54040 - Badonviller

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Badonviller
BADONVILLER-blason.JPG
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 54 - Blason - Meurthe-et-Moselle.png    Meurthe-et-Moselle
Métropole
Canton Baccarat (Canton 54 01)

BADONVILLER-blason.jpg   54-13   Badonviller (Ancien canton)

Code INSEE 54040
Code postal 54540
Population 1512 habitants (1999)
Nom des habitants Badonvillois

Badonvilloises

Superficie 2195 hectares
Densité 68,88 hab./km²
Altitude Mini: 284 m
Point culminant 524 m
Coordonnées
géographiques
48.5° / 6.8931° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
54040 - Badonviller carte administrative.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Origines et Moyen Age

La Comtesse Agnès

Dom CALMET, abbé de Senones, écrit : "La première fois que je trouve expressément le nom de Badonviller est sous Bertolde Evêque de Toul, qui a gouverné cette église depuis 995 jusques vers 1020"

Badonviller entre dans le patrimoine des Comtes de SALM à l'occasion dumariage de Hermann II de SALM avec Agnès de MONTBELIARD-BAR.

Les Comtes de SALM sont une très noble lignée, originaire de Salm en Ardennes (aujourd'hui en Belgique), proches parents des seigneurs de Luxembourg. Leur nom explique la présence de deux saumons (latin : salmo) sur le blason de la ville.

Agnès de MONTBELIARD est aussi connue aussi comme Agnès de LANGENSTEIN, ou Agnès de PIERRE-PERCEE, et même tout simplement, comme la Comtesse Agnès ; ces noms nous indiquent l'importance du Château de PIERRE-PERCEE, proche de Badonviller. Ce dernier village existe déjà, puisqu'il laisse des mentions en archives, mais il est bien modeste.

Les relations des Comtes de Salm avec l'Eglise sont déjà difficiles. Le château de Pierre-Percée est assiégé par Etienne, Evêque de Metz et frère de la Comtesse Agnès.

A quel moment exact se situe le siège de Pierre-Percée, l'histoire ne le dit pas, mais la mémoire populaire garde le souvenir de terribles événements.

Les archives de l'épiscopat de Metz les présentent ainsi :

  • Le château de Pierre-Percée était alors la terreur du pays parce qu'il servait de retraite à des brigands qui faisaient mille ravages dans les campagnes et arrêtaient les voyageurs.
Etienne en fit le siège, dressa trois forts autour de la place pour empêcher d'y faire entrer ni vivres ni secours. Il la tint ainsi investi plus d'un an et la força de se rendre.
En réalité, il ne s'agit pas de brigandage mais de grande politique : deux clans de haute noblesse se disputent le pouvoir en Lorraine ; les frères de la Comtesse Agnès, dont l'évêque de Metz, d'une part, et son mari d'autre part, ont pris des partis différents comtes.
D'après la légende, la Comtesse Agnès fut tuée au cours du siège de Pierre Percée, peut être en 1148. Elle fut enterrée au cimetière de Raon-lès-Leau par Isembaut, ermite du lac de La Maix. Elle serait morte de blessures reçues dans un combat avec les gens de l'évêque de Metz sur un rocher dit "La Pierre à Cheval". Les troupes ennemies occupaient tous les environs, et, pour inhumer son corps en terre sainte, on fut obligé de traverser toutes les forêts pour arriver au village de Raon-lès-Leau avec une bien faible escorte. La Comtesse Agnès serait donc enterrée là, près de son fils Guillaume.

Litiges avec l'abbaye de Senones

Les Comtes de Salm [1] sont en litiges permanents avec les Abbés de Senones. Les premiers estiment être seigneurs de plein exercice, les seconds se considèrent les véritables maîtres du lieu, les Comtes de Salm n'étant que leurs "voués" (titre désignant un seigneur laïc en charge des intérêts matériels d'une institution religieuse).

Le feuilleton à épisodes de leurs luttes, qui anime tout le Moyen Age, nous est relaté par le chroniqueur Richer, moine à Senones. On appréciera l'ambiance en lisant ce morceau, dans lequel le dit moine nous raconte avec délices dans quelles circonstances Henri III de SALM fut d'après lui enterré par sa propre mère sans être mort :

  • Ledit Henri vécut longtemps en mariage sans avoir d'enfant, ce qui chagrina fort son épouse, qui finit par s'adresser à un chapelain expert en la connaissance des choses naturelles, le sollicitant de lui indiquer le moyen de concevoir de son mari. Le clerc naturaliste leur donna un breuvage qui eut l'effet désiré ; mais le Comte en fut tellement débilité qu'il tomba en une maladie de langueur dont il mourut quelque temps après.
  • Tant qu'il vécut, il molesta grandement notre église. C'était un guerrier superbe, se fiant outre mesure à sa jeunesse et à sa vigueur. Il aspirait au royaume d'Allemagne, nonobstant de grandes dettes, entraîné ainsi à opprimer et à piller l'Eglise de toutes façons. Il advint que Wildéric, abbé de ce lieu, vint à lui demander de restituer certaines choses enlevées à notre église (l'entretien eut lieu en ma présence, en la chapelle Saint Nicolas à Deneuvre). Le Comte, fort en colère, jura par Saint Nicolas qu'avant que la saint Rémi fût passée, il molesterait notre église et l'abbé, et qu'il aimerait mieux être outre mer sans espoir de retour que d'y faillir. Ce que Dieu tout puissant a voulu venger en son occulte jugement. Car, peu après, vers la fête de Saint Rémi, étant affaibli de son breuvage, il se mit au lit et mourut.
  • Entre tous les méfaits que, de son vivant, il s'était proposé d'accomplir, celui-ci est énorme à raconter : il conspirait à déposséder le comte et la comtesse ses parents et à les enfermer dans un monastère afin de posséder tout le Comté. La comtesse sa mère, ayant appris la nouvelle de sa mort, émue du bruit déjà trop répandu, commanda de le porter hâtivement à la Haute Seille, pour l'y ensevelir. Ainsi fut fait.
  • La nuit suivante, on entendit au sépulcre une voix comme celle d'un homme se plaignant ; le matin venu, on le tira hors du sépulcre, et, bien que le jour précédent on l'eût couché sur le dos, on le trouva retourné, la face contre terre. Les fossoyeurs virent ainsi que, lorsqu'ils l'ensevelirent, il n'avait pas rendu le dernier soupir.
  • De là, on peut voir que ceux qui s'enorgueillissent contre Dieu ne parviennent guère ou jamais au milieu de leurs jours, car Dieu abat toutes choses superbes."

