39017 - Arlay

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Arlay
Blason Arlay-39017.png
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 39 - Blason - Jura.png    Jura
Métropole
Canton Bletterans (Canton 39 03)

Blason Bletterans-39056.png   39-04   Bletterans (Ancien canton)

Code INSEE 39017
Code postal 39140
Population 723 habitants (1999)
Nom des habitants
Superficie 1411 hectares
Densité 51,24 hab./km²
Altitude Mini: 212 m
Point culminant 325 m
Coordonnées
géographiques
46.7622° / 5.5297° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
39017 - Arlay carte administrative.png
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
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HHistoire.pngistoire de la commune

Article de A. Rousset, 1853, Dictionnaire des Communes du Jura

bourg autrefois qualifié de ville, de l'arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Bletterans.

Origine Arslata, Arslatum, Arelatum, Arlacum, Arlatum, Allatum, Arla, Harlay, Arlez, est l'un des lieux les plus anciennement habités de notre province. Une foule de traditions, de croyances, de dénomination locales sont pleines des images du culte druidique. Ainsi le climat de Pierre-Levée, la colline de Pierre-Fée, le hameau de Champs-du-Feu rappelle l'existence de monuments ou de lieux d'assemblées de druides. Le petit taureau d'airain à trois cornes et sans oreilles, trouvé sur le mont de Chaze, la statuette en bronze représentant Hercule, la massue à la main, armé de la dépouille du lion de Némée, dit en Bel, jadis bois sacré, dédié à Belenus, l'Apollon gaulois, trahissent le polythéisme des Celtes. Les nombreuses médailles gauloises trouvées sur les différents points du territoire permettent de supposer qu'Arlay avait déjà quelque importance dans les Gaules, quand Jules César en fit la conquête. Arslata subit l'administration du vainqueur; il prit la physionomie d'une ville romaine et changea son nom d'Arslata en Arslatum.

On y retrouve, comme dans toutes les villes fondées ou construites par les légions, la distribution normale en trois parties distinctes: le Castrum, c'est le château bâti sur la montagne ; le Palatium, placé en dessous du castrum, et enfin la cité proprement dite. Un palais, un temple dédié à Apollon, des bains, des habitations somptueuses, s'élevèrent peu à peu dans l'ancienne bourgade gauloise ; plusieurs voies romaines la reliaient à Verdun, Chalon-sur-Saône, Lons-le-Saunier, Poligny et Besançon.

Les antiquités gallo-romaines sont si nombreuses à Arlay, qu'on ne peut remuer le sol sans trouver des fondations d'édifices, des tuileaux à rebords, des médailles, des pièces de monnaie, des statuettes, des vases, des colonnes, des mosaïques, des inscriptions, des sarcophages, des fragments de marbres précieux et toutes espèces d'objets antiques. Ces débris, comme de muets témoins, attestent la grandeur et la prospérité passées de cette petite cité.

Dévastée successivement par les Vandales, les Alains, les Suèves et les Bourguignons, cette petite ville disparut pour faire place à un établissement burgonde en 456. Son riche territoire fut compris dans le lot du souverain.

Valdalenus, duc et patrice de Bourgogne, avait un palais dans le quartier de Saint-Vincent qu'il habitait en 597. La tradition rapporte que Saint Donat, son fils, étant simple moine sous Saint Colomban, au monastère de Luxeuil, fut envoyé à Arlay pour y propager la foi, qu'il y trouva une église bâtie sur les débris du temple d'Apollon, et que, pour la desservir, il y établit, dans le palais de son père, une abbaye de moines noirs. Après avoir hérité de vastes propriétés du duc Valdelène, il donna, en 654, ses terres d'Arlay et de Domblans à l'église métropolitaine de Besançon, dont il occupait le siège épiscopal.

Au moyen-age, Arlay consistait en trois parties distinctes et isolées. La première, située au sommet de la montagne, renfermait le château et le bourg. Au pied nord-ouest de la montagne et sur son rampant, était la deuxième partie, qui comprenait un bourg et ses dépendances. La troisième partie, située en plaine à l'ouest de la précédente, consistait en un vaste quartier. Après avoir porté le nom de Saint-Vincent, il s'appela Arlay-la-Ville ou la vieille ville d'Arlay.

Château et Bourg-Dessus La tradition attribue la fondation du château à Gérard de Roussillon, comte, puis duc de la Haute Bourgogne au IXe siècle, célèbre par la lutte qu'il soutint contre Charles-le-Chauve, roi de France. cette forteresse fut successivement agrandie par le comte Étienne II, par Jean de Chalon, dit l'Antique, son fils, et par leurs successeurs.

Au moment de sa destruction, en 1479, par Louis XI, ce château, bâti sur le point le plus élevé de la montagne, consistait en un énorme donjon carré, au nord duquel en était un plus petit, servant d'arsenal et de chapelle, reliés entre eux, à l'est, par un corps de bâtiment. Un boulevard ou grosse tour ronde composée de plusieurs étages, défendait l'entrée de la cour à l'ouest. Sous le donjon principal étaient trois étages de souterrains, servant la plupart de cachots, dans lesquels on a retrouvé, en 1775, plusieurs instruments de supplice.
Ce château, bâti dans le style saxon, avait des murailles extrêmement massives; on peut encore en apprécier la gigantesque épaisseur et l'étonnante solidité. Il était percé de fenêtres à plein cintre. Dans l'embrasure de deux d'entre elles étaient des sièges en pierre.

