à l’œil immédiatement : celle de Paul FOUCAUT, maire de Sin-le-Noble de 1919 à 1933. Sur la tombe, est gravée la tête de cet ancien maire, accompagnée du texte suivant :

A la mémoire de Paul FOUCAUT, Maire, Conseiller général, fondateur de l'Union des Coopérateurs du Douaisis, décédé le 1er août 1933 dans sa 53e année, époux de Jeanne HECQUET, décédée le 11 décembre 1966 dans sa 91e année.


Reposent aussi à cet endroit : Maurice FOUCAUT (1902-1960) et son épouse Jeanne MANIEZ (1902-1980), ainsi que Cécile CHEVALIER (1898-1976), veuve de Marcel FOUCAUT (1900-1908).

Un petit détail : Paul FOUCAUT, qui s'est toujours opposé en tant que maire à la remise en place de cloches à l'église (le clocher ayant été abattu pendant la 1ère guerre mondiale), repose au pied de ce clocher.
tombe de Maurice BRAGEU
(photo Bernard GARDET, 3 avril 2011)

Plus loin, lorsque l'allée bifurque sur la gauche, le long du mur, on trouve la tombe de Maurice BRAGEU, sculpteur (1891-1971), et de son épouse, Jeanne BLASSEL (1894-1983).

Maurice BRAGEU était un sculpteur très connu à Sin-le-Noble. On lui doit entre autres, le buste de Charles de Gaulle (installé au square Jeanne d'Arc, de l'autre côté de l'église), une remarquable statue de Notre-Dame-des-Mineurs, visible cité Sainte-Barbe, et de nombreux autres ouvrages. Il faut d'ailleurs noter que son fils Robert (meilleur ouvrier de France en 1976), a pris la relève, et participe, avec Les Amis du Calvaire, association de bénévoles, à une remise en état nécessaire de ce Calvaire, sis rue Jules Guesde.(1)

Toujours adossée au même mur, la tombe de Toussaint HUSSON, qui a laissé son nom à une rue de Sin. L'épitaphe qui y figure ne nous apprend que le nom des personnes ici enterrées : Famille ALLARD-HUSSON : Toussaint HUSSON (1893-1924), Toussaint HUSSON (1874-1927), Joséphine WIDIEZ (1874-1927), Paul ALLARD (1906-1982) et Joséphine HUSSON (1897-1982).Toussaint Husson fut mineur avant de devenir gérant de la coopérative "La Prolétarienne". Trésorier su Syndicat des Mineurs du Nord, il occupa aussi les fonctions de 1er adjoint au maire de Sin-le-Noble et de conseiller d'arrondissement.


la tombe de Toussaint Husson
(photo Bernard Gardet 12/11/2011)
la tombe de Mr et Mme Bougon
(photo Bernard Gardet 12/11/2011)


Face à cette tombe, celle de Monsieur (1913-2003) et Madame (née Gilberte CARPENTIRER, 1920-Aix-en-Provence, 3/2/2009) Auguste BOUGON, instituteurs et directeurs d'école (l'école de la Montée entre autres pour Madame Gilberte BOUGON), historiens locaux. Monsieur BOUGON fut entre autres président de la Société d'Agriculture Sciences et Arts de Douai. On leur doit la rédaction de deux ouvrages sur l'histoire locale de Sin-le-Noble, ainsi qu'un recueil de poèmes écrits par Madame, paru à titre posthume en novembre 2011 (Des poèmes comme ça !)




La tombe JACQUART
(photo Bernard GARDET, juillet 1983)


En continuant son chemin, arrive la tombe de Pierre-Antoine JACQUART, maire de 1800 à 1846 (quelle longévité !).

L'inscription qui y figure :

...(illisible)...son époux, Chevalier de la légion d'Honneur, décédé maire de Sin le 26 mars 1846, à l'âge de 80 ans
On doit la restauration de cette tombe dans les années 1980, à Monsieur et Madame Auguste BOUGON, née Gilberte CARPENTIER.
La sépulture WAUTHY et, dans le fond, les anciennes habitations de la cité Sainte-Barbe
(photo Bernard GARDET, juin 1987)


On arrive là à une intersection d'allées principales et ainsi, à l'angle formé par la sépulture de la famille WAUTHY (les inscriptions sont toutefois illisibles), fondeurs de cloches réputés, les cloches fabriquées s'exportant jusqu'à Tournai, Bruxelles, Londres, et même Rome, le Canada et Jérusalem.