Des Templiers à Badonviller

Une charte de mai 1257 nous révèle qu'il y avait des Templiers dans la région : Henri IV de Salm et Dame Lorette, sa femme, font communauté avec le Maître et les frères de la Chevalerie du Temple de tout ce qu'ils possèdent à Badonviller et son ban, en tout profits et us, à savoir hommes, femmes, terres, prés, bois, eaux, dîmes, gerbages, moulins, pacages, rentes et toutes seigneuries, à l'exception des hommes d'Allencombes... [2]

Exploitation minière

Le litige entre les comtes de Salm et l'Abbaye de Senones ne fait que croître sous Henri IV de Salm, car les enjeux financiers prennent une toute autre dimension. On vient en effet de trouver du fer sur le territoire du Comté, à Grandfontaine, près de la montagne de Framont et de l'actuelle commune de La Broque (67). Il s'agit d'une mine d'importance, qui produira jusqu'au XIXème siècle.

Le litige prend alors une dimension échevelée. Henri IV fait déménager les meubles et la vaisselle de l'abbaye. L'abbé prononce des excommunications quotidiennes contre le comte, place la région sous interdit et refuse même le baptême aux enfants, ce qui, d"après les idées de l'époque, leur fermait les portes du paradis. Le Comté de Salm comporte un fameux sanctuaire à répit au lac de la Maix [3], à proximité d'un ermitage.

Finalement, on transige et on partage les produits de la mine.

Dédoublement du pouvoir comtal

Ce dédoublement commence en 1459, quand Jeannette de Salm épouse Jean V, rhingrave. Bien que la lignée des comtes de Salm ne soit pas éteinte, un dédoublement au profit des Rhingraves se produit dans des circonstances assez obscures et se perpétue au siècle suivant.

Renaissance et Réforme

Dédoublement de la lignée comtale

Une deuxième lignée, dite des comtes sauvages, ou des comtes du Rhin (Rheingraf en allemand, parfois francisé en Rhingrave), ou même, jouant l'ambiguité, Comtes sauvages de Salm et du Rhin, apparaît. Eclaircir jusqu'au bout les conditions d'apparition de cette dualité est probablement hors de portée, mais il suffit peut-être, pour comprendre, de constater comment les comtes de Salm (les vrais) l'utilisent à leur avantage, comme on le verra à l'occasion du coup d'Etat de 1571. Cette circonstance explique peut-être pourquoi ils la tolèrent. En tous cas, il importe au généalogiste de savoir que les Rhingraves ne descendent en aucune façon des premiers comtes de Salm, en tous cas pas en ligne directe par les mâles. Louis SCHAUDEL les tient pour des imposteurs.

Introduction du protestantisme

C'est peut-être vers 1545 que le Philippe-François, rhingrave de Salm embrasse la Réforme.

Un temple est ouvert en 1555. On y célèbre le culte régulièrement. Les idées de la Réforme progressent au point que, parait-il, on ne célèbre plus la messe qu'à Pâques, pour une poignée de catholiques.

Un registre des baptêmes protestants est tenu de 1567 à 1624.


un document précieux...

La lecture de ce registre nous entraîne dans l'ambiance d'une petite ville "de refuge" au temps des guerres de religion. C'est toute une petite population qui se met à vivre sous nos yeux.

À tout seigneur, tout honneur, commençons par parler de la noblesse, d'autant plus qu'elle est vraiment sur-représentée. Que de grands noms, qui vivent sans doute pour certains dans la difficulté, ayant laissé leurs biens derrière eux dans leur fuite ! Ou tout au moins dans la crainte pour ceux qui vivent à proximité et viennent faire baptiser leurs enfants à Badonviller. Car on vient de loin pour faire baptiser un enfant à Badonviller, qui sert ainsi d'épine dorsale à la Réforme et étend son influence sur toute la Lorraine.

  • François de HARAUCOURT, seigneur dudit lieu
  • Claude de RUIERES, seigneur de Lutricourt
  • Françoise épouse de Renault de BARIZEY, seigneur de Vandières
  • Lucrèce veuve de feu seigneur de BIONCOURT
  • Madame de DUEILLY
  • Charles d'ASPREMONT, seigneur de Nantueil
  • François de la GRAND FAUX
  • Anne d'HARRANGES veuve du feu seigneur de Clamery
  • La PLANTE, gentilhomme de la maison de Dame de DUEILLY
  • Tante Barbe, demeurant en la maison de Madame de DUEILLY
  • Gaspard d'ANGLURE, seigneur de Bonnecour
  • Artus de VANDRAY, seigneur de Mony
  • Mademoiselle de NETANCOURT
  • ROUGEAU, Sieur de Sordaille
  • M. des COUSTURES, gouverneur au comté de Salm ;
  • Casimir de FENESTRANGE(comte)
  • Mme Elisabeth, épouse de Jan de VERDUN (seigneur)
  • Marie de MALBERT épouse du seigneur de CHASTEAU BREHEIM
  • Claude FRESNOLE, seigneur de Loppy
  • Adolf BEAUVAU, noble seigneur de Rortel

Certaines mentions nous surprennent :

  • Marthe DOMBALLE épouse de George HUGENIN, maître eschevin en la justice de son Excellence De Waudemont,
  • Daniel SAINTE MARIE, Mayeur en la justice de Monseigneur de Waudémont
  • de VAUDEMONT, c'est le Duc de Lorraine en personne, un catholique sans faille qui n'apprécierait sans doute guère que la Réforme se soit infiltrée jusqu'en sa justice.