Le Bourg-Dessus, dont l'origine doit être au moins aussi ancienne que le château, occupait entièrement le plateau de la montagne; il était entouré d'épaisses murailles angulaires. La face méridionale, qui est la seule qui subsiste encore en partie, était garnie de six tours et percée d'une porte dite de l'Epinette. La face occidentale s'étendait depuis la tour Barnaud, formant l'angle sud-ouest, à la tour Chantemerle, bâtie sur la pointe du roc, d'où la vue dominait un immense horizon. Cette tour Chantemerle pouvait bien remonter à l'époque de la castramétation romaine. Construite à une époque antérieure au château, plusieurs de ses pierres sont sculptées; sur l'une d'elles on voyait un soleil radieux, emblème de l'Apollon égyptien, ce qui ferait supposer qu'Arlay doit son existence romaine aux soldats des bords du Nil, envoyés par Auguste.

C'est du haut de la tour Chantemerle qu'on transmettait les ordres militaires au Bourg-Dessous, à l'aide d'un porte-voix, et que l'on sonnait la cloche d'alarme. La muraille septentrionale s'étendait de la tour Chantemerle à la grosse tour de la Griffone. Elle était percée d'une porte dite porte au Gallois, et flanquée de plusieurs tours. Au milieu était une tour carrée, habitée par la famille Darbonnay. Le château défendait la face orientale. Un large fossé, taillé dans le roc, logeait la muraille au midi; de tous les cotés la montagne était coupée à pic. Deux rues qui se croisaient au centre du bourg le partageait; l'une, dite la Grande Rue, conduisait, en serpentant, de la porte au Gallois à la porte de l'Epinette, et l'autre, dite de Saint-Nicolas, conduisait à la porte du château. L'église Saint-Nicolas et un petit cimetière étaient à la rencontre de ces deux rues. Plusieurs petites ruelles aboutissaient aux rues principales. Une porte communiquait du bourg au château. Les tours et les portes étaient inféodées à de riches vassaux dont elles portaient le nom. Le Bourg n'était guère peuplé que de gentilshommes. Après le siège de Louis XI en 1479, il ne restait sur la montagne que quatre maisons qui furent rasées en 1773.

On ne voit aujourd'hui aucun vestige de ce bourg, qui avait reçu une charte de franchise. L'article 1er fixe les limites de la franchise; l'article 2 exempte les habitants de toute taille, prises, aides, subvention, rançons et autres mauvaises coutumes, et les autorise à plaider tant en demandant qu'en défendant; l'article 3 dispense les hommes non nobles, de l'ost et de la chevauchée, et les oblige seulement à la garde du château et à rester munis d'armes suffisantes.

Bourge-Dessous

Le bourg-dessous se forma insensiblement au pied et sur la rampe de la montagne, au moment des guerres soutenues par Étienne II contre Otton, comte souverain de Bourgogne. Il n'était fermé que d'une simple muraille et de barrières, lorsque Jean de Chalon-Arlay, 1er du nom, résolut d'en faire un lieu considérable. Il employa un singulier moyen pour le peupler: il permit aux étrangers de toute nation et de toute religion de s'y établir, pourvu qu'ils ne fussent ni voleurs, ni traîtres, ni assassins, et leur promit protection; on vit accourir aussitôt des hérétiques, des sorciers, des sacrilèges, des blasphémateurs, des incendiaires, des faux-monnayeurs, etc. Rome et Athènes, du reste, n'eurent pas d'autres commencements. Il n'est pas étonnant qu'on ait appelé le Bourg-Dessous la Diablerie d'Arlay.

Par acte daté du château d'Abbans, en mars 1276, Jean de Chalon, baron d'Arlay, 1er du nom, accorda aux habitants de Bourg-dessous uhne charte de franchise, écrite en latin.

Tout homme qui fixait son domicile à Arlay ne pouvait, après 3 années, être réclamé ni inquiété. Un bourgeois pouvait acquérir, vendre, échanger des biens à son gré; les immeubles seuls situés dans le bourg ne pouvaient être vendus qu'à des bourgeois du lieu. Le seigneur n'avait aucun droit sur les successions des bourgeois, des marchands ambulants, des militaires, des voyageurs qui mourraient dans le bourg, laissant des héritiers.
Il fut établi un marché qui devait se tenir le mercredi de chaque semaine, à la manière de celui de Lons. (Plus tard il fut transféré au vendredi par accord avec Sellières.)
Les crimes et délits sont punis par des amendes de 3 sols et de 60 sols, perçues au profit du seigneur. Ainsi, étaient condamnés à une amende de trois sols celui qui frappait du poing ou de la paume de la main, celui qui ne contribuait pas à l'entretien des chemins, celui qui commettait des anticipations sur les biens communaux, celui qui gageait quelqu'un dans les murs du Bourg, et tout acheteur de gages qui avait des associés.
Étaient condamnés à une amende de 60 sols: celui qui mettait le désordre dans le marché, celui qui ne livrait point dans la journée les choses qu'il avait vendues, celui qui tirait son couteau, son épée, sa lance ou son sabre, pour frapper quelqu'un; celui qui lançait avec intention une pierre, si le coup restait marqué à terre ou contre un mur; celui qui tirait méchamment et aux deux mains quelqu'un par les cheveux; celui qui s'introduisait chez un bourgeois avec effraction, celui qui avait fait couler le sang d'un homme, celui qui vendait à fausse mesure, celui qui étais surpris en fornication, culotte bas, lorsque le fait était prouvé par deux témoins étrangers à la maison du seigneur, et celui qui était convaincu d'avoir nié une dette.
Restaient la miséricorde du seigneur: ceux qui avaient deux différentes mesures, une grande pour acheter et une petite pour vendre; ceux qui, sans excuse légitime, ne se rendaient point à l'arrière-ban en cas d'appel, et les usuriers.
Ceux qui ne se rendaient pas armés au ban du seigneur, payaient une amende de 7 sols.
Le cabaretiers devaient annuellement au sire une coupe de vin (6 pintes); le boulanger 12 deniers, et le cordonnier une paire de souliers.
Le seigneur se réservait du reste, l'impôt annuel de 12 deniers par toise rapinale de maisons construites dans le bourg, la banalité des fours et des moulins.
Le Bourg-Dessous, appelé simplement le Bourg d'Arlay depuis la destruction du Bourg-Dessus en [[]]1479, formait dans sa clôture un parallélogramme rectangle fermé de quatre murs réunis par quatre tours principales. Le premier de ces murs, qui servait également de clôture à la forteresse, tirait depuis la tour Chantemerle à la tour Griffone. Le second mur à l'est tirait depuis la porte et la tour de Bournu et de la Griffone à la tour du Carouge. Ce mur était flanqué de plusieurs tours, entre autres de celle dite Dame-Jeanne, placée à l'orient et sur la roche qui dominait la porte d'amont. Le troisième mur se dirigeait en droite ligne depuis la tour du Carouge à la tour du Tortelet, et remontait au couchant à la roche de Chantemerle.
Ce bourg avait trois portes principales, appelées porte de Bournu, porte d'amont et porte d'aval. Chacune d'elles était défendue par des tours. il était percé de quatre rues parallèles, dites rue Basse, Grande rue, rue Saint-Claude et rue Haute, et d'un grand nombre de ruelles.

