52093 - Prêtre - Claude Auguste CORDELET - Chalindrey

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Claude Auguste CORDELET ( - 1793)

Au mois d’avril 1774, M. CORDELET, natif de Fontaine-Française, est nommé curé de Chalindrey. L’acte le plus important de son administration est la réception des reliques de Saint-Vital. Maître Jean-Baptiste FOURCAULT, religieux de l’ordre de Saint-François, grand ornithologiste du duc de Parme et de Plaisance, membre des académies savantes de Paris, Lyon, Boulogne etc, oncle de M. CORDELET, s’était transporté à Rome lors de la tenue du conclave dans lequel Pie VI fut établi souverain pontife, à obtenu de sa sainteté le corps entier de Saint-Vital martyr, pour être envoyé en France et déposé en l’église paroissiale de Saint-Gengoulf du bourg de Chalindrey.

Ces précieuses reliques ayant été enchâssées et transportées depuis Rome jusqu’à Langres, en l’année 1775, ont été remises d’abord entre les mains de Monseigneur de la LUZERNE, évêque de Langres, qui les a ouvertes, visitées et reconnues avec l’exactitude et les formalités requises, et les a conservées dans l’église du séminaire jusqu’au 1er avril 1777. En ce jour, 3, fête de Pâques, CORDELET accompagné de Messieurs les curés des villages voisins à la tête de leurs paroisse s’est transporté en ordre de procession jusqu’au delà du village de Corlée ou Messieurs les curés et chapelains de Saint-Amâtre et du Séminaire, suivis d‘une foule nombreuse de Langres, se sont présentés portant sur des brancards, la châsse renferment les reliques de Saint-Vital.

Après les saluts et témoignages de reconnaissance rendus, le sacré dépôt fut reçu par le curé de Chalindrey qui rapporta le saint corps dans sa paroisse au chant des hymnes et des cantiques et le déposa dans l’église du dit lieu au milieu d’un concours de gens de tous âges, de tous sexes et de toutes conditions, en présence de MM. VOISIN curé de Rosoy, BRUGNONCE vicaire de Chaudenay, HUGOT curé de Corgirnon, TRESSE curé de Torcenay, VANNIER vicaire de Culmont, ECUREL curé prieur de Saint-Vallier, AGNUS curé de Corlée, GALLIER curé prieur de Balesmes, DURANT curé du Pailly, GREPINET vicaire de Palaiseul, POPON vicaire de Violot, CAUBLOT curé des Loges et plusieurs autres.

Un autel fut fait exprès pour exécuter une ordonnance de Monseigneur de la LUZERNE et aujourd’hui encore les Saintes reliques y reposent.

Lorsque l’église de Chalindrey fut enrichie de ce précieux trésor, on vit de toute part accourir les infirmes, les malades, les affligés et un grand nombre s’en retournèrent guéris ou soulagés comme en fond foi les ex-votos que l’on voyait suspendus aux murs de la chapelle.

Maintenant que la révolution a passé parmi nous, on voit moins d’étrangers qu’autrefois, mais la dévotion à Saint-Vital est toujours très grande à Chalindrey.

La châsse est restée intacte jusqu’en 1792. Alors le curé intrus osa l’ouvrir, brisa le vase qui contenait le sang du Saint Martyr, mais il n’eut pas la hardiesse de toucher aux ossements, ils sont encore tels que Monseigneur de la LUZERNE les a placés.

Les évêques qui se sont succédés sur le siège de Langres ont visité les reliques, mais sans toucher au sceau du Cardinal qui n’a pas encore été rompu.

L’inscription gravée sur le marbre blanc et la châsse elle-même ont été envoyées de Rome, il n’y a rien de remarquable dans la façon, mais ce sont des témoins d’une époque peu éloignée de nous, si l’on considère les dates mais déjà fort anciennes si l’on fait attention aux choses qui se sont accomplies et aux changements qui ont eu lieu dans les mœurs de la société.