Outre ces gens d'importance, c'est tout un peuple grand, moyen et petit que fait revivre le registre :

  • Chatelains,
  • Arquebusiers
  • Capitaines,
  • Maîtres de forge,
  • Gruyers,
  • Orfèvres,
  • Drapiers
  • Maçons,
  • Serviteurs et servantes,
  • sans oublier le maître des Hautes Œuvres Marx HAUSSER von MESSKIRCH.

Quelques personnages que l'on imagine hauts en couleur :

  • le ministre Mathieu de l'AUNOIS, depuis révolté
  • ou Claude MOREL, prestre dissimulé, très meschant qui contrefaisoit le médecin

Les événements dramatiques transparaissent ; le lieu d'origine des immigrés coïncide avec les persécutions ; d'autres drames aussi : le 17 novembre 1567, le petit Israël THIEBAULT de Haraucourt, est baptisé Sans parreins ni marreines et mesmes hors la ville pour crainte du danger de peste qui estoit pour lors audit lieu d'Haraucourt

Le coup d'Etat de 1571

Le 29 décembre 1571, se produit un véritable coup d'Etat, dont les auteurs sont Jean IX, Comte de SALM, et Frédéric, Comte sauvage du RHIN et de SALM.

A l'appel des deux Comtes, qui sont aussi beaux-frères, les habitants de toute la seigneurie convergent vers Senones et se rassemblent dans l'abbaye. Les deux compères demandent aux habitants s'ils veulent les accepter comme leurs seigneurs, et précisent que les communautés conserveront tous leurs droits. Les habitants acceptent, lèvent la main et prêtent serment d'obéissance et de fidélité aux comtes. Le pouvoir de l'abbaye de Senones sur la région est terminé.

Nos deux conjurés sont donc maintenant co-seigneurs indiscutés du Comté de SALM. Un petit détail : l'un d'entre eux, le Comte de SALM est catholique ; l'autre, le Comte Rhingrave, est protestant.

Montée en puissance de Badonviller

En 1574, Diane de Dommartin, veuve du Rhingrave Jean Philippe tué à Moncontour, vint s'installer à Badonviller qui se tranforma rapidement de village en bourgade, et fit figure de capitale de la terre de Salm.

Mais les choses se préparaient peut-être depuis quelque temps, car les deux co-seigneurs s'étaient déjà fait construire de beaux logements pour leurs séjours à Badonviller. D'après Louis SCHAUDEL :

"Pour leurs séjours à BADONVILLER, ils disposaient de deux grandes maisons, reliées par une galerie et restaurées en 1570 par les soins de l'ingénieur Claude MARJOLET, venu de Nancy à Badonviller pour organiser et diriger les travaux.

Ceux-ci furent effectués par Me Jean LOURS, maçon tailleur,Adam Jean COLOTTE et COLLARDIN, charpentiers, Me Noël ESTIENNE, peintre et verrier, Jean de BARBAS, maréchal et Nicolas CLAUDE, serrurier [4] , tous demeurant Badonviller; Me Nicolas WYRIOT, charpentier, et Georges POIRSON, recouvreur, demeurant à Blâmont."

Reîtres, lansquenets, seigneurs de la guerre

Pendant près d'un demi-siècle, nous allons voir Badonviller gouvernée par deux co-seigneurs, l'un catholique et l'autre protestant, dans des conditions tous comptes faits assez harmonieuses, au point qu'en 1598, une velléité de partage se terminera en pseudo-partage ; ceci pourrait nous donner l'illusion réconfortante que la tolérance est toujours possible dès lors que les intérêts économiques convergent. En réalité, pour voir qu'il n'en est rien, l'on rappellera ce qui suit :

Le 20 mai 1525, lors de la Guerre des Paysans, notre région voit le terrible massacre de Scherviller, qui fait plus de 5000 morts, la plupart côté protestant. Les catholiques sont sous la direction non seulement du duc de Lorraine, mais aussi du Comte de SALM de l'époque.

Si les VAUDEMONT, Ducs de Lorraine, sont des idéologues qui ne changent pas de camp (c'est le parti des Guise et de la Ligue), les co-seigneurs de SALM sont tout aussi dangereux mais dans un autre genre. La mort est leur métier. Ce sont des seigneurs de la guerre, au service d'abord d'eux mêmes. La tolérance apparente n'est en fait que renversements d'alliances complexes et billard à quatre bandes. En pays de Salm, à la fin des guerres de religion, les catholiques ont gagné, mais l'abbaye de Senones est définitivement éliminée du jeu politique. Cherchez l'erreur ... En sens inverse, il arrive aux Rhingraves, de figurer parmi les colonels de lansquenets [5] et de reîtres embauchés par les rois de France Charles IX et Henri II pour combattre les calvinistes, et d'exploiter les dissensions entre calvinistes et luthériens pour galvaniser leurs troupes (luthériennes) au profit du parti catholique. C'est au service du Roi de France, donc côté catholique, que le Rhingrave Jean Philippe a été tué à Montcontourpar l'amiral de COLIGNY. Pistolets et arquebuses fabriqués à Badonviller avec le fer de Grandfontaine ont fait grand mal aux protestants sur ce champ de bataille et sur d'autres.