Arlay-la-Ville

Cette partie, appelée successivement Saint-Vincent, Arlay-la-Ville, la Vieille Ville d'ARlay, consistait dans un grand quartier situé en plaine, à l'ouest des deux bourgs. Elle n'a jamais été close. Elle était divisée en plusieurs rues, appelées la rue Saint-Martin, la rue des Maréchaux, la rue de la Malatière, la grande-Rue, la rue Forestière. Son sol est jonché de débris antiques, tel que fondations d'édifices, mosaïques magnifiques, marbres précieux étrangers et fûts de colonnes. C'est là qu'étaient le palais du duc Valdelène, les bains, le temple d'Apollon, plusieurs hôpitaux, l'abbaye et l'église de Saint-Vincent. ce quartier n'existait plus au XIV ème siècle. Les habitants s'étaient retirés dans les limites des franchises du bourg.

Chaze

Chaze, Chazoy, du latin Casalia, est un terme qui désigne une sorte de faubourg, un certain nombre d'habitations au voisinage d'une ville. Ce hameau fut entièrement dépeuplé par la peste de 1636 à 1642; il n'y resta que trois familles. il fut repeuplé par des Savoyards. On raconte que, vers 1440, la rue qui du pré des Muttes s'élève vers le mont de Chaze, appelée rue Franche, reçut l'exemption du droit féodal qui pesait sur le four banal de ce lieu, à la sollicitation de Gertrude Tissot, jeune et jolie paysanne dont le prince d'Orange était devenu amoureux, et qui sut repousser les offres séduisantes de ce prince.

Corcelle

Corcelles, Courcelles, tire son nom de cortis, qui signifie métairie. Plusieurs villes anciennes du Jura ont des faubourgs qui portent ce nom, telles que ST Amour, Arbois, etc...

Juhans

Ce hameau, agréablement situé, est un fief très ancien qui appartint successivement à Henri dit de Bletterans, chevalier, à Jean-Baptiste de Chalon-Landreville, qui l'habitait en 1680, à M. de Beaurepaire, à M. Maigret de Desnes, et enfin à M. Bachot, qui y fit construire une chapelle dans sa maison en 1768. On trouva, sur la fin du dernier siècle, des scories de cuivre et les restes d'une forge qui servait à préparer les monnaies sur lesquelles on frappait l'empreinte du château. M. Plantet, jeune numismate érudit, a possédé une pièce sortie de cet atelier.
Près de Juhans était un vaste terrain appelé en Courreaux. Là était la garenne des princes de Châlon.

Le Carouge

Le carouge était un grand communal formant une place publique à l'entrée oriental du Bourg-dessous. C'est sur cette place que les seigneurs d'Arlay donnaient des fêtes, des courses de char, de chevaux, des joutes, des tournois, des jeux de bagues et autres exercices de chevalerie, à l'occasion de mariages, de naissances, de retours de la guerre de la guerre et de l'arrivée des souverains. En 1435, Louis de Chalon donna en ce lieu un tournoi à René d'Anjou, roi de Naples, lors de son départ pour ce royaume, et un autre en 1446, à l'occasion de son second mariage avec Catherine de Bretagne. Une magnifique fête fut célébrée sur cette place le 24 juin 1770, à l'occasion du mariage du Dauphin, devenu Louis XVI, avec Marie-Antoinette d'Autriche.

Proby

Proby est un ancien domaine féodal, possédé originairement par la famille Pélissonnier. Il passa, par le mariage d'une héritière de cette maison, à l'avocat Desprez, de Dijon, qui le vendit en 1673 à M. de Cavet, docteur en droit. C'est une délicieuse maison de plaisance, bâtie sur l'emplacement d'une villa romaine. Elle appartient aujourd'hui à Mme de Labarge.