Face à cette sépulture, celle d'Alexandre WILMOT, maire de 1896 à 1919, avec l'inscription suivante (les noms se trouvant bien sûr les uns sous les autres) :

Virginie WILMOT 1879-1893, Léontone WILMOT 1872-1893, Alexandre WILMOT 1845-1922, son épouse Virginie DELCOURT 1840-1925, Léonie DUSSART 1880-1974, Jean-Marie WILMOT 1952-1967, Jean WILMOT 1904-1994, Renée WILMOT 1912-1999 Veuve de Michel SAMSOEN.

Dans la même allée centrale, mais du même c^té que la tombe Wauthy, celle de Louis DUPONT (28/8/1790-21/9/1870). Louis DUPONT, chanoine dans diverses paroisses (Cambrai, Seclin, Saint-Amand-les-Eaux, Château-l'Abbaye), et ancien curé de Monchecourt (1820) et Annoeulin (1825), légua tous ses biens à la commune de Sin qui, en reconnaissance, donna son nom à une rue.

la tombe de Louis Dupont
(photo Bernard Gardet 2/11/2001)


Se dresse maintenant devant nous le Calvaire, implanté là le 23 octobre 1880.

De chaque côté se trouvent, debout, les statues de la Mère des Douleurs et de Saint Jean, pleurant. A l'origine, le Calvaire surplombait une petite grotte, malheureusement détruite par l'âge et l'exposition à tous vents.

Le Calvaire en 1987...
(photo Bernard Gardet juin 1987)
...et en 2001
(photo Bernard Gardet mars 2001)

Il renferme le caveau de Monsieur le curé DELEFLIE, curé de Sin (on appelait alors les curés Maître) pendant 16 ans, de 1869 à 1885.
Près du Calvaire, l'ossuaire des Petites-Sœurs des Pauvres (ancien hospice pour personnes âgées, installé à Sin le 18 novembre 1887, devenu depuis le COLE) , ossuaire dans lequel reposent
- Sœur Louise de Tous-les-Saints, née DINDINGER (24/7/1879-6/1/1964)
- Sœur Claire Eugénie (31/8/1888-18/11/1969)
- Sœur Pierre du Saint-Sacrement, née JUHEL (28/1/1898-25/9/1972)
- Sœur Basile de Saint-Louis, née PECQUEGNET (15/8/1900-30/7/1975)
- Sœur Louise de-Sainte-Marthe, née PROVOST (13/2/1882-9/2/1976)
- Sœur Émile de la Croix, née PODVIN (14/9/1889-2/5/1976)
- Sœur Agnèe de Sainte-Marguerite Marie (1911-1982)

l'ossuaire des Petites Sœurs des Pauvres (photo Bernard GARDET 12/11/2011)


En se tournant à gauche, on arrive à une succession de tombes intéressantes :
Tout d'abord, celle de Jean-François RENARD, maire de 1870 à 1896.
la tombe de Jean-François Renard
(photo Bernard Gardet 12/11/2011)



Puis celle d'Alcide Moché :
la tombe d'Alcide Moché
(photo Bernard Gardet février 2001)


Elle porte l'inscription suivante : Le Syndicat des Ouvriers Mineurs du Nord, au Citoyen Alcide Moché, secrétaire général décédé le 7 septembre 1902 à l'âge de 50 ans.. Il était né à Fresnes (Nord) le 1/10/1852 et demeurait rue Sainte-Barbe. En diagonale derrière cette tombe, se trouve celle de son épouse :

-Angélique CARLIER, épouse de Alcide MOCHE, décédée le 4 août 1914 dans sa 69e année
-Angélique CARLIER, épouse de Henri GHESQUIERE, décédée le 11 octobre 1918
-Camille LEMAIRE décédé le le 17 février 1943 dans sa 62e année
-Adeline MOCHE, décédée le 8 avril 1946 âgée de 64 ans.

On reconnaît là deux noms que portent des rues de Sin : Moché et Ghesquière.