Fonctionnement du pouvoir double

Les deux comtes avaient, pour les représenter à Badonviller, chacun son châtelain exerçant en commun l'action souveraine sur tout le comté de Salm resté indivis jusqu'en 1598. Nous trouvons ainsi successivement en fonctions, en 1564 Bertrand LOUVYOT, en 1569 Jean BARNET, en 1597 Nicolas JACOB, en 1598 DIETREMANN, pour le comte de Salm Jean IX; Jean SAFFROY, Jean HANUS, de BILISTEIN, Guillaume GILLE pour le Rhingraf Frédéric.

Parmi leurs collaborateurs vient au premier rang le Gruyer, officier chargé de la garde des bois et des rivières du comté. En 1564, cet officie est exercé par Jean SAFFROY, que nous retrouvons comme châtelain en 1570 et remplacé à cette date par Jean LIEBAULT; en 1591 et 1598, fonctionne Demenge ROUYER.

Deux portiers, établis en commun par les deux seigneurs auxquels ils prêtaient serment, gardaient alternativement, de jour, et secondés par un bourgeois, les deux portes de la ville. Ils faisaient de même alternativement, la nuit, le guet à la TOUR D'EN HAUT. Quant au guet de nuit de la PORTE D'EN BAS, il était assuré par les pâtres... Portiers et pâtres devaient sonner, à chaque heure de la nuit, les cloches des tours, pour prouver leurs veilles. Les portiers, après la fermeture, portaient tous les soirs les clefs des portes aux deux comtes ou à leurs châtelins. Les émouluments des portiers incombaient, pour les trois quarts aux comtes et, pour un quart au Commandeur de Saint-Georges de Lunéville. En 1589, nous trouvons MENGIN Magdeleine, portière et Nicolas HANZO, portier; puis Nicolas BARBIER et Mengin MASSON, en 1590.

Pour la défense de la ville, une institution, dite la centaine de Badonviller, réunissait dans la seconde moitié du XVI è siècle, 68 arquebusiers, 2 sergents de bande, avec banneret, tambourin et fifre, ... Revêtus d'une casaque aux couleurs de Salm, ils fournissaient des escortes aux seigneurs de passage, des éclaireurs en temps de troubles ou de guerre, et formaient même parfois des petits corps d'expédition, comme en témoigne une lettre de l'abbé de Haute-Seille se plaignant que les officiers de Badonviller, à la tête de 24 ou 25 arquebusiers, étaient venus à Haute-Seille s'emparer de 26 têtes de bétail en gage, par suite du refus de payer les contributions dues au comte de Salm pour droit de sauvegarde."

Badonviller est renommé pour la fabrication des armes, exercée par les arquebusiers. En 1509 un "hacquebutier" nommé CHRESTIEN fournit des épieux de chasse au duc de Lorraine. De 1566 à 1577 maître Didier WIRION envoie de canons d'arquebuse et des pistolets à Jean IX, comte de Salm. En 1579, Demangeon GALET, dit WIRION construit une meule "à esmoudre et percer canons de harquebuses" sur le ruisseau de Brémenil. En 1606 le comte de Salm " laissa et ascensa à perpétuité à Jean et Paul les MATHIS, frères maîtres forgeurs de canons à Badonviller, la moitié du cours de l'eau provenant du ruisseau de Brémenil, sur lequel ils tiennent une meule à esmoudre et fourrer canons, au-dessus de celle que tient Jean VIRION, maréchal demeurant à Neufviller".

Le pseudo-partage de 1598

L'année 1598 voit un partage, ou plutôt un pseudo-partage, de la terre de SALM entre d'une part les Comtes de SALM (ou plutôt en réalité la maison de Lorraine, car Jean IX va bientôt mourir sans héritier mâle, et son héritière, sa nièce Christine, a épousé François de VAUDEMONT) ; et d'autre part les Rhingraves.

Partager le Comté, cela paraît logique quand on voit l'étrange attelage qui le guide : le très catholique Duc de Lorraine d'une part, et le Rhingrave protestant d'autre part.

En réalité, le partage est impossible.

L'on se souvient que le Comté de SALM possède, aux environs de l'actuelle LA BROQUE (67) des mines de fer de grande envergure. C'est la seule richesse de ce pays de montagne impropre à l'agriculture, et c'est l'épine dorsale de son économie.

Le reste du territoire est une zone boisée qui fonctionne au service des mines, leur fournissant bois et énergie. Les villages y sont petits, explosés en hameaux dont la géographie précise est toujours changeante (le travail se trouvant au fond des bois). Le Comté de SALM est une seigneurie-entreprise fondée sur l'exploitation de ses mines et de ses forêts, l'un n'allant pas sans l'autre.

Il n'y a donc pas de partage équitable possible. Le gagnant est forcément celui qui obtient l'ensemble minier indivisible La Broque / Grandfontaine/Framont, et encore n'est il pas certain qu'il ait gagné quelque chose s'il perd l'arrière-pays, car les mines ne sauraient se passer de bois pour le soutènement et l'énergie, ni de ruisseaux pour le flottage et le transport.

C'est donc un pseudo-partage qui est réalisé : seuls les plus petits villages sont attribués à l'un ou à l'autre ; les bourgades un peu importantes, dont Badonviller, sont réparties maison par maison, les grands équipements restant communs. Moyennant quoi, la seigneurie-entreprise est fort bien gérée. Les comptes sont tenus de façon précise. Tout ce qui peut rapporter est mis en adjudication, y compris le moindre essaim d'abeilles. Moulins et "scyes" (scieries seigneuriales) se multiplient au fond des bois, témoignant d'un développement économique certain. Les comptes sont remarquablement tenus

Fin de la communauté protestante

C'est peut-être cette impossibilité de procéder à un partage qui fait que le Rhingrave Philippe Othon se laisse convaincre de revenir au catholicisme, le 8 janvier 1623, en échange d'une belle promotion : il portera désormais le titre de Prince de SALM.