Seigneurie

La baronnie d'Arlay, l'une des plus puissantes de la province, relevait directement des comtes souverains de Bourgogne. Elle était le chef-lieu de plus de 500 terres. Comme seigneurie particulières, elle comprenait Arlay, Saint-Germain les Arlay, Lombard, Vincent, Machefin, Recanoz, et Froideville. Après avoir appartenu aux rois de Bourgogne, elle passa en 1027 à Otton-Guillaume, duc et comte souverain de cette contrée.Les comtes souverains, ses successeurs, la possédèrent jusqu'en 1127, époque à laquelle elle passa à Guillaume Ier, comme héritier du comte Guillaume l'Enfant, son cousin ; Ce prince astucieux, après avoir céder ses droits à Renaud III, son frère aîné, les revendiqua en 1148, et mourut en 1174, laissant deux fils, Étienne Ier, tige de la maison de Chalon, et Gérard, tige de la maison de Vienne. Étienne Ier eut son lot Arlay, qu'il transmit à sa mort à Étienne II, son fils. Étienne II mourut à son tour en 1241, laissant pour héritier Jean de Chalon, dit le Sage ou l'Antique, mort en 1267. par suite de divers partages opérés entre les enfants de cet illustre seigneur, Arlay échu, en 1269, à Jean Ier, tige des baron d'Arlay, dont voici la suire. jean Ier mort en 1316; Hugues Ier, mort en 1322 ;Jean II, mort ver 1366 ; Hugues II, dit le cruel, mort vers1390 ; Jean III, devenu par son mariage prince d'Orange, mort vers 1418 ; Louis, dit le Bon, mort vers 1463 ; Guillaume VIII, mort en 1475 ; Jean de Chalon IV, mort en 1502 ; Philibert de Chalon, dernier rejeton de cette célèbre race, dont la courte vie a brillé d'un si vif éclat, né au château de Nozeroy six semaines avant la mort de Jean IV, son père. Il en recueillit l'opulente succession qu'il légua tout entière à son neveu, René de Nassau, fils de Claude de Chalon, sa sœur, à charge de relever le nom et les armaes de sa maison.
Les bien de la maison de Châlon passèrent ainsi à celle des Nassau.
En 1683, Jean-Alphonse, prince d'Isenghien, fit vendre ces biens en qualité de créancier, et s'en rendit adjudicataire en 1684. Il mourut en 1687, laissant pour héritiers deux fils, qui jouirent de cette terre jusqu'en 1697, époque à laquelle elle fut restituée à Guillaume III de Nassau, roi d'Angleterre, qui porta le titre de Baron d'Arlay jusqu'à sa mort arrivée en 1702. Après plusieurs années de débats entre le roi de Prusse, le prince de Conti aux droits des Longueville, et les enfants du prince d'Isenghien, ces derniers devinrent propriétaires définitifs de cette seigneurie en 1731.
Elle échut en partage à Alexandre-Baltazar de Gand, comte de Midelbourg, l'un d'eux. Ce prince la transmit en 1758, à Louise-Pauline de Gand, l'aînée de ses filles, épouse du duc de la Rochefoucault. cette dame ayant perdu la vie dans une partie de chasse, sa riche succession passa à Mme Élisabeth-Pauline de Gand de Mérode de Montmorency, princesse d'Isenghien, épouse du comte Félicité de Brancas, comte de Lauraguais. Arlay appartient aujourd'hui au prince d'Aremberg, né du mariage du duc d'Aremberg avec Melle de Lauraguais.

Guerres, sièges

Arlay fut successivement dévasté, du III° au V° siècle, par des invasions de barbares; en 923 par les Normands; en 953 par les Hongrois; de 1205 à 1227 par Otton, comte souverain de Bourgogne, dans sa guerre contre Étienne II, son compétiteur ; en 1338, par Eudes, duc de Bourgogne, en guerre contre le seigneur d'Arlay ; en 1479, par les armées de Louis XI, commandées par Craon. Louis XI était furieux de ce que Jean IV de Chalon s'était rallié au parti de Marie de Bourgogne, sa légitime souveraine. Il écrivit au duc de Craon de faire saisir ce prince, de le faire pendre et ensuite brûler. Son procès lui fut fait par contumace; l'arrêt rendu contre lui porte que, comme faux et traitre chevalier, il sera pris pour être exécuter, et faute de ce, sera pendu en effigie par les pieds, ce qui eut lieu dans plusieurs villes du duché.
Craon, qui avait reçu l'ordre de ravager les terres et de détruire les châteaux du prince d'Orange, vint assiéger Arlay. La forteresse était défendue par Aymar de Boujailles, vaillant chevalier, agé de 80 ans. ce vieillard donna un exemple admirable de dévouement. trois fois sommé de se rendre, trois fois il pronoça le plus noble refus. Les assaillants feignirent de se retirer, se ménageant des intelligences dans la place. ils montèrent subitement à l'assaut pendant la nuit et s'emparèrent du château.L'infortuné gouverneur fut pendu à la porte de l'Epinette. Le comte de Barnaud était venu s'enfermer dans la tour qu'il tenait en fief, pour la défendre. Son fils, jeune officier plein d'avenir, y perdit la vie. Les habitants, la garnison furent massacrés, le bourg et le château livrés aux flammes; le bourg-dessous ne fut pas épargné. En 1559, Arlay fut ravagé par une troupe wallone sortie de la Belgique, envoyée par Guillaume de Nassau, à l'occasion des guerres de religion. En août 1595, le duc de Biron s'empara de vive force du Bourg-Dessous; le château, depuis longtemps démantelé, se rendit à discrétion. Henri IV, logé au château de Domblans, exigea une contribution de 6000 écus. Malgré l'empressement que mirent les dames à apporter leurs joyaux, leurs bijoux, cette contribution ne put se réaliser que pour moitié. Afin de garantir le paiement du surplus, Biron prit pour ôtages huit des principaux habitants, qui furent emmenés garottés jusqu'à Lyon. Sa troupe indisciplinée, après avoir pillé les maisons, mit le feu aux faubourgs et aux quatre coins du Bourg-Dessous. deux cent habitants furent passé au fil de l'épée, et leurs corps jetés dans une fosse sous l'église Saint-Claude. le recteur de l'Hopital du saint-Esprit dit dans ses mémoires: "Jamais les eaux de la Garonne ne pourront laver le Bearnais d'un pareil méfait, Dieu lui fasse bonne justice". Au mois d'août 1637, l'armée commandée par le duc de Longueville vint, pendant la durée du siège de Bletterans, brûler Arlay. Une garnison de 60 hommes fut laissée dans les masures du château.
En 1642, le capitaine de Lacuzon reprit cette place sur les Français. Déguisé en capucin, il usa de la ruse pour faire abaisser le pont-levis et ouvrir les portes du fort. La troupe dévouée qui l'accompagnait, s'empara du commandant Raimbaud, qu'elle égorgea, et courut sur le plateau de la montagne en criant : A sac ! Ville gagnée! Lacuzon! Saint-Claude et Lacuzon! En 1668, Arlay ouvrit ses portes sans résistance aux armées de Louis XIV. Lacuzon, à la tête de 200 hommes, reprit cette ville en 1671. Au mois de mars 1674, les français en prirent définitivement possession. Une rixe sanglante s'engagea en 1715 entre les habitants de Ruffey et ceux d'Arlay. Une simple discussion entre les bergers en fut l'origine. Cette lutte serait devenue terrible sans la courageuse intervention du jeune comte de Saint-Amour et du chevalier de Marigny, qui commandaient chacun une compagnie de cavaliers logés dans ces deux bourgs.
La suppression de l'église Saint-Claude fut, dès 1748 à 1789, l'occasion de querelles fréquentes suivies de coups, entre les habitants de Bourg-Dessous et ceux d'Arlay la Ville.
Cette commune fut foulée de troupes et de contributions pendant l'occupation autrichienne.


