25611 - La Vèze

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La Vèze
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 25 - Blason - Doubs.png    Doubs
Métropole
Canton Blason Besançon-25056.png   25-06   Besançon-Sud
Code INSEE 25611
Code postal 25660
Population 437 habitants (1999)
Nom des habitants Les Vèziers
Superficie 527 hectares
Densité 82 hab./km²
Altitude Mini: 386 m
Point culminant 470 m
Coordonnées
géographiques
47.2117° / 6.0683° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
250px
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

HHistoire.pngistoire de la commune

Ancien Régime et Révolution

La commune dépendait de la cité de Besançon.

XIXe-XXe siècles

Arrondissement de Besançon, canton de Besançon-Sud, commune créée en 1835.

La Vèze, lieu désert et amplement boisé, nous est révélée entre le VIIIe et le XVe siècle lors de la venue à Besançon de personnages de haut rang.

Ce territoire dépend alors de la ville de Besançon et c'est en ce lieu, point extrême de la cité, et seule issue praticable vers les plateaux, que magistrats et notables vont accueillir leurs hôtes.

Nombreux sont les historiens qui considèrent ce chemin qui traverse La Vèze, comme une voie antique, probablement romaine, qui permettait de relier Pontarlier et Ornans à Besançon, par des itinéraires qui, à l'approche de cette dernière ville, se sont souvent modifiés au cours des temps. Cet important trafic routier aurait dû laisser de nombreuses traces archéologiques. Or, un unique denier fourré de Thibère (Musée de Besançon) figure parmi les découvertes effectuées en ce lieu.

A l'écart de la ville, la présence d'une maladrerie citée dès le XIIIe siècle paraît confirmée l'importance de cette voie de communication, qui sera pratiquée jusqu'au XIXe siècle.

Les magistrats de Besançon, seigneurs du lieu, consentent des acensements à La Vèze dès 1233, et font également procéder au défrichement d'une partie de la forêt d'Aglans. Quant à l'habitat autre que la léproserie, il se serait développé au XVe siècle. Mais en 1516 la possession de ce territoire semble contesté, une enquête est effectuée sans résultats d'ailleurs, par le Maître François de Marenches afin de prouver que La Vèze est du Comté de Bourgogne et non de la banlieue de la cité.

Mais les seigneurs-magistrats perçoivent toujours des acensements sur les terres de La Vèze, qui sont en majorité exploitées par des métayers de nationalité étrangère et principalement savoyarde.

Il semble que sous la Révolution, ces métayers aient profité des lois du moment pour s'accaparer des terres, qui antérieurement leur étaient acensées, et cesser de verser à leur seigneur, le cens annuel.

Lors des dernières guerres napoléoniennes, alors que les armées autrichiennes s'apprêtent à faire le blocus de

Besançon, La Vèze est occupée le 7 janvier 1814 par les troupes du 5e bataillon de chasseurs ennemi, et le général Beck s'installe à la cure. Chaque jour, cette garnison va prendre position à la chapelle des Buis et à la ferme Labrot.

L'occupation passée, l'administration française reprend ses prérogatives, et le hameau et les terres de La Vèze qui

font partie du patrimoine de la ville de Besançon, sont ainsi administrés par l'autorité municipale bisontine.

Cette dernière, qui sous la Révolution a perdu ses fermes de La Vèze et leurs revenus constate, contre son gré, un développement démographique du hameau auquel elle doit subvenir. Ainsi la ville de Besançon pourvoit aux dépenses de voirie, des fontaines, de l'instruction publique, du culte, et de tout ce qui est nécessaire à une communauté.

Cette gestion est rendue difficile par l'éloignement du hameau de La Vèze, que la construction de la citadelle et la suppression de la voie qui la traversait par le maréchal Vauban, a encore accru.

Afin d'obvier à ces inconvénients, le conseil municipal dote le hameau d'une structure équivalente à un bourg. Il y nomme garde-forestier, garde-champêtre, et même un agent de police. Or, il apparaît que c'est ce fonctionnaire municipal qui fut l'instigateur de cette vague indépendantiste, qui souffla sur La Vèze au cours du XIXe siècle.

C'est en 1822, qu'une première pétition signée de 50 habitants sur 500 parvient au maire de Besançon, afin de demander le détachement de la cité bisontine, de leur hameau, de ses terres, et de ses bois. Une seconde pétition signée par 27 habitants prie, au contraire, le maire de rejeter cette proposition de séparation, qui ne peut conduire qu'à la ruine, et à la perte de ses habitants.