La terre de SALM se compose donc maintenant d'une partie princière relevant des ex-Rhingraves, et d'une partie Comtale absorbée de fait par la Lorraine, les deux étant totalement imbriquées.

Le sort de la population protestante se dégrade jusqu'à finir en persécutions. Cette population se convertit ou se disperse. On en retrouve une grande partie à Sainte-Marie-aux-Mines, où elle emporte son registre paroissial. On en retrouve aussi en Suisse [6]

Badonviller perd la partie la plus dynamique de se population, et redevient un village.

XVIIème et XVIIIème siècles



Opérations militaires

La guerre de Trente Ans (1618-1648) [7] ne frappe le pays de Salm qu'en 1635, mais elle se fait sentir bien avant. Proximité des combats, préparatifs militaires, logements de troupes, recrutements militaires, obstacles à la vie économique : tous ces inconvénients ne sont pas négligeables, même si le pays peut faire figure de havre de paix en comparaison de ses voisins alsaciens et lorrains. L'agressivité ambiante générale donne lieu à une flambée de procès de sorcellerie, et la misère du temps est sans doute pour quelque chose dans le développement de la peste. Pendant de nombreuses années, celle-ci couve à bas bruit au fond des forêts, puis elle explose en 1635 de façon importante et peut-être épidémique.

Cependant, ce n'est qu'en 1635 que Badonviller est investie et pillée par les troupes franco-suédoises.

Les troupes françaises seront à nouveau présentes dans les années 1670 et suivantes.



Où est passée la population ?

Les destructions humaines provoquées par ces guerres dans le pays de Salm sont difficiles à apprécier. Protégée par ses forêts et par ses montagnes, notre région a moins souffert que ses voisins, même si elle a souffert quand même.

Cependant, certains documents présentant le pays comme quasiment vide sont extrèmement surprenants.

L'exemple de La Broque (et environs) est particulièrement frappant. Ce secteur minier a toujours été densément peuplé. Lors d'un recensement en 1634, l'abbaye de Senones y trouve 98 "feux" (familles) ; or, en 1661, du moins pour la part du Prince, il n'y aurait plus que quatre familles (deux à Vipucelles et deux aux Quelles) ; multiplions ces chiffres par deux pour tenir compte du fait qu'ils doivent être complétés par la partie comtale : cela donne encore encore l'impression d'un pays vidé de sa population. Or, les mines ont toujours fonctionné et par ailleurs, dans peu d'années, en 1678, démarrera un registre paroissial disponible [8] qui nous montre une population non négligeable. Même si l'on tient compte d'une possible immigration, il est permis de penser qu'une partie de la population manquante n'était pas loin.

En fait, elle était dans les bois, qui lui servirent de refuge et de moyen d'existence, grâce à la contrebande de bois. S'agissant d'une population de forestiers, elle était probablement à peine dépaysée.

La période des guerres, entre 1635 et les années 1670, donne l'occasion d'une certaine réappropriation de la forêt par le petit peuple. Les tournées en forêt que font les forestiers du service de la Gruerie pour percevoir les loyers des scieries se soldent par des échecs, la plupart des fonctionnaires de ce service étant d'ailleurs tués dans des conditions mystérieuses.

La guerre de Trente Ans marque une rupture. Il y a un avant et un après. Quand l'autorité cherche des témoins pour dire qui était propriétaire de quoi avant les hostilités, on lui répond qu'il n'y a plus personne d'assez âgé pour répondre. Quelques biens changent de mains à cette occasion. Quelques noms changent aussi, c'est à dire : plus que de coutume. Certes, nous sommes en Lorraine, non en France, et il n'y a pas d'obligation légale que les noms soient fixes (il convient à ce propos de souligner que noms lorrains, quoique francophones, sont à distinguer des noms français : ils sont plus jeunes, plus proches de leur origine éthymologique, et le sens en est en général reconnaisable). Cette circonstance n'est pas un fait volontaire. Mais force est de constater que la variabilité des noms atteint de telles proportions que le généalogiste en est frustré. Une fois qu'il a épuisé les registres paroissiaux pour remonter ses lignées, il espère gagner une génération ou deux avec des documents de secours. En pays de SALM, il s'imagine être en droit d'y parvenir aisément, car les documents nominatifs se ramassent à la pelle : le pseudo-partage de 1598 a donné lieu à des listes nominatives d'habitants dans certains villages ; les livres de comptes des seigneurs sont bourrées d'indications : quel paysan exploitait tel micro-équipement et choses de ce genre .... cela dit, au moment d'essayer de renouer les fils entre eux, on n'y parvient pas, sauf exception. Le seigneur donne un nom, en général basé sur la profession ; le curé en donne un autre, souvent un prénom transformé en nom de famille ; et, pour peu que la mémoire collective soit défaillante, ou que l'individu ait quelque chose à cacher, la variabilité explose.

Pour s'en convaincre, le lecteur pourra comparer deux documents sur le site de Pierre Juillot : le premier est intitulé A la Broque en 1598 (en ligne : [9]) ; il s'agit de l'exploitation de la liste nominative des habitants réalisée à l'occasion du pseudo-partage ; le second document est le registre paroissial du lieu, qui démarre en 1678 (en ligne [10]). Entre ces deux documents, moins d'un siècle, à peine trois générations. Et pourtant, il n'y a presque pas de patronymes qui soient communs aux deux. On dirait que quelque chose a été escamoté.

Le partage de 1751

Le 21 décembre 1751, fut conclu un nouveau partage du territoire entre le prince Nicolas-Léopold de Salm-Salm et le roi Stanislas, duc de Lorraine qui avait hérité des droits des anciens ducs.