Peste, grêles, incendies, inondations

Arlay fut ravagé par la peste en 1349, en 1481, et de 1630 à 1636. de 120 feux qui existaient en 1606, il n'en restait que 25 en 1640. En 1848 et 1849, une maladie épidémique enleva un grand nombre d'habitants. En 1714, une épizootie détruisit presque tout le bétail de cette localité. le territoire fut ravagé par des orages violents, accompagnés de grêle en 1713,1765,1775,1779 et 1781. Indépendamment des incendies qui furent la suite des guerres, Arlay eut à souffrir de terribles incendies partiels, en 1775 au bourg, à St Vincent en 1815, à Corcelles en 1852, à Chaze en 1839 et 1840, à Juhans en 1840 et au bourg les 25 juillet et 31 août 1846. Les inondations de 1840 et de 1841 enlevèrent plusieurs ponts et endommagèrent beaucoup de maisons.

Commerce, industrie ancienne.

Au moyen-age, le commerce était assez actif à Arlay. Les juifs y avaient, aux XIIIe et XIVe siècle, une table de change, dont les opérations étaient nombreuses. Il y avait un marché très fréquenté qui se tint successivement le mercredi et le vendredi de chaque semaine, sous les arcades qui existaient au dehors de la maison de MM. de Vaulchier. Il y avait en outre deux foires très anciennes, fixées au 1er août et au 23 novembre, jour de la Saint-Clément. les principaux objets qui s'y vendaient étaient le bétail rouge, les porcs, les moutons, les toiles peintes, le fil et les vieux chevaux achetés par les habitants des environs d'Orgelet pour nourrir les cochons. Il existait plusieurs moulins, des battoirs pour le chanvre et des tanneries. Au XVIIIe siècle, une fabrique d'instruments aratoires produisait des outils fort estimés.

Administration municipale

Arlay avait un régime municipal et jouissait de certaines libertés qui ne résultaient point de la concession de ses seigneurs, mais dont l'origine se retrouve dans l'organisation primitive des Burgondes.
La république de grande Communauté d'Arlay ( c'est ainsi qu'elle se qualifiait en 1584) était administrée par deux échevins et dix conseillers élus par les habitants. Les communautés d'Arlay et de Saint-Germain, démembrées l'une de l'autre au XVe siècle, choisissaient en outre chacune un prud'homme chargé de régir les biens restés communs entre elles. Chaque conseiller qui assistait au conseil recevait 4 petits blancs, et ceux qui qui y manquaient payaient 6 blancs au profit des assistants. le scribe recevait douze gros par feuillet. les séances avaient lieu dans un hôtel de ville qui avait un beffroi.

Privilège

Les bourgeois d'Arlay étaient qualifiés, dans les lettres officielles des souverains, de nobles bourgeois. Chaque lettre de bourgeoisie, délivrée après de nombreuses justifications, coûtait 80 livres. Les simples résidents payaient un droit de huit livres pour leur bien-venue. Les échevins, convoqué jusqu'en 1666 aux États de la province, faisaient les règlements de police, taxaient le pain, le vin, nommaient les gardes. Les bourgeois jouissaient du droit de chasse et de pêche sur tout le territoire.

Prévôté

La famille dite d'Arlay avait reçu, à titre héréditaire, la prévôté de ce lieu au XII ème siècle. cet officier percevait les revenus du seigneur, était capitaine du château et conduisait à la guerre les habitants. A cette fonction était attaché le droit de péage établi dans l'étendue de la seigneurie, à charge d'entretenir les chemins. ce droit se percevait à la porte d'aval. chaque juif passant et repassant par cette porte, payait 5 sols.

Baillage

Ce baillage seigneurial, relevant du parlement de Dole, était établi à l'instar des baillages royaux. Il y avait un bailli, prenant le titre de lieutenant général, un lieutenant de bailli, un procureur fiscal et un greffier. Il y avait en outre, un juge châtelain, dont les jugements étaient portés par appel devant le bailli.

Gruerie. Il y avait une justice spéciale pour les délits, et l'administration des eaux et forêts. Elle était organisée comme les maîtrises royales.

Notaires

Arlay était la résidence de deux notaires depuis le XIVe siècle. Il y avait en outre un notaire tabellion, chargé de recevoir les actes relatifs aux droits du seigneur.

Gouvernement militaire

Le château était commandé par un capitaine choisi par le seigneur, et la ville par un autre capitaine élu par les habitants.
Justice de paix.
Lors de la division de la France en justices de paix, Arlay fut érigé en chef-lieu d'un canton qui comprenait, outre ce bourg, Desnes, La Muire, l'Etoile, Plainoiseau, Quintigny, Ruffey, Saint-Didier et Saint-Germain. ce canton, qui dépendait du district de Lons-le-Saunier, fut supprimé en 1801.