On voit que M. CORDELET remplissait exactement les devoirs de son ministère, témoin de plusieurs réhabilitations de mariages, entre autre de celui de Christophe METTRIER et de Marie THYRION qui sans le savoir étaient parents au 4e degré.

Les registres font mention de la bénédiction d’une croix de Champigny faite le 23 novembre 1783 par M. CORDELET avec autorisation expresse de Monseigneur de la LUZERNE. Toute la paroisse assistait à la cérémonie et M. TASSEL qui n’était pas encore prêtre en a signé le procès verbal. On ignore aujourd’hui l’endroit où cette croix était érigée.

Cette même année résidait à Chalindrey François Martial LEROYER Baron de Fontenay, capitaine de dragons, chevalier des ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel, marié à Armande Louise Angélique de LOPES-DE-LA-FARE. Personne jusqu'à aujourd'hui n’a pu me renseigner sur la présence à Chalindrey de ce noble personnage qu’on ne trouve ni avant, ni après cette époque. Au baptême de Charlotte Juste Angélique Catherine Clémentine, sa fille, on voit apparaître pour parrain un Maréchal de France.

Cependant, depuis la séparation de Culmont, M. CORDELET pouvait suffire à la besogne, il n’avait point de vicaire résidant. Les vicaires de Chalindrey demeurant à Culmont furent MM. VENNIER du 16 avril 1774, PROVENCHERE en 1783, HUGUENIN en 1785, SOMMIER en 1786, TESTEVIDE en 1789.

Mais en 1787, M. CORDELET étant tombé malade, fit venir son neveu, M. DECOURCELLES prêtre du diocèse qui administra la paroisse en qualité de vicaire desservant depuis de septembre jusqu’au mois de novembre. L’année suivante il reparaît comme délégué et administre la paroisse depuis le 4 février 1788 jusqu’au 2 mai 1789 ; il fait toutes les fonctions de curé, cependant les actes paraissent écrits de la main de M. CORDELET, à la fin il ne prend plus de titre et signe : prêtre du diocèse.

Le 18 octobre 1789, mourut dans la maison de Chalindrey, M. TASSEL avocat au parlement baillage et présidial de Langres, Bailly du bailliage du Pailly et dépendances, lieutenant de Chalindrey. Il fut enterré le lendemain au cimetière de Saint-Martin. Au convoi assistait M. l’abbé TASSEL, diacre, fils du défunt, M. MESSAGER qui devint plus tard curé de Noidant-le-Rocheux et M. l’abbé PIGNARD chef de la psalette de Saint-Martin de Langres.

Le 22 décembre 1789, un grand crime fut commis à Chalindrey. On trouva assassiné dans sa maison Anne BENOIST veuve de François REGNIER, sage-femme âgée de 80 ans. On eut de très forts soupçons, mais, les preuves manquant, les auteurs de ce meurtre ne furent punis que par la justice de Dieu et le jugement de l’opinion qui poursuit leur mémoire ainsi que celle de leurs enfants.

M. CORDELET, par suite de son âge et de ses infirmités ne pouvait plus se passer de vicaire, son neveu ne demeurait plus avec lui depuis un an, il fut donc obligé de prendre un autre prêtre. Monsieur MESSAGER, jeune prêtre de Corlée, fut désigné pour remplir les fonctions de vicaire à Chalindrey.

Il ne resta que quelques jours, car entré en exercice le 23 mai 1790, il en sort le 1er juin. Monsieur François Rémi TASSEL le remplaça le 6 juin 1790 comme prêtre sans titre et dès le mois d’août il est nommé vicaire.

Les temps alors étaient mauvais, les idées révolutionnaires marchaient vite, faisant invasion dans le peuple. Le gouvernement décréta une religion de l’état, une église nationale à laquelle on exigeât le serment de tous les curés sous peine d’exportation ou même de mort. On proposa donc cet unique serment à M. CORDELET qui, fidèle à ses principes, refusa de le prêter. Il fut alors forcé de quitter sa paroisse pour se retirer à Fontaine-Française son pays natal (1792). Son exil ne fut pas de longue durée, car moins d’un an après, en 1793, il rendit son âme à Dieu.

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