Aux termes de cet accord, le prince obtint, en toute propriété, la partie de l'ancien comté situé à gauche de la rivière de Plaine à savoir une trentaine de localités: Senones qui devait devenir la capitale, Ménil et Saint Maurice-les-Senones, Vieux-Moulin et les Frénot, Allarmont, Albet, La Broque, Grandfontaine, les forges de Framont, Fréconrupt, Vipucelles et Quevelles, Plaine, Champenay, Diespach, Saulxures, Bénaville et le Palais, La Petite-Raon, Paulay, Raon-sur-Plaine, Celles, Moussey, Belval, Saint-Stail, Grandrupt, Le Vermont, Vexaincourt, une population d'environ 10 000 habitants.

Nous avons donc bien maintenant une principauté de Salm d'une part, un Comté de Salm d'autre part, complètement séparés, avec un bornage pour délimiter les territoires.

La Principauté de SALM est indépendante, ni française, ni lorraine, ni rien d'autre ; il s'agit d'une curiosité historique ; elle est totalement souveraine et le reste jusqu'à la Révolution, bien que son territoire soit à peu près de 20 kilomètres sur 12.

Le reste de l'ancien pays de SALM, dont BADONVILLERS, constitue une partie comtale nettement distincte de la principauté ... si tant est qu'il soit encore sérieux de parler de Comté de SALM. Nous avions vu, lors du pseudo-partage de 1598, que le Comté de SALM ne se distinguait de la Lorraine que de façon assez fictive. Maintenant, en plus, c'est la Lorraine qui ne se distingue plus de la France que de façon fictive, puisque le nouveau Duc de Lorraine est le Roi déchu Stanislas de Pologne, beau-père du Roi de France. La lignée de VAUDEMONT n'est pas éteinte, mais elle a été écartée.

Révolution

Voici, relevés par Louis SCHAUDEL, quelques extraits du cahier de doléances de Badonviller :

Le Tiers Etat demande :

Qu'aucun impôt ne puisse être établi ou prorogé, que du consentement de la nation.

Qu'on achève la route de d'Ogéviller à Badonviller et qu'on la prolonge jusqu'à Allarmont.

La suppression des maîtrises des eaux et forêts et le rétablissement de la gruerie de Badonviller.

Qu'on rende aux forgerons, boulangers, cloutiers, tonneliers, etc, le droit de prendre le bois nécessaire à leur profession dans les forêts du roi, droit qui leur avait été concédé en 1596.

L'autorisation de défricher les bois communal, dit de la Voivre contenant 200 arpents.

Que le prévôt de Badonviller juge en dernier ressort jusqu'à 150 livres et que la procédure soit simplifiée.

L'abolition de la banalité des moulins.

Que le sel soit moins cher et de meilleure qualité.

Que le tabac soit meilleur et le prix diminué de moitié.

La suppression de la dîme des pommes de terre.

La suppression du droit de guet et de garde au château de Pierre-Percée qui est ruiné.

Que la police soit administrée par les officiers municipaux.

L'établissement d'un impôt unique pour tous les besoins de l'état.

Que le clergé et la noblesse supportent leur part de cet impôt.

Que les ministres soient responsables de leur administration et punis dans le cas de prévarication.

La suppression de la vénalité des offices et la gratuité de la justice. "

Vingtième siècle


Début du vingtième siècle : Badonviller est un village ouvrier vivant au rythme de sa faïencerie [11]

La première guerre mondiale est particulièrement dramatique dans ce village frontière, qui en essuie les tout premiers combats.

Août 1914 : les hommes sont partis, mobilisés. Le décret signé le 31 juillet a entraîné le 1er août le placardage de milliers d'affiches dans toute la France. A 17 heures le tocsin a sonné dans les villages. Des millions d'hommes échangent leurs outils contre le fusil.

En signe de bonne volonté, le gouvernement conserve nos troupes de couverture à 10 kilomètres des frontières, donc elles se trouvent aux environs du village.

Badonviller restera donc éternellement reconnaissant envers nos politiciens. Car, pour ne pas provoquer l'ennemi qui vient de nous déclarer la guerre, nous allons laisser partout 10 km vides de troupes. Et ces 10 km offerts vont lui permettre de semer meurtre et dévastation.

Badonviller réagit avec courage et solidarité. Mesdames FENAL, de la faïencerie, organisent des ambulances pour les blessés.

Le 12 août 1914 voit les événements qui suivent, racontés par Emile FOURNIER, témoin et futur maire de Badonviller :

" Le lendemain 12 août, après un combat qui dura de 5 heures à 9 heures du matin, ... , les Bavarois entrèrent en force à Badonviller. A ce moment, quelques chasseurs en retraite tirèrent sur les colonnes qui venaient renforcer l'ennemi. Furieux de cette fusillade, les Allemands alléguèrent que des civils avaient tiré sur eux, prétexte mensonger toujours invoqué pour justifier leurs crimes. Ce fut alors un déchaînement de rage d'une sauvagerie inouïe. "Feu et sang" : tel fut l'ordre donné par un des chefs, digne émule d'Attila. Et, malgré les protestations et les assurances du maire et des notables, le sinistre carnage s'accomplit. A Badonviller, comme dans bien d'autres communes de France et de Belgique, obéissant à l'ordre criminel de terroriser les habitants, les premiers envahisseurs teutons :

- ont pillé : après avoir ordonné à la population de se rendre, les hommes à l'Hotel de Ville, les femmes dans la propriété enclose de M. FENAL, et de laisser portes et fenêtres ouvertes, les vandales pénétrèrent partout, brisant et pillant de la cave au grenier, jetant sur le sol les denrées qu'ils ne pouvaient pas emporter. Des voitures vinrent, dans cet après midi du 12 aout, enlever literies et couchages

- ils ont incendié : brûlant les maisons l'une après l'autre, méthodiquement, scientifiquement, avec ces engins spéciaux qui faisainet partie de leurs équipements de guerre, ne permettant à aucun propriétaire de sauver quoi que ce soit, pas même le bétail ; 84 maisons et l'église furent entièrement détruites durant cette journée