Héraldique

les armoiries d'Arlay étaient de gueules, à la bande d'or chargée d'une étoile de six rais d'azur. ces armes étaient peintes sur la bannière de la commune.

Patrimoine.png Patrimoine

Églises

Église Saint-Vincent

L'église dédiée à Saint Vincent, bâtie sur les débris du temple d'apollon, existait déjà en 654. C'était une des plus anciennes du val de Seille. Elle conserva toujours le titre d'église-mère d'Arlay. Les autres n'étaient que des succursales. La propriété en fut confirmée, en 1165, à l'abbaye de Château-Chalon par un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse. Cet édifice, d'une construction lourde et massive, était à trois nefs; elle renfermait six chapelles et une multitude de pierres tombales. Elle a été démolie en 1818; son emplacement sert aujourd'hui de cimetière.

Église Saint-Nicolas

Cette église remonte à l'origine du Bourg-Dessus. La possession en fut confirmée sous le titre de chapelle, en 1165, à l'abbaye de Château-Chalon par l'empereur Frédéric. ce n'était qu'une église châtelaine, filiale de celle de Saint-Vincent. Ruinée en 1479 par Louis XI, ses débris devinrent des repaires à animaux venimeux. On continuait cependant d'y faire une procession annuelle le 23 avril, jour de fête de Saint-Georges. Mme la princesse de Lauragais la fit complètement raser en 1773.

Église et Familiarité de Saint-Claude

L'église, placée sous le vocable de Saint-Vincent et de Saint-Claude, était située à l'extrémité orientale de la rue de Saint-Claude, dans le Bourg-dessous, proche la roche dame-Jeanne.
La construction en fut ordonnée en 1266 par Jean de Chalon, dit l'Antique; mais elle ne fut commencée qu'en 1267 par les soins de Jean Ier, son fils, baron d'Arlay. Le chœur ne remontait qu'à 1445, et le cimetière à 1552. cette église était desservie par le curé de la paroisse et par un corps de familiers, qui reçut des statuts en 1442. La Familiarité était composée de quatorze membres qui devaient être nés et baptisés à Arlay, de parents bourgeois ordinaire du lieux. Cet édifice fut dévasté en 1595. Il contenait plusieurs chapelles, et en autres, celle de MM. de Vaulchier, richement décorée de peinture, de statues, de marbres précieux, etc. L'église, tombant de vétusté, fut interdite en 1752 et démolie en 1818. Son emplacement est converti en jardin.

Chapelles

Chapelle des Tartots

On ne connait pas l'origine de cette chapelle, détruite en 1680. Elle était placée au milieu d'un cimetière dans lequel on enterrait les étrangers, les Juifs, les hérétiques, les suppliciés et les personnes mortes sans confession. On a trouvé dans ce cimetière des tombeaux composés de pierres brutes assemblées sans mortier, contenant des cadavres qui avaient le visage tourné contre terre.

Chapelle des pestiférés

Cette chapelle, entourée d'un cimetière, fut fondée en 1782 au-dessus du hameau de Chaze, sur l'emplacement d'une maison féodale qui avait appartenu à la famille des d'Arlay, dits Gallois.

Chapelle du Vieux Château

Il existait une chapelle dédiée à Notre-Dame, dans l'une des grosses tours du vieux château. Elle fut détruite en 1479.

Chapelle du Châteauneuf

Mme la princesse de Lauragais fit construire dans son château une chapelle qui fut bénie en 1777.

Chapelles particulières

Il y avait une très belle chapelle dans la maison de MM. de Vaulchier, qui ne fut fermée qu'en 1791; il y en avait une autre à Juhans, dans l'habitation de M. Bachot, bénie en 1768.

Confréries On comptait à Arlay plusieurs confréries, savoir : celle de la Croix ou des Pénitents noirs, érigée en 1512 dans l'église Saint-Vincent; celle du Saint-Esprit, érigée dans la chapelle de l'hôpital en 1338; celle du Mont-Carmel et celle des Ames du Purgatoire, érigées dans l'église des Pères Minimes, l'une en 1655 et l'autre en 1664; une confrérie du Rosaire, établie en 1611, et celle du saint-Sacrement, érigées toutes deux dans l'église Saint-Claude.

Hôpitaux et charité

Hôpital Saint-Martin

Cet hospice, situé entre rivière de Seille et le chemin tirant à Ruffey, fut bâti au temps des croisades pour y recevoir les pèlerins malades. En 1584, il était en ruines; on le répara à cette époque pour y loger une femme atteinte de la lèpre. La chapelle qui en dépendait ne fut détruite qu'en 1634 par le duc de Longueville. On a trouvé en 1819, sous l'emplacement de cet édifice, des tombeaux en maçonnerie, recouverts de laves brutes, contenant des pièces de monnaies romaines.

Maladrerie

Cet hôpital, dédié à Saint-Lazare, existait à l'extrémité du territoire d'Arlay, dans un canton appelé le Carouge ou la Maladière. Il fut fondé en l'an 1100 par Étienne Ier, comte de Bourgogne. D'après les statuts de cet établissement, rédigés en 1313, chaque lépreux devait prêter serment d'obéir au maitre de la Maladrerie, de pourchasser l'honneur, les biens et les profils des échevins et de la communauté, de ne jamais faire de quête dans la ville sans être muni d'une cliquette, et de ne marcher qu'au milieu des charrières, au dessus du vent et des gens sains, de partager les aumônes avec les frères et sœurs malades, de ne jamais laver ses mains ni ses linges dans les fontaines communales, de n'assister à la messe paroissiale qu'aux quatre grandes fêtes de l'année, et encore de ne rester à l'église qu'entre le premier et dernier évangile; il devait s'agenouiller au pied de la croix de pierre placée devant la Malatière, et enfin prêter serment d'observer les statuts et de dénoncer aux échevins ceux qui tentaient d'empoisonner les fontaines et les aliments. cet hospice n'existait plus en 1524. Ses biens furent réunis à ceux de l'hôpital du Saint-Esprit d'Arlay. Une croix marque encore l'emplacement de cet édifice.