Cette première tentative ne paraît pas avoir retenu l'attention des autorités, mais en 1833, une nouvelle pétition de 60 signatures parvient au préfet, qui désigne une commission de notables, chargée d'examiner le bien-fondé de cette revendication.

Il en résulte, que les vues des pétitionnaires du hameau de La Vèze, étaient de rentrer en possession des 200 ha de bois, qui permettraient l'attribution de l'affouage et de revenus importants aux habitants de la nouvelle commune. Avantages dont les habitants de Besançon n'avaient d'ailleurs jamais bénéficié.

Très vite, les membres de la commission d'experts se rendent compte que les prétentions des pétitionnaires, sur les propriétés de la ville de Besançon, peuvent être considérées comme des chimères, et qu'elles ne peuvent que nuire aux intérêts des habitants du hameau. Quant au conseil municipal de Besançon « il s'en remet à la sagesse de l'autorité supérieure ».

Et c'est Louis-Philippe, roi des Français, qui le 20 mai 1835 ordonne ce qui suit :

... article 6

« La section de la Vèze, est distraite de la commune de Besançon, département du Doubs, et érigée en commune particulière »...

Ainsi le divorce est prononcé sans recours, mais le partage des biens s'avère beaucoup plus difficile, il nécessite plusieurs jugements dont celui du 12/10/1836 et des arrêts notamment du 26-12­1838, ainsi que des expertises répétées.

On envisage un partage des biens à la proportionnelle en fonction du nombre d'habitants ou de feux de chaque commune, chiffres qui sont d'ailleurs contestés par la partie adverse : 8.182 feux à Besançon contre 117 à La Vèze, corrigé à 132. Quant à la nouvelle commune, elle n'hésite pas à revendiquer sa part sur les bâtiments bisontins : l'école de dessin, l'académie, le musée, la bibliothèque, le théâtre, et même l'hôtel Droz, 6, rue de la Madeleine.

Durant ce temps, la nouvelle commune doit faire face à de multiples problèmes financiers : nécessité de rétribuer un pâtre (1836), un garde-champêtre (1837), difficulté de financer le salaire de l'instituteur (1839), absence de maison commune (1845), et d'école. Un bâtiment est loué à cet effet au banquier Veil-Picard, bienfaiteur de la ville de Besançon.

Le conseil municipal de La Vèze est dans l'impossibilité d'équilibrer son budget avec pour seules ressources, le centimes additionnels, ainsi que les 1.000 francs de revenus accordés par la ville, conformément à l'arrêt de la cour du 26/12/1838. En outre les partages des biens ne sont toujours pas effectifs en 1845. Aussi devant ces difficultés accumulée les conseillers de La Vèze refusent de siéger et se proposent de remettre leur démission. Les années passent, les problèmes demeurent et en 1856 le conseil municipal de La Vèze fait part de ses griefs concernant la création de cette nouvelle commune, difficultés financières, absences de revenus, augmentation des charges des deux communes séparées, absence de partage des biens après la 21e année de séparation. Aussi avec l'appui de l'ensemble des habitants, le conseil municipal « demande à rentrer dans la position qu'il occupait avant 1835 afin de conserver tous les droits et tous les avantages dont nous étions de temps immémorial en possession ».

Malgré ce mécontentement, les experts poursuivent leur mission, et en 1857 proposent d'attribuer à la nouvelle commune 47,45 ha de bois et 10 ha de communaux. Ce qui semble contenter la communauté de La Vèze. Mais le partage n'est pas encore réalisé en 1862, aussi cette dernière commune qui souhaite en terminer, propose de renoncer à toutes revendications à condition que la ville de Besançon accepte de verser annuellement et perpétuellement une rente de 1.000 francs.

Les difficultés financières s'amplifient, et en 1884 le conseil de La Vèze a recours à l'emprunt pour régler ses créanciers. Mais il doit aussi intervenir auprès de la ville de Besançon, pour percevoir la rente annuelle qui a été fixée à 800 francs. Cette dernière communauté conserve la propriété des 175 ha de la forêt d'Aglans. Ainsi les beaux rêves des habitants de La Vèze, pétitionnaires de la première heure, s'évanouissent, et avec eux s'estompent les portions d'affouage et les revenus sur les bois.

La Vèze, l'une des plus petites communes de France mais également des plus pauvres du département, est maintenant condamnée à végéter, et à recourir aux souscriptions et emprunts pour solutionner ses problèmes. Ainsi faute de crédits, l'équipement de la Garde Nationale est assuré en 1871, par quatre habitants, qui consentent l'avance moyennant intérêt.

