52093 - La paroisse - Chalindrey

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La paroisse de Chalindrey

Ce que nous allons dire dans cet article et dans les suivants est tiré des archives de la fabrique et de la Mairie. La tradition locale nous a aussi fourni de précieux renseignements sur quelques points. Nous indiquerons soigneusement les autres sources où nous aurons puisé.

La paroisse de Chalindrey était primitivement composée de Chalindrey proprement dit, du Pailly, de Culmont, des Archots, du Foultot, du Cognelot, et des différentes fermes répandues sur son territoire, telles que les Gingeoles, Champagney, le Douay, Champ-Fleuri, Monsignot.

Tous les habitants venaient aux offices à l’église Paroissiale élevée au milieu du cimetière dit « Saint-Martin », car ni Culmont, ni le Pailly n’étaient succursales. Ils possédaient seulement chacun une chapelle où l’on disait peut-être quelque fois la messe pendant la semaine mais qui n’avait aucun titre.

La Chapelle du Pailly était dédiée à Saint-Jean-Baptiste. Elle avait un cimetière car nous trouvons dans les registres que les enterrements y étaient faits, les personnes importantes étaient inhumées dans la chapelle même. Il aurait été trop difficile, surtout par les chemins de cette époque, de transporter les morts à la paroisse ; le curé ou son vicaire allait donc procéder aux inhumations sur place. Cette chapelle avait aussi des fonds baptismaux pour la même raison mais il n’avait point de registre, les actes étaient consignés sur le registre de Chalindrey. Nous le croyons parce que jusqu’en 1674, aucun mariage n’y a été célébré.

Alors, le château du Pailly était habité par les SAULX-TAVANNES qui portaient le titre de Comte. La Chapelle du Pailly eut pour fondatrice Françoise de la BAULIEU, veuve du Maréchal de TAVANNES. Elle fut construite vers l’an 1600 car Étienne BOIVAULT, abbé d’Auberive, mort au Pailly en 1609, y fut enterré dans une chapelle que le maréchal avait nouvellement fait construire (Émile JOLIBOIS dans La Haute-Marne ancienne et moderne - ISBN : 2-84178-037-6). La châtelaine ayant été mécontente de la place qui lui avait été assigné dans une cérémonie religieuse à l’église de Chalindrey, probablement à cause de la présence du Seigneur de Chalindrey lui-même, format le projet de faire desservir le Pailly.

Le Comte entra probablement dans la vue de son épouse car c’est en exécution d’une clause de son testament, que la Châtelaine en question fit donation au chapitre du revenu suffisant pour entretenir un prêtre au Pailly. L’acte en fut ratifié à Paris par M. SIMIANE-de-GORDES (archives du Pailly).

Après les autorisations exigées en pareil cas, elle s’adressa au chapitre de la cathédrale de Langres, lui assigna un certain revenu avec obligation par lui, de faire célébrer les offices au Pailly. Le chapitre devient donc « curé primitif » du Pailly, y entretient un prêtre qui porta d’abord le titre de vicaire, puis celui de desservant, mais comme les vicaires du curé primitif était perpétuels, avaient la même juridiction que le curé en titre et que leur position ne différait de ces derniers que par la modicité de leur revenu, les desservants du Pailly ne tardèrent pas à être appelés curé, c’est le nom qu’ils portent dès 1711 (le dernier est M. L’abbé BERNARD).

Ainsi la chapelle Saint-Jean-Baptiste fut pourvue d’un titre vers 1674 et cesse d’appartenir à la paroisse de Chalindrey. La Chapelle de Culmont était sous le vocable de Saint-Georges ; elle n’avait point de cimetière à cause de la proximité de celui de Saint-Martin où les inhumations étaient faites ainsi que dans l’Église de Chalindrey même pour les habitants de Culmont.

Nous voyons que plusieurs fois les offices paroissiaux y sont célébrés pendant l’interdit de l’Église de 1752 à 1758. Même en d’autres temps, par une permission spéciale du Curé de Chalindrey, les mariages s’y faisaient ; on du aussi y administrer le baptême mais les registres n’en parlent pas.

Tant que l’Église fut au-dessus de la montagne entre Chalindrey et Culmont, les habitants de ce dernier pays durent moins souffrir de l’éloignement ; mais lorsqu’elle fut transportée au lieu où elle est aujourd’hui, ce dut être pour eux bien pénible de s’y rendre aussi mirent-ils tout en œuvre pour améliorer leur position.

D’abord leur chapelle fut desservie par un prêtre résidant à Chalindrey ayant le titre de vicaire de ce lieu et desservant de Culmont. Ensuite on l’érigea en succursale de Chalindrey, c’est à dire que le curé de Chalindrey l’était en même temps de Culmont ; seulement un vicaire résidant y faisait les offices à l’exception des quatre grandes fêtes de l’année, jours auxquels les habitants étaient tenus de venir à Chalindrey à moins que le curé n’aima mieux se déranger lui-même pour y aller officier. C’est ce qui se faisait ordinairement. Le Curé jouissait d’ailleurs de tous les avantages accordés par le droit à l’égard des succursales.

Cette érection eut lieu en 1773 et les choses restèrent ainsi jusqu’après la révolution de 1793 car M. TASSEL, nommé Curé de Chalindrey pendant la révolution par monseigneur de la LUZERNE eut, par là même, Culmont sous sa juridiction ; mais lors du rétablissement du culte après le concordat passé entre le souverain Pontife et Napoléon Ier, Culmont fut distrait de Chalindrey et la paroisse resta ce qu’elle est aujourd’hui. Le curé de Chalindrey depuis l’an 900 était la nomination du chapitre (Émile JOLIBOIS dans La Haute-Marne ancienne et moderne - ISBN : 2-84178-037-6).

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