Hôpital du Saint-Esprit

Une bulle du pape, obtenue en 1301 par Hugues de Chalon, dit "le Sourd", évêque de Liège, puis archevêque de Besançon, autorisa cet établissement, qui fut doté en 1327 par Ponce d'Arlay IIe du nom, chevalier, et Guyette de Grozon, sa femme, sous le titre de Notre Dame. De 1327 à 1378, les enfants des fondateurs lui firent de nombreuses libéralité, et le placèrent sous l'ordre du saint-Esprit de Rome. Ruiné successivement en 1479 par Louis XI, en 1559 par une troupe wallone venue de la Belgique, en 1595 par Henri IV, et en 1637 par le Duc de Longue ville, il cessa d'exister à cette dernière époque. Ses biens furent réunis en 1717 à l'hôpital du Saint-Esprit de Besançon, M. Jean-François Bullet, frère du célèbre professeur de théologie, ayant été nommé à la commanderie d'Arlay par le général de l'ordre, chercha à relever ce monument de ses propres mains. Il fut trouvé écrasé en 1759 dans une carrière de Chaze. Cet hôpital fut dirigé par un frère hospitalier ayant le titre de recteur, fut desservi d'abord par des frères hospitaliers laïques, puis par des religieuses. Il était destiné à recevoir des pauvres, les infirmes, les enfants trouvés, et à donner l'hospitalité à ceux qui le demanderaient. Les seigneurs d'Arlay en avaient la garde et en étaient les protecteurs. La chapelle fut fondée en 1364 par Guillaume d'Arlay et dédiée au Saint-Esprit.

Bureau de charité. Un bureau de charité avait été établi par lettres-patentes du mois de mai 1788. L'administration en était confiée à plusieurs membres ecclésiastiques et laïques. Il eut la permission d'acquérir jusqu'à concurrence de 13 400 fr. d'immeubles.

Monastères

Abbaye de Saint-Vincent

L'abbaye de Saint-Vincent fut établie par saint-Donat, évêque de Besançon au VIIe siècle et détruite au Xe siècle par les Normands. Elle était habitée par des moines noirs.

Couvent des Clarisses

Les seigneurs d'Arlay avaient établi, au milieu du XIIIe siècle, un couvent de Clarisses dans le Bourg-Dessus, près de de l'église Saint-Nicolas qui leur servait de chapelle. Ces pieuses filles, toujours entourées d'une soldatesque indisciplinée, se retirèrent en 1352 dans la solitude de Migette.

Couvent des Minimes

Les minimes furent établis en France par saint François de Paule en 1440, et admis en Franche-Comté en 1619. Un couvent de leur ordre fut fondé à Arlay, le 14 août 1622, pour quatre religieux. Le supérieur acheta de Dorothée Pelissonnier, épouse de Jean de Ronchaux, une vieille maison à laquelle on ajouta une chapelle et un cloître. cet édifice étant devenu insuffisant, les minimes construisirent en 1655, sur la pente de la montagne, un nouveau monastère qui fut considéré comme l'un des plus beaux de l'ordre. Leur chapelle servit quelques temps d'église paroissiale. Elle était richement ornée. Sur les instances du curé d'Arlay, ce couvent fut supprimé, au grand regret des religieux et des habitants, par lettres-patentes du roi des 23 septembre 1769 et 16 juin 1770, et réuni à celui d'Arbois. Les bâtiments ont été achetés en 1773 par Mme la princesse de Lauraguais, qui en a fait le château actuel.

Ermitage

Jean-Baptiste de Chalon-Landreville fonda l'ermitage d'Arlay en 1680. Il y appela des ermites de l'ordre de Notre Dame du Mont-Sarra en Espagne. Une délibération municipale du 4 décembre 1680 permit à des anachorètes de l'institut de Saint-Jean-Baptiste de venir s'établir dans ce lieu, à condition qu'ils auraient toujours un prêtre parmi eux, qu'ils enseigneraient aux enfants le catéchisme, la lecture et l'écriture, et qu'ils ne quêteraient point dans la paroisse. Le bâtiment fut construit sur l'emplacement de l'ancienne chapelle des Tartots. Il se composait d'une vaste chapelle, d'une sacristie, d'un réfectoire servant de salle d'étude, de quelques cellules au-dessus, et d'un corps de logis, servant d'écurie, de cuverie et d'atelier pour le tissage des grossières étoffes de laine dont se couvraient les ermites. Le nombres des ces anachorètes était ordinairement de quatre. Il s'éleva cependant jusqu'à sept.

Croix

Il existait plusieurs croix disséminées sur le territoire d'Arlay. On en voyait une très ancienne du côté de Ruffey, qu'on appelait la croix de miséricorde. Le champ dans lequel elle était plantée était un lieu d'asile. Il y en avait une autre devant l'hôpital de la Malatière, où se rend encore chaque année la procession des Rogations, une troisième en pierre sur la margelle du pont St. Vincent, une quatrième à la sortie d'Arlay, sur le chemin de Vincent, destinée à remplacer une colonne millaire placée sur la voie romaine d'Arlay à Verdun, une cinquième sur les Levées, qui upplanta un dolmen celtique, et une autre très belle devant l'hôpital du Saint-Esprit. On en remarquait enfin une dernière à l'embranchement de l'ancienne vois romaine venant de Poligny. Elle était placée sur un monticule, dans l'intérieur duquel on trouva une large lave brute qui recouvrait le squelette d'un homme dont les os étaient d'une longueur et d'une grosseur extraordinaires.