La construction de la ligne de chemin de fer « Besançon à la frontière suisse » est à l'origine de l'édification de la route de La Vèze à la gare de Saône en 1884, mais les habitants souhaiteraient une station plus proche, à Morre.

Les chemins de La Vèze sont évidemment pratiqués par la ville de Besançon pour l'exploitation de la forêt d'Aglans. Aussi, le conseil municipal réclame à Besançon une subvention pour l'entretien de cette voirie.

Lors du premier conflit mondial, le village héberge 750 hommes du 64e régiment territorial d'infanterie, et la commune doit pourvoir à ses frais à la fourniture de la paille, du chauffage et de l'éclairage pour la troupe.

Au cours des temps, le conseil municipal de La Vèze se débat toujours avec ses problèmes budgétaires, aggravés par l'érosion monétaire, qui a suivi la Première Guerre mondiale. Ainsi la rente annuelle non indexée est toujours de 800 francs en 1922.

Le conseil réclame bien, sans succès d'ailleurs, la révision de son dû. Nouvelle réclamation en 1932, et en 1965 sans autre résultat. Aussi, les conseillers songent-ils en 1933 à recourir à la loterie nationale, afin d'équilibrer leur budget. Puis après accord avec la ville de Besançon, cette fameuse rente qui avait été porté à 1.000 francs est élevée à 4.000 NF en 1978. A compter de cette date, cette rente versée par la ville de Besançon est indexée, et révisable.

Durant cette longue histoire, le ha­meau de La Vèze dut faire face à quelques épreuves, d'abord les épidémies en 1812, la fièvre muqueuse ou typhoïde atteint 42 personnes et provoque 4 décès. En 1832, c'est la source qui alimente le village qui est à l'origine de 107 cas de dysenterie et de scarlatine.

Le feu a également fait des ravages. L'incendie le plus mémorable remonte à 1760, en moins d'une heure 26 maisons sont détruites, et 38 ménages ou 157 sinistrés se trouvent complètement démunis. Autre sinistre grave, en 1821, la foudre est la cause de la destruction de 22 immeubles. D'autres incendies sont répertoriés au cours des années 1836, 1855, 1865, à la Grande-Combe en 1875, 1887, 1907, au moulin du Pontot en 1910.

Malgré ses faibles ressources, la commune s'équipe afin de lutter contre ce fléau, une pompe est acquise en 1855, et un dépôt de pompes est aménagé en 1884. En 1909, il est question d'organiser une subdivision de pompiers, pour servir les deux pompes alors en dépôt au village. Le corps de sapeurs-pompiers de La Vèze est dissous en 1956.

Histoire religieuse

Ancien Régime. --- Décanat de sexte, paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Besançon. Toutefois une chapelle dédiée à saint Lazare existait au hameau. Elle sera érigée en paroisse indépendante en 1747, avec pour vocable, la Nativité de saint Jean-Baptiste. XIXe siècle. --- Succursale en 1838.

Actuellement. --- Zone pastorale des plateaux du Doubs, doyenné de Bouclans-Tarcenay. Paroisse de La Vèze. Vocable de la Nativité de saint Jean-Baptiste.

Un bâtiment réservé au culte catholique paraît très ancien, au hameau de La Vèze. Il est vraisemblablement lié à la léproserie. Déjà en 1413, Jean Amiot, prêtre, rend compte des dépenses considérables faites à l'église de La Veze.

Malgré tout, le hameau dépend de la paroisse bisontine de Saint-Jean-Baptiste (square Castan), et par ordre de l'archevêque, les sacrements ne peuvent être administrés à la chapelle de La Vèze en 1496, qu'avec l'autorisation du curé de Saint-Jean-Baptiste. La desserte de ce village en 1987, laisse planer un doute sur l'opportunité de ce découpage paroissial étendu, mais il faut se souvenir qu'au XVe siècle les terres de la Vèze partie intégrante de Besançon, étaie rattachées à ce territoire. Quant au réseau routier par Pierre Escrite, la ferme Labrot et la citadelle, il mettait le hameau à moins de 5 km de la paroisse Saint-Jean-Baptiste.

D'autres confirmations peuvent être apportées sur la présence d'une chapelle à La Vèze : les rétributions accordées en 1664 à Charles-Aimé Bonnot pour la chapelle de la Vèze fondée en l'honneur de saint Lazare, ou cet inventaire des biens de la chapelle en 1680, qui précise que cet édifice n'est alors qu'une chapelle de secours.