On peut alors emprunter la sortie rue Faidherbe, mais, pour ceux qui aiment se promener dans les vieux cimetières, il est bien agéable de poursuivre en prenant l'allée à gauche, toujours au milieu des anciennes tombes aux épitaphes nous permettant de mieux connaître la vie de nos aïeux.
la tombe de Decloquement
(photo B. Gardet 1987)
Toujours dans cette allée, on finira la visite du cimetière par la tombe de Jean-Baptiste Joseph DECLOQUEMENT. Né le 18 février 1790, il est décédé le 1er octobre 1876 en son domicile de la rue du Vieux-Château. L'épitaphe nous apprend qu'il fut médaillé de Sainte-Hélène.
La médaille de Sainte-Hélène a été créée par décret du 12 août 1857, et était destinée à tous ceux, encore vivants, ayant combattu militairement sous la République et l'Empire. Elle a récompensé 405.000 soldats.
L'inscription : Jean-Baptiste DECLOQUEMENT, Médaillé de Ste-Hélène (1790-1876), époux d'Agnès STURCQ (1794-1881), Louis DECLOQUEMENT (1885-1892), François DECLOQUEMENT (1828-1893), époux d'Adeline DURIEZ (1845-1892), Louis DURIEZ, célibataire (1835-1909).
On peut bien sûr trouver d'autres épitaphes intéressantes.
En voici quelques-unes :
Isabelle LEFEBVRE, rentière décédée le 30 8bre (octobre, les mois de septembre à décembre étant alors transcrits ainsi) 1900 dans sa 66e année.
Jean-Baptiste WIGNIOLLE, veuf de Rosalie LAGACHE, décédé le 23 mars 1898 dans sa 86e année, Rosalie LAGACHE, épouse de J Bte WIGNIOLLE, décédée le 8bre 1886 âgée de 76 ans, Clémence WIGNIOLLE leur fille décédée le 8 septembre 1868 âgée de 22 ans, Mle Albertine WIGNIOLLE fille de Jules et de Albertine DELCOURT décédée 7 janvier 1868 âgée de 1 an, Jules WIGNIOLLE, architecte, Directeur des Travaux de la Vallée de la Scarpe, époux de Albertine DELCOURT, décédé le 4 7bre 1887 dans sa 56e année; Mme Jules WIGNIOLLE née Albertine DELCOURT, décédée à Douai le 25 mars 1917 dans sa 73e année, Simone-Em.-Alb. BOUCHER, fille de Emile et de Noémie WIGNIOLLE décédée le 12 mai 1906 à l'âge de cinq ans.
Ces noms nous rappellent celui de Yvonne WIGNIOLLE, connue sous le nom d'Yvonne PRINTEMPS (1894-1977), qui, jeune, aimait passer ses vacances à Sin-le-Noble. Il s'agit bien de la même famille, d'où le faux bruit qui a pu courir qu'elle était née à Sin-le-Noble. Elle est en réalité native d'Ermont (Val-d'Oise).


Toutes ces gravures nous fournissent donc de bien utiles renseignements tels que : état marital, profession, liens de parenté sur plusieurs générations, distinctions honorifiques, etc...
De nombreuses autres tombes nous rappellent qu'une grande partie des noms d'habitants Sinois proviennent d'anciennes souches familiales bien ancrées chez nous, et qui sont encore courantes de nos jours. Il suffir pour s'en convaincre d'en citer quelques-uns : Anache, Goulois, Dupont, Delcourt, Hecquet,etc..., que l'on retrouve bien souvent accolés les uns aux autres, au bon gré des mariages.
Un regret toutefois, il ne subsiste dans les anciens cimetières pratiquement que des concessions à perpétuité, aux inscriptions bien souvent illisibles. Certaines autres tombes n'auraient probablement pas manqué d'intérêt dans la recherche de nos ancêtres.
Il ne nous reste qu'à quitter le cimetière, non sans toutefois jeter un petit coup d’œil de l'autre côté de l'église, où subsiste le seul vestige de l'ancien cimetière, à savoir une plaque apposée sur le mur de l'église :
ci-gît Jean-Baptiste-Jospeh DESTOMBES, curé à Sin-le-Noble, décédé le 21 février 1833 à l'âge de 72 ans. Il desservit avec zèle cette paroisse l'espace de 26 ans, de 1808 à 1833.

(photo Bernard GARDET 3 avril 2011)

Note :

Note n° 1 : Monsieur Robert BRAGEU est décédé à Sin-le-Noble le 11 octobre 2011)

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