52093 - La chapelle de Montrot - Chalindrey

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Patrimoine.png La chapelle de Montrot

Outre les chapelles Saint-Jean-Baptiste du Pailly et Saint-Georges de Culmont, il y en avait encore plusieurs autres disséminées sur le territoire de Chalindrey. La première et la plus ancienne était Notre-Dame-de-Montrot. Elle était bâtie au-dessus des Archots à une faible distance du bois, non loin d’une petite fontaine. Dire l’époque de la fondation de cette chapelle serait chose impossible ; car nous n’avons aucune donnée à ce sujet. Nous savons seulement qu’elle était très ancienne et ne devait pas le céder en antiquité à l’Église Saint-Martin. Elle n’avait qu’un Autel qui avait été refait au XVIe siècle. Il était dédié à la Sainte-Vierge et la statue en bois qui existe encore aujourd’hui à l’Église de Chalindrey vient de cette chapelle.

Elle passait pour miraculeuse mais nous croyons qu’on a confondu Montrot près d’Arc-en-Barrois et Montrot de Chalindrey car on attribue à Notre-Dame les mêmes faits qui sont relatés au sujet de la statue de Montrot près d’Arc. Autour de la chapelle existait un cimetière dans lequel on enterrait encore en 1713, ce qui prouve que la destruction de cette chapelle est de date récente. Non loin de la chapelle de Montrot, se trouvait un endroit désigné sous le nom de l’Hermitage. Cette chapelle n’aurait-elle pas été celle de l’Hermite. Par-là s’appliquerait le désir de se faire inhumer dans le cimetière de Montrot pour participer aux prières des pieux solitaires qui se succédaient dans ce lieu.

D’après Émile JOLIBOIS (La Haute-Marne ancienne et moderne - ISBN : 2-84178-037-6), le chapitre de Langres nommait le desservant de la chapelle de l’ancien cimetière. Or, il n’a point d’ancien cimetière si ce n’est celui de Montrot, la chapelle avait donc un desservant à la nomination du chapitre. Il s’agit bien de la chapelle de Montrot puisqu’il est dit qu’elle porte le nom de Notre-Dame et il n’y a que celle de Montrot qui soit sous ce vocable. Ce desservant, éloigné de toute habitation, simple gardien de ce sanctuaire, a bien pu porter le nom d’hermite. Ainsi tout s’explique parfaitement, ce cimetière étant nécessité par la trop grande distance qui se trouvait entre la paroisse et les paroisses et les habitations de cette partie des territoires. A la chapelle de Montrot se rattachaient donc les Archots, Champfleuri, Perigard, la Gingeole, les fermes des bois, Champagney et le Douay. Cependant plusieurs personnes, qui n’appartenaient pas à ces localités, demandaient à être enterrés dans le cimetière de Notre-Dame à laquelle on avait une grande dévotion.

Une autre chapelle avait été bâtie à Monsignot, en communauté avec le chapitre de Langres et le couvent de Saint-Geosmes. Une charte de 1248 nous apprend que les chanoines de Langres et les moines de Saint-Geosmes ayant des terres sur le finage de Chalindrey et des pays environnant ne pouvaient pas facilement transporter leurs récoltes ainsi que les dîmes qu’ils prélevaient dans leurs fermes qui étaient trop éloignées, ils firent donc société pour en construire une à Monsignot, la charte lui donne le nom de Villa. Elle règle les droits ainsi que les charges du Doyen et du Prieur du Chapitre et du couvent par rapport à la construction et à l’administration de la ferme. Chacun des deux établissements possédait la moitié de la ferme. L’étang, le four, le moulin, les foulons, seront communs. Les partages devront se faire comme ceux des revenus de Brenne, Saint-Vallier et Saint-Maurice. Par-là nous voyons que le Foultot était dépendance de Monsignot puisque l’étang, le moulin, les foulons sont communs au couvent et au chapitre. Ce n’était pas une simple ferme, mais un petit village, un hameau (villa) qui devait comprendre un nombre assez considérable d’habitants, aussi la charte donne t-elle le nom d’Église à la chapelle de cette localité. Le Foultot était donc une dépendance de Monsignot et le nom de ce hameau viendrait probablement des « foulons » qui existaient dans la Villa.

Quand la Villa fut-elle construite ? Nous ne saurions le préciser, ce fut sans doute sous Louis XIII, non pas que Gallas soit venu jusqu’à Chalindrey, mais ses troupes ont bien pu arriver jusqu’à nous. D’ailleurs, le combat de Coublanc n’était pas très éloigné de notre pays et a bien du y causer des ravages. Si Gallas n’a pas ruiné Chalindrey, les Suédois qui allaient à sa rencontre se sont rendus coupables de ce crime, il fut donc la cause de nos malheurs. Quoiqu’il en soit, on prétend que les cloches de l’église furent précipitées dans un puits où on ne les a pas retirées, on montrait encore, il y a peu d’années une dépression de terrain que l’on disait être l’endroit du puits. Mais tout cela paraît bien tenir de la fable ou de l’imagination du peuple toujours porté à croire des choses invraisemblables. Les faits d’ailleurs ne ont pas tellement éloignés qu’on en ait pu conserver le souvenir. Il n’y a pas 70 ans on voyait encore des pans de mur entiers, des portes, des fenêtres de l’habitation principale de « Moncygnon ».

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