Mais les sujets grangiers et manants de La Vèze se plaignent de l'éloignement de la paroisse, ils réclament au vicaire général, en 1710, des ornements pour leur chapelle, et l'autorisation pour leur chapelain de dire la messe chaque dimanche puis en 1715, ils demandent l'autorisation d'avoir un prêtre, et de lui bâtir un logement. Les habitants étaient alors tenus de verser chaque année à la ville, un cens de 20 bichets de froment et avoine, dont 60 mesures étaient destinées à l'entretien du chapelain.

Les habitants obtiennent satisfaction, et en 1714, la chapelle de La Vèze, tous les attributs d'une succursale, fonts baptismaux, onctions, cimetière. Son chapelain, le chanoine Boudret décède en 1724, et c'est à cette date qu'il est envisagé de créer une paroisse à La Vèze Toutefois l'érection de la chapelle Saint-Lazare en paroisse indépendante n'interviendra que par décret de l'archevêque en date du 15/03/1747, et le patronage sera accordé pour un tiers au chapitre métropolitain et pour deux tiers aux magistrats. Cette nouvelle église conserve vocable de son ancienne paroisse Saint Jean-Baptiste, et le premier curé nommé se dénomme Cl. E. Vieille.

La Révolution marque la paroisse de La Vèze, le curé Bazard refuse de prêter serment. Il est remplacé successivement par deux prêtres assermentés. Le 5 avril 1792, quatre gendarmes et un commissaire du district apposent les scellés sur l'église. Immédiatement J.B. Tisserand transforme sa grange en chapelle où l'abbé Bergier célèbre la messe devant 150 et parfois 600 personnes des villages à l'entour. Tisserand qui sera surnommé « La Chapelle », ainsi que Charpy seront pour ce fait condamnés à demeurer détenus dans leur propre maison avec des gardiens payés à leurs frais. D'autres prêtres réfractaires célèbrent des mariages au moulin du Pontot. Quant à l'unique cloche de l'église, elle est déposée par ordre d'un officier municipal. Mais sur plainte des habitants, qui ne disposent plus de moyens d'alerte, la cloche réintègre son clocher.

L'abbé Bazard, réfractaire, se réfugie au Croc de Fontain ou à la Grange du Liège, où les fidèles accourent. Arrêté en l'an VIII, il sera détenu aux îles de Ré et d'Oléron, mais reprend possession de la cure de La Vèze après le Concordat.

Cette période troublée passée, la paroisse de La Vèze va à l'encontre de nouvelles difficultés. En 1828, elle est unie provisoirement à celle de Montfaucon, et en août 1835, par habitude peut-être, la fabrique demande à la ville le versement du secours habituel, ainsi que le remplacement de la cloche cassée. La commune étant devenue indépendante, se voit opposer une fin de non recevoir. De même en 1837, la ville de Besançon a cessé depuis dix-sept mois, de rétribuer le chapelain. Ce dernier réclame sans succès son dû à La Vèze. La cloche est enfin refondue par Humbert de Morteau, mais le financement est assuré par une souscription publique.

Le bâtiment de l'église fort vétuste, menace ruines en 1853, l'architecte Deveille établit un premier projet qui devait être financé par le curé lui-même. Mais en 1857 le vieux bâtiment est toujours menaçant, et l'architecte Ducat établit un rapport alarmant sur son état.

Une croix de mission est érigée par souscription publique en 1858, alors que l'état de l'église continue de se détériorer, ce que constate l'architecte Painchaux en 1864. Il attribue ces dégradations à des tassements de terrain, ayant entraîné d'importantes fissures sur les voûtes. Ce vieux bâtiment n'a qu'une surface de 94,25 m². L'architecte propose la reconstruction d'un nouvel édifice de 192 m² non compris le chœur, pour un prix de 32.687 francs. Cette ancienne église était implantée à 1,30 m du presbytère actuel, en diagonale sur le jardin de la cure, alors ancien cimetière, elle sera conservée durant les travaux de reconstruction.

Quant au nouveau projet, par mesure d'économie les nefs latérales seront supprimées, de même que certains ouvrages de pierre de taille. Faute de pouvoir trouver un terrain propice, le nouveau bâtiment sera construit sur le verger de la cure. C'est Jean Tyrode de Montrond qui exécute le bâtiment dont la première pierre est posée le 15/06/1865 (côté cure, troisième angle du clocher, après le socle).

Le fondeur Saint-Eve exécute la table de communion en 1868. Mais un litige survient avec l'architecte Painchaux, et c'est son confrère Lavie qui achève les travaux et prononce leur réception en 1871, alors que la prise de possession de l'église remonte au 18-10-1866. Par contre en 1883, le maçon attend encore le paiement de sa tâche.

