52093 - Eglise Saint-Gengoulf - Chalindrey

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Patrimoine.png L’église Saint-Gengoulf

52093 - Carte postale - Chalindrey - 019 - Eglise.jpg

Comme on conservait l’église Saint-Martin pour le cimetière, on ne put pas bâtir la nouvelle dans le même emplacement. On avait, du reste, des raisons de la construire ailleurs. Le Chapitre de Langres était Grand Décimateur et Seigneur de Chalindrey. Comme tel, il était tenu à la majorité des frais de construction. Or dans le château qui lui appartenait et qui tombait en ruine, se trouvait une chapelle en mauvais état mais dont les matériaux pouvaient parfaitement servir. Ce motif fut déterminant et l’endroit fut choisi.

Il en est qui prétendent que la chapelle fut conservée et que les fenêtres ogivales qui en sont encore aujourd’hui appartiennent à cette chapelle dont les murs n’auraient pas été touchés, mais cette opinion n’est pas soutenable, car d’abord cette chapelle aurait eu de trop grandes proportions pour un château ; ensuite les fenêtres en question sont du XVIe siècle, époque précise de la construction de l’Église. On bâtit donc sur l’emplacement avec les matériaux de la chapelle et du château mais on n’en conserva rien.

L’Église terminée reçu pour patron Saint-Gengoulf dont les reliques avaient été transportées de Varennes à Langres et qui étaient devenues célèbres non seulement en France mais en Belgique, en Allemagne et presque en Portugal. Mais il paraît que la construction n’était pas d’une solidité bien remarquable, car dès 1752 nous voyons Monseigneur Gilbert de MONTMORIN interdire l’Église de Chalindrey qui menaçait de s’écrouler. On fait alors les offices à Culmont jusqu’en 1755, époque de la reconstruction de l’église paroissiale.

On conserve une partie de l’édifice avec les anciennes fenêtres qui existent encore ; mais la nef est rebâtie ainsi que le portail. Probablement que les fonds manquaient pour élever le clocher, car ce n’est qu’en 1773 que M. BORNE, curé de Chalindrey a posé la première pierre.

Il y a dessous un caveau dans lequel on a enterré les enfants jusqu’à la révolution de 1793. Ce doit être l’ancien caveau des Seigneurs de Chalindrey que l’on aurait conservé, ce qui indiquerait que la chapelle de leur château était précisément à cet endroit. Il n’y avait primitivement dans cette Église que trois autels : le maître Autel, celui de la Sainte-Vierge à droite et celui de Saint-Nicolas à gauche, plus tard on en construisit un 4e sous le clocher ; il porta le nom de la Croix, puis un 5e lors de la réception des reliques de Saint-Vital dont nous parlerons plus loin. C’est celui qui existe encore aujourd’hui et qui a été confectionné, sur la demande de M. CORDELET, par un sculpteur de Langres, M. JAYET pour la somme de 474 livres. En lui, pour lui faire pendant, on construit un 6e, probablement celui du Sacré-Cœur ; mais il ne portait pas alors cette dénomination, c’était l’Autel de Sainte-Anne.

Les revenus de l’Église n’étaient pas considérables, ils consistaient dans le produit d’un terrage amodié 12 émines, dans les cens ou redevance de quelques particuliers, dans les quêtes faites à l’Église, dans la relaissée des images de saints et la vente des places de banc, le tout montait à la somme de 7 ou 800 (compte de la fabrique 1766 et suivant). Malgré la modicité des recettes, l’église était bien montée en vases sacrés et en ornements. Nous lisons dans différents inventaires qu’elle possédait deux calices en argent, un ostensoir, un ciboire, un reliquaire en argent. Elle avait trois encensoirs dont un en argent, les vases d’onction en argent étaient estimés 80 livres. Les ornements étaient doubles, même triple ; il y avait la chape, 6 aubes, 4 dalmatiques, 6 surplis et du linge en quantité. Nous ne parlons pas des croix, statues, images des saints ainsi que des bannières qui étaient fort propre et en bon état, Chalindrey possédait aussi un grand nombre de reliques qui furent perdues pendant la révolution de 1793.

Il ne resta que le corps entier de Saint-Vital, donné à Rome par Pie VI en 1775 à Jean-Baptiste FOURCAULT, religieux minime, qui l’envoya en France pour être placée dans l’église de Chalindrey, où Claude Auguste CORDELET, neveu de Jean-Baptiste FOURCAULT, était curé. Ces reliques nous arriveront en 1777 avec les authentiques de Rome et l’acte de visite, reconnaissances et approbation de Monseigneur de LUZERNE. En 1793, un prêtre intrus osa ouvrir la chasse qui renferme les précieuses reliques mais il n’eut pas l’audace de rompre le cachet qui les scelle, seulement le petit vase qui contenait le sang du martyr fut brisé, il n’en reste qu’un fragment.

Après le rétablissement du culte, plusieurs reliques furent données à l’Eglise Saint-Gengoulf pour remplacer celles qui furent perdues. C’est premièrement, une portion de l’os du fémur de Saint-Gengon, donné à M. TASSEL par M. LECLER, curé de Langres avec un authentique portant que cet os a été tiré de la chasse qui se trouvait derrière le Maître autel de Saint-Mammès ; deuxièmement, une parcelle du crâne du même Saint donnée par M. BAUDOT, vicaire général du diocèse et curé de la Cathédrale ; troisièmement, deux reliques des Saints jumeaux avec les authentiques parfaitement en règle.

En 1782, Guy de GENÈVE, évêque de Langres, renferma solennellement dans une chasse d’argent, en présence du clergé et du peuple, les reliques de Saint-Gengoulf et de Saint-Grégoire évêque de Langres. Elles furent mises sur une colonne derrière le Grand autel. On prétend que dans les siècles du paganisme cette colonne supportait l’idole de Jupiter Ammon.

(l’abbé METTRIER, historien des évêques de Langres)

Cependant la population étant augmentée, l’église se trouvait insuffisante, on à résolu de l’agrandir ou plutôt de la reconstruire sur un nouveau plan, avec de plus grandes proportions.

En 1858 on se mit à l’œuvre ; une travée de l’ancienne église fut retranchée et à la place on éleva le chœur, le transept et les deux chapelles latérales. Ce travail fut accompli dans l’administration de M. MORTEL alors que M. BARBIER était curé (en creusant les fondations, on trouva dans les débris brûlés encore beaucoup de grains de blés parfaitement conservés). La commune dépensa 23 731 ? pour la construction et la confection des bancs. On a l’intention de continuer sur le même plan lorsque les ressources le permettront et que l’ancienne église ne donnera plus les garanties de solidité suffisante.

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Un jour de confirmation - 12 juin 1911

Un jour de confirmation, le 12 juin 1911.

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