- ils ont assassiné : tirant sur les habitants sans distinction d'âge ou de sexe, les tuant au hasard dans les rues, sur le pas de leurs portes, presque à bout portant ; douze civils ont ainsi trouvé la mort

- ils ont achevé des blessés : deux chasseurs à pied, blessés, ayant été surpris dans l'écurie de l'Hotel de la Gare, les bandits vinrent demander des allumettes à l'hôtesse et mirent le feu à son écurie en sa présence, empêchant les blessés de sortir ; ces malheureux furent carbonisés avec un cheval qui se trouvait encore dans le bâtiment ; ils incendièrent lamaison de M. DEBUS, directeur de la faïencerie, servant d'ambulance et protégée par la Croix Rouge ; l'on eut à peine le temps d'évacuer les blessés

- ils ont brutalisé les prisonniers civils et les otages ; l'ordre de se réunir sous les halles fut appliqué pour tous, sans souci de l'âge et des infirmités ; ils y traînèrent, en les rouant de coups, des vieillards (M. NIER, 58 ans, M. OLIVIER, 75 ans) ; des aveugles (M. GRANGE) ; des simples d'esprit (M.X). M. BATOZ, 65 ans, malade, fut traîné en chemise de sont sur la route.

...

Le 14 aoüt, la joie de revoir les nôtres nous était rendue."

Suite à ces glorieux faits d'armes contre les blessés, des ambulancières bénévoles et des aveugles, le chef de fanfare du 16ème régiment bavarois écrivit la Badenweiler Marsch, qui fut l'une des musiques préféres de Hitler et un grand classique des régiments SS ... il parait qu'elle est encore parfois jouée en concert.

Plusieurs dizaines de Badonvillois sont tués du fait de la guerre [12] ; Badonviller a reçu la Légion d'honneur.

Lors de la seconde guerre mondiale, la Résistance est intense, et 27 badonvillois sont tués pour faits de résistance, soit dans les combats, soit fusillés, soit dans les camps de concentration. Ils s'ajoutent aux 15 militaires tués à l'ennemi ou morts en captivité, et aux 17 victimes civiles [13] .

Emile FOURNIER, maire de Badonviller, est arrêté presque à la fin de la guerre, le 4 août 1944, ce qui explique sans doute qu'il soit revenu de l'enfer de Büchenwald et qu'il ait pu le raconter dans son livre En prison ... Nancy, Compiègne, Büchenwald camp d'enfer ; en ligne [14]

Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 1 766 1 877 1 971 2 028 2 357 2 213 2 353 2 390 2 356 2 111
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 2 204 - 2 013 1 953 1 725 1 785 1 684 1 689 1 957 1 876
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 2 086 1 927 2 152 2 267 2 192 2 010 2 160 2 143 2 050 1 920
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 - - - -
Population 1 812 1 660 1 512 1 579 1 608 - - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2013.

Patrimoine.png Patrimoine

Repère géographique.png Repères géographiques

Carte de la Principauté de Salm

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
PERRET-HELLUY 10/1843 - 10/1876  
Léon MESSIER 10/1876 - 05/1896  
Constant FERRY 05/1896 - 05/1901  
Léon MESSIER 05/1901 - 06/1911 Docteur  
Charles CLAVE 06/1911 - 07/1912  
Edmond BENOIT 07/1912 - 1919  
Emile FOURNIER 12/1919 - 1970 Jean-Baptiste DIEDLER Maire de Guerre 04/04/1944 - 31/05/1945  
Yvette FOURNIER 12/1970 - 1989  
Jean NOUVIER 1989 - 2001  
Bernard MULLER 2001 - (2020)  
- -  


CF. Mairesgenweb & Les Maires

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  


Autres familles notables

Charles MESSIER ; 26 juin 1730 - 12 avril 1817 ; auteur d'observations astronomiques

Jean Baptiste CLAUDOT, dit CLAUDOT de Nancy ; 1733-1805 ; peintre paysagiste et décorateur ; [15]; sa généalogie est sur Geneanet, arbre de Richard Claudon [16]

Famille BRISSON ; à l'origine des BRISSON du Canada [17] ; généalogie sur Geneanet, site de René Arbour [18]

Famille FENAL, propriétaires de la faïencerie


Les médaillés :

Les titulaires de la Légion d'Honneur

Médaille - Légion d'honneur.png
Prénom(s) NOM Naissance Décès Observations
 
 

Voir les 26 notices (en renseignant simplement le nom de la ville).

Les médaillés de Sainte-Hélène

La médaille de Sainte Hélène, créée par Napoléon III, récompense les 405000 soldats encore vivants en 1857, qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de 1792-1815.

Medaille st helene 2.jpg
Prénom(s) NOM Naissance Décès Observations
ANDRE Dominique 24 septembre 1793
Badonviller
après 1857 Domicilié à Badonviller. Sergent. 23e de ligne, 87e de ligne. Armée du Rhin - Légion de la Meurthe.

Période : 1812 - 1816. Blessé par balle à la jambe droite à l'Armée du Rhin.  

 


Les émigrés en Algérie

  • POUSSARDIN François, né le 29/05/1801 à Badonviller, décédé le 18/01/1875 à Sidi-bel-Abbès (Oran), cultivateur à Sidi-Lhassen, commune de Sidi-bel-Abbès, fils de François (o 09/03/1763 Neuviller-lès-Badonviller) et de Marie Madeleine BARBIER (o ca. 1763, + av. 09/1822).