Lors de la séparation de l'Église et de l'État, il est procédé à l'inventaire des biens, malgré les protestations des paroissiens, qui, compte tenu des importants sacrifices et souscriptions qu'ils ont consentis, considèrent cet édifice comme leur propriété.

Après un essai infructueux le 10/03/­1906, le percepteur de Morre doit se retirer. Revenu en force, c'est sous la pression d'un commissaire, de cinq gendarmes, et d'un serrurier, le 19-03­1906, que le curé doit s'incliner.

Cet édifice comporte différents objets d'art qui ont fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques : Un tableau «le triomphe de la vierge », attribué à Triboulet, 1610 (Cl. du 05/12/1908) - une chaire à prêcher en bois sculpté (1873) de Jules Schanosky de Dijon (Cl. du 28/10/1982). Maître-autel à gradins XVIIIe - XIXe (CI. du 28/10/1982).

Quant au presbytère, c'est en 1716 que les habitants songent à construire un logement pour le desservant l'abbé Mariotte. C'est un terrain qui jouxte la chapelle, et dépend du cimetière plutôt que du communal, qui est retenu. Mais c'est seulement en 1737 que les habitants s'acquitteront de leur dette, alors que la famille de l'abbé Mariotte décédé, revendique à tort la propriété du bâtiment. De nouveaux travaux seront entrepris sur ce bâtiment en 1749 et 1855.

Cette cure sera vendue comme bien national sous la Révolution, et sera occupée par les différentes armées lors des conflits de 1814, 1870, 1940.

Aujourd'hui l'on remarque sur façade, une sculpture représentant un évêque, que certains dénomment Saint Claude et d'autres saint Lazare.

Dépendant de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Besançon, les habitants inhument leurs défunts sur le pourtour de cette église. Ce n'est qu'en 1714, que par commodité, un cimetière est érigé au hameau, à proximité de la chapelle. Ce premier cimetière exigu, n'était autre que le jardin curial actuel. La commune songe à l'agrandir mais faute de ressources, c'est Mlle Duban, déjà citée, qui fait don d'une parcelle de 5a25. La croix cimetière, érigée par Marie Bulle sur la tombe de son époux est bénie le 19/01/1882.

Quant à l'instruction, les enfants de La Vèze la reçoivent au hameau, où une école fonctionne dès 1691, mais le premier recteur connu est Jean-Claude More de Bannans qui exerce en 1736 alors qu'une seconde école existe à la Grande-Combe en 1790, sous la direction de Jean-Louis Membre. Mais loger l'instituteur représente une lourde charge pour la commune, aussi en 1851 le conseil municipal choisit un instituteur originaire de La Vèze, qui peut ainsi se loger par lui-même, et en 1857, Mlle Duban, cette bienfaitrice, accorde annuellement 150 francs de traitement pour la religieuse institutrice de la congrégation de la Sainte-Famille.

De 1842 à 1852, l'école fonction dans des locaux de location, puis le conseil acquiert un immeuble, qui antérieurement appartenait au banquier Veil-Picard. Mais l'état de ce bâtiment laisse à désirer, et l'académie menace de fermeture. Ce sont les secours du gouvernement qui permettront d'y effectuer quelques réparations.

Les religieuses qui exercent au village en 1875, tiennent également une pension à l'intention des enfants des écarts.

Le bâtiment présente toujours un état de vétusté avancé, aussi en 1936 le conseil songe à une construction neuve, mais en 1952 le vieux bâtiment est toujours en service, et ne possède toujours pas l'eau courante. Ce n'est que le 10 juillet 1956 qu'aura lieu l'inauguration du nouveau groupe scolaire, qui sera complété d'une troisième classe en 1986.

Patrimoine.png Patrimoine

La léproserie

L'origine du hameau de La Vèze est certainement a rechercher dans l'implantation en ce lieu, d'une léproserie qui est citée déjà en 1214, et constitue à elle seule le hameau.

Les textes concernant cette « malatière » sont rares. Nous découvrons toutefois que l'archevêque de Besançon Amédé de Tramelay permet aux lépreux de La Vèze, en 1220, de construire un four en la ville. La gestion de cet établissement est alors confiée à des religieux. Ainsi Frédéric, maître de la léproserie de La Vèze et ses religieux remettent à l'archevêque Nicolas, en 1233, deux sous de cens annuel pour la maison où est située la pierre de sa gaucherie (?) de Besançon, ainsi que le terrain adjacent à la même maison. Ils paieront également huit sous quand on vendangera leur vigne de Fussigney sur laquelle le prélat leur remet son droit de tierce.