Halles, auditoire et prison

En 1276, Jean Ier, baron d'Arlay, fit construire des halles au Bourg-dessous pour la vente des grains et marchandises, et pour la tenue des foires et des marchés. Dans ce bâtiment était placée la salle d'audience du juge local, du châtelain, du bailli et du gruyer. À l'un des angles était attaché le carcan ou collier de fer, dans lequel les malfaiteurs étaient retenus et exposés en public. Les halles furent incendiées en 1637 et leur emplacement vendu en 1702. En 1700, les agents de Guillaume de Nassau, roi d'Angleterre, firent reconstruire une nouvelle salle d'audience. Il y avait, au-dessous une cave profonde qui servait de prison. C'était un cachot infect, privé de lumière, dans lequel on n'arrivait qu'au moyen de sauts très dangereux.

Collège. En 1591, Phibert et Claude Pélissonnier, frères, écuyers, fondèrent un collège dirigé par un principal et des professeurs choisis par le magistrat. Il y avait en outre une école de filles, dotée par Mlle Claudet en 1765.

État actuel

La première pensée qui frappe quand on jette les yeux sur Arlay, c'est celle d'une fortune tombée et d'une grandeur déchue. Sa physionomie a quelque chose d'austère et de mélancolique qui fait rêver. Les ruines du château sont d'un aspect majestueux. Mme de Lauraguais, venant visiter sa terre d'Arlay en 1773, fut tellement enchantée de son site, qu'elle résolu aussitôt d'y fixer son séjour. Elle acheta le couvent des Minimes, dont elle fit le château qu'on admire aujourd'hui. Elle convertit toute la montagne en bosquets délicieux. Sur les débris de l'ancien donjon, elle fit élever deux pavillons dans lesquels les bals, les fêtes se succédaient sans interruption. En 1775, cette princesse fit inviter les seigneurs de Franche-Comté, qui relevaient d'elle, à se rendre à Arlay, chef-lieu de ses terres, pour reprendre de fief entre ses mains, et les maires et échevins des communauté à venir faire reconnaissance de ses droits. Dès qu'on fut prévenu de l'arrivée de cette puissante suzeraine dans la province, la noblesse, les dignitaires, les corps de villes de la seigneurie, se hâtèrent de venir la visiter et la complimenter. Le roi de Prusse seul, le grand Frédéric, refusa de faire hommage pour son comté de Neuchâtel. Il répondit au messager chargé de lui remettre l'invitation, « que si le seigneur d'Arlay persistait à avoir sa visite, il fallait préparer des logements pour 3 000 chevaux; que le grand Frédéric ne voyageait jamais autrement. » on comprend fort bien que Mme de Lauraguais se soucia fort peu d'un hommage aussi dispendieux.
Tous les vassaux relevant de la terre d'Arlay vinrent prêter serment de fidélité.
Chaque communauté envoya les produits les plus renommés de son sol.
Ces visites, ces députations durèrent pendant toute la belle saisin et furent l'occasion de fêtes splendides. Arlay était devenu un véritable Versailles.

Église

L'église paroissiale de Saint-Vincent, patron de la paroisse, dont la fête se célèbre le 22 janvier, a été construite en 1818, au moyen du don fait par M. Alexis Bailly de Chissey, né à Sainte-Agnès, qui fut curé d'Arlay de 1739 à 1787, époque de sa mort. Elle est à trois nefs, d'un aspect simple et pourtant imposant; deux vitraux colorié, représentant, l'un Saint-Claude, et l'autre Saint-Vincent, ont été peints avec beaucoup de talent par un artiste de Saint Claude et placés en 1852. Parmi un certain nombre de tableaux on en remarque un fort beau, placé au fond du chœur, donné en 1820 par Melle Vaulchier, et peint par elle-même. M. Jacquier qui a présidé à la construction de cet édifice en qualité de maire, a eu le bon esprit de faire incruster dans les murailles latérales, différentes pierres tombales, portant des inscriptions en lettres gothiques, qui provenaient des anciennes églises démolies.

Nous invitons les voyageurs à visiter les ruines de l'ancien château , d'où la vue s'égare sur un magnifique horizon, le château moderne (construit au XVIIIe siècle), l'église Saint-Vincent, l'ancien Hôpital du Saint-Esprit et la belle croix placée au-devant, la maison à l'aspect féodal, habitée successivement par les familles Pélissonnier et de Vaulchier, et aujourd'hui par M. le colonel Regaud.

Repère géographique.png Repères géographiques

Arlay est situé à environ 12 kilomètres au nord de Lons-le-Saunier.

Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 1 353 1 385 1 343 1 579 1 734 1 705 1 638 1 601 1 526 1 388
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 1 407 1 444 1 360 1 409 1 238 1 232 1 113 1 098 1 068 1 088
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 1 052 890 847 824 807 704 697 687 621 610
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population 611 664 723 702 737 1 232 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2015 & 2016.

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

39017 - Arlay-rue du village.jpg

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
- -  
- -  
- -  
- -  
- -  
Guy BILLOD 1988 - 2008  
Jeanine CHAMPROBERT 2008 - 2008  
Michel GRAPPIN Décembre 2008 - Janvier 2009  
Christian BRUCHON Janvier 2009 - 2015  

Cf. : Mairesgenweb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  


Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés

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Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin de 09h00 à12h00 - de 09h00 à12h00 de 09h00 à12h00 - - -
Après-midi de 14h00 à 17h30 de 14h00 à 18h30 - de 14h00 à 17h30 de 17h00 à 18h30 - -
Commune.png

Mairie
Adresse : - 39140 ARLAY

Tél : 03 84 85 01 37 - Fax : 03 84 85 01 37

Courriel :

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Source : http://www.annuaire-mairie.fr ()

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