52093 - Château - Chalindrey

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Patrimoine.png Le Château

Par ordre d’ancienneté, il faut placer le château au premier rang. Il serait difficile d’indiquer l’époque de la fondation. C’est de lui comme nous l’avons vu que Chalindrey tire son nom longtemps donc avant la conquête des Gaules par César, le château de Chalindrey existait dans l’emplacement que nous avons indiqué, servant de demeure au prince Lingon qui administrait le Môge sous la responsabilité des rois de Langres et la haute surveillance des rois celtiques ou gaulois, l’arrivée de César ne modifie en rien sa position car nous lisons dans les commentaires de César que le général romain se rendit maître de presque toutes les Gaules à l’exception des républiques de Langres, de Reims et quelques autres qui firent alliance avec lui, rien ne fut donc changé à Chalindrey, pendant tout le temps de la domination Romaine.

Au IIIe siècle de l’ère chrétienne, Clovia (ou Crocus), roi des vandales, profitant de la division de l’empire sous Gallien, se précipita sur la Gaule pour la ravager. Après avoir tout détruit sur son passage, il vient mettre le siège devant Langres, qui fut prise d’assaut, pillée et réduite en cendres. Il n’est pas douteux qu’en cette circonstance le château de Chalindrey si rapproché de la ville n’est eu beaucoup à en souffrir car les vandales qui se dirigeaient sur la Bourgogne et la Franche-Conté, pour se rendre à Arles, tenaient à ne rien laisser subsister derrière eux aucune place forte, dit, du diocèse de Langres. Langres commençait à peine à se relever de ses ruines lorsque, en 450, Attila, furieux de la défaite de Chalons, vint se ruer sur nos contrées qu’il rougit de sang. Après avoir détruit ou démantelé les châteaux des environs, il mis la ville au pillage et la saccagea.

Malgré tant de malheur, la puissance de Langres était encore considérable. Il est vrai que son chef ne portait plus que le nom de Comte ; mais il pouvait disposer de grandes forces. En 429, appelé au secours de Zenom, roi de Perse et empereur de Constantinople, il leva des troupes nombreuses dans le Môge, le Bassigny et les autres pays de sa dépendance, vint en Italie combattre Odoacre et Basilique qui s’étaient emparés de ce pays et y rétablissaient le paganisme. C’est en reconnaissance de ce service que Zenom envoya à Langres les reliques des trois enfants de la fournaise ; Sidrach, Misach et Abdenage, ou autrement, Anasiac, Azarias et Misaël.

Depuis le Ve siècle, les Alains, les Vandales, les Gépides ou Bourguignons s’étaient emparés des Gaules, se la partageant après avoir repoussé les Francs jusque dans leur pays de Westphalie. Les Bourguignons eurent pour leur part Besançon, Langres, Autun, Chalon, Mâcon. Le Môge appartient lui-même à la Bourgogne et le château de Chalindrey fut sous la dépendance tantôt des Heudins ou chefs Bourguignons, tantôt des rois de France, car dans ces premiers temps de notre monarchie, la Bourgogne était alternativement réunie à la Couronne ou rendue à elle, selon le caprice, la passion, les droits de conquêtes ou l’exigence des traités. Lorsque Langres fut remise à Louis IV en 937, le château de Chalindrey passa sous la régie du gouvernement de Champagne et de Brie et y demeura toujours, excepté lorsque Jean d’Ambroise, 86e évêque fut lieutenant du roi dans la Bourgogne, le Mâconnais, le Charolais et qu’il eut aussi le département de Langres.

Au moyen âge, le château de Chalindrey devint féodal, il eut ses Seigneurs qui prélevaient une certaine taxe sur les manants en retour des concessions qu’ils accordaient tant pour les bois que les pâturages. Une partie de leur possession était aussi cultivée gratis par les habitants ; cette portion du territoire porte encore aujourd’hui le nom de « Corvée ». Ce château avait sa chapelle sous laquelle était creusé un caveau qui existe encore.

Les Seigneurs de Chalindrey l’étaient en même temps d’Hortes. Il paraît que vers le XIIIe siècle, ils optèrent pour ce dernier pays et quittèrent leur résidence ordinaire. Ce changement s’explique facilement, Chalindrey n’était aux environs du château qu’un vaste marécage couvert de broussailles qui devait rendre le séjour malsain. Il n’y avait aucun de ses agréments recherchés par les grands. C’était une forteresse et rien de plus. Le village même n’était pas bâti où il est aujourd’hui, il s’étendait plus au levant, le long de la côte sur laquelle s’élevait l’Église et sur le haut de la montagne au milieu de ses haies et ses buissons dont nous avons parlé. Les ruines nombreuses que l’on trouve dans les champs voisins sont une preuve de ce que nous avançons. Ce ne fut que plus tard, lorsque l’Église fut construite dans l’emplacement actuel, que les habitants vinrent se grouper autour du clocher, car dans ces temps de foi, l’Église était le centre et le point de ralliement. On se mit donc à assécher les marais afin de pouvoir construire. Mais on ne réussit qu’à demi, car aujourd’hui encore le sous-sol est très humide et il est impossible de creuser une cave de quelque profondeur.

Malgré leur changement de domicile, les seigneurs conservaient certains droits à Chalindrey, jusqu’en 1674. C’est par suite d’une querelle de préséance que la châtelaine du Pailly en demanda l’érection en paroisse, mais le château ainsi abandonné tomba bientôt en ruine et ne garda plus rien de son ancienne splendeur. Les droits du seigneur de Chalindrey étaient purement honorifiques, car depuis longtemps ils avaient cédé une grande portion de leurs biens aux Évêques de Langres, qui, plus tard,soit par cession gratuite, soit par acquisition deviennent seigneurs en titre. C’est ainsi qu’en l’an 900, l’Évêque ARGRIN, déjà Seigneur en partie de Chalindrey, donne le village avec ses revenus au chapitre de la Cathédrale de Langres, l’Évêque prélevait moitié des dîmes sur quarante journaux de terre et vingt fauchées de pré. Cette donation est approuvée par WARNIER, archevêque de Lyon.

Par suite de cette donation, Chalindrey devint propriété du chapitre qui nommait aux différents emplois dans le pays et particulièrement à la Cure. Le Chapitre nommait aussi le desservant de la chapelle Notre-Dame de l’ancien cimetière.

Comme nous l’avons déjà dit, la justice était rendue par Ventier du chapitre.

En 1380, un chanoine de Langres sous le nom d’Obedientiaire du Môge avait un tribunal civil (M. l'abbé METTRIER, historien des Évêques de Langres).

Le Ventier ne prenait que ce qui avait rapport au travail des écorces et au prêt à intérêts. C’était plutôt un percepteur de certains droits qu’un juge, son nom seul l’indique ; qui préside aux ventes ou relaissées faites par le chapitre. Il connaissait de beaucoup de cause et avait pour cela ses jours d’audience ; mais il tenait ses grandes assises le dimanche après la Saint-Jean-Baptiste, ainsi le château après avoir appartenu aux seigneurs laïcs, passa aux Évêques en fin au chapitre qui conserve la seigneurie jusqu’à la révolution de 1793.

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