C'est Jean, comte de Bourgogne et sire de Salins, qui fait donation en 1250 à la maladrerie de Besançon de deux charges de grand sel, à perpétuité, à titre d'aumône chaque année, et ce pour le repos de l'âme de sa femme Isabelle. Cette donation se perpétuera au cours des temps, encore en 1664, le trésorier des saulneries de Salins est tenu de verser aux bons malades de La Vèze, deux charges de sel pleines, et en 1698 les directeurs de l'hôpital Saint-Jacques demanderont à continuer à bénéficier de ce don.

La tenue de la léproserie, pas tou­jours excellente, par des religieux semble s'être poursuivie jusqu'au début du XIVe siècle, car dès 1317, la municipalité bisontine intervient dans l'administration de l'établissement, et traite avec les preneurs par un bail à cens.

La léproserie possédait des biens en dehors du hameau, des vignes non situées (1322), une vigne à Plainechaux Besançon (1373), aux Mercuroz (1664), à Fussigney, le pré de la maladrerie à Morre (1718). Un immeuble rue du Chateur dit meix Gannelon, un immeuble rue des Granges (1480) dit la maison aux Ladres, à côté des Dames de Battant, nombreux curtils entre les deux porte Rivotte

Comme toutes les maisons de bienfaisance, la léproserie vivait d'aumône, ainsi en 1541, un arrêté municipal enjoint aux lépreux de ne venir en ville, que les jours où d'ancienneté il leur est promis d'y quêter et s'en retourner au plus tôt.

Que savons-nous de l'implantation de cette léproserie. Des dires légendaires prétendent qu'elle occupait l'emplacement de l'église actuelle. Par contre un inventaire des biens de la chapelle, date de 1680, fait état d'une chenevière où antérieurement était construit un bâtiment composé de six logettes pour les lépreux. Mais en quel lieu pouvait se situer cet chenevière ? Nous l'ignorons.

En décembre 1672 une décision royale ordonne que les biens de la léproserie seraient unis à l'ordre du Mon-Carmel et de Saint-Lazare. Mais il est probable que cet ordre ne fut pas suivi d'effet, car après la conquête de la Franche-Comté, le magistrat de Besançon est assigné devant le tribunal de l'Arsenal de Paris, en 1685, « pour déguerpir et abandonner à l'ordre de Saint-Lazare, tous les biens de la maladrerie de La Vèze, y compris la maison de la rue des Granges ». Puis en 1697 un arrêt du conseil d'État du Roi confirmant les patentes royales d'octobre 1696, « unit les biens et revenus des maladreries de La Vèze et Quingey à l'hôpital général Saint-Jacques de Besançon, à charge pour ledit hôpital de recevoir les malades des lieux et d'acquitter les fondations des dites maladreries ».

Cette clause fut-elle respectée jusqu'en 1857 Mademoiselle Duban, religieuse héritière du seigneur de Morre fonde à l'hôpital de Besançon, un lit en salle commune au profit d'un malade indigent de Morre, La Vèze, Amondans, Fontain, Serre-les-Sapins, ou à défaut Beure.

Équipements

Édification du premier cimetière (1714). Construction du presbytère (1716). Construction de l'église (1865-1871, architecte Painchaux). Couverture de la fontaine-lavoir (1879). Démolition de la maison commune (1851). Refus du téléphone (1907), installation (1912), à la Grande-Combe (1934). Construction d'une fontaine couverte (1912), surélevée pour aménager la mairie (1914). Monument aux morts (1922). Adduction d'eau (1907), en provenance de Fontain (1913). Syndicat de la Haute-Loue (1969). Électrification (1925), écarts (1948). Construction du groupe scolaire (1956, architectes Tock et A. Jaboeuf). Assainissement de 1975 à 1983, station de lagunage (1987). Travaux connexes au remembrement (1969). Construction de l'aérodrome intercommunal (1975), réaménagement (1987). Salle polyvalente (réalisée grâce au bénévolat, (1983, architecte Koenig). Lotissements : Bourgeois, Frachebois, le Hameau de la Grapillote (1981), le Champ de la Glacière (1982). Modification du tracé de la R.D. 104 (1987).

Repère géographique.png Repères géographiques

25611 - La Vèze-Cassini.jpg
Le territoire de La Vèze se situe a l'intérieur, et à l'extrémité sud-ouest du bassin fermé de Saône, enclavé entre le faisceau bisontin et le faisceau de Mamirolle. Sa limite sud-ouest formant soulèvement jouxte un second bassin fermé dit du Croc de Fontain.