Il épouse à Celles-sur-Plaine (Vosges), le 19/11/1832, Marie Catherine BOUDOT, née le 26/07/1801 à Celles-sur-Plaine, décédée le 28/08/1868 à Sidi-Lhassen (filiation non trouvée). Ils auront au moins une fille (et sûrement d'autres enfants) :

- Marie Catherine, née le 26/09/1833 à Celles-sur-Plaine, qui épouse à Celles-sur-Plaine vers novembre 1849, Simon GOBIN, né le 10/01/1826 à Celles-sur-Plaine, décédé le 18/10/1866 à Sidi-Lhassen, cultivateur en ce lieu. Le couple aura deux enfants : Jean-Baptiste Léopold (o 1852) et Marie Victorine (o 1857), qui partiront en Algérie.
Veuve, Marie Catherine épousera en secondes noces à Détrie (Sidi-Lhassen), le 04/02/1869, Joseph VEBER, né vers 1837 à Obermünsterthal (Bade, Allemagne), cultivateur à Sidi-Lhassen. On ne sait pas s'il y eut des enfants de cette seconde union.

François POUSSARDIN demande en 1875 une concession en faveur de ses petits-enfants :

- Extrait d'un dossier de demande d'une concession agricole en Algérie (orthographe respectée) :

"Bel Abbès 8 janvier 1875. A Monsieur, le Préfet, du Département d'Oran. Monsieur le Préfet, J'ai l'honneur de m'adresser à votre bonté bien connue de tous pour vous prier de bien vouloir accorder une concession (...) en faveur de mes Petits Enfants, GOBIN Jean Baptiste Léopold Et Marie Victorine sa soeur, qui sont mes seuls soutiens à moi âgé de 72 ans, ne pouvant plus travailler, Et de leur Mère affectée de la Vue, près qu'à Veugle. Leur Père mourut il y a 6 ans, moi étant âgé, obligé de faire faire mes travaux par mains Etrangères, après avoir perdu mon Epouse il y a 8 ans, ma maison à tombé en décadence.

Après partage de mes Enfants, malheureux dans de fâcheuses Facheuses (sic), Spéculations d'agrandissement, et pertes d'animaux. Obligé de répondre pour eux à mes gendres, je me trouve Obéré. Mais il reste à mes Vertueux petits enfants, le talent, l'amour du travail, l'amour de la Famille, 4 mulets, 1 cheval, tous garnis, 2 charrettes, 1 tombereau, 5 charrues, 2 herses, et tout matériel pour culture.

Vingt hectares semés en location. Nés en Afrique, Et en Vue de mon âge, mon petit fils, n'a pas été Appellé au Service. Agé de 23 ans, sa soeur 19, ne veulent pas se Marier afin de me soutenir, ainsi que leur Mère, Monsieur le Préfet. J'insiste pour car en cas que mon Petit fils soit Obligé de prendre les Armes, je ne l'empêcherais pas, moi Ancien Serviteur de Louis XVIII Et Louis Philippe. Mais, nous avons de bons Alliés, qui sont nos amis, les Familles Lenormand et Ronceau, réunis à eux, on se donnera la main, tant dans les Maladies, que pour le travail. Et l'on forme en Algérie de ces Familles Patriarchales, Comme on en Voit en Bretagne, et autres Pays d'Europe.

J'ose espérer Monsieur le Préfet Que vous prendrez en considération Ce que dessus. Que j'aurais le bonheur d'être Votre humble reconnaissant, Et très respectueux serviteur.

Ne peut signer. François Poussardin. Cultivateur, Banlieue Bel-Abbès."

("La revue française de Généalogie et d'Histoire des familles", numéro spécial, M.01368).

Franoois POUSSARDIN avait un frère :

POUSSARDIN Jean Nicolas, né ?, décédé le 04/10/1856 à Sidi-bel-Abbès (Oran), qui épouse avant 1839 Magdeleine POUSSARDIN, d'où :

- Marie Victorine POUSSARDIN, née le 29/07/1839 à Badonviller, décédée le 01/08/1869 à Sidi-bel-Abbès, qui épouse à Sidi-Lhassen, le 15/09/1858, Joseph Michel NOGUE, né le 12/07/1826 à Céret (Pyrénées-Orientales), décédé le 25/02/1892 à Mascara (Oran), cultivateur, d'où quatre enfants :
- Joseph Victor (o 1859 Mostaganem, Oran).
- Célestin Charles (o 1862 Mostaganem).
- Jules (mort-né en 1865 à Saint-Denis-du-Sig, Oran).
- Marie Madeleine (o 1867 Sidi-Lhassen).



Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin 9h30 - 12h 9h30 - 12h 9h30 - 12h 9h30 - 12h 9h30 - 12h 10h - 12h
Après-midi 15h - 17h 15h - 17h 15h - 17h 15h - 17h 15h - 17h
Commune.png

Mairie
Adresse : 24, avenue du Maréchal Foch - 54540 BADONVILLER

Tél : 03.83.42.10.52 - Fax : 03.83.42.19.47

Courriel : secretariat@ville-badonviller.fr - Courriel

Site internet : Site de la Mairie

GPS : ° / ° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire :

Source : ()


Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés

>> Voir la liste complète sur Geneanet

Cimetières


Informations pratiques

Certains registres manquent dans la Série communale :

Baptêmes : du 15 06 1740 à 31 12 1764 ;

Mariages et Décès : du 24 02 1731 au 31 12 1764;

Dépouillements des registres paroissiaux, et autres documents nominatifs

  • Partage du Comté de Salm de 1598; ce partage a donné l'occasion aux seigneurs concernés de dresser la liste nonimative des habitants des différenst villages, dont celui-ci.

Archives notariales

Remarques

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie


Louis SCHAUDEL, de l'Académie Stanislas ; Les Comtes de Salm et l'abbaye de Senones aux XII ème et XIII ème siècle ; contribution à l'histoire de Senones, Pierre Percée, Badonviller, Blamont, Deneuvre ; édition Nancy Paris Strasbourg 1921 ; cote D 156 942 au catalogue de la BNU [19]

Louis SCHAUDEL ; Badonviller ; 1914 ; cote n D 192 720 au catalogue de la BNU [20]


Voir aussi

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