L'habitat est constitué du village (alt. mairie 397,40 m) implanté à la base du contrefort de l'anticlinal du Trou au Loup, avec ses rues en faisceau, et son église au clocher en forme de flèche, mais également par cinq hameaux épars, qui se sont édifiés en bordure de la forêt. Parmi les 527 ha du territoire communal, la ville de Besançon possède une forêt de 175 ha dénommée d'Aglans, qui a pour point culminant 460 m.

Une évolution démographique tardive est à l'origine de l'édification d'un nouveau quartier au nord-ouest du village.

Voies de communication

La Vèze à 8 km au sud de Besançon est desservie par le C.D. 104 (de Boussières au Trou au Loup), dont le tracé sera modifié en 1987, sur la commune de La Vèze, afin de constituer la voie de grande ceinture de Besançon), par le C.D. 246 (du D. 104 à La Vèze) et par le C.D. 104 emb. (de La Vèze à Saône). Aérodrome dit « de La Vèze ». La majeure partie de la piste est construite sur le territoire de Saône, une petite partie sur celui de La Vèze, alors que les bâtiments sont implantés sur celui de Morre. Le pipe-line sud-européen (Lavéra-Karlsruhe) traverse en souterrain le territoire communal. Réseau intercommunal de sentiers pédestres.

Cadastre

Premier cadastre établi en 1834. Territoire communal de 527 ha, dont 200 en forêts. La ville de Besançon est propriétaire de 175 ha de ces bois.

Hameaux et écarts

Les Baraquets, Le Bief d'Aglans, Les Crétets, Lu Grande-Combe, La Petite Vèze (hameau inter. communal).

Toponymie

Dornus léprosorum Vèzia (1233), de Vizia (1251), de Vezia (1262), Vezia (XVIe siècle), la Vèse (1417), la Vèze (l 547), La Vaise (XVIIe siècle).

Économie et Société

Village pauvre, la misère sévit tou­jours à La Vèze, où en 1896 on ne dénombre pas moins de treize indigents.

Les habitants de la Vèze, banlieue de Besançon, ont des activités agraires, probablement modestes au départ, elles servaient de subsides aux occupants de la léproserie, mais dès 1333, une amodiation est consentie par la cité de Besançon à Villemin de Villers dessous Montrond, pour la grange de La Vèze et le moulin. D'autres acensements sont relevés en 1481 et, en 1679 pour la petite Vèze.

Les habitants travaillent également dans les bois, ainsi une remontrance faite à la Cour du Parlement de Dole en 1633, par le comte de Nassau, seigneur de Montfaucon, concerne les dégradations effectuées dans les bois par les ha­bitants de La Vèze. Mais ici nous sommes surpris de constater qu'il s'agit des forêts d'Arguel et non pas de celles d'Aglans, proches du village.

Le dénombrement de 1688 nous permet de découvrir l'importance du hameau de La Vèze, dépendant de Besançon. Il comprend alors 16 maisons et 34 feux. Sa population se compose de 48 hommes, 46 femmes, 64 enfants, 17 valets et servantes, et le bétail comporte 29 chevaux, 31 bœufs, 84 vaches, 14 moutons, 79 chèvres et 9 porcs.

Par contre, les ensemencements de 1852 comprennent 50 ha de blé, 23 de seigle et méteil, 30 d'avoine, 15 en prairies artificielles, mais aucun bois, ces derniers étant alors indivis avec Besançon. En 1858 le cheptel comprend 371 bovins. En 1909, 160 ha de terres sont labourées dont 109 en céréales, 145 sont en prés, et les 186 ha de bois sont propriétés de la ville de Besançon. Pour le bétail, on dénombre 24 chevaux, 153 bovins, 45 ovins et 14 porcins.

Mais en 1980, 16 exploitations se partagent 359 ha de terres et élèvent 487 bovins et 41 ovins. En 1987, les exploitations familiales s'amenuisent, et les 8 agriculteurs restant possèdent 300 bovins.

Sur le plan des ateliers, un moulin est cité à La Vèze dès 1333, et paraît appartenir aux seigneurs, MM. Les magistrats de Besançon. Encore en activité en 1847, il est précisé qu'il possède trois tournants avec une machine à battre, et qu'il est installé sur le ruisseau du Pontot. Il est la propriété de la famille Guyonvernier en 1852, mais le peu de ressources en eau le contraint à six mois de chômage chaque année.

Une tuilerie fonctionne également à La Vèze, elle est amodiée en 1661, puis en 1715 par la ville. Elle est dite située au milieu du village.

Autre activité pratiquée sur le pourtour des marais de Saône, la récupération chaque hiver, de la glace sur les étangs, qui sera stockée dans les glacières, puis revendue à la ville, durant la période estivale, comme glace non alimentaire. C'est pour l'exercice de ce commerce, que des glacières sont construites « pour l'utilité publique » en 1737 à La Vèze. Elles devront avoir la contenance de 200 chariots. Elles appartiennent à la ville en 1749, mais leur qualité est décriée en 1758. L'une d'elle d'une capacité de 200 m3 est mise en vente en 1920. Cette activité s'est poursuivie jusqu'à la dernière guerre, ou l'on dénombrait pas moins de 3 glacières au village, (vers le groupe scolaire).

Le patrimoine immobilier de La Vèze comprenait en 1848, 65 immeubles, dont 18 en pierres étaient couverts de tuiles ou de laves, et 46 en bois étaient couverts de bois ou de paille, et un en bois était couvert de tuiles.

Quant aux services, ils se composaient avant guerre d'un maréchal ferrant, de deux auberges, puis un plâtrier-­peintre en 1953. Par contre les habitants de La Vèze exerçaient à la veillée entre les années 1900 et 1935, un métier très particulier « faiseur de paniers ». Ainsi ils approvisionnaient la foire annuelle de Saint-Antoine dite « des paniers » qui se tenait rue Saint-Antoine à Besançon (aujourd'hui rue Émile Zola). Nombreux étaient également les habitants du village employés, avant guerre, aux papeteries des Prés de Vaux ou aux Soieries, mais aussi à l'extraction de la tourbe prés des marais et à la fabrication de cordes.

La terre de La Vèze, dite réfractaire, était très recherchée pour les travaux de fumisterie, mais également par le fondeur Saint-Ève, qui l'utilisait pour ses moulages.

De nos jours, les différents services que l'on rencontre au village comprennent un café, épicerie, tabac, un commerce de charcuterie, une entreprise de déménagement, une entreprise de maçonnerie, et une de travaux publics.

Démographie.png Démographie

1688 : 175 hab. - (1914 La Grande‑Combe : 56 hab.).

Pertes subies au cours des dernières guerres :

1914-1918 :10, 1939-1945 : 2 .

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population - - - - - 508 521 487 499 425
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 408 394 358 353 332 317 282 271 287 276
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 271 251 241 239 236 239 225 203 244 273
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 - - - -
Population 368 400 437 443 425 - - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2013

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

Familles existant au XVIIIe siècle :

1745-1775 : Barbier, Beaud, Beauquier, Berthet, Beudy, Boiteux, Boussin, Bouteillier, Bulle, Burcey, Bussy, Carey, Carré, Charpy, Crétet, Cretin, Cüne, Combe, Dernier, Ducret, Frême, Garnier, Goniot, Gouniot, Grandjean, Guyon­vernier, Jacquier, Jaquet, Lacroix, Lambert, Laithier, Longet, Melot, Meslot, More, Monin, Mounin, Mourey, Mourez, Nappey, Oudin, Parnicet, Parnisset, Pauset, Pauzet, Piquet, Poiterey, Pugin, Rabolin, Renaud, Sauterey, Sefort, Soudan, Suard, Tissot, Thiébaud, Vaucheret, Vielle.

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
- -  
- -  
Raymond BARBIER 1977 - 1989  
Jacques CURTY 1995 - 2001  
Philippe CHANAU 2001 - 2008  
Jacques CURTY 2008 - 2014  
Catherine CUINET 2014 - (2020)  
- -  

Cfr: Mairesgenweb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  


Ressources généalogiques

Dépouillements d'archives

Documents numérisés


Cimetières


Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin - - - - - - -
Après-midi - - - - - - -
Commune.png

Mairie
Adresse : 1 rue de l'Ecole - 25660 LA VÈZE

Tél : 03 81 61 98 99 - Fax : 03 81 81 16 49

Courriel : rue de l'Ecole Contact

Site internet :

GPS : -° / -° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire : La mairie est ouverte Le mardi toute la journée, les jeudis et samedis matin .

Source : Site (12/2009)

Associations d'histoire locale

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Fétier (R.) Recherches sur la banlieue de Besançon au Moyen Age, 1973 Paris. Monnot (A. chanoine). Le vieux Besançon religieux, 1955 Besançon. Hammerer (A.). De la voie romaine à la voie express, 1977, Besançon.

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Référence.